Hyperventilation

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

L'hyperventilation est un mode de respiration dans lequel l'inspiration est fortement accentuée. Cette façon de respirer produit un changement des proportions de gaz dans le sang, avec notamment un fort taux d'oxygène et une baisse de dioxyde de carbone, ainsi qu'une modification du pH sanguin (alcalose respiratoire).

L'hyperventilation arrive spontanément, notamment en cas de traumatisme physique et surtout moral, en particulier dans le monde moderne chez les enfantsl[réf. souhaitée]. C'est donc un mode de respiration naturel[réf. souhaitée]. Si on laisse l'hyperventilation se dérouler, elle cesse également spontanément après une durée qui varie entre 1/4h à 1h[réf. souhaitée].

Il est possible de provoquer volontairement l'hyperventilation en "tirant" l'inspiration pendant quelques minutes, ce qui souvent enclenche une hyperventilation en mode automatique, signe supplémentaire qu'il s'agit bien d'un mode respiratoire naturel). Certains plongeurs en apnée utilisent d'ailleurs cette technique pour suroxygéner l'organisme avant la plongée mais c'est une pratique dangereuse, désapprouvée du corps médical.

Utilisations[modifier | modifier le code]

En plongée[modifier | modifier le code]

En apnée, elle est utilisée pour réduire le taux de dioxyde de carbone dans le sang (hypocapnie) sans pour autant augmenter notablement le taux d'oxygène (hyperoxie) Cette pratique peut être dangereuse car le système d'alarme du corps est faussé et car une baisse du flux sanguin est observé dans le cerveau. En effet, le réflexe de respiration et l'envie de respirer sont basés sur le taux de CO2 dissous dans le sang. L'organisme a aussi un mécanisme de protection lié au taux d'O2 qui provoque une syncope si celui-ci est trop bas. Normalement, l'envie de respirer survient avant que le corps ne déclenche une syncope. L'hyperventilation fait augmenter le seuil du réflexe de respiration de sorte qu'il est atteint après le seuil de syncope.

En médecine "douce" ou alternative[modifier | modifier le code]

Dans certains cercles d'évolution personnelle ou de thérapie alternative, l'hyperventilation est particulièrement connue et pratiquée.[1],[2],[3]La raison en est qu'une fois le mode automatique enclenché, et après une phase de tétanie notamment des mains (environ 1/4h), il se produit des expériences fortes, mais très diverses et absolument propres à chacun (cf. rebirth). Or, cette accélération de la pensée et ces hallucinations sont en fait liées à la baisse du flux sanguin vers le cerveau, endommageant cet organe, ainsi qu'à la diminution des réflexes respiratoires consécutives à l'hyperventilation. L'hyperventilation est donc un phénomène puissant, et dangereux lorsqu'il est entre les mains d'un leader ou d'un maître manipulateur, qui l'utilise aux dépens des participants.

Risques liés à l'hyperventilation[modifier | modifier le code]

L'hypocapnie (baisse de la pression en CO2) entraine une réduction des réflexes respiratoires ainsi qu'une vasoconstriction[4] avec pour conséquence une diminution du flux sanguin cérébral (baisse de 2% pour chaque baisse de 1 mmHg de PaCO2)[5], coronarien et périphérique, après quelques minutes d'hyperventilation, d'où les malaises ressentis par les patients et les rares complications sérieuses, notamment cardiaques[6].

Cette baisse du flux sanguin vers le cerveau dérègle le rythme cardiaque ainsi que respiratoire et peut dans certains cas provoquer des hallucinations assimilables à la prise de drogues. Elles sont le signe d'une perte neuronale (les neurones meurent), ces derniers libérant à leur mort des quantités aléatoires de neurotransmetteurs qui sont interprétés par les neurones voisins comme des messages légitimes (phénomène d'excitotoxicité). Ce qui explique probablement les sensations observées lors des thérapies alternatives évoquées précédemment.

En général, le risque le plus fréquent est que la victime cède à la panique avec les risques inhérents : chute, chocs, traumatisme, etc.

Dans le cas de la plongée sous-marine, si la victime est en surface, partiellement immergée, le risque principal est que la tête tombe dans l'eau et qu'elle se noie. Si la victime est en plongée, le risque est alors important qu'elle tombe en syncope avant d'avoir eu envie de respirer et qu'elle se noie aussi.

