Bleu russe

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Bleu Russe
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Bleu Russe
Bleu Russe
Région d’origine
Région Controversée, viendrait de Drapeau de la Russie Russie ou du pourtour méditerranéen.
Caractéristiques
Silhouette Allongée, de type médioligne foreign
Taille Moyenne
Poil Court et épais
Robe Bleue, noire ou blanche
Tête Fine, allongée
Yeux Grands, de couleur verte
Oreilles Légèrement arrondies, plutôt grandes, assez verticales.
Queue Longue et droite, épaisse à la base vers un bout effilé
Standards

Le bleu russe est une race de chat aux origines controversées (Russie ou pourtour méditerranéen). Ce chat est caractérisé par sa robe épaisse et pelucheuse d'une couleur bleue argentée et par ses yeux verts.

Origines[modifier | modifier le code]

Les origines du bleu russe sont controversées, usuellement attribué à la Russie, elles pourraient également venir du pourtour méditerranéen. Divers noms lui ont été attribués, dont « archange bleu », « bleu d'Abyssinie », « bleu d'Arkhangelsk », « bleu d'Espagne », « bleu d'Islande », « bleu de Norvège », « bleu du Caucase », « bleu maltais » ou « bleu russe »[1].

Une première théorie avance que la race pourrait être originaire du port russe d'Arkhangelsk où elle aurait développé sa fourrure dense au cours des siècles, ce qui en ferait une race naturelle[2]. Divers récits corroboreraient qu'il était chassé pour sa fourrure chaude et utilisé sur les bateaux comme chasseur de rongeurs et aurait été introduit en Grande-Bretagne par des marins[2]. Une autre hypothèse avance que ces chats pourraient venir du bassin méditerranéen et même peut-être d'Espagne. La race aurait donc des origines communes avec le chartreux, ce qui lui a valu d'être parfois surnommée « Chat de Malte » ou « Chat Espagnol bleu ».

Dans les années 1860, le bleu russe, surnommé « Archange bleu » ou « bleu d'Arkhangelsk »[3], est présenté à la première exposition féline du Crystal Palace en 1871[2]. En 1890, Mme Constance Carex-Cox, alors éleveuse d'abyssins, de british shorthair et de manx, acquiert son premier bleu russe, « Kolya » née sur la péninsule de Kola. Cette éleveuse et ses premiers sujets (tels Bayard, Fashoda, Ivanovitch, Lingpopo, Muchacho, Olga et Peter the great) promeuvent et développent la race. Elle aura une grande place pour défendre les différences du bleu russe vis-à-vis du british shorthair dans l'un des premiers livres sur l'élevage des chats The Book of the Cat en 1903 de Frances Simpson[2].

Présenté régulièrement dans les expositions félines britanniques, le bleu russe souffre alors de la concurrence avec le british shorthair bleu, avec lequel il partage la couleur de la robe[2]. Divers croisements sont réalisés entre les bleus russes, les british shorthair bleu et chats sans pedigree : les résultats de ses croisements sont présentés sous le terme générique « bleus à poil court »[1] En 1912, le Governing Council of the Cat Fancy (GCCF) reconnaît la race[2].

En France, le bleu russe fait sa première apparition en 1925 sous le nom de « Chat de Malte » ou « Maltais »[1]. C'est cette année-là également que les premiers bleu russe étaient exposés. En 1939, le nom Bleu russe fut officialisé.

Après la Seconde Guerre mondiale, comme d'autres races, le bleu russe faillit presque disparaitre complètement[4]. Il fut sauvé par les Britanniques et les Scandinaves qui organisent deux programmes d'élevage distincts. En Angleterre, Mme Marie Rocheford croise les bleus russes survivants avec une siamoise blue-point[Note 1] Lela Do puis avec son fils Dunloe Domokvitch. Ces deux chats, encore très présents dans les pedigrees du bleu russe, ont modifié le type du bleu russe, qui devint foreign[4]. En Scandinavie, les éleveurs recréèrent la race en croisant des siamois avec des chats de gouttière bleus finlandais. Le bleu russe scandinave se distingue du bleu russe britannique par sa fourrure plus courte et son plus grand gabarit[4]. La Russian Blue Association entreprend un programme d'élevage visant à améliorer la race, qui retrouva un type morphologique moins longiligne dès 1967[1].

