Carbini

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Carbini
Entre Carbini et Orone
Entre Carbini et Orone
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité territoriale unique Corse
Circonscription départementale Corse-du-Sud
Arrondissement Sartène
Canton Grand Sud
Intercommunalité Communauté de communes de l'Alta Rocca
Maire
Mandat
Jean-Jacques Nicolai
2014-2020
Code postal 20170
Code commune 2A061
Démographie
Gentilé Carbinais
Population
municipale
99 hab. (2015 en diminution de 10 % par rapport à 2010)
Densité 6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 40′ 47″ nord, 9° 08′ 50″ est
Altitude 600 m
Min. 257 m
Max. 1 316 m
Superficie 16,47 km2
Localisation

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Carbini est une commune française située dans la circonscription départementale de la Corse-du-Sud et le territoire de la collectivité de Corse. Le village appartient à la piève de Carbini, en Alta Rocca.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Carbini appartient à la piève de Carbini, dans l'Alta Rocca. Elle est située au sud-est de Levie sur la route qui mène à Sotta par le col de Bacinu. La commune inclut le petit village d'Orone, situé 1,5 km plus au sud.

Communes limitrophes
Rose des vents Levie Levie, San-Gavino-di-Carbini San-Gavino-di-Carbini Rose des vents
Levie N Porto-Vecchio
O    Carbini    E
S
Levie Levie Porto-Vecchio

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

La commune est traversée dans un axe nord-sud, par la route D59.

Transports[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Au IIe siècle, le géographe grec Ptolémée avait relevé l'existence d'une trace de population très ancienne[1].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Giovannali.

À cette époque, la communauté abritait la secte dite des Giovannali dont la doctrine sociale prônait une totale égalité entre ses membres ; tout devait être mis en commun. Ils refusaient aussi de payer l'impôt aux Seigneurs. En 1354, sur requête de Mgr Raimondo, évêque d'Aléria, lui affirmant que les Ghjuvannali sont hérétiques et « irrespectueux envers l'autorité épiscopale », le pape Innocent VI alors en résidence en Avignon, les excommunia et les déclara hérétiques.

Existaient alors à Carbini deux églises : l'église Saint-Jean destinée aux nobles, et San-Quilico aux membres des Giovannali. Cette dernière sera ruinée.

Dans son ouvrage Histoire illustrée de la Corse (1863-1866), l'abbé Galletti en a fait le récit suivant :

« Carbini est l'endroit où prit naissance cette exécrable société des Giovannali, vers la fin du quatorzième siècle, société qui professait une espèce de saint-simonisme et les opinions les plus exagérées du communisme. Cette société se propagea en Corse, mais les habitants en firent prompte justice : ils en massacrèrent tous les membres.

La secte des Giovannali commença en Corse en 1531. Les chefs créateurs de cette société religieuse furent Paul et Henri d'Attala, frères bâtards de Guglielminuccio d'Attala. Cette faction fut excommuniée par le pape Innocent VI, et impitoyablement persécutée par les Corses commandée par les commissaires du pontife. Elle resta massacrée et anéantie dans la Pieve ou canton d'Alesani. Cette secte avait pris le nom de Giovannali, peut-être de l’église de Saint-Jean de Carbini, où ses prosélytes se rassemblaient souvent. Ils ne reconnaissaient que l'évangile de saint Jean, et ils l'interprétaient à leur manière. Les Giovannali mettaient tout en commun, terres, argent, femmes, etc. La nuit, ils se réunissaient dans leurs églises, et après l'office les lumières s'éteignaient, et ils se livraient à des orgies monstrueuses.

Carbini, devenu désert à cause de la destruction des Giovannali, fut repeuplé par des familles envoyées de Sartène. »

— Jean-Ange Galletti - Histoire illustrée de la Corse p. 139

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution, la piève de Carbini[Note 1], était une des plus vastes de Corse, commençant à Bavella au nord pour s'étendre de mare a mare depuis Sainte-Lucie-de-Porto-Vecchio à l'est sur la mer Tyrrhénienne jusqu'au-delà de Figari vers le sud-ouest. Il correspond grossièrement aux cantons de Levie et de Figari actuels.

La commune est le berceau des Ghjuvannali.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2014 Jules-Ferdinand Cucchi[2]    
2014 en cours Jean-Jacques Nicolai SE Fonctionnaire
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1872. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2015, la commune comptait 99 habitants[Note 2], en diminution de 10 % par rapport à 2010 (France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
315 338 361 409 520 522 553 421 510
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
564 557 583 559 321 352 192 148 128
1982 1990 1999 2004 2009 2014 2015 - -
125 95 100 101 110 100 99 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église San Giovanni[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Jean-Baptiste et son campanile

L'église romane San Giovanni, de style pisan et datée du XIIe siècle, était considérée par Prosper Mérimée comme la plus ancienne de Corse. Elle fait partie d'un ensemble qui comprenait jadis deux églises, un campanile et un baptistère. De cet ensemble, ne subsistent que l'église San Giovanni et le campanile voisin. Lors de fouilles archéologiques, ont été mises au jour les fondations d'une église San Quilico[1].

C'est une petite église à simple nef et aux proportions élégantes. La décoration extérieure comporte une frise continue de petites arcatures à modillons. La partie supérieure du clocher séparé (campanile) a été reconstruit à la fin du XIXe siècle, restaurée après une demande de Prosper Mérimée[1]. L'église a été restaurée en 1983.

