Adel Bakawan

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Adel Bakawan
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Adel Bakawan, né en 1971 au Kurdistan irakien, est un sociologue franco-kurde, chercheur associé à l'EHESS[1]. Il est spécialiste de l'Irak et de la question kurde[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 2010, Adel Bakawan a soutenu sa thèse sous la direction d'Olivier Roy sur la mouvance islamiste au Kurdistan d'Irak. Depuis, il est chargé de cours en sociologie à l'Université d'Évry-Val-d'Essonne.

Il est Directeur du Centre de Sociologie de l’Irak (CSI), Université de Soran. Chercheur associé à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Chargé de cours à l’Université d’Évry, département de Sociologie, département d’Administration Économique et Sociale.

Œuvre et conférences[modifier | modifier le code]

Au cours de sa thèse de doctorat, Adel Bakawan a développé une réflexion sur le concept de dé-conversion des mouvements islamistes. Il s'agit d'une sortie douce ou brutale de l'islamisme en tant qu'idéologie politique, vers cinq grandes catégories : l'athéisme, l'individualisation de la religiosité, la conversion à une autre religion, le militantisme politique, et le musulman culturel.

Il distingue trois grandes générations dans l'histoire des dirigeants d'Al-Qaïda : la première composée des membres fondateurs (Oussama Ben Laden et Ayman Al-Zawahiri), la deuxième plus violente représentée par Abou Moussab Al-Zarqaoui, et enfin, la troisième sans chef reconnu mais qui se lance dans un djihad par réaction émotionnelle[1].

Analyses de la situation politique du Kurdistan[modifier | modifier le code]

En 2007, il analyse les luttes irakiennes entre les kurdes, qui souhaitent l'indépendance et le contrôle de Mossoul et Kirkouk, et les communautés arabes qui veulent l'unité[3]. En 2014, il détaille les multiples raisons qui font que l'indépendance du Kurdistan n'est pas possible[4].

En 2017, Adel Bakawan analyse la situation politique du Kurdistan et son vote pour l'indépendance : après un vote très majoritaire pour l'autonomie, cette région reste en crise d'autant plus que le gouvernement irakien est contre. Selon lui, la raison de cette crise n'est pas d'origine politique mais fait ressortir le conflit entre les deux principaux peuples, arabe et kurde[5].

Alors que le gouvernement irakien a repris la ville de Kirkouk et d'autres territoires, Massoud Barzani quitte son poste de président de la région kurde à la veille de l'expiration de son mandat en dénonçant des trahisons et un manque de soutien des autres pays, mais sans se retirer de la politique. Pour Adel Bakawan les élites kurdes considèrent cette situation comme temporaire et espèrent toujours des changements avec l'aide de Barzani dans un contexte de fragilité politique du gouvernement central et en vue des élections qui doivent se tenir en . Mais l'UPK a été abondamment armé par l'Occident pour lutter contre l'État islamique ce qui peut relancer le conflit contre les kurdes[6].

Le commence, pour un mois, la campagne électorale pour les élections législatives. Alors que l'actuel premier ministre, Haïder al-Abadi, se représente, Adel Bakawan annonce que les kurdes qui n'ont eu par un accord tacite que le poste de président de la République lors des quatre précédentes mandatures, un poste symbolique, visent désormais pour leur communauté le rôle de Président du Conseil des représentants afin d'avoir plus de poids politique. En effet, les kurdes n'ont aucun moyen de pression, personne n'ayant soutenu le référendum sur l'indépendance de [7]. Quoi qu'il en soit, maintenant que la lutte contre l'État islamique est terminée, les 24 millions d'irakiens ont pour priorité l'amélioration des conditions sanitaires et économiques[8].