Aux États-Unis, les premiers spécimens ont probablement été importés dès le début du XXe siècle. La Cat Fanciers' Association (CFA) reconnaît la race en 1949. Dans les années 1950, les sujets varient fortement physiquement, car ils sont importés soit des élevages anglais, soit suédois. A partir des années 1960, des croisements ont lieu entre les deux lignées pour rendre la race plus uniforme. En 1964, la CFA accepte le bleu russe en championnat[4].

Les effectifs américains augmentent jusqu'aux années 1980, où un déclin, attribué à un mauvais comportement lors des expositions félines, commence. Le bleu russe étant un chat timide, il supporte mal les expositions. Un entraînement des chats de compétition par les éleveurs enraya le phénomène[4].

La race reste rare en France, probablement en raison de la forte présence de chartreux et de british shorthair bleus. La concentration la plus importante de bleu russe se trouve dans les pays anglo-saxons et d'Europe du Nord.

Le bleu russe en France aujourd'hui[modifier | modifier le code]

On a vraiment commencé à parler du bleu russe en France en 1995 grâce à quelques personnes passionnées qui ont créé un club de race afin de promouvoir la race auprès du grand public. Marie Aillaud et Jacky Dubuquoy ont introduit le bleu russe en France et ont travaillé à l’amélioration de la race en mixant des chats d’origine géographique diverse, nordique, anglaise et américaine. Marie Aillaud a introduit le premier bleu Russe en France en 1978.

Depuis 2004, on ne parle plus seulement du bleu russe mais aussi de ses deux variétés à poil court Russe Blanc et Russe Noir et de sa variété à poil mi-long le Nebelung. Les standards qui existaient déjà pour chaque variété étaient de véritables « copié-collé » avec mariages autorisés mais restaient juxtaposés Le LOOF lors de sa refonte totale des standards félins en 2007, les a alors réunis en une seule race, le russe, englobant dans un même standard les quatre variétés avec mariages autorisés, s’alignant ainsi sur d’autres fédérations européennes (WCF, TICA entre autres).

Standard[modifier | modifier le code]

Tête[modifier | modifier le code]

Le portrait du bleu russe

La tête, en forme de coin, est particulièrement large au niveau des yeux. Le visage angulaire est formé par sept facettes : de profil, le dessus du crâne jusqu'au front, le front jusqu'au nez, le bout du nez jusqu'à la pointe du menton, puis, de face, les deux faces de chaque côté du museau et les deux faces formées par les pommettes[5].

De profil, le front, large et plat, et le nez rectiligne forment un angle convexe au niveau des sourcils. Le front doit être légèrement plus long que le nez précise la CFA[6]. Le museau, aux contours arrondis, est court et massif, sans pinch. Le menton est fort. Les coins de la bouche sont légèrement relevés, ce qui donne une impression douce et souriante[7].

Les yeux grands et bien espacés sont en forme de noix pour la plupart des standards[7] et d'amande pour la FIFé[8]. L'unique couleur acceptée est le vert la plus intense possible chez l'adulte, jaune-vert chez le chaton. En concours, des pénalités sont données pour les adultes aux yeux imparfaitement verts. Les yeux jaunes sont interdits[7].

Aussi hautes que larges à la base, les oreilles sont bien espacées et portées verticalement. Les poils sont très courts et fins à l'extérieur et plus long dans la moitié de la surface intérieure de l'oreille[7].

Corps[modifier | modifier le code]

De type foreign, le corps est long et gracieux, bien musclé et sans aucune lourdeur. Un chat de type oriental ou massif et ramassé est une faute en exposition. L’ossature est fine et la musculature puissante. L'encolure et les pattes sont longues et fines, bien proportionnées avec le corps. Les pieds sont petits et arrondis[7].

La queue est plutôt épaisse à la base et s'affine vers un bout effilé à l'extrémité. De longueur moyenne, la queue atteint la base des omoplates et reste bien proportionnée avec le corps[7].

Robe[modifier | modifier le code]

La robe est courte, fine et douce, dense avec un important sous-poil. Une fourrure couchée sur le corps est une faute grave en exposition tout comme la présence d'un médaillon ou de taches blanches. Les fédérations d'élevage acceptent d'une à trois couleurs différentes. L'ACF[9], le GCCF[9], le LOOF[5], la NZCF[9] et le SACC[9] acceptent les couleurs bleue, blanche et noire. Les fédérations américaines (CFA et TICA) et les fédérations à portée européenne ou mondiales (FIFé et WCF) reconnaissent uniquement la couleur bleue[10].

