Astéroïde rétrograde

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Un astéroïde rétrograde est une planète mineure qui parcourt son orbite dans le sens rétrograde, c'est-à-dire qui tourne autour du soleil dans le sens inverse de celui de la Terre et de la plupart des autres planètes et astéroïdes.

Parmi les 726 261 planètes mineures connues fin 2016, 82 seulement sont rétrogrades[1]. Le premier astéroïde rétrograde à avoir été reconnu comme tel est (20461) Dioretsa[a], découvert en 1999. Des objets en orbite rétrograde autour d'une autre étoile que le soleil ont également été découverts[2].

Résonances[modifier | modifier le code]

Un astéroïde rétrograde peut coorbiter stablement avec une planète, c'est-à-dire avoir une orbite très voisine de celle d'une planète mais de sens contraire et néanmoins stable pendant des millions d'années. Des travaux théoriques l'ont montré dès 2013[3],[4],[5], et fin 2016 il a été démontré que c'était le cas de l'astéroïde 2015 BZ509[6]. Cet astéroïde pourrait être une comète de la famille de Halley (également rétrograde) qui serait entrée en résonance avec Jupiter à la suite d'une interaction avec Saturne, mais aucune activité cométaire n'y a encore été détectée[6].

D'autres astéroïdes rétrogrades sont en résonance orbitale avec une planète (on parle alors de résonance rétrograde) mais dans un rapport des périodes autre que 1:1 : 2006 BZ8 et 2008 SO218 sont ainsi en résonance rétrograde 2:5 et 1:2 avec Jupiter, et 2009 QY6 en résonance rétrograde 2:3[b] avec Saturne[7]. Des simulations numériques ont par ailleurs montré que l'entrée en résonance est plus facile pour les petits corps en orbite rétrograde que pour ceux en orbite prograde[4].

Liste[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nom Dioretsa fait justement référence à son orbite rétrograde, car c'est le mot asteroid écrit à l'envers.
  2. 2006 BZ8 pourrait dans le futur basculer vers une résonance 1:1, c'est-à-dire se mettre à coorbiter avec Saturne comme 2015 BZ509 avec Jupiter[7].
  3. Produit de la longueur Larc de l'arc d'observation (en degrés) par le nombre d'observations Nobs ; en général les paramètres de l'orbite sont d'autant plus fiables que ce produit est élevé.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « The MPC Orbit (MPCORB) Database » (consulté le 30 mars 2017).
  2. (en) Artie P. Hatzes, « The architecture of exoplanets », Space Science Reviews, vol. 205, no 1,‎ , p. 267-283 (DOI 10.1007/s11214-016-0246-3).
  3. (en) M. H. M. Morais et F. Namouni, « Retrograde resonance in the planar three-body problem », Celestial Mechanics and Dynamical Astronomy, vol. 117, no 4,‎ , p. 405-421 (DOI 10.1007/s10569-013-9519-2, lire en ligne [PDF]).
  4. a et b (en) F. Namouni et M. H. M. Morais, « Resonance capture at arbitrary inclination », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 446, no 2,‎ , p. 1998-2009 (DOI 10.1093/mnras/stu2199, lire en ligne [PDF]).
  5. (en) Maria Helena M. Morais et Fathi Namouni, « A numerical investigation of co-orbital stability and libration in three dimensions », Celestial Mechanics and Dynamical Astronomy, vol. 125, no 1,‎ , p. 91-106 (DOI 10.1007/s10569-016-9674-3, lire en ligne [PDF]).
  6. a et b (en) Paul Wiegert, Martin Connors et Christian Veillet, « A retrograde co-orbital asteroid of Jupiter », Nature, vol. 543,‎ , p. 687-690 (DOI 10.1038/nature22029).
  7. a et b (en) M. H. M. Morais et F. Namouni, « Asteroids in retrograde resonance with Jupiter and Saturn », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society Letters, vol. 436, no 1,‎ , p. L30-L34 (DOI 10.1093/mnrasl/slt106).
  8. (en) « 2008 DG8 et Cérès en 1930 » (consulté le 1er avril 2017).
  9. (en) « 1999 LE31 s'approche de Jupiter et de Saturne » (consulté le 1er avril 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]