Publications[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Adel Bakawan, « Les Kurdes d’Irak : une difficile formule politique », Confluences Méditerranée, 2018/2 (N° 105), p. 113-130. DOI : 10.3917/come.105.0113. https://www-cairn-info.ezproxy.universite-paris-saclay.fr/revue-confluences-mediterranee-2018-2-page-113.htm
  • Adel Bakawan, Daniele Joly, « Quel avenir pour les femmes kurdes d’Irak et de Syrie ? », The Conversation, le .
  • Adel Bakawan, « Kurdistan d'Irak : l'indépendance est-elle possible ? », Revue Moyen Orient, N°37, .
  • Adel Bakawan, « Kurdistan : l’indépendance en balance », Politique étrangère, vol. hiver, no. 4, , pp. 41-51.
  • Adel Bakawan, « Les Kurdes de Daech : les raisons de la radicalisation d’une génération », Confluences Méditerranée, n°102, , p. 103-117 (DOI : 10.3917/come.102.0103).
  • Adel Bakawan, « Les fragilités du Kurdistan irakien », RAMSES, Institut français des relations internationales,‎ .
  • Adel Bakawan, « Les trois générations du djihadisme au Kurdistan d'Irak », Notes de l'Ifri, Institut français des relations internationales,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2017)
  • Adel Bakawan, « L’échec du nationalisme kurde : fragmentation, partisanisation, milicisation », Confluences Méditerranée, no 100,‎ , p. 89-100 (DOI 10.3917/come.100.0089).
  • (en) Danièle Joly et Adel Bakawan, « Women in Kurdistan-Iraq Issues, Obstacles and Enablers », International Journal of Human Rights, vol. 20, no 6,‎ , p. 1-22 (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2016).
  • Adel Bakawan, « Le mythe de l'indépendance du Kurdistan irakien », Confluences Méditerranée, no 91,‎ , p. 165-179 (DOI 10.3917/come.091.0165, lire en ligne, consulté le 2 octobre 2016).
  • Adel Bakawan, « L’indépendance du Kurdistan est-elle possible ? », Savoir/Agir, no 30,‎ , p. 109-112 (lire en ligne [PDF], consulté le 2 octobre 2016).
  • Adel Bakawan, « Non, le Kurdistan ne marche pas vers l’indépendance ! », Orient XXI,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2016).

Ouvrages en kurde (titre traduit en français)[modifier | modifier le code]

  • Sociologie de la violence, éditions Gazalnous, Souleymanieh (Irak), 2015.
  • Sociologie des mouvements sociaux au Kurdistan, éditions Gazalnous, Souleymanieh (Irak), 2015.
  • La société noire, éditions Andêsha, Souleymanieh (Irak), 2013.
  • La fin de la sécularisation : la modernité religieuse, éditions Ranj, Souleymanieh (Irak), 2012.
  • Le nationalisme, l’islamisme et le terrorisme, éditions Hamdi, Souleymanieh (Irak), 2010.
  • Le terrorisme comme construction sociale, éditions Sardam, Souleymanieh (Irak), 2008.
  • L’islam et l’Occident, éditions Ranj, Souleymanieh (Irak), 2007.
  • L’Irak de Fayçal à Talabani, éditions Ranj, Souleymanieh (Irak), 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cécile Hennion, « Une alliance politique entre chiites et sunnites irakiens contrarie les ambitions territoriales et pétrolières kurdes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 octobre 2016)
  • Cécile Hennion, « Du "Dr Fadl" à la troisième génération de djihadistes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 octobre 2016)
  • Marc Daou, « Irak : Haïdar al-Abadi, le "candidat faible" qui a fait consensus », sur France 24, (consulté le 2 octobre 2016)
  • Cécile Hennion et Allan Kaval, « Adel Bakawan : « Au Kurdistan irakien, la grande confrontation pourrait bien opposer forces chiites et kurdes » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 8 janvier 2017)
  • Romain Geoffroy, « « Les conditions pour une guerre civile au Kurdistan irakien sont réunies » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 19 octobre 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Hennion 2008.
  2. Daou 2014.
  3. Hennion 2008.
  4. Bakawan 2014.
  5. Geoffroy 2017.
  6. Lema 2017.
  7. [Entretien avec Adel Bakawan] Sophie Motte, « Irak: tout ce qu’il faut savoir sur les élections législatives », sur RFI, .
  8. [Entretien avec Adel Bakawan] Delphine Allaire, « Législatives irakiennes: après la guerre, les urgences économiques, sociales et sanitaires », sur VaticanNews, .