Chrysler Cordoba

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Chrysler Cordoba 1978

La Chrysler Cordoba est un coupé de luxe vendu par Chrysler en Amérique du Nord de 1975 à 1983. C'est le premier modèle fabriqué spécialement pour le marché du luxe personnel et la première Chrysler plus petite que le "full-size" américain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début des années 1960, lorsque d'autres marques haut de gamme produisent de plus petites voitures, comme la Mercury Comet et la Buick Skylark, Chrysler avait publiquement déclaré qu'il n'y aurait "jamais" une plus petite Chrysler. En effet, le catalogue de luxe de Chrysler en 1963 dit de la New Yorker: "Ce n'est pas une voiture d'édition jr." Le catalogue de luxe de 1962 va encore plus loin en proclamant sur la couverture arrière: "il n'y a pas une édition junior dans toute la famille!".

Le nom Cordoba a été utilisé au printemps 1970 sur un modèle de coupé individuel spécial basé sur les Chrysler Newport à toit rigide (deux portes et quatre portes)[1]. Ce modèle full-size était une "voiture de luxe en édition limitée, conçue pour vous faire découvrir Chrysler" et consistait en une exclusive peinture "Cordoba Gold" dont les roues, les enjoliveurs et les moulures latérales avec inserts en vinyle sont de couleurs assortis[1]. Chrysler a décrit l'intérieur tout en vinyle texturé d'or antique, la couverture de toit en vinyle assortie et l'ornement du capot avec un aigle aztèque de ce modèle comme "motif plutôt espagnol"[1]. Le moteur V8 à carburateur de 294 ch (216 kW) et de 6,3 L, la transmission automatique, la direction assistée, les pneus H78x15 à flancs blancs avec ceinture en fibre de verre et la radio AM de couleur dorée comprenaient le prix de 4 241,65 $[1].

Conçu à l'origine par Chrysler pour être la nouvelle Plymouth Sebring de 1975, qui devait partager ses éléments avec la Dodge Charger SE, Chrysler a pris la décision de la vendre dans sa gamme. La Cordoba a été présentée comme un concurrent dans le marché du luxe personnel et fut alimenté par les moteurs plus petits et donc plus économiques que les autres Chrysler, sur un empattement de 2 921 mm, 229 mm de moins que les modèles traditionnels à l'époque.[2] Ce coupé unique a été une des meilleures ventes de Chrysler dans les années 1970. À un moment où le constructeur automobile était au bord de la faillite, la demande de Cordoba a effectivement dépassé l'offre pour les deux premières années, avec une production de plus de 150 000 unités pour 1975, et, en 1977, 183 000 unités.[2] La moitié des modèles Chrysler produits au cours de cette période (et parfois plus) était composée de Cordoba, et ils ont contribué à relancer la division.[2] Toutes les Cordoba ont été construites à Windsor, en Ontario.

Bien que Córdoba soit le nom d'une ville en Espagne, l'emblème de la voiture était en fait une version stylisée de la pièce de monnaie cordoba argentine. En tout cas, le nom était d'origine hispanique, et ce thème a été réalisé avec une garniture quelque peu baroque à l'intérieur du véhicule. Bien que le premier porte-parole de la voiture ait été Richard Basehart, Chrysler a choisi l'acteur de cinéma et de télévision Ricardo Montalbán comme porte-parole publicitaire de la voiture pendant toute sa durée[3]. Remarquable était sa louange éloquente sur l'intérieur "riche en cuir de Corinthe"[4],[5].

Première génération (1975-1979)[modifier | modifier le code]

Chrysler Cordoba
Chrysler Cordoba

Marque Chrysler
Années de production 1975 - 1979
Moteur et transmission
Moteur(s) V8 5,2 L
V8 5,9 L
V8 6,6 L
Transmission Propulsion arrière
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Coupé
Dimensions
Longueur 5 469 mm
Largeur 1 958 mm
Hauteur 1 336 mm
Empattement 2 921 mm
Chronologie des modèles

La Cordoba a été introduite par Chrysler en 1975, en concurrence avec les Oldsmobile Cutlass, Buick Regal, et Mercury Cougar. La Cordoba était à l'origine destinée à être une Plymouth - les noms Mirada, Premier, Sebring et Grand Era étaient associés au projet; tous, sauf Grand Era, seraient utilisés sur des véhicules ultérieurs de Chrysler, Dodge et Eagle, bien que seule la Dodge Mirada soit liée à la Cordoba. Toutefois, les pertes de la nouvellement introduite "full-size" dues à la crise pétrolière de 1973 ont encouragé les dirigeants de Chrysler à créer des voitures plus petites et moins chères que les modèles les plus haut de gamme, afin de générer de plus gros profits.

