Ama (plongeuse)

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Une ama

Les ama (海女/海人?) sont des pêcheuses sous-marine en apnée japonaises, connues surtout (à tort, car ce ne fut jamais réellement leur activité) en tant que pêcheuses de perles.

Description[modifier | modifier le code]

Le mot « ama » signifie littéralement « femme (?) ou personne (?) de la mer (?) ». D'après la tradition japonaise, cette coutume existerait depuis quatre mille ans. Traditionnellement jusqu'aux années 1970, les ama ne plongeaient qu'avec un pagne, et sans combinaison ni bouteille d'air, ce qui fait d'elles des apnéistes traditionnelles. Suivant la région, elles allaient jusqu'à porter un masque, des palmes ou tout au plus une petite protection thermique.

La tradition des ama disparaissant, ce sont désormais de vieilles femmes utilisant une combinaison de plongée intégrale. Mais elles plongent toujours en apnée. Il arrive que certaines travaillent jusqu'à plus de 80 ans. En 1950 on dénombrait plus de 70 000 ama au Japon, aujourd'hui il y en à peine 2 300 dans l'ensemble de l'archipel.

Les ama sont souvent connues pour avoir longtemps pêché des perles, mais ceci tient de la légende et a été inventé à la fin du XIXe siècle par Kokichi Mikimoto, qui a mis au point à Toba la technique de culture des huitres perlières (voir Mikimoto Kōkichi)[réf. nécessaire]. En réalité elles ont toujours plongé pour la recherche d'aliments (pour leur consommation et surtout la vente) tels que les escargots de mer, les algues, les pieuvres, les oursins, les ormeaux, voire les homards.

C'était un métier dangereux, mais elles ont eu moins d'accidents que d'autres catégories d'apnéistes professionnels car elles n'hyperventilent pas[réf. nécessaire].

Les ama peuvent continuer à plonger jusqu'à un âge avancé. En 2003, l'âge moyen des ama était de 67 ans (la cadette avait 50 ans et l'aînée 87 ans). Leur communauté rétrécit d'année en année faute de renouvellement car les filles d'aujourd'hui ne veulent plus de cette activité fatigante, dangereuse et désormais peu rémunératrice car pratiquée - pour sauvegarder la ressource - seulement, et selon le lieu, quelques dizaines de jours dans l'année.

Les ama ont été immortalisées par des estampes (ukiyo-e) d'Utamaro et de Hokusai (la plus célèbre : L'ama et le poulpe, estampe érotique (shunga) dénommée en Occident : Le Rêve de la femme du pêcheur), sur des timbres, et par plusieurs photographes dont l'ethnologue Fosco Maraini, qui leur a consacré le livre Hekura, The Diving Girl’s Island, ce qui a contribué à leur renommée hors du Japon, mais aussi a largement faussé la réalité (il les a fait poser telles des mannequins pour photos de mode !) et Yoshiyuki Iwase.

Plusieurs films mettent en scène des personnages inspirés des ama, notamment On ne vit que deux fois avec le personnage de Kissy Suzuki.

Le roman de Yukio Mishima, Le Tumulte des flots, évoque les travaux de pêche dans une petite île de la côte Pacifique du Japon dont l'activité d'une ama.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yoshiyuki Iwase (岩瀬 禎之, Iwase Yoshiyuki?), 海女の群像―千葉・御宿 (1931-1964)
  • Yukio Mishima, Le Tumulte des flots, 1954