La baisse de pression d'air pendant un voyage aérien, combinée au stress spécifique, peut déclencher l'hyperventilation. C'est un problème répertorié par les autorités aéronautiques[7]; le diagnostic sur soi-même et la réaction à avoir font partie des questions de l'examen du brevet de pilote privé en France et ailleurs.

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes sont nombreuses et variées, volontaires ou pathologiques comme indiquées ci-dessous. Néanmoins, on peut citer :

Symptômes[modifier | modifier le code]

Dans le cas d'une hyperventilation, la respiration s'accélère et devient saccadée. La baisse du CO2 dans le sang débouche sur une vasoconstriction cérébrale s'accompagnant de vertiges, d'agitation, de tremblements, d'engourdissement, etc.

On peut aussi constater des troubles de la vision (vision double par exemple), une sensation de flottement du corps ou de perte de conscience.

D'autres symptômes peuvent aussi accompagner le tableau clinique : difficultés de concentration, sécheresse des muqueuses, palpitations, douleurs thoraciques, fatigue. L'hyperventilation peut aller jusqu'à la perte de connaissance (syncope), la tétanie par contraction musculaire, ou l'arythmie cardiaque.

Syndrome chronique d'hyperventilation[modifier | modifier le code]

C'est un état relativement fréquent. Aux symptômes cités ci-dessus s’ajoutent la sensation de manquer d'air, une oppression thoracique, une toux sèche, des raclements de gorge et un besoin fréquent de bâiller et de soupirer.

Ces symptômes prêtent souvent à confusion, pouvant laisser croire, dans leur état de crise, à un asthme : déclenchement en présence de poussière, d'odeur forte, d'effort, etc.

Traitement[modifier | modifier le code]

La victime d'une telle crise doit être encadrée et rassurée afin de ne pas céder à la panique. Parfois, le fait de respirer dans un sac en papier (l'utilisation d'un sac en plastique est dangereuse en raison d'un risque de suffocation) permet de rétablir partiellement le taux de CO2. Cette pratique doit bien sûr être réalisée avec précaution et le sac en papier doit être retiré dès que les symptômes disparaissent. Le corps médical semble désormais mettre en doute ce procédé longtemps pratiqué, car il pourrait contribuer à maintenir le niveau d’anxiété.[réf. nécessaire]

La kinésithérapie joue un rôle dans le traitement de l'hyperventilation en jouant sur la mécanique thoraco-abdominale et sur la fréquence respiratoire. L'emploi de techniques manuelles et de la relaxation permet de diminuer les symptômes de l'hyperventilation. En collaboration avec le patient, l'éducation thérapeutique permet de diminuer les crises en permettant au patient de reconnaître les signes de la maladie et d'adapter sa respiration en conséquence.

Prévention[modifier | modifier le code]

L'hyperventilation est bien souvent le symptôme d'une autre pathologie. Il est conseillé dans ce cas de consulter un spécialiste afin d'identifier l'origine du mal et de le traiter.

En plongée en apnée[modifier | modifier le code]

Dans le cas de la plongée en apnée, l'issue d'une hyperventilation forcée pouvant être fatale, il faut éviter de pratiquer seul et sans surveillance.

Afin de prévenir ce risque, il est conseillé de mettre en œuvre la règle du tiers temps.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Méthode: le Rebirth », sur http://www.psychologies.com/, (consulté le 25 novembre 2018)
  2. « Le rebirth : respirer pour renaître », sur http://www.psychologies.com/ (Psychologies Magazine), (consulté le 25 novembre 2018)
  3. « La respiration holotropique », sur http://www.psychologies.com/ (Psychologies Magazine), (consulté le 25 novembre 2018)
  4. (en) Marcus E. Raichle et F. PLUM, « Hyperventilation and Cerebral Blood Flow », Stroke, vol. 3, no 5,‎ , p. 566–575 (ISSN 0039-2499 et 1524-4628, DOI 10.1161/01.str.3.5.566, lire en ligne)
  5. (en) M. E. Raichle et F. Plum, « Hyperventilation and cerebral blood flow », Stroke, vol. 3, no 5,‎ , p. 566–575 (ISSN 0039-2499, PMID 4569138, lire en ligne)
  6. Netgen, « Le syndrome d’hyperventilation », sur Revue Médicale Suisse (consulté le 21 novembre 2018)
  7. Hypoxie et hyperventilation, ministère des transports du Canada 16/12/2008
  8. (en) « Caffeine overdose in an adolescent male », J Toxicol Clin Toxicol

