Lucie Delarue-Mardrus

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Lucie Delarue-Mardrus
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Lucie Delarue-Mardrus photographiée par Paul Nadar en 1914, Charenton-le-Pont, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

Nom de naissance Lucie Delarue
Alias
Princesse Amande
Naissance
Honfleur
Décès (à 70 ans)
Château-Gontier
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
 Madame Lucie Delarue-Mardrus par Jean Cocteau
Madame Lucie Delarue-Mardrus par Jean Cocteau : Petite reine du désert et de la rue, Femme du Roi des mots en US, Voici l'image, hélas à peine réussie, ..En ce vulgaire papyrus, De Lucie Delarue Mardrus.

Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur le , et morte à Château-Gontier le , est une poétesse, romancière, journaliste, historienne, sculptrice et dessinatrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Caricature parue dans Les Hommes du jour (1911).

Fille d'un avocat et d'une mère au foyer, Lucie est la dernière née d'une famille de 6 enfants, élevée comme ses cinq sœurs selon une éducation bourgeoise nourrie d'apprentissage de la musique et de l'anglais[1]. Sa famille déménage à Paris en 1880 et fréquente le milieu artistiques de la capitale, musical comme littéraire[1].

Ses parents ayant refusé au capitaine Philippe Pétain, la main de celle qu’on surnomme « Princesse Amande », elle épouse, le 5 juin 1900, l’orientaliste Joseph-Charles Mardrus. Elle effectue avec lui de nombreux voyages en Afrique du Nord, en Égypte, en Syrie, en Turquie, en Italie, et en tire des reportages photographiques et des récits[2].

Comme elle est l'amante de Natalie Barney, Romaine Brooks et Germaine de Castro, son mari, qui désire garder intacte la beauté de son épouse, propose à Natalie Barney de lui faire un enfant à sa place [réf. nécessaire].

En juillet 1914, Raphaël-Schwartz exécute son portrait, sous la forme d'une buste en marbre.

Pendant la Première Guerre mondiale, Lucie Delarue-Mardrus est infirmière à Honfleur à l'hôpital no 13. Elle divorce vers 1915. C'est à cette époque qu'elle emménage au no 17 bis quai Voltaire à Paris, où elle vit de 1915 à 1936. Durant cette période, elle publie de nombreux écrits et prononce des conférences.

Elle participe au championnat de France d'échecs féminin à Paris en 1927[3].

Elle vit aussi à Honfleur au no 44 rue des Capucins (aujourd'hui un hôtel)[4] et passe les trois dernières années de sa vie à Château-Gontier où elle se retire en 1942. Elle meurt le 26 avril 1945 et est inhumée au cimetière Sainte-Catherine de Honfleur[5].

Littérature[modifier | modifier le code]

Les écrits de cette auteure prolifique, qui a laissé plus de soixante-dix romans, recueils de poèmes (Occident, 1901, Ferveur, 1902 ; Horizons, 1904 ; la Figure de proue, 1908), récits (le Roman de six petites filles, 1909 ; l’Ex-voto, 1921), biographies, Mémoires (1938), contes, nouvelles, récits de voyage, pièces en vers (Thoborge, reine de mer, 1905) et pièces de théâtre (Sapho désespérée, 1906), révèlent une peintre de la vie intime et de la nature.

Ses écrits expriment son désir d’évasion et son amour de sa Normandie natale. Son Ex-Voto est une description pleine de sensibilité du milieu et de la vie des pêcheurs honfleurais au début du XXe siècle. Elle est également l’auteur de chroniques hebdomadaires, critiques littéraires ou musicales, conférences aux Annales parues dans la presse. Dans les dernières années de sa vie, elle a présenté au Salon de la Société nationale des beaux-arts des sculptures dont Danseurs nus (statuette) Dame Patricia, son nègre et son galant (groupe) ou Deux danseuses et un indifférent. Elle exposa au Salon d'hiver de 1936 un autoportrait (no 43)[réf. nécessaire].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Occident, Paris : éditions de la Revue blanche, 1901.
  • Ferveur, Paris : éditions de la Revue blanche, Paris, 1902 - (lire en ligne sur Gallica)
  • Horizons, Paris : E. Fasquelle, 1904.
  • La Figure de proue, Paris : E. Fasquelle, 1908 - (lire en ligne sur Internet Archive et sur Wikisource)
  • Souffles de tempête, Paris : E. Fasquelle, 1918.
  • À Maman, Paris : E. Fasquelle, 1920.
  • Poèmes mignons pour les enfants, Paris : Gedalge, 1929.
  • Les sept douleurs d'octobre, Paris : Ferenczi et fils, 1930.
  • Mort et Printemps, Paris : A. Messein, 1932.
  • Temps présents, Paris : Les Cahiers d'art et d'amitié 1939.
  • Nos secrètes amours, 1951 (édition posthume par Nathalie Clifford Barney à l'imprimerie Nicolas, de poèmes écrits entre novembre 1902 et juin 1905[6]).

