Chantal Thomass

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Ne pas confondre avec l'universitaire Chantal Thomas
Chantal Thomass
Chantal Thomas en novembre 2011.jpg

Chantal Thomass posant avec sa poupée pour l'UNICEF lors du vernissage des « Frimouses 2011 ».

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Chantal Thomass, née le (69 ans) à Malakoff[1], est une créatrice de mode, fondatrice de la marque de lingerie du même nom, reconnaissable à son éternelle frange dans les cheveux présente jusqu'à son logo. Elle fait ses débuts en 1967 avec diverses expériences dans le prêt-à-porter, mais c'est depuis 1975 qu'elle dessine des collections de lingerie très sexys et féminines. Après des difficultés croissantes de 1985 à 1999 pour la créatrice, la marque passe par divers propriétaires pour finalement aboutir dans le groupe Chantelle en 2011.

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Chantal Thomass (née Chantal Genty), fille unique d’une mère couturière[N 1] et d’un père ingénieur, ne tarde pas à se faire remarquer : inscrite dans un collège religieux, la jeune écolière modifie immédiatement son uniforme règlementaire. Elle abandonne le lycée après sa seconde et entre dans une école de dessin[1]. Sa carrière démarre véritablement à la fin des années 1960. À 20 ans, issue de la « génération Palace », elle débute chez Dorothée Bis[N 2] puis lance avec son mari Bruce Thomass (ancien étudiant aux Beaux-Arts)[N 3] sa première marque de prêt-à-porter, Ter et Bantine (1967 à 1975)[2]. Brigitte Bardot n'hésite pas à l'époque à soutenir la créatrice qui utilise alors des matières étonnantes comme de la toile cirée, le pilou ou la maille lurex.

En 1975 elle crée sa société, à laquelle elle donne son nom, et son premier défilé sous sa griffe l'année suivante. Elle introduit sa première collection de lingerie dans sa collection de prêt-à-porter et est la première à faire défiler la femme en lingerie[3]. Une évolution dans une décennie marquée par les mouvements féministes. À cette époque, les dessous adoptent des coupes fonctionnelles, avec matières basiques. Chantal Thomass va détourner des étoffes traditionnellement masculines, utilisant la soie et des fanfreluches qu’elle adore (nœuds, dentelle, motifs, …) faisant d'elle une figure majeure des années 1980. Elle réhabilite successivement le soutien-gorge, la guêpière, le porte-jarretelles, le corset, les bas, et inventera plus tard le collant de dentelle. « J’ai joué des dessous comme des dessus en dévoilant et en voilant avec des dentelles et des transparences sensuelles » explique cette créatrice.

Au cours des années 1980, Chantal Thomass collabore en parallèle pour la marque de doudounes Moncler, marquant le début de l'orientation de celle-ci vers la mode[4].

La marque[modifier | modifier le code]

Logo Chantal Thomass

La griffe Chantal Thomass est lancée cette même année 1975. En 1981, le publicitaire Benoît Devarrieux crée le profil découpé en ombre chinoise, qui deviendra le logo[5]. Ce logo sera modifié 17 ans après[6].

En 1985, c'est le dépôt de bilan, la marque est renflouée par des capitaux japonais du groupe World qui prend alors une large majorité des parts.

Perte de la marque[modifier | modifier le code]

En 1995, Chantal Thomass est licenciée pour « faute caractérisée » par son principal actionnaire japonais, qui possède le droit d'exploitation de la marque jusqu'en 2035, et perd l'usage de cette marque[7]. En 1996, la société est mise en liquidation volontaire[8].
Elle récupère la marque après un procès, 3 ans plus tard[N 4]. Elle intègre alors le Groupe Sara Lee, propriétaire à l'époque de la marque DIM[N 5] et crée un scandale en 1999 en mettant en scène des mannequins vivants en lingerie[9] dans les vitrines des Galeries Lafayette[10]. Finalement, elle conserve 34 % des parts de la marque et le poste à la direction artistique[3].

Chantelle[modifier | modifier le code]

Dim (Dim Brand Apparel) a décidé en mai 2011 de se séparer de la marque pour la revendre au groupe Chantelle[11], déjà propriétaire de nombreuses lignes de lingerie, et du réseau de boutiques de lingerie Orcanta[N 6] depuis 2006 (anciennement PPR).

Diversification[modifier | modifier le code]

En 2001, Chantal Thomass retrace pour la première fois sa carrière dans son ouvrage Plaisirs de Femme[1]. Chantal Thomass étendra au fur et à mesure sa gamme de produits en lançant son premier parfum « Chantal Thomass » en 2002 (d'autres suivront), une fragrance[N 7] dont le flacon est habillé d'une couture de bas et d'une dentelle de jarretière, des lunettes de soleil avec les opticiens REV en 2008[12], puis une ligne de mobilier pour le fabricant Taillardat ou encore une ligne de maquillage en 2009.

