Filles de la Charité Canossiennes

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Les canossiennes, ou filles de la Charité de Vérone ou filles de la Charité Canossiennes, forment un institut religieux féminin de droit pontifical. Les sœurs de cette congrégation ajoutent à leur nom F.d.C.C.[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Sainte Madeleine de Canossa, fondatrice des filles de la Charité de Vérone.

La congrégation a été fondée par sainte Madeleine de Canossa (1774-1835). La fondatrice est issue d'une famille de la grande aristocratie italienne, mais elle a une enfance difficleː elle perd son père très jeune et sa mère quitte le domicile familial pour se remarier. Elle décide de devenir religieuse à l'âge de quinze ans. Elle fait quelques expériences monastiques (dont une chez les carmélites), mais elle préfère finalement se vouer en 1799 aux malades, guidée spirituellement par son confesseur, l'abbé Leonardi. Plus tard, l'évêque de Vérone, Mgr Avogadro, l'invite à laisser l'œuvre hospitalière pour se dédier à l'éducation des filles du peuple, dans les quartiers pauvres de la ville[2].

C'est le 8 mai 1801 que Madeleine de Canossa fonde sa congrégation dans l'ancien monastère Saint-Joseph-et-Saint-Fidence du quartier populaire Saint-Zénon de Vérone. Elle est tournée vers l'instruction des pauvres, l'enseignement de la doctrine chrétienne et la visite aux malades des hôpitaux. Saint Gaspard Bertoni est l'un des premiers directeurs spirituels de la communauté. Les canossiennes sont aussi appelées à Venise par les frères Cavanis pour assumer la direction de leurs écoles de filles. L'empereur François II (la Vénétie et la Lombardie appartiennent aux Habsbourgs d'Autriche) concède aux canossiennes l'approbation civile après visité leurs écoles avec satisfaction[3].

La congrégation se diffuse rapidement en Vénétie et en Lombardie, non seulement en ville, mais aussi à la campagne où elle forme des institutrices en zone rurale. La première maison qui ouvre à l'étranger est celle de Hong Kong, comptoir britannique en Chine. Elle ouvre en 1860[4] à la demande d'Angelo Ramazzotti, fondateur du séminaire lombard pour les missions étrangères qui s'adresse à la communauté canossienne de Pavie dirigée par la Mère Maria Luisa Grassi.

Le pape Pie VII concède aux canossiennes le decretum laudis le 20 novembre 1816; le 23 décembre 1828, la congrégation est approuvée par le pape Léon XII.

La fondatrice est canonisée par Jean-Paul II, le 2 octobre 1988. Une autre canossienne fameuse est canonisée en l'an 2000, Joséphine Bakhita, ancienne esclave soudanaise convertie au catholicisme et conduite en Italie[5].

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L'action des filles de la Charité de Vérone s'est particulièrement développée dans le domaine de la catéchèse, de l'enseignement et de l'assistance sociale.

À l'origine, les canossiennes étaient vêtues d'un habit religieux de couleur marron foncé formé d'une longue robe, avec un châle noir croisé sur le devant et une petite coiffe noire, à la manière des femmes du peuple de l'époque. Elles portaient au cou un grand médaillon métallique de forme ovale, soutenu par un cordon noir et représentant la Vierge des Douleurs à l'avers et les symboles de la passion du Christ au revers. Cet habit et cette coiffe à la mode du XIXe siècle ont été abandonnés dans les années 1960 pour laisser la place a un habit gris clair à jupe courte avec un petit voile blanc, gris ou noir sur la tête. Beaucoup de religieuses occidentales abandonnent même le voile et sont habillées maintenant d'une jupe et d'une chandail gris clair avec une chemise blanche. Le grand médaillon d'autrefois est remplacé par une petite médaille au bout d'une petite chaîne. En Inde les canossiennes portent un sari avec la petite médaille au cou[6].

Les canossiennes sont aujourd'hui présentes en Europe (Albanie, France, Italie, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Ukraine), en Afrique (Angola, République démocratique du Congo, Égypte, Kenya, Malawi, Sao Tomé-et-Principe, Soudan, Tanzanie, Togo, Ouganda), en Amérique (Argentine, Brésil, Canada, Mexique, Paraguay, États-Unis), en Asie (Birmanie, Chine, Philippines, Japon, Inde, Indonésie, Malaisie, Singapour, Timor oriental) et en Océanie (Australie, Papouasie-Nouvelle-Guinée)[7]. Elles dirigent trois grands hôpitaux dont le Canossa Hospital de Hong Kong, un autre au Togo et un autre aux Philippines. Elles sont à la tête de nombreuses écoles primaires, collèges d'enseignement général ou technique, et établissements d'enseignement secondaire ou professionnel.

La maison généralice se trouve à Rome, via della Stazione di Ottavia.

La congrégation comptait au 31 décembre 2005 3 094 religieuses regroupées dans 354 maisons. Il existe une branche masculine, les canossiens (ou fils de la Charité), d'environ 200 membres qui partagent la même spiritualité et dont les prêtres sont à la disposition des communautés des sœurs canossiennes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ann. Pont. 2007, p. 1541.
  2. (it) Daniele Cottini, in G. Schwaiger, op. cit., p. 114-116.
  3. (it) DIP, vol. III (1976), coll. 1532-1537, voce a cura di A. Serafini.
  4. Lieux où travaillent les Canossiennes
  5. (it) Canonisations sous Jean-Paul II
  6. (it) E. Boaga, in La sostanza dell'effimero... (op.cit.), p. 583-584.
  7. (it) Le canossiane nel mondo

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Annuario Pontificio per l'anno 2007, Libreria Éditrice Vaticana, Città del Vaticano 2007. (ISBN 978-88-209-7908-9).
  • (it) Guerrino Pelliccia e Giancarlo Rocca (curr.), Dizionario degli Istituti di Perfezione (10 voll.), Edizioni paoline, Milan 1974-2003.
  • (it) Giancarlo Rocca (cur.), La sostanza dell'effimero. Gli abiti degli ordini religiosi in Occidente, Edizioni paoline, Rome 2000.
  • (it) Georg Schwaiger, La vita religiosa dalle origini ai nostri giorni, San Paolo, Milan 1997. (ISBN 978-88-215-3345-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]