Nouvelles[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Sainte Thérèse de Lisieux, Paris : E. Fasquelle, 1926.
  • Les Amours d’Oscar Wilde, Paris, Flammarion, 1929[7]).
  • Le Bâtard, vie de Guillaume le Conquérant, Paris : E. Fasquelle, 1931.
  • Eve Lavallière, Paris : Albin Michel, 1935.
  • La Petite Thérèse de Lisieux,Paris : Fasquelle, 1937.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Aurel et le procès des mondains, Paris : J. Povolozky & Cie, 1921. Conférence dite le 29 avril 1921 au Théâtre de la Renaissance.
  • Embellissez-vous, Paris : Éditions de France, 1926.
  • Le Cheval, Paris : Nouvelle société d'édition, 1930.
  • L’Amérique chez elle, Paris : éditions Albert, 1933.
  • Rouen, Rouen : éd. Henri Defontaine, 1935. Une édition de la même année et du même éditeur comporte des illustrations de Robert Antoine Pinchon.
  • Up to date : essai sur la jeunesse française contemporaine, Paris : R. Allou, 1936.
  • El Arab, l'Orient que j'ai connu, éd. Lugdunum, Lyon, 1944. - (lire en ligne sur Wikisource)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Marie, fille-mère, Paris : E. Fasquelle, 1908.
     Lucie Delarue-Mardrus, L'ex-voto (1922).
    Lucie Delarue-Mardrus, L'ex-voto (1922).
  • Le Roman de six petites filles, Paris : E. Fasquelle, 1909.
  • L'Acharnée, Paris : E. Fasquelle, 1910.
  • Comme tout le monde, J. Tallandier, 1910 (lire en ligne sur Wikisource)
  • Par vents et marées, Paris : E. Fasquelle, 1910.
  • Tout l'amour, Paris : E. Fasquelle, 1911.
  • L'Inexpérimentée, Paris : E. Fasquelle, 1912.
  • La monnaie de singe, Paris : E. Fasquelle, 1912.
  • Douce Moitié, Paris : E. Fasquelle, 1913.
  • Un Cancre, Paris : E. Fasquelle, 1914 (roman jeunesse)
  • Un Roman civil en 1914, Paris : E. Fasquelle, 1916.
  • Deux amants, Paris : E. Fasquelle, 1917.
  • L'Âme aux trois visages, Paris : E. Fasquelle, 1919. Gédalge rééditera cet ouvrage à partir de 1928, notamment avec des illustrations d'André Hofer dès 1955. (roman jeunesse)
  • Toutoune et son amour, Paris : Albin Michel, 1919.
  • Le Château tremblant, Paris : J. Ferenczi, 1920.
  • Les Trois Lys, Paris : J. Ferenczi, 1920.
  • L'Apparition, Paris : J. Ferenczi, 1921.
  • L’Ex-voto, Paris : E. Fasquelle, 1922. Une édition de 1929 de l'éditeur Jules Tallandier comporte en illustration des photographies du film Le Diable au cœur qu'il a inspiré.
  • Le Pain blanc, Paris : J. Ferenczi, 1923. Une édition ultérieure chez le même éditeur comporte des bois originaux de Jean Buhot.
  • La Cigale, Paris : Fayard 1924. Cette édition comporte 28 bois originaux de Renefer.
  • La Mère et le Fils, Paris : J. Ferenczi, 1924. Une édition ultérieure chez le même éditeur comporte des bois originaux de Robert Haardt.
  • À côté de l’amour, 1925 Une édition ultérieure chez le même éditeur comporte des illustrations de Michel Jacquot.
  • « Hortensia dégénéré, roman inédit et complet » in Les Œuvres libres n°50, Paris : Fayard, 1925.
  • Graine au vent, Paris : Ferenczi, 1925. Le film Graine au vent est son adaptation au cinéma.
  • La Petite Fille comme ça, Paris : Ferenczi, 1927.
  • Rédalga, Paris : Ferenczi, 1928. Une édition de 1931 chez le même éditeur comporte des bois originaux bois originaux d'Emmanuel Poirier.
  • Amanit , Paris : l'Illustration, 1928 en 3 fascicules puis en un volume en 1929.
  • Lucie Delarue-Mardrus (1934).
    Le Beau Baiser, 1929.
  • Anatole, Paris : Ferenczi et fils, 1930.
  • L’Ange et les Pervers, Paris : Ferenczi et fils, 1930.
  • L’Amour à la mer, Paris : A. Lemerre, 1931.
  • L’Autre Enfant, Paris : Ferenczi et fils, 1931.
  • François et la Liberté, Paris : Ferenczi et fils, 1933. Une édition de 1936 chez le même éditeur comporte des bois originaux de Claude-René Martin.
  • L’Enfant au coq, Paris : Ferenczi, 1934. Une édition de 1937 chez le même éditeur comporte des bois gravés de Barthélémy.
  • Une femme mûre et l'amour, Paris : Ferenczi et fils, 1935.
  • L’Amour attend, Paris : L'Illustration, 1935. Uné édition du même éditeur de 1936 comporte des illustrations de J. Simont. - (Lire en ligne l'édition de 1978 sur Gallica)
  • Chênevieil, Paris : Ferenczi, 1936. Une édition du Livre moderne de 1941 comporte des illustrations de Barthélémy.
  • Roberte n° 10.530, Paris : Ferenczi, 1937.
  • Fleurette, Paris : L'Illustration, 1938. Illustré par L.-P. Pouzargues.
  • L’Hermine passant, Paris : Ferenczi et fils, 1938.
  • La Girl, Paris : Ferenczi et fils, 1939. Bois originaux de J. Grange-L.
  • L’Homme du rêve, Paris : Collection "Pour oublier la vie" n°5, 1939.
  • Peaux d’lapins, Genève : éditions de la Frégate 1944.
  • Le Roi des reflets, Paris : Ferenczi, 1945.
  • Verteil et ses amours, Paris : éditions Self, 1945.
  • La Perle magique, Paris : éditions Baudinière, 1945.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Amour et folie, Paris : J. Ferenczi, 1921
    Lucie Delarue-Mardrus vers 1940.
  • La Quatrième Eve, 1932 (théâtre)
  • « La plus belle preuve d'amour » in Les Dimanches de la femme : supplément de la "Mode du jour", Paris, 25 août 1935, p.3 - (Lire en ligne sur Gallica)
  • Mes mémoires souvenirs littéraires, Paris : Revue des deux mondes, mars 1938 - (lire en ligne son autoboigraphie sur le site de la revue le volume 1 et le volume 2)
  • Mes mémoires, Paris : Gallimard, 1938 (autobiographie)
  • Lumières de Honfleur, éd. Vialetay, 1964. Illustrations de André Hambourg
  • À un nuage : partition pour mezzo-soprano et pour piano, musique de José de Cor-de-Lass ; poésie de Lucie Delarue ; ill. par P. Borie ; E. Gallet (Paris), 1895[8]