Sa boutique et l'expansion à l’international[modifier | modifier le code]

En septembre 2004, elle ouvre à Paris une boutique « esprit boudoir »[13] à la façade Napoléon III classée, située rue Saint-Honoré[N 8] à proximité du magasin colette. Conçue comme un appartement avec des alcôves, l'endroit est capitonné de soie rose avec des miroirs partout sur les murs et du mobilier rose en verre[14].
Chantal Thomass parvient à se faire une place à l’international avec l’ouverture de boutiques dans plus de 30 pays.

Les œuvres caritatives[modifier | modifier le code]

Chantal Thomass s'engage régulièrement dans des œuvres caritatives : en 2005, elle décore en rose une voiture Jaguar Type E[15], crée des poupées pour l'UNICEF depuis 2001[16], des assiettes pour Action contre la faim, elle a habillé Minnie de noir[17], a dessiné un tutu et des chaussons de danse pour Repetto & l'UNESCO[18]. L’argent récolté est reversé pour financer des actions caritatives, comme l'intégration d'enfants autistes[19].

Collaborations[modifier | modifier le code]

Chantal Thomass collabore régulièrement avec de nombreuses marques éloignées du domaine de la lingerie. On peut citer :

En mars 2015, Chantal Thomass est, pendant une émission, membre du jury de la télé-réalité Projet Fashion, un concours de stylistes diffusé sur D8.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes de contenu[modifier | modifier le code]

  1. C'est sa mère qui réalisera ses premières créations.
  2. en 1972, le défilé de Dorothée Bis se fait avec Kenzo.
  3. Mari dont elle a divorcé depuis.
  4. pendant ces années, elle collabore avec la marque de collants Wolford avec laquelle elle avait déjà travaillé en 1980, et les marques de lingerie Rosy, Rien, et Victoria's Secret.
  5. aujourd'hui, Sara Lee n'a plus de département « textile/lingerie »
  6. Orcanta vendait déjà des produits Chantal Thomass
  7. Chantal Thomass : (un parfum) « qui évoque le rouge à lèvres »
  8. à noter qu'il est indiqué sur la boutique « Fantaisies » & « Cadeaux », et non pas « Lingerie ». C'est pourtant une ancienne boutique de lingerie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Gaëlle Rolin, « Chantal Thomass, la reine des dessous chics », Le Figaro, encart « Culture », mercredi 22 janvier 2014, page 34.
  2. Ter & Bantine Les Arts Décoratifs.
  3. a, b et c Nadine Guérin, « Interview de Chantal Thomass Créatrice de mode et directrice artistique de Chantal Thomass », sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière, (consulté le 1er juillet 2012).
  4. « Moncler, étoile des neiges » L'Express, 19 septembre 2007.
  5. « je suis devenue mon propre logo » strategies.fr, 29 mars 2002
  6. « Le logotype de la créatrice » Strategies, 20 juillet 1998
  7. Chantal Thomass défile sans Chantal Thomass Libération, 17 octobre 1995
  8. Le litige entre la créatrice et la maison mère bloque l'activité liberation.fr, 10 octobre 1996
  9. Chantal Thomass fait sa Marie-Chantal L'Humanité, 24 avril 1999
  10. un spectacle peu ordinaire aux Galeries Lafayette ykone.com
  11. Dim vend à Chantelle lefigaro.fr, 26 mai 2011
  12. Lunettes Chantal Thomass todoofeminin.com, 25 mars 2008
  13. La boutique-boudoir Les Échos, 12 novembre 2004
  14. [image] Le boudoir de Chantal Chic and Geek, 16 mai 2011
  15. Jaguar Type E rose turbo.fr, le 09 août 2005
  16. Unicef site officiel, 28 juin 2011
  17. Chantal Thomass s'investit puretrend.com
  18. Fondation Repetto & l'UNESCO dossier de presse officiel en .pdf
  19. Chantal Thomass pour Autistes Sans Frontières orserie.fr, 30 juillet 2009
  20. Une Lampe Berger griffée Chantal Thomass maxitendance.com, 01 août 2007
  21. Lave-linge Chantal Thomass cnet, 06 février 2007
  22. La collection Pocket de Canderel par Chantal Thomass Madame Figaro, 18 décembre 2007
  23. Barbie Chantal Thomass Sumally [image]
  24. Maquillage NIVEA elle.fr, 15 avril 2009
  25. Chantal Thomass pour Tréca ladepeche.fr, 17juillet 2011
  26. Un lit "boudoir" signé Chantal Thomass elleadore.com
  27. Partenariat entre Coca-Cola Light et Chantal Thomass http://www.20minutes.fr/mode/1273918-20140114-dessous-partenariat-passe-entre-coca-cola-light-chantal-thomass

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chantal Thomass, Plaisirs de femmes : Chantal Thomass, 30 ans de création, Images en manœuvres, , 192 p. (ISBN 978-2908445558)
  • Julien Cendres, Femme selon Chantal Thomass, Flammarion, , 156 p. (ISBN 978-2082001885)
  • Catherine Örmen, Histoire de la lingerie, Librairie Académique Perrin, , 271 p. (ISBN 978-2262030186)
  • Chantal Thomass, Chantal Thomass, Mon carnet d'adresses, Editions du Chêne, , 192 p. (ISBN 978-2812304781)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]