Révolte des Saxons

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Le Saint-Empire vers l'an 1000

La Révolte des Saxons opposa le roi Henri IV du Saint-Empire, de la dynastie franconienne, aux Saxons de l'été 1073 au 27 octobre 1075. Elle se termina par la soumission des Saxons après la victoire décisive d'Henri à Langensalza.

Contexte[modifier | modifier le code]

Comme son père, Henri III, le roi restait au fond étranger dans le duché de Saxe; les nobles regardaient avec morosité ses nombreux et coûteux séjours dans le palais impérial de Goslar. L'arrivée au gouvernement d'Henri IV, en 1065, a renforcé les contraintes. Il a demandé le remboursement des domaines royaux dans la région de Harz et fit ériger plusieurs châteaux forts pour souligner ses exigences, habités par des ministériels originaires de Souabe.

Durant le règne de la mère d'Henri IV, Agnès de Poitiers, les princes d'Empire ont su accroître leur pouvoir, tandis que le roi mineur fut retenue par l' archevêque Annon II de Cologne. Henri s'est vu contraint d'imposer sa revendication au pouvoir, en provoquant des conflits avec la noblesse saxonne. Le comte Otton de Nordheim a été l'un des principaux adversaires, dégoûté par l'élargissement des possessions roales dans le Harz et opposée face au gouvernment par les ministériels.

Les princes, notamment Rodolphe de Souabe, Berthold de Cainthie et Welf de Bavière, ont pour le moins toléré la révolte. Tandis que Otton de Nordheim en 1070 déjà a été destitué de sa seigneurie comme duc de Bavière, Rodolphe était longtemps un rival dangereux qui plus tard, en 1077, a été élu anti-roi. Il a conseillé aux Henri de céder le duché de Bavière à Welf, qui se comportait avec ingratitude à l'égard du roi. Welf et Bethold se montrèrent des supporteurs fidèles de Rodolphe.

Course[modifier | modifier le code]

Les chroniques de Lambert de Hersfeld rapportent que le 29 juin 1073, les seigneurs saxons s'installèrent aux portes du palais de Goslar. Henri IV refusait de négocier et fuyait dans les murs de son château de Harzburg tout proche. Après quelques semaines de siège mené par Otton de Nordheim et l'évêque Burchard II de Halberstadt, le roi a pu échapper et fuit vers Hersfeld dans le duché de Franconie.

Henri encore reçut peu de soutien; le 2 février 1074, il a signé un traité de paix à Gerstungen, promit la réhabilitation de Otton de Nordheim et consentit à la destruction des châteaux dans le Harz. Le tournant politique vient le mois suivant, quand des paysans saxons pillèrent le château de Harzburg, y compris la chapelle et des tombes royales. Plusieurs princes, Rodolphe de Souabe aussi, se sont dits indignés par la profanation et sont entrés en conflit aux côtés du roi. Henri pu rassembler des troupes pour rencontrer les forces rebelles près de Langensalza, le 9 juin 1075. L'armée de paysans saxons a été attrapée et massacrée par les contingents du roi, soutenues par Rodolphe, Vratislav II de Bohême, le margrave Ernest de Babenberg (qui est mort au combat) et les ducs lorrains Thierry II et Godefroid III.

Ensuite, Henri commençait une expédition punitive à travers la Saxe, contre les insurgés autour de Otton de Nordheim, Burchard II de Halberstadt et le duc Magnus. Burchard a été fait prisonnier par l'évêque Rupert de Bamberg, les autres nobles saxons se soumirent au roi le 27 octobre 1075. Cette victoire a été rapidement suivie par la querelle des Investitures entre Henri IV et la curie romaine pendant laquelle les émeutes saxons ont repris, avec moins d'intensité néanmoins qu'en 1073/75. Otton de Nordheim a été récemment grâcié, mais il restait malgré tout un ennemi acharné.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources médiévales[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Chronologie illustrée de l'histoire universelle : Les faits, les hommes, les civilisations, Albin Michel, coll. « Eclectis », , p. 116.