Bagne de Biribi

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Biribi est un terme informel qui désigne, non un lieu réel, mais un ensemble de compagnies de discipline et d'établissements pénitentiaires qui étaient stationnés en Afrique du Nord, alors colonie française, et destinés à recevoir les militaires réfractaires ou indisciplinés de l'armée française. Dans ces bagnes, les soldats effectuaient des travaux de force soumis à un régime très dur. Son nom dérive du jeu de hasard de Biribi, importé d'Italie en France au début du XVIIIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les compagnies de discipline apparurent en 1818, dans le cadre de la loi Gouvion Saint-Cyr, après la chute du Premier Empire et se développèrent avec le début de la colonisation française en Afrique du Nord[1].

Avec le passage en Algérie des ateliers de travaux publics, des ateliers du boulet et l'installation des maisons centrales pour détenus militaires, les centres disciplinaires pouvaient accueillir jusqu'à 1 500 disciplinaires avec une pointe de 4 000 détenus à la fin de la Première Guerre mondiale[1]. Y régnait une justice militaire arbitraire, pouvant infliger des sanctions corporelles inhumaines[1] comme la « crapaudine » (rester accroupi au soleil) ou le « silo » (une fosse où le prisonnier croupissait nu[1]).

Biribi a notamment été rendu célèbre par le livre de Georges Darien, Biribi, discipline militaire, publié en 1890[2], par la chanson que lui consacra Aristide Bruant, À Biribi (1891), et par les reportages plus tardifs qu'en firent les écrivains Jacques Dhur, Les bagnes militaires. Arbitraire et cruauté (1906), et Albert Londres. Publié en 1924 dans Le Petit Parisien (puis en volume sous le titre Dante n'avait rien vu), le reportage d'Albert Londres contribua à attirer l'attention du grand public sur cette institution et participa ainsi à la réforme des pénitenciers militaires français.

En ouverture de son livre, Albert Londres, définit Biribi comme suit :

« Il s’agit des pénitenciers militaires.

C’est là que vont « payer » les condamnés des conseils de guerre. Les bataillons d’Afrique fournissent la majorité de cette clientèle. Le reste provient des corps de France, de l’armée du Rhin, de l'armée de Syrie, du régiment de Chine. Désertion, bris d’armes, destruction d’effets militaires, vols, attentats sur des personnes, refus d’obéissance, outrage à des supérieurs pendant le service. Tels sont les crimes ou les délits. Ces condamnés sont au moins trois mille cinq cents. On les appelle les pègres, voire les pégriots. »

Les centres[modifier | modifier le code]

Biribi a plusieurs maisons mères:

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française, Paris, Perrin, 2009[3].
  • Dominique Kalifa, Biribi: histoire d'un non-lieu de l'imaginaire français, in John West-Sooby (ed), Nowhere is perfect, Newark, University of Delaware Press, 2008, p. 156-176.
  • Albert Londres, Dante n’avait rien vu, Paris, Le Serpent à plumes, coll. « Motifs », 1999. [Première édition : Paris, Albin Michel, 1924]
  • Georges Darien, Biribi, discipline militaire, Paris, Le Serpent à plumes, coll. « Motifs », 1998. [Première édition : Paris, Savine, 1890]
  • Aristide Bruant, « À Biribi », in Dans la rue. Chansons et monologues vol. 2, Paris, 1889-1895. [Il existe différents enregistrements de cette chanson dont un par Les Quatre Barbus dans leur disque Chansons Anarchistes et par Marc Ogeret dans "Ogeret chante Bruant"]
  • "1910: Meure Biribi, sauvons Rousset!" , article paru dans Alternative libertaire d'avril 2010.
  • Biribi : L'Assiette au beurre n° 227 du 5 août 1905 - dessins de Bernard Naudin.
  • Anne Steiner, Biribi ou la passion d’Aernoult, Article 11, 24 septembre 2015, lire en ligne.
  • "Biribi,du mythe a la realite":conference a l'Ecole de Guerre du 13 février 2016.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d "Quand la France broyait ses soldats" de François-Guillaume Lorrain, Le Point, 2 avril 2009.
  2. En ligne sur In Libro Veritas (2006).
  3. Biribi de Dominique KALIFA