Château de Chuet

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Château de Chuet
Image illustrative de l’article Château de Chuet
Nom local Chouet, Chuit, Chuyt
Période ou style Médiéval
Type Maison forte
Début construction XIIIe siècle
Propriétaire actuel Personne privée
Coordonnées 46° 03′ 31″ nord, 6° 21′ 51″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Faucigny
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
commune française Saint-Pierre-en-Faucigny

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Château de Chuet

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Château de Chuet

Le château de Chuet (ou Chouet, Chuit, Chuyt), est une ancienne maison forte, du XIIIe siècle[1],[2], qui se dresse sur la commune de Saint-Pierre-en-Faucigny dans le département de la Haute-Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Chuet est situé dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de Saint-Pierre-en-Faucigny, dans l'ancienne province du Faucigny, à proximité de Bonneville. Il se situait en limite de l'ancienne commune de Saint-Maurice-de-Rumilly, aujourd'hui intégrée à Saint-Pierre-de-Faucigny[2], où se trouvaient ses dépendances (fermes, prés, champs).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Chuet fut construit et occupé au cours du XIIIe siècle par une branche cadette des sires de Faucigny : Rodolphe de Faucigny, dit de Chuyt[1], fils de Rodolphe de Faucigny le Teutonique, appartenant à la branche des Faucigny-Lucinge[3].

Vers 1250, on cite un Guillaume de Chuet (parfois dénommé Chuyt ou encore Chuit) comme un cousin et vassal du sire de Faucigny, Aimon II (1202-1253)[2]. Selon Salch, la maison forte est fondée en 1317[4].

La bâtisse faisait partie d'un ensemble fortifié avec le château de Vosérier appelé « La Tour de Vozérier » (commune d'Amancy, ruines rasées en 1989)[5], Castel-Gaillard et du moulin fortifié de Moëllesulaz (commune de Thônex en Suisse), destiné à défendre les terres de Faucigny aux confins des terres du Genevois[6].

Le seigneur Nicod de Chuet épouse Pernette de Montfort. Morts sans descendance, le château passe à des parents de Pernette de Montfort, les nobles du Frenoy. En 1402, Jean du Fresnoy devient possesseur du château[3]. Son descendant, Alexandre du Fresnoy, ancien gouverneur de Nice et dernier descendant de la famille, meurt en 1545. Son neveu par alliance, Jean Martin, époux de Françoise-Nicolarde du Fresnoy, fille de Jean, hérite du château et des titres à condition qu'il prenne le nom et les Armes des du Fresnoy[3],[7]. La famille Martin du Fresnoy prend ainsi naissance. L'un d'entre eux, Joseph Martin du Fresnoy, est institué marquis de Cluses et Châtillon par le roi Victor-Amédée II en 1700. Le dernier mâle de la famille, Louis du Fresnoy, meurt en 1764. À sa mort, ses biens dont les châteaux de Chuet et de Châtillon-sur-Cluses passent à son neveu Pierre-Joseph de Planchamp[8],[3].

La fille de Louis de Planchamp de Châteaublanc, marquis de Cluses, épouse Hippolyte de Rivérieulx de Chambost en mai 1830[3],[2]. Il meurt en mai 1873 après avoir transmis le château à son fils Louis qui épousa Marie Pernet de Monterno, sa cousine germaine, le 21 mai 1866. Seuls leurs enfants Hubert et Marie-Louise, membre d'une fratrie de 10, vécurent au château[3]. Marie-Louise épousa en 1893 René Durand de Gevigney. Un des fils, Georges, capitaine au onzième bataillon de chasseurs alpins mourut à trente ans, le 20 juillet 1916. Le vicomte Louis de Chambost mourut le 8 septembre 1919 et la vicomtesse en 1927[9].

Les lieux sont achetés en 1937-1938 par Ajax Lalliard et ses deux fils, Paul et Henri, qui y installent une parqueterie tout en sauvegardant le château[9]. Il appartient toujours à la famille[9].

