Dylann Roof

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Dylann Roof
Tueur de masse
Information
Nom de naissance Dylann Storm Roof[1]
Naissance (26 ans)
Columbia, Caroline du Sud, États-Unis
Sexe Homme
Patrie Drapeau des États-Unis États-Unis
Sentence Peine capitale
Perpétuité
Actions criminelles Crime raciste
Affaires Fusillade de l'église de Charleston
Victimes Neuf
Période 17 juin 2015
Pays États-Unis
Régions Caroline du Sud
Ville Charleston
Arrestation 18 juin 2015

Dylann Roof, né le 3 avril 1994, est un terroriste et suprémaciste blanc américain reconnu coupable d’avoir perpétré le 17 juin 2015 la fusillade de l'église de Charleston, une tuerie de masse aux motivations racistes[2],[3]. Au cours d'un service religieux dans l'église épiscopale méthodiste africaine Emanuel à Charleston (Caroline du Sud), il a tué neuf Afro-Américains, dont Clementa Pinckney, pasteur et sénateur, et blessé une autre personne. Après que plusieurs témoins l’eurent identifié comme principal suspect, il a fait l’objet d'une chasse à l'homme, terminée le matin suivant le tir par son arrestation à Shelby (Caroline du Nord). Par la suite, il a avoué qu'il avait commis cette fusillade dans l'espoir de déclencher une guerre ethnique.

Trois jours plus tard, un site Web intitulé The Last Rhodesian a été découvert et il a été officiellement confirmé qu’il appartenait à Roof. Le site Web contenait des photos de lui en train de poser avec des symboles du suprémacisme blanc et du néonazisme, ainsi qu'un manifeste dans lequel il exposait ses idées concernant les noirs et d’autres peuples. Dans ce manifeste il proclamait qu’il avait développé ses conceptions suprémacistes blanches après des lectures sur l’affaire Trayvon Martin et les taux de crimes comparés des noirs et des blancs. Roof est proche de la mouvance sudiste confédérée chrétienne[4]. On retrouve rapidement chez lui quantité de documents, pamphlets, drapeaux, photos et manifestes suprémacistes et néonazis[5].

Compétence mentale[modifier | modifier le code]

Pendant le procès de Dylann Roof (en), les avocats du défendeur demandent au tribunal d'évaluer la compétence mentale du son client. Après une évaluation de Dylann Roof par Dr. James Ballenger, un spécialiste en psychiatrie médico-légale, le juge trouve que Dylann Roof est compétent à se représenter lui-même. Les avocats de Dylann Roof soutiennent qu'il est un « défendeur dans la zone grise » parce que son niveau de compétence est intermédiaire. Ils admettent qu'il peut être mentalement apte à subir un procès du respect des exigences découlant de Dusky v. United States (en), une décision rendue par la Cour suprême des États-Unis en 1960. Cependant, ils citent un autre décision de la Cour suprême, Indiana v. Edwards (en), en argumentant que Dylann Roof n'est pas compétent à se représenter lui-même pendant les procédures de détermination de la peine. Ils soutiennent qu'il lui a été diagnostiqué des maladies mentales graves qui interfèrent avec sa capacité de s'affirmer devant le tribunal et de faire valoir ses arguments concernant des circonstances atténuantes. Ils soutiennent également que ses maladies nuisent à son aptitude à mettre de l'ordre dans ses idées, se concentrer, faire attention, et prendre des décisions[6],[7]. Les constatations des experts sont les suivantes :

Rapports des experts
Expert Partie Diagnostic
Donna Maddox Défense Psychose (notamment les délires, la paranoïa, et les croyances grandioses) ; troubles du spectre schizophrénique ou psychotique ; troubles du spectre de l'autisme, et troubles anxieux[8]
William Stejskal Défense Délires, croyances paranoïaques et grandioses, distorsions cognitives et perceptions déformées, possiblement des troubles du spectre schizophrénique dans les phases précoces[9]
Rachel Loftin Défense Symptômes psychotiques (notamment folie des grandeurs et délires somatiques), désorganisation de la pensée, comportement obsessionnel-compulsif, anxiété, humeur dépressive, et idées suicidaires ; troubles du spectre de l'autisme, et symptômes « correspondant aux » troubles du spectre schizophrénique[10]
John Robison Défense Signes clairs de l'autisme, notamment une incapacité de distinguer les questions insignifiantes des questions signifiantes et une fixation obsessive sur le premier ; paranoïa et délires[11]
James Ballenger Cour Signes de psychose (notamment délires somatiques) ; probablement trouble de la personnalité schizoïde, phobie sociale, toxicomanie, possiblement dépression, et troubles du spectre de l'autisme[12]
John Eden Défense Les résultats des tests de personnalité correspondent aux troubles du spectre psychotique[13]

Verdicts, condamnations, et appel[modifier | modifier le code]

En décembre 2016, il a été reconnu coupable devant la cour de district de l’ensemble des 33 accusations de crime de haine ; pour ces crimes il a été condamné à mort[14] le mois suivant. Le 31 mars 2017, il accepte de plaider coupable devant le tribunal de Caroline du Sud pour l'ensemble des chefs d'accusation - neuf meurtres, trois tentatives de meurtre, et possession d'une arme à feu alors qu’il commettait un crime — afin d'éviter une seconde condamnation à mort. Le 10 avril 2017 il est condamné à neuf peines de prisons à vie par ce tribunal au terme d'un procédure de négociation de peine dont l'objectif était d'éviter la tenue d'un second procès.

Au cours de la procédure en appel il s'efforce de faire révoquer ses avocats commis d'office car ils sont juifs pour l'un et indien pour l'autre. Dans sa requête, rejetée par le tribunal, il explique que leurs origines « empêchent toute communication efficace » et qu'« en raison de mes convictions politiques, qui sont probablement religieuses, il est impossible pour moi de faire confiance à deux avocats qui sont mes ennemis politiques et biologiques[15] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Attorney General Lynch Statement Following the Federal Grand Jury Indictment Against Dylann Storm Roof », United States Department of Justice,
  2. (en) « Dylann Roof found guilty on all counts in Charleston church massacre trial », sur Washington Post,
  3. (en) « Dylann Roof Found Guilty in Charleston Church Massacre », sur The New York Times,
  4. « Tuerie de Charleston : le suprémacisme blanc, un danger sous-estimé », France 24,‎ (lire en ligne, consulté le 29 juillet 2017)
  5. (en-US) Frances Robles, « Dylann Roof Photos and a Manifesto Are Posted on Website », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 29 juillet 2017)
  6. « Dylann Roof Appeal », sur Scribd (consulté le 27 septembre 2020)
  7. (en) Daniel Trotta, « Dylann Roof appeals death sentence for massacre at South Carolina black church », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 27 septembre 2020)
  8. JA-1485-86, 1510-15, 1536-45
  9. JA-1668-69, 1683-84, 1690-93
  10. JA-1773-75
  11. JA-1825-26
  12. JA-907-11, 952-55
  13. JA-1776-87
  14. (en) « Dylann Roof Gets Death Penalty For Racially Motivated Charleston Church Shooting », VannDigital,‎ (lire en ligne)
  15. Claire Levenson, « Le tueur raciste de Charleston tente de renvoyer ses avocats car ils sont juif et indien », Slate.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 septembre 2017).