Ali Haroun

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Ali Haroun
Ali Haroun au 19e Maghreb des livres, à Paris, le 16 février 2013.
Ali Haroun au 19e Maghreb des livres, à Paris, le 16 février 2013.
Fonctions
Membre du Haut Comité d'État de la République algérienne démocratique et populaire

(2 ans et 16 jours)
Ministre délégué aux Droits de l'homme

(6 mois et 27 jours)
Président Chadli Bendjedid
Gouvernement Gouvernement Sid Ahmed Ghozali
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bir Mourad Raïs (Algérie)
Nationalité Flag of Algeria.svg algérienne
Profession Avocat
Religion Islam

Ali Haroun
Chefs d'État algériens
Ali Haroun
Naissance 1927
Allégeance FLN
Années de service 1954-1962
Conflits Guerre d'Algérie
Commandement Fédération de France du FLN

Ali Haroun (de son nom complet Mohamed Ali Haroun[1]), né en 1927 à Bir Mourad Raïs, est un ancien militant nationaliste du FLN, homme politique et avocat algérien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études primaires et secondaires à Alger, Ali Haroun poursuit ses études supérieures en France, il obtient la licence en droit de Panthéon-Sorbonne, il passe le Certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA) et ensuite le Doctorat d’État[2].

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Il rejoint le FLN dès le début de l'insurrection de novembre 1954, il est chargé par Mohamed Boudiaf d'épauler Abane Ramdane pour lancer le journal Résistance Algérienne[3], qui deviendra par la suite El Moudjahid[2]. Il s'est rendu en France à la fin de 1957 et en mars 1958, il est nommé par le FLN, responsable politique de la Fédération de France du FLN[2] et pour l'organisation de la collecte de l'impôt révolutionnaire auprès des travailleurs algériens et il mènera le combat sans se faire arrêter jusqu'à la fin de la guerre [4].

Post-indépendance[modifier | modifier le code]

À la veille de l'indépendance, il devient membre du Conseil national de la Révolution algérienne (CNRA)[2] de 1960 à 1962, ensuite élu député d'Alger à l'assemblée constituante[2] de 1962 à 1963, il était parmi les 21 qui ont appelé à ne pas voter sur Ben Bella et sa constitution, sa prise de position l'a poussé à se retiré la politique. En 1963 il reprit son métier d'avocat[2] à la cour d'Alger et à la cour suprême, il plaide dans plusieurs procès politiques dans les années 1960-1970.

Retour à la politique[modifier | modifier le code]

Après l'instauration du pluralisme en 1989, Ali Haroun, participe à la création de La ligue algérienne des droits de l'homme (LADH). La LADH, proche du pouvoir, est initiée en 1987 par le général Larbi Belkheir pour contrer la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) indépendante et non politique dirigée à l'époque par Me Ali Yahia Abdennour[5]. Le 18 juin 1991, il est appelé par le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali comme ministre délégué aux Droits de l'homme[1].

Lors des évènements de juin 1991, plusieurs milliers d'islamistes du parti Front islamique du salut sont arrêtés par les forces de l'ordres et internés pour une durée allant de quelques semaines à quatre mois. Ali Haroun soucieux de sa crédibilité et de sa mission de ministre délégué aux droits de l'homme, assure que « les prisonniers sont déférés à la justice, conformément au code de procédure pénale ». La difficulté pour lui est d'amener l'opinion internationale à croire que le régime algérien agit dans les respect des lois. Le journaliste du quotidien Le Monde[6], Georges Marion, relate qu'Ali Haroun aurait affirmé lors d'une conférence de presse que les « 1 300 personnes interpellées[7],[8]sont gardés dans les prisons de cinq régions militaires. »[9],[8]

L’interruption du processus électoral et l'appel à Mohamed Boudiaf[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la victoire électorale du premier tour des législatives de 1991 par les islamistes du Front islamique du salut (FIS) avec 188 sièges, les généraux « janviéristes » de l'armée algérienne (ANP) décident, le 11 janvier 1992 d’interrompre le processus électoral. Ali Haroun, favorable à cette décision, est chargé par les « janviéristes » de rédiger avec Mohammed Touati la lettre de démission du président Chadli Bendjedid.

  • L'appel à Mohamed Boudiaf

Après la démission de Chadli Bendjedid, Ali Haroun, un des cinq membres du Haut Comité d'État (HCE)[2], est chargé pour la deuxième fois par les « janviéristes » de contacter Mohamed Boudiaf[5], figure historique de la guerre d'indépendance, exilé au Maroc, afin qu'il accepte la proposition des « janviéristes » de prendre la tête du HCE pour diriger le pays. Mohamed Boudiaf sera assassiné six mois après son investiture.

À propos de l'assassinat de Mohamed Boudiaf, Ali Haroun déclare au quotidien Le Soir d'Algérie[10] :

« Je me sens en quelque sorte responsable de sa mort en ce sens qu’il m’avait reçu pour discuter de l'éventualité de son retour... Pendant des jours, je perdais le sommeil me posant la question sans cesse si j’avais bien fait d’aller le voir à Kénitra. »

En 1995, il est l'un des cofondateurs de l'Alliance nationale républicaine (ANR), un parti qui milite pour la démocratie et la laïcité.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La 7e Wilaya. La guerre du FLN en France (1954-1962), Seuil, Paris, 1986.
  • L'été de la discorde, Algérie, Casbah Éditions, Alger, 2000.
  • Le rempart - La suspension des élections législatives de janvier 1992 face à la terreur djihadiste, Casbah Éditions. Alger, 2014.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret présidentiel no 91-199 du 18 juin 1991. Journal officiel no 30, 30e année, du 18 juin 1991.
  2. a, b, c, d, e, f et g « Ali Haroun - Sénat », sur www.senat.fr (consulté le 25 août 2016)
  3. « Nuages sur la Révolution : Abane au cœur de la tempête | Info & Actualités depuis 2007 », sur www.tsa-algerie.com (consulté le 28 août 2016)
  4. Benjamin Stora, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, L'Harmattan, 1985, (ISBN 2-85802-543-3) édité erroné (notice BnF no FRBNF36618638)
  5. a et b Mohamed Sifaoui : Histoire secrète de l'Algérie indépendante - L’État DRS, nouveau monde éditions, 2012, (ISBN 2-84736-642-3)
  6. Le Monde du 5 juillet 1991
  7. Ce chiffre est largement inférieur à la réalité d'après les sources d'Amnesty International
  8. a et b Luis Martinez, La guerre civile en Algérie. Recherches internationales. Une collection du CERI. Éditions KARTHALA. 1998. (ISBN 9-782865-378326)
  9. Selon Amnesty International, les prisons étant insuffisantes pour emprisonner tout le monde, des camps furent créés, les détenus sont rassemblés dans les camps d'internement du Sud algérien
  10. « Le plus grand mal de l'Algérie réside dans ses dirigeants », interview avec Ali Haroun, réalisé, le 29 janvier 2014 par Le Soir d'Algérie.