Les marques tabby fantômes sont tolérées chez le chaton. Le bleu doit être uniforme, lumineux avec une préférence pour les tonalités claires. L’extrémité des poils de garde présente une coloration argentée qui donne à la fourrure un aspect brillant. La truffe et les coussinets sont gris[7].

Le blanc doit posséder des reflets argentés. La truffe et les coussinets sont roses. Le noir doit être brillant, noir de jais. La truffe et les coussinets sont noirs ou brun foncé[7].

Races proches ou apparentées[modifier | modifier le code]

Une variété à poil mi-long, le nebelung, apparaît aux États-Unis dans les années 1980. Initialement issue de croisements entre chats de gouttière, la race est rapidement comparée à un bleu russe à poil mi-long, et le premier standard du nebelung est rédigé en se basant sur celui du bleu russe. Des croisements réguliers avec le bleu russe sont réalisés dès les premières tentatives de développement de la race[11]. Des croisements sont autorisés entre nebelung et bleu russe par le LOOF[5].

Après la seconde guerre mondiale, le bleu russe a été utilisé entre autres races pour revitaliser le british shorthair[12].

Certaines personnes confondent d'ailleurs souvent le Bleu russe, avec le Chartreux ou le Korat, trois races à la robe bleue.

Caractère[modifier | modifier le code]

Bleu Russe d'un an
Les yeux verts du bleu russe

Le bleu russe est souvent décrit comme un chat assez vif et intelligent. On le dit discret, avec un miaulement doux et mélodieux. On dit également qu'il est casanier et méfiant envers les étrangers mais tendre envers son propriétaire. Il serait sociable avec les autres animaux, n'aimerait pas particulièrement le bruit ni les enfants et préfèrerait sa tranquillité, et une vie de famille calme.

Ces traits de caractère sont toutefois parfaitement individuels en fonction de l'histoire de chaque chat.

Le bleu russe est décrit comme timide et réservé, attaché à ses habitudes et intelligent par Tamsin Pickeral. Affectueux avec son maître, il le suivrait dans ces déplacements et réclamerait bruyamment sa nourriture[2].

La TICA et le LOOF décrivent le bleu russe comme un chat timide[5],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La robe blue-point est une robe où la couleur bleue est présente uniquement sur la tête, la queue et les pattes, le reste du corps étant blanc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Sacase 1994
  2. a, b, c, d, e, f et g Pickeral 2014, p. 91
  3. Jean Cuvelier, Le petit Larousse du chat et du chaton, Larousse, , 320 p. (ISBN 9782035918192, lire en ligne)
  4. a, b, c, d et e Pickeral 2014, p. 92
  5. a, b, c et d « Standard RUSSE & NEBELUNG », LOOF,‎ (consulté le 12 février 2017)
  6. (en) « Standard Russian Blue », CFA,‎ (consulté le 12 février 2017)
  7. a, b, c, d, e, f, g et h Standard du bleu russe ou du russe sur différentes fédérations félines :
  8. (de+en+fr) « Standard RUSSIAN BLUE / RUSSISCH BLAU / BLEU RUSSE », FIFé,‎ (consulté le 12 février 2017)
  9. a, b, c et d (en) « A Comparison of Individual Breeds among the member organisations - Russian », World Cat Congress,‎ (consulté le 12 février 2017)
  10. (en) « A Comparison of Individual Breeds among the member organisations - Russian Blue », World Cat Congress,‎ (consulté le 12 février 2017)
  11. Pickeral 2014, p. 241-242
  12. Pickeral 2014, p. 46
  13. (en) « Standard Russian Blue », TICA,‎ (consulté le 12 février 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tamsin Pickeral (trad. Christine Chareyre, photogr. Astrid Harrisson), Chats : Une histoire illustrée des races, Flammarion, (ISBN 978-2-0813-3369-7). 
  • Sous la direction de Patrick Pageat, Le Traité rustica du chat, Paris, Rustica éditions, , 447 p. (ISBN 2-84038-680-1)
  • Christiane Sacase, Les Chats, Solar, coll. « Guide vert », , 256 p. (ISBN 2-263-00073-9). 

Liens externes[modifier | modifier le code]

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