Colette Kreder

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Colette Kréder (née James le à Commer, Mayenne) est une ingénieure française diplômée en 1957 de l'EPF (alors appelée École polytechnique féminine), dont elle assure la direction de 1980 à 1994. Féministe engagée, elle est à l'origine de la création en 1994 du réseau Demain la Parité, regroupement d'associations féminines et féministes revendiquant la parité femmes/hommes dans la vie politique, puis en 2000 de l'association Femmes & Sciences.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Colette Kreder est ingénieure EPF, diplômée en 1957. Son père Robert James est maréchal-ferrant, et sa mère Hélène Adam commerçante.

Colette Kreder est d'abord ingénieure au ministère de l'Air (Défense) de 1957 à 1964, chargée de la recherche avancée dans les composants électroniques. En 1964 elle entre dans l'entreprise Lignes télégraphiques et téléphoniques (LTT). Elle crée ensuite sa société, la Soredi, devenant une des premières femmes créatrices d'entreprise de l'époque, tout en restant ingénieure-conseil chez LTT jusqu'en 1979.

En 1980, des industriels lui demandent de prendre la direction de son ancienne école, l'EPF, fonction qu'elle assure jusqu'en 1994[1]. Colette Kreder transforme complètement l'école, l'amenant à un niveau international : passage de la formation à cinq ans en 1984, création d'un département international en 1986, création de la Fondation EPF reconnue d'utilité publique en 1991, première formation bi-diplômante avec l'Allemagne en 1993, et passage à la mixité en 1994. Son successeur à la direction de l’école transforme le nom en EPF - École d'Ingénieur-e-s.

Engagement féministe[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980, Colette Kreder entre au Conseil national des femmes françaises (CNFF). En décembre 1992, elle co-organise à l'Assemblée nationale avec la sociologue Françoise Gaspard, experte du réseau européen Les femmes dans la prise de décisions, et animatrice de la commission parité du CNFF, une réunion d'information sur la parité pour les organisations féminines et féministes. Plus de quarante-cinq associations assistent à cette rencontre.

Avec Françoise Gaspard et Claude Servan-Schreiber, elle fonde l'association Action pour la parité en 1992. Le réseau Demain la Parité informel lui succède en 1994 et comprend des associations telles l'Association française des femmes diplômées des universités, Elles aussi, l'Action catholique générale féminine, Parité-Infos, les Guides de France, l'Union féminine civique et sociale, l'Union professionnelle féminine, le Conseil européen des fédérations Wizo. Ce réseau a pour but de promouvoir la parité en politique et dans les sciences[2],[3],[4].

Archives[modifier | modifier le code]

Un fonds consacré à Colette Kreder se trouve au Centre des archives du féminisme, à l'université d'Angers.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Commandeure de la Légion d'Honneur[5],[6],[7]
  • Commandeure dans l'Ordre national du Mérite[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christiane Chombeau, « Des filles au chromosome X », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. Anne Chemin, « Rétrocontroverse : 1992, la parité et l'égalité des sexes », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Réjane Sénac, L'égalité sous conditions: Genre, parité, diversité, Presses de Sciences Po (ISBN 9782724617375, lire en ligne)
  4. Laure Bereni, La bataille de la parité. Mobilisations pour la féminisation du pouvoir, Economica, (ISBN 9782717867824)
  5. « Place aux femmes : Archives », sur placeauxfemmes.midiblogs.com (consulté le 1er avril 2015)
  6. « Légions d'honneur, elles le méritent ! | EPF Ecole d'ingénieurs », sur www.epf.fr (consulté le 1er avril 2015)
  7. « Décret du 31 décembre 2009 portant promotion », sur www.legifrance.gouv.fr, (consulté le 1er avril 2015)
  8. « Ordre national du Mérite - Nominations, promotions et élévations du 07-05-2007 », sur www.france-phaleristique.com (consulté le 1er avril 2015)