Histoire de la Caroline du Sud

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Période coloniale[modifier | modifier le code]

La Caroline du Sud fut peuplée par des colons français Huguenots dès 1562 lors de la création de la Floride française. Ils fondèrent Charlesfort, puis Fort Caroline, pour défendre cette colonie éphémère (1562-1565). Les Espagnols occupèrent à leur tour la même île Parris avec l'implantation de la mission jésuite Santa Elena (1566-1587).

La Caroline anglophone est créée dès 1663 par des émigrés de la Barbade, le roi Charles II d'Angleterre accordant une charte à huit de ses partisans[1] en reconnaissance de l'aide qu'ils lui avaient apporté lors de la restauration catholique. Ils fondent une Compagnie privée, dont le premier gouverneur arrive en 1664, mais la colonie peu peuplée végète.

Après la guerre de Yamasee de 1715-1717, les lords-propriétaires sont soumis à une pression croissante des colons et sont forcés de renoncer à leur charte en 1719, date à laquelle la colonie est officiellement divisée en provinces de Caroline du Nord et de Caroline du Sud comme colonies de la couronne.

La Caroline est séparée en deux en 1719 après la première grande révolte noire. Les protestants vont au Nord. La Caroline du Sud aux origines irlando-barbadaise depuis 1664, fut l'une des premières à pratiquer la traite des esclaves. Dès 1720 près de 65 % de la population était constituée d'esclaves. Le pourcentage atteint même 90 % en 1728, quand les 28 000 Noirs de l'ethnie Gullah se révoltent et menacent de tuer les 3 000 blancs. Repliés au Fort Antoine, ils sont repris par des troupes de Jamaïque. Les évadés sont cachés dans les villages séminoles à qui ils transmettent la connaissance du riz de Sierra Leone. Nouvelle révolte noire en 1739, la rébellion de Stono (incendie de sept plantations, meurtre de 20 blancs et fuite du gouverneur William Bull), puis en 1741 [2] les blancs embauchent des vigiles à tour de bras. Une loi de la Caroline du Sud prononce une amende de 100 livres sterling contre le maître qui apprend à lire à ses esclaves.

Vers 1750, la guerre contre les esclaves est déjà gagnée. Les deux Carolines comptent 100 000 habitants, autant que la Virginie. La traite passe par l'île africaine de Bunce, en Sierra Leone, où la firme anglaise Grand, Sargent and Oswald achète des esclaves de l'ethnie Gullah, celle d'Oncle Bens, pour approvisionner le plus riche planteur en riz et futur représentant de la colonie Henry Laurens, qui exporte du bois (acheté au Piémont des Appalaches en échange de riz) par Charleston, devenu le plus grand port du Sud[3]. Les plantations de riz, introduites par les noirs évadés vers 1730, rivalisent avec celles de tabac, et nourrissent les nombreux colons du Piémont des Appalaches. Certains immigrants d'origine irlandaise et allemande préfèrent aller vers le nord-ouest, en Virginie, dans la vallée de Shenandoah.

Une petite communauté d'origine suisse a tenté de s'installer au bord du fleuve Savannah en 1732 à Purrysburg, mais elle est devenue une ville fantôme.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Après la guerre de Sécession, la situation des Noirs ne s'améliore que très peu dans l’État en dépit de l'abolition de l'esclavage. Des patrouilles continuent de harceler voire d'assassiner des Noirs ; ceux-ci sont également privés de facto de leurs droits civiques pourtant théoriquement reconnus et la loi leur interdit l'exercice de toutes professions « artistiques, commerciales ou industrielles », leur permettant seulement de devenir domestiques ou valets de ferme[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]