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kerr, W.J., Dalton, J.W., & Gliebe, P.A (1937), Some physical phenomena associated with the anxiety states and their relation to hyperventilation. Annals of International Medicine, 11 , 961-992.
  • Papp, L. A., Klein, D. F., & Gorman, J. M (1993) Carbon dioxide hypersensitivity, hyperventilation, and panic disorder. American Journal of Psychiatry, , 150 , 1149-1157.
  • Gardner WN (1996), The pathophysiology of hyperventilation disorders. Chest, 109 , 516-534.
  • Gardner, WN (1994), Diagnosis and organic causes of symptomatic hyperventilation, in Timmons B.H. & Ley R. (Eds.), Behavioral and psychological approaches to breathin g disorders. Plenum, New York, , 99-112.
  • Lachman, A., Gielis, O., Thys, P., et al. (1992), Syndrome d'hyperventilation : Mise au point. Revue des Maladies Respiratoires, , 9 , 277-285.
  • Peiffer, C (1995), Le ou les syndrome(s) d'hyperventilation. Revue des Maladies Respiratoires, 12 , 199-202.
  • Block, M., & Szidon, P (1994), Hyperventilation syndromes. Comprehensive Therapy, 20 , 306-311.
  • Le Ber, C., Leroyer, C., Chenu, E., et al (1995), Le syndrome d'hyperventilation chronique. Revue de Pneumologie Clinique, 51, 53-58.
  • Lewis, R.A., & Howell, J.B.L (1986), Definition of the hyperventilation syndrome. Clinical Respiratory Physiology, 22 , 201-205.
  • Cowley, D.S., & Roy-Byrne, P.P (1987), Hyperventilation and panic disorder. American Journal of Medicine, 83 , 929-937.
  • de Ruiter, C., Garssen, B., Rijken, H., et al (1989), The hyperventilation syndrome in panic disorder, agoraphobia and generalized anxiety disorder. Behaviour Research and Therapy, 27 , 447- 452.
  • Garssen, B., van Veenendaal, W., & Bloemink, R. (1983), Agoraphobia and the hyperventilation syndrome. Behaviour Research and therapy , 21 , 643-649.
  • Rapee, R. (1986), Differential response to hyperventilation in panic disorder and generalized anxiety disorder. Journal of Abnormal Psychology, 95 , 24-28.
  • Lum, L.C. (1975), Hyperventilation : The tip and the iceberg. Journal of Psychosomatic Research, 19 , 375-383.
  • Bass, C ., & Gardner, W.N. (1985), Respiratory and psychiatric abnormalities in chronic symptomatic hyperventilation. British Medical Journal, , 290 , 1387-1390.
  • Hoes, M.J.A.J.M., Colla, P., Van Doorn, P., et al (1987), Hyperventilation and panic attacks. Journal of Clinical Psychiatry, 48 , 435-437. 20 18. American Psychiatric Association.– Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (4th ed.). Masson, Paris, 1996.
  • Delvaux, M., Fontaine, P., Fontaine, O., et al (1998), L’hyperventilation chronique existe-t-elle ? Revue Francophone de Clinique Comportementale et Cognitive, soumis à publication.
  • Hornsveld, H., Garssen, B., Fiedeldij Dop, M., et al (1990), Symptom reporting during voluntary hyperventilation and mental load : Implications for diagnosing hyperventilation syndrome. Journal of Psychosomatic Research, 34 , 687-697.
  • Hibbert, G., & Pilsbury, D. (1988) Hyperventilation in panic attacks : Ambulant monitoring of transcutaneous carbon dioxyde. British Journal of Psychiatry, 153 , 76-80.
  • van Dixhoorn, J., & Duivenvoorden, H. J. (1985), Efficacy of Nijmegen Questionnaire in recognition of the hyperventilation syndrome. Journal of Psychosomatic Research, 29 , 199-206.
  • Lum, L.C. (1976), The syndrome of habitual chronic hyperventilation, in Hill O. (Ed.), Modern trends in psychosomatic Medicine. Butterworth, London, 196-230.
  • Lolgering, H., & Colla, P. (1978) Some anomalies in the control of Pa CO2 in patients with an hyperventilation syndrome. Bulletin Européen de Physiopathologie Respiratoire, , 14 , 503-512. 26.