Citations[modifier | modifier le code]

« Toi mère et toi, ma sœur Marie
Pour moi récitez un Ave
Allons enfants de la patrie
Le jour de gloire est arrivé

— Le 16 août 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale »

— Jean-Jacques Becker, La France en guerre (1914-1918) : La grande mutation, Bruxelles, éditions Complexe, 1988, p. 47.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Christine Planté, Femmes poètes du XIXe siècle : une anthologie, Littérature et idéologies au XIXe siècle, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, , p. 183
  2. Association des Amis de Lucie Delarue-Mardrus, biographie.
  3. Paris 1927 - championnat de France Féminin sur le site Héritage des échecs français
  4. Lucie Delarue Mardrus dans le pavillon de la reine
  5. Philippe Landru, « HONFLEUR (14) : cimetière Sainte-Catherine », sur landrucimetieres.fr, (consulté le 10 décembre 2016).
  6. Mirande Lucien, Nos secrètes amours, Aurillac, ÉrosOnyx Éditions, , p. 9
  7. Samuel Minne ("Lorsque les éditions Flammarion lancent une collection « Leurs amours », consacrée à la vie sentimentale de grands noms de l'Histoire et des arts, c'est à Lucie Delarue-Mardrus qu'est confiée la tâche de rédiger Les Amours d’Oscar Wilde."), « Amours maudites et amitiés sublimes : Lucie Delarue-Mardrus biographe d'Oscar Wilde », Inverses n°8,‎ , p. 103-119
  8. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42132886s

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis de Miomandre, « Lucie Delarue-Mardrus », in L'Art moderne, Revue critique hebdomadaire, 28e année, n°8, Bruxelles, 23 février 1908, p.58. Lire en ligne
  • Edmond Spalikowski, Honfleur et Mme Lucie Delarue-Mardrus. À travers l'histoire littéraire normande, Albert Lainé, Rouen, 1931.
  • André Albert-Sorel, Lucie Delarue-Mardrus, sirène de l'Estuaire, née-native de Honfleur, Éd. de la Lieutenance, Honfleur, 1999.
  • Christine Planté (Direction), Femmes poètes du XIXe siècle : une anthologie, Littérature et idéologies au XIXe siècle, Lyon : Presses Universitaires de Lyon, 1998, p.183.
  • Christine Planté, « Patricia Izquierdo, Devenir poétesse à la belle époque (1900-1914) », Clio. Femmes, Genre, Histoire, 36 | 2012 . Lire en ligne
  • Sanchez Nelly, « Trois autobiographies féminines dans l'entre-deux-guerres », in Inverses, no 11, « Littérature féminine du début du XXe siècle », 2011, p. 121-132.
  • Christophe Dauphin, Lucie Delarue-Mardrus, la princesse amande, livre numérique, Recours au poème éditeurs, 2015.
  • (en) Bénézit (ISBN 9780199773787 et 9780199899913, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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