Description[modifier | modifier le code]

Le château est composé de nos jours de trois parties[3]. On distingue ainsi pour la partie sud d'une habitation carrée à deux étages datant du XIIIe siècle[3]. Les murailles sont composées de murs de 160 cm d'épaisseur et de beaux appartements spacieux donnant sur une terrasse qui elle-même offre une vue sur le jardin et le parc d'une superficie de trois hectares et demi[3],[1]. Dans la partie nord, un corps de logis de seulement 1 étage datant de la seconde moitié du XIXe siècle[3]. Entre ces deux bâtiments, à l'est, on trouve un donjon carré à quatre étages, percé dans sa partie supérieure d'une dizaine de meurtrières et flanqué au sud-ouest d'une échauguette carrée avec mâchicoulis surplombant la porte d’accès à la terrasse[3]. Huit fenêtres viennent éclairer ce dernier étage. On peut y découvrir deux cloches, l'une avec son battant qui sonnait à la volée, l'autre avec un seul marteau qui se contentait de tinter.

Au pied du donjon, au couchant, se trouve l'entrée principale du château. Elle est précédée d'un large perron. Sur le fronton, les armes de la famille de Planchamp de Cluses (« d'argent au chêne naissant en pointe de sinople englanté d'or, au chef de gueules denché d'or ») sont sculptées[3]. À demi enchâssé dans la partie gauche de la façade on peut voir un petit boulet de canon en pierre.

À l'entrée se trouve le grand salon du comte de Chambost avec son magnifique poêle à bois recouvert de faïences de Delft du XVIIe siècle assorties à la décoration du manteau de la grande cheminée. On accède à ce salon par quatre grandes portes dont les boiseries sont surmontées de blasons sculptés aux armes des Rivérieulx de Chambost pour le côté gauche et de celles des Planchamp de Cluses du côté droit.

Au rez-de-chaussée, en plus du grand salon s'alignent le petit salon et la cuisine, trois chambres donnant sur la terrasse, le jardin à la française, la pièce d'eau circulaire avec son jet d'eau central et le parc. Dans le prolongement de la pièce d'eau une allée de 200 mètres bordée de charmes conduit jusqu'à l'ancienne carpière, bassin de 40 mètres de long et 10 mètres de large, alimentée par une fontaine dominée par une statue de la Vierge (lieu-dit : La Crapaudière).

Le bel escalier de pierre du donjon se termine au niveau des combles du bâtiment principal. Spacieux, 16 mètres sur 14 mètres, ils sont traversés par les poutres soutenant le toit d'ardoise[10].

Possessions[modifier | modifier le code]

Le château est la possession[3],[2] de :

  • XIIIe siècle : Famille de Chuet, cousine et vassale des sires de Faucigny
  • 1402 : Famille du Fresnoy par mariage
  • 1545 : Par héritage passe à Jean Martin dit du Fresnoy
  • 1785 : Planchamp de Cluses
  • 1830 : Hippolyte de Rivérieulx de Chambost, qui épouse en secondes noces une Planchamp, fille du marquis de Cluses. Par héritage, il passe à son fils Louis en 1873[1].
  • 1937: Ajax Lalliard et ses fils Paul et Henri[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Chapier.
  2. a b c d et e Faucigny, p. 378.
  3. a b c d e f g h i j k l et m Guy, p. 148.
  4. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 1076.
  5. Faucigny, p. 364.
  6. Gilbert Taroni, « L’avènement du Chastel-Gaillard », Le Dauphiné libéré,‎ , p.14.
  7. Lucien Guy, 800 BONNEVILLE et ses environs, , 168 p., réédition en 1992 au Res universis, Monographies des villes et villages de France, (ISBN 978-2-87760-752-0).
  8. Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, Société d'histoire et d'archéologie, , 486 p., p. 263.
  9. a b c et d Les Clefs, p. 42.
  10. Les Clefs, p. 40.