La voiture a été un succès, avec plus de 150 000 exemplaires vendus en 1975, une année de vente autrement lamentable pour l'entreprise. Les jauges, à l'exception du tachymètre, étaient standard[6]. Pour 1976, les ventes ont légèrement augmenté à 165 000 exemplaires. Le modèle légèrement revu de 1977 s'est également très bien vendu, avec un peu moins de 140 000 voitures. Le succès de la stratégie d'utiliser la plaque signalétique Chrysler contraste avec les ventes de sa cousine d'entreprise similaire et un peu moins cher, la Dodge Charger SE[citation nécessaire] [7].

Les intérieurs sont plus luxueux que ceux de la Dodge Charger SE et bien plus que les voitures intermédiaires haut de gamme (Plymouth Fury, Dodge Coronet) avec banquette arrière en tissu velours et un accoudoir rabattable de série. En option des sièges baquets rembourrés en cuir corinthien avec un accoudoir central et un coussin, ou à un coût supplémentaire, une console centrale avec levier de vitesses au sol et compartiment de rangement. Le tableau de bord et les panneaux de porte comportaient une garniture en bois d'orme simulée et des estampages métalliques en 1975, alors que les modèles de 1976-1979 comprenaient des garnitures en bois de rose simulé. Une banquette 60/40 a été introduite en 1976 et d'autres options d'assise / rembourrage ont été ajoutées chaque année jusqu'en 1979[citation nécessaire].

La conception originale a été conservée avec seulement de petits changements pendant trois ans avant qu'une variété de facteurs ont contribué à une baisse des ventes. Pour 1978, il y avait un modeste restylage avec les populaires phares rectangulaires (la Dodge Charger SE gardait ses phares ronds pour 1978, plutôt que les rectangulaires de la Cordoba). Un designer Chrysler, Jeffrey Godshall, a écrit au Collectible Automobile magazine que ce relooking a éliminé une bonne partie de l'attrait visuel du modèle de 1975 à 1977 pour lequel la Cordoba était connue. Le restylage a aussi fait que la voiture semble plus lourde que son prédécesseur de 1975, à un moment où d'autres voitures de cette classe ont été réduits à de plus petites dimensions, tels que la Ford Thunderbird en 1977, la Chevrolet Monte Carlo et la Pontiac Grand Prix en 1978.

La Cordoba a vu ses ventes diminuer en 1978 et 1979, ce qui pourrait également être dû à l'introduction de la petite Chrysler LeBaron à la mi-1977 qui était disponible en berline et en coupé, offrant un luxe personnel similaire, en termes de style et d'options. Dans le même temps, la situation financière de Chrysler et sa réputation en termes de qualité se dégradent. La hausse des prix du gaz et le resserrement des normes d'économie de carburant fait de la Cordoba, avec près de 1678 kg et ses moteurs V8 de 5,9 L et de 6,6 L, une voiture obsolète. Pour 1979, la finition optionnelle «300» de 2 040 $ a été proposé sur la Cordoba, avec un extérieur tout blanc, une calandre de style «Chrysler 300» et un moteur V8 360 à quatre corps[8].

Seconde génération (1980-1983)[modifier | modifier le code]

Chrysler Cordoba
Chrysler Cordoba

Marque Chrysler
Années de production 1980 - 1983
Moteur et transmission
Moteur(s) 6 cylindres en ligne 3,7L
V8 5,2 L
V8 5,9 L
Transmission Propulsion arrière
Châssis - Carrosserie
Carrosserie(s) Coupé
Dimensions
Longueur 5 329 à 5 337 mm
Largeur 1 847 mm
Hauteur 1 351 à 1 354 mm
Empattement 2 863 mm
Chronologie des modèles

La Cordoba a été réduite pour les années 1980. Le modèle de deuxième génération, plus petit, utilisait la plateforme J datant de la Plymouth Volaré de 1976 à carrosserie F, tout comme sa variante rebadgée, la Dodge Mirada. Chrysler a également relancé l'Imperial pour 1981 en tant que troisième variante de la plate-forme J.

