Aryen d'honneur

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Aryen (ou aryenne) d'honneur (en allemand : Ehrenarier) est un titre conférant un statut particulier au sein de l'Allemagne nazie. Il pouvait être accordé par le Département de la politique raciale du NSDAP ou par d'autres membres du parti nazi, à des individus ou à des groupes de personnes qui n'étaient pas considérés comme « aryens ». Ce statut était accordé, entre autres, pour « services exceptionnels » rendus au mouvement national-socialiste, pour l'effort de guerre ou pour toute autre raison d'ordre politique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cette qualité de Ehrenarier, qui donnait lieu à un diplôme officiel du Bureau pour la race et le peuplement du IIIe Reich, conférait ou rétablissait la nationalité allemande avec tous les droits qui y étaient attachés.

En Allemagne, certaines personnalités d'origine juive (le plus souvent issus d'un seul parent juif et de religion non juive)[Mal dit]. Généralement, ces individus avaient un père juif (et une mère non juive). Ils déclaraient que leur vrai père n'était pas celui figurant sur leur état civil , mais un aryen. Beaucoup avaient un physique « aryen » qui semblait justifier leur déclaration (le maréchal Milch, no 2 de la Luftwaffe par exemple) et étaient mariés à des non juives.

Cette expression a aussi été utilisée de façon ironique ou calomnieuse pour désigner certains Juifs qui avaient obtenu des autorités allemandes des privilèges ou des exemptions de porter l'étoile jaune[réf. nécessaire].

Membres dans les différents pays[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Ce titre était donné aux anciens militants ou sympathisants du NSDAP, aux quelques demi ou quart Juifs de l'entourage d'Hitler, ainsi qu'à certaines personnes partiellement juives ayant rendu des services à l'Allemagne comme :

Autres pays européens[modifier | modifier le code]

En France, cette distinction a été accordée à 26 personnalités juives ou d'origine juive, dispensées du port de l'étoile jaune, dont Jeanne Louise Rachel Franck, dite Lisette, femme de l'ambassadeur de France en France Fernand de Brinon, qui étaient des collaborateurs notoires.

Bien que ne figurant explicitement pas dans le Statut des Juifs, elle permettait de faire jouer les clauses de sauvegarde prévues dans son article 8. L'attribution de cette distinction par les autorités allemandes a été demandée par le maréchal Pétain afin de permettre de sauver des rigueurs et des persécutions de la police politique allemande des personnalités françaises d'origine israélite, comme les filles du baron Louis Stern, Marie-Louise de Chasseloup-Laubat et Lucie-Ernesta Girot de Langlade, ainsi que Suzanne Stern (1887-1954), fille d'Edgar Fould et de Marguerite Fould, femme divorcée du comte d'Aramon.

Le philosophe Henri Bergson obtint le titre d'Aryen d'honneur, sans l'avoir sollicité. Le philosophe Vladimir Jankelevitch l'a refusé[2].

Contrairement à ce qui a été écrit dans la presse en 1943, Robert Debré n'a pas été dispensé de porter l'étoile jaune et n'avait pas reçu le titre d'aryen d'honneur.

Joseph Joanovici, dit Joano le Ferrailleur[3], qui fit une immense fortune en revendant les biens confisqués aux Juifs, obtient aussi ce statut.

Pays musulmans[modifier | modifier le code]

Japon[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Faligot et Kauffer, op. cit., p. 19-33, 40 à 47, 172-179.
  2. « La première vie de Jankélévitch - Idées - France Culture », sur www.franceculture.fr (consulté le 7 août 2015)
  3. Pascal Ory (professeur à l'université de Paris I), « Joano le ferrailleur », in L'Histoire, no 341, avril 2009.
  4. le 25 avril 1941