Entre les deux édifices subsistent les vestiges de l'église paléo-chrétienne.

L'église Saint-Jean a été classée Monument historique par arrêté du 12 juillet 1886[7].

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Église San Giovanni[modifier | modifier le code]

Déjà classée MH, l'église est également reprise à l'Inventaire général du patrimoine culturel[8]. L'édifice religieux recèle quatre Elle recèle quatre œuvres remarquables :

  • Le mobilier de l'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste[9] ;
  • une statue de l'Immaculée Conception du XIXe siècle[10] ;
  • une sculpture Christ en croix du XIXe siècle[11] ;
  • une statue de procession saint Jean-Baptistedu XIXe siècle[12].

Chapelle San Quilico[modifier | modifier le code]

La chapelle San Quilico, à l'état de vestiges, est reprise à l'Inventaire général du patrimoine culturel[13].

Presbytère[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui la mairie, l'ancien presbytère date d'avant 1885 (ancien cadastre). Sa construction comporte des pierres provenant de l'ancienne église dite « chapelle San Quilico »[14].

Maisons[modifier | modifier le code]

Carbini possède un bâti remarquable, tant au village qu'aux hameaux de Foce d'Olmo, d'Orone et de Noce. Sur un total de trente et une repérées, dix maisons ont été étudiées, dont trois maisons de bergers. De simple niveau à plusieurs étages, elles ont été construites aux XVIIe siècle, XVIIIe et XIXe siècles en moellons de granite taillé[15].

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Parc naturel régional[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc naturel régional de Corse.

Carbini est une commune adhérente au parc naturel régional de Corse[16], dans son « territoire de vie » appelé Alta Rocca (PNRC).

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Carbini est concernée par deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique de 2e génération :

Forêts de Barocaggio et Zonza (940004150)[17] ;
Réservoir Ospedale, forêt autour du lac (940030502)[18].

Natura 2000[modifier | modifier le code]

Sites d'Intérêt Communautaire (Dir. Habitat)
Forêt de l'Ospedale
Le site abrite un SIC de la directive "Habitats, faune, flore", d'une superficie de 733 ha, inscrit à l'Inventaire national du patrimoine naturel sous la fiche FR9400583 - Forêt de l'Ospedale[19].
Zones de Protection Spéciale (Dir. Oiseaux)
Forêts territoriales de Corse
Le site abrite une ZPS de la directive "Oiseaux", d'une superficie de 13 223 ha, inscrit à l'Inventaire national du patrimoine naturel sous la fiche 9410113 - Forêts territoriales de Corse[20].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Camille Nicolaï de Fraticelli y Aragon (cousin du roi d'Espagne), médecin qui avait effectué ses études de médecine en Italie, fut au début du XVIIIe siècle consul d'Espagne en résidence à Bonifacio ;
  • un de ses descendants, Xavier Nicolaï, sera secrétaire général d'Indochine sous le gouvernorat de Robin ;
  • Carbini est aussi le village natal de Jean Marcellesi, dit Gjuvani u bellu, poète et musicien (premier du conservatoire de violon) ; il est l'auteur de la berlina qu'il composa en 1943 ;
  • Ghjuvan Camedu Nicolaï, bandit d'honneur qui composa son fameux lamentu, œuvre autobiographique ;
  • Jean Vaucoret, historien, fut chargé de mission du gouvernement Chirac chargé de la culture et du patrimoine, auteur de l'Histoire des dissidences franciscaines, ouvrage primé ainsi que d'une thèse sur le populisme, Simon sabiani un homme politique contesté.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Auguste Letteron, Histoire de la Corse - Tome I, Bastia, Imprimerie et Librairie Veuve Eugène Ollagnier, , 502 p. - Tome I disponible sur Gallica.
  • Jean-Ange Galletti, Histoire illustrée de la Corse, Paris, Imprimerie De Pillet fils aîné, rue des Grands Augustins 5, 1863-1866, 573 p. disponible sur Gallica

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. plus tard de Levie avant de devenir avec la Révolution française le canton de Levie
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Guide touristique du Guide Vert de la Corse, Michelin, 2006
  2. Site de la préfecture corse- identité du maire de la commune
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  7. Notice no PA00099087, base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. Notice no IA00071620, base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Notice no IM2A000001, base Palissy, ministère français de la Culture
  10. Notice no IM2A000002, base Palissy, ministère français de la Culture
  11. Notice no IM2A000003, base Palissy, ministère français de la Culture
  12. Notice no IM2A000004, base Palissy, ministère français de la Culture
  13. Notice no IA00071621, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. Notice no IA00071622, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Notice no IA00071703, base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. Le Parc naturel régional de Corse sur le site de l'INPN
  17. ZNIEFF 9400041501 - Forêts de Barocaggio et Zonza sur le site de l’INPN.
  18. ZNIEFF 940030502 - Réservoir Ospedale, forêt autour du lac sur le site de l’INPN.
  19. FR9400583 .html Fiche FR9400583  - Forêt de l'Ospedale sur le réseau Natura 2000 (consulté le )
  20. 9410113 .html Fiche 9410113  - Forêts territoriales de Corse sur le réseau Natura 2000 (consulté le )