  • Lum, L. C.(1994) Hyperventilation syndromes : Physiological considerations in clinical management, in Timmons B.H. & Ley R. (Eds.), Behavioral and psychological approaches to breathing disorders . Plenum, New York, 113-123.
  • Hardonck, H.J., & Beumer, H.M. (1979), Hyperventilation syndrome, in P.J. Vinken and G.W. Bruyn (Eds.), Handbook of Clinical Neurology, vol 38 . North Holland, Amsterdam, 309-360.
  • Han, J. N., Stegen, K., De Valck, C., et al (1996), Influence of breathing therapy on complaints, anxiety and breathing pattern in patients with hyperventilation syndrome and anxiety disorders. Journal of Psychosomatic Research, , 41 481-493. 29.
  • Hornsveld, H., Garssen, B., & van Spiegel, P.– (1995), Voluntary hyperventilation : The influence of duration and depth on the development of symptoms. Biological Psychology, , 40 , 299-312.
  • Vansteenkiste, J., Rochette, F., & Demedts, M.(1991), Diagnostic tests of hyperventilation syndrome. European Respiratory Journal, 4 , 393-399.
  • Hornsveld, H., & Garssen, B.(1996 ), The low specificit y of the hyperventilation provocation test. Journal of Psychosomatic Research, , 41 , 435-449.
  • Hornsveld, H. K., Garssen, B., Fiedeldij Dop, M .J.C., et al (1996), Double-bind placebo-controlled study of the hyperventilation provocation test and the validity of the hyperventilation syndrome. Lancet, 348 , 154-158. 21
  • Conway, A.V., Freeman, L.J., & Nixon, P.G. (1988), Hypnotic examination of trigger factors in the hyperventilation syndrome. American Journal of Clinical Hypnosis, 30 , 296-304.
  • Freeman, L. J., Conway, A., & Nixon, P. G. F. (1986), P hysiological responses to psychological challenge under hypnosis in patients considered to have the hyperventilation syndrome: Implications for diagnosis and therapy. Journal of the Royal Society of Medicine, , 79 , 76-83.
  • Nixon, P. G. F., & Freeman, L. J. (1988) The think test = : A further technique to elicit hyperventilation. Journal of the Royal Society of Medicine, 81 , 277-279.
  • Bass, C., Lelliot, P., & Marks, I. (1989), Fear talk versus voluntary hyperventilation in agoraphobics and normals : À controlled study. Psychological Medicine, 19 , 669-676.
  • Van den Hout, M.A., Hoekstra, R., Arntz, A., et al (1992), Hyperventilation is not diagnostically specific to panic patients. Psychosomatic Medicine, , 53 , 182-191.
  • Gardner, W.N., Meah, M.S., & Bass, C (1986), Controlle d study of respiratory responses during prolonged measurement in patients with chronic hyperventilation. The Lancet, 2 , 826-830.
  • Holloway, E.A. (1994), The role of the physiotherapist in the treatment of hyperventilation, in Timmons B.H. & Ley R. (Eds.), Behavioral and psychological approaches to breathing disorders. Plenum, New York, 157-179.
  • Garssen, B., de Ruiter, C., & van Dyck, R. (1992) Breathing retraining : À rational placebo? Clinical Psychology Review , , 12 , 149-153.
  • Ley, R. (1993), Breathing retraining in the treatment of hyperventilatory complaints and panic disorder : A reply to Garssen, de Ruiter and van Dyck. Clinical Psychology Review, 13 , 393-408.
  • DeGuire, S., Gevirtz, R., Hawkinson, D., et al. (1996), Breathing retraining : A three-year follow-up stud y of treatment for hyperventilation syndrome and associated functional cardiac symptoms. Biofeedback and Self-Regulation, 21 , 191-198.
  • Howell, J.B.L. (1997), The hyperventilation syndrome : A syndrome under threat ? Thorax, 52, s30- s34.
  • Hornsveld, H., & Garssen, B. (1997), Hyperventilation syndrome : An elegant but scientifically untenable concept. Netherlands Journal of Medicine, 50 , 13-20