Huguette Delavault

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Huguette Delavault est une mathématicienne française, féministe active, née le 15 janvier 1924 à Andilly (Charente-Maritime) et morte le 2 avril 2003 à Paris.

Ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, agrégée de mathématiques (1952) et docteur ès sciences mathématiques (1957), elle a été professeure des universités. Ses nombreuses activités associatives l'ont amenée à se battre pour améliorer la place des femmes dans les instances scientifiques. Elle a été une des fondatrices de l'association femmes et mathématiques en 1986 et de l'association Femmes & Sciences en 2000.

Biographie[modifier | modifier le code]

Huguette Delavault est née en 1924 à Andilly (Charente-Maritime), de parents instituteurs.

Elle a d'abord suivi le cursus de l'École normale d'institutrices de la Rochelle avant d'intégrer l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. Agrégée de mathématiques, Huguette Delavault entre au CNRS, avant de devenir enseignante-chercheuse à l'université de Rennes. Elle est ensuite de 1970 à 1984 professeure à l'École nationale supérieure d'électromécanique et d'électronique de Caen (aujourd'hui ENSICAEN). En mathématiques, Huguette Delavault a travaillé sur les transformations intégrales intervenant en mécanique des fluides.

De 1976 à 1980, Huguette Delavault est de plus détachée comme directrice-adjointe scientifique de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. À ce poste, elle assiste à la fusion de l'École normale supérieure de Saint-Cloud avec celle de Fontenay en 1981, puis à la fusion de l'École normale supérieure Ulm avec l'École normale supérieure de jeunes filles (Sèvres) en 1985. Durant ces années, Huguette Delavault a également fait à la demande du ministère de la Coopération de nombreuses missions en Afrique francophone et à Madagascar pour y assurer la rénovation de l'enseignement des mathématiques.

Consciente du « plafond de verre » qui limite la carrière des femmes universitaires, Huguette Delavault s'engage dans des études sociologiques. Dès 1987, Huguette Delavault participe à la création de l'association femmes et mathématiques qui a commencé des études sur la désaffection des filles pour les filières scientifiques. Huguette Delavault publie en 1997 un premier rapport sur la place des filles en classes préparatoires[1], puis en 1999 un rapport sur la place des filles dans les écoles d'ingénieurs[2]. Ses travaux sont pionniers car ils utilisent des statistiques sexuées difficiles à obtenir à l'époque. Elle participe à la rédaction de deux rapports sur la place des femmes dans l'enseignement supérieur, le premier en 2000 avec Laurence Broze et Juliane Unterberger[3], le second en 2002 avec Noria Boukhobza, Claudine Hermann et Corinne Konrad[4].

Huguette Delavault est une des premières à attirer l’attention sur les conséquences néfastes des fusions des écoles normales supérieures sur le recrutement des filles en mathématiques et en physique, le nombre de jeunes filles admises au concours dans ces sections ayant chuté bien en dessous de leur proportion dans les classes préparatoires aux grandes écoles[5][6].

Huguette Delavault est présidente de l'Association française des femmes diplômées des universités (AFFDU[7]) en 1984-1985, puis de 1988 à 1994. Elle est administratrice du réseau Action pour la parité - Demain la Parité fondé par Colette Kreder et Françoise Gaspard, où elle représente l'AFFDU.

Pour lutter contre le déficit de filles dans les filières scientifiques, Huguette Delavault fonde en 2000 l'association Femmes & Sciences avec Françoise Cyrot-Lackmann, Claudine Hermann, Françoise Gaspard, Colette Kreder et l'association femmes et mathématiques.

Huguette Delavault a exercé son militantisme non seulement par des travaux sociologiques basés sur des statistiques sexuées rigoureuses mais aussi par de très nombreuses conférences dans toute la France dans les années 1990, avant que la maladie ne l'emporte.

Ses archives sont déposées à l'université d'Angers, au Centre des Archives du Féminisme (BU Angers)[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Huguette Delavault était officier des Palmes académiques (1967), officier de l'Ordre national du Mérite (2002) et chevalier de la Légion d'honneur (1995).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Application de la transformation de Laplace et de la transformation de Hankel à la détermination de solutions de l'équation de la chaleur et des équations de Maxwell en coordonnées cylindriques (préface de Henri Villat), Service de documentation et d'information technique de l'aéronautique, coll. « Publications scientifiques et techniques du ministère de l'Air. Notes techniques » no 71, Paris, 1957, VIII-100 p.
  • Les transformations intégrales à plusieurs variables et leurs applications, Gauthier-Villars, coll « Mémorial des sciences mathématiques » no 148, Paris, 1961, 95 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Huguette Delavault, « Vers la Parité dans les instances de décision ? La place des filles dans une filière de formation des cadres. Du lycée aux Grandes écoles scientifiques » », Association française des femmes diplômées de l'Université et Demain la Parité,‎ 1997
  2. Huguette Delavault, « "Vers la Parité dans les instances de décision ? La place des filles dans une filière de formation des cadres. Les Grandes écoles scientifiques. » », Association française des femmes diplômées de l'Université et Demain la Parité,‎ 1998, Mise à jour en 1999
  3. « Les femmes dans les filières de l'enseignement supérieur », sur ministère de l"Education nationale de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,‎ 2000 (consulté en octobre 2014)
  4. Huguette Delavault, Noria Boukhobza, Claudine Hermann, Corinne Konrad, Les enseignantes chercheuses à l'Université, Paris, L'Harmattan,‎ 2002, 192 p. (ISBN 2-7475-3157-0)
  5. Michèle Ferrand, Françoise Imbert, et Catherine Marry, L’excellence scolaire : une affaire de famille. Le cas des normaliennes et des normaliens scientifiques, Paris, L'Harmattan,‎ 1999
  6. Michèle Ferrand, La mixité à dominance masculine : l’exemple des filières scientifiques à l’École normale supérieure d’Ulm-Sèvres, Paris, ENS éditions, sous la direction de ROGERS Rebecca, "La mixité dans l’éducation, enjeux passés et présents",‎ 2004, p. 181-193
  7. « AFFDU Association Française des Femmes Diplômées des Universités » (consulté en octobre 2014)
  8. Inventaire du fonds Delavault au Centre des Archives du Féminisme (BU Angers)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Diplômées (journal de l'AFFDU), « Hommage à Huguette Delavault », no 205, juin 2003, p. 62-101.

Liens externes[modifier | modifier le code]