La Cordoba et la Mirada a maintenant un six cylindres (225 Slant Six) qui, bien que très fiable, ne semble pas avoir la puissance adaptée (96 ch (71 kW)) pour un coupé haut de gamme. Le V8 5,2 L de 122 ch (89 kW) était une option (de série sur l'Imperial, avec l'EFI) tout comme le moteur axé sur les performances, le code E58, V8 5,9 L de 188 ch (138 kW), bien qu'il soit supprimé de la liste des options pour 1981 et[9].

1981 Chrysler Cordoba LS

La version LS (qui était à l'origine destinée à être la "300") avec un nez conique d'apparence aérodynamique (presque identique à celui de la Mirada), abordant une calandre en croix. Ce modèle était produit sans le plafond en vinyle mais avec une couleur extérieure monotone.

Le style de la seconde génération de Cordoba n'a pas eu les éloges de la première, et les ventes ont été plus faibles. La réduction de la taille des véhicules a également concerné les coupés de luxe. La Chevrolet Monte Carlo en 1978 et la Ford Thunderbird de 1980 ont simultanément diminué en taille et en ventes. Cependant, ces modèles ont finalement récupéré des ventes lorsque leurs fabricants ont décidé de corriger les défauts de leurs voitures, tandis que la plus petite Cordoba ne l'a jamais fait. Chrysler se concentrait de plus en plus sur ses modèles compacts à traction avant avec moteurs à quatre et six cylindres et a cessé la production de la Cordoba en 1983.

Moteurs[modifier | modifier le code]

Moins de 100 voitures furent équipées du V8 5,9 L, ce moteur ayant été abandonné en 1980[9] Seulement deux moteurs sont ensuite disponibles, avec le 6 cylindres standard et le V8 5,2 L en option pour les années 1981-83[10].

NASCAR[modifier | modifier le code]

Les deux générations de Cordoba ont eu des apparitions dans la NASCAR. Ed Negre en conduisit de temps en temps en 1979-80, et le Buddy Arrington a couru avec une Cordoba de seconde génération dans les saisons de 1982-84, en alternance avec une Dodge Miradas et une Chrysler Impérial. La Cordoba n'était pas plus aérodynamique que les autres Mopar et n'a jamais fait mieux que la 15ème place.

Avenir en collection[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la "'Doba", comme elle est connue de ses fans, maintient une base de propriétaires assez fidèle et certains modèles sont considérés comme des objets de collection. Les modèles de production de l'année 1975, en particulier avec le carburateur à quatre corps en option, et la rare 300 sur base de Cordoba de 1979 sont les plus précieuses. Jusqu'à présent, la deuxième génération de Cordoba a suscité peu d'intérêt pour le marché des collectionneurs.

Le Consumer Guide a déclaré en 2007 que "la version 300 de 1979 pourrait devenir une voiture de collection dans le futur", mais que "les perspectives de la versions LS semblent minces, voire inexistants pour ce moment."[11]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « The new Chrysler Cordoba (advertisement) », Ebony, vol. 25, no 6,‎ , p. 84–85 (lire en ligne, consulté le )
  2. a b et c Charles K. Hyde, Riding the Roller Coaster : A History of the Chrysler Corporation, Wayne State University Press, , 385 p. (ISBN 978-0-8143-3091-3, lire en ligne), p. 223
  3. Himilce Novas, Everything you need to know about Latino history: 2008 edition, Penguin Group, , 330–33 1 (ISBN 978-0-452-28889-8, lire en ligne)
  4. https://www.youtube.com/watch?v=t7ylbDGbR0Q
  5. David Frum, How We Got Here : The 70's--The Decade that Brought You Modern Life--For Better or Worse, Basic Books, (ISBN 978-0-465-04195-4, lire en ligne Inscription nécessaire), 25
  6. « 1976 Chrysler Owners Manual », Oldcarbrochures.com (consulté le ), p. 15
  7. « Dodge Charger Sales and Production », sur applar.com (consulté le )
  8. 1979-1982 Chrysler Cordoba 300/Cordoba LS, auto.howstuffworks.com consulté le 4 janvier 2016
  9. a et b « 1978-1980 Chrysler Cordoba » [archive du ], Moparautos.com (consulté le )
  10. (en) « Chrysler Cordoba, Specifications and Dimensions » [archive du ] (consulté le )
  11. Auto Editors of Consumer Guide, « 1979-1982 Chrysler Cordoba 300/Cordoba LS », auto.howstuffworks.com, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]