Abbaye d'Admont

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Abbaye d'Admont
Aile sud-est du monastère.
Aile sud-est du monastère.

Ordre Bénédictin
Abbaye mère Archi-abbaye Saint-Pierre de Salzbourg
Fondation 1074
Diocèse Graz-Seckau
Fondateur archevêque Gebhard de Salzbourg
Dédicataire saint Blaise
Localisation
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Région historique Styrie
Commune Admont
Coordonnées 47° 34′ 33″ nord, 14° 27′ 38″ est
Géolocalisation sur la carte : Autriche
(Voir situation sur carte : Autriche)
Abbaye d'Admont

L’abbaye d'Admont est un monastère de moines bénédictins fondé en 1074 à Admont, situé près des Alpes d'Ennstal dans la région de Haute-Styrie au centre de l'Autriche, à l'entrée du parc national de Gesäuse. L'abbaye fait partie de la congrégation bénédictine d'Autriche.

C'est le lieu où est hébergée la plus grande bibliothèque monastique du monde, commencée au milieu du XVIIIe siècle et terminée en 1776, ainsi qu'un musée moderne.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'abbatiale d'Admont.

Cette abbaye fut fondée en 1074 par l'archevêque Gebhard de Salzbourg, ancien chapelain de l'empereur Henri III, au sein des anciennes possessions de sainte Emma de Gurk (+ vers 1045) dans la marche de Styrie. Les premiers moines arrivèrent de Saint-Pierre de Salzbourg et construisirent également un couvent des religieuses bénédictines vers 1120. Après que la marche fut élevée au duché de Styrie en 1180, le monastère était l'un des piliers de la domination des dynasties de Babenberg et de Habsbourg.

Depuis le XIIe siècle, l'abbaye possédait un scriptorium qui a laissé des manuscrits importants. L'abbé Engelbert d'Admont (+ 1331), élu en 1297, avait étudié la grammaire et la logique à Prague et la philosophie et la théologie à l'université de Padoue ; il est considéré comme l'un des de savants les plus éminents de l'Autriche médiévale[1].

Après les difficultés rencontrées dans l'époque des guerres ottomanes et de la réforme protestante, les mesures pris au cours de la Contre-Réforme dans les pays de l'Autriche intérieure ont renforcé la position du monastère. L'an 1644 a vue la fondation de l'école supérieure de l'abbaye. Au XVIIe siècle, tout le complexe monastique a été remanié dans le style baroque.

En 1865, un incendie détruit la quasi-totalité de l'abbaye à l'exception de la bibliothèque. L'année suivante, la reconstruction en style néogothique commença. La Grande Dépression des années 1930 mit l'abbaye dans une situation économique des plus fâcheuses. Après l’Anschluss de l'Autriche, de 1939 à 1945, l'abbaye est expropriée par le régime national-socialiste.

La Bibliothèque[modifier | modifier le code]

Intérieur de la bibliothèque.

La particularité de ce lieu de prière est la somptueuse bibliothèque rococo achevée en 1776, entièrement rénovée durant quatre ans, pour un coût de six millions d'euros. Elle a été rouverte au public en [2]. Elle abrite une importante collection de manuscrits et d'incunables.

Dès la fin du XIe siècle, les moines d'Admont, qui obéissent à la Règle de saint Benoît « ora lege et labora », collectionnent les manuscrits religieux. L'abbaye dispose d'un atelier de copistes jusqu'à l'invention de l'imprimerie. La bibliothèque aux dimensions gigantesques de 13 mètres de haut, 79 mètres de long et 14 mètres de large, est surmontée de sept coupoles décorées de fresques en trompe-l'œil de Bartolomeo Altomonte (1701-1783). Le sol de marbre en damier est parsemé de sculptures figurant les Quatre Dernières choses que sont La Mort, Le Jugement dernier, le Paradis et l'Enfer[3].

Elle rassemble environ 180 000 ouvrages dont 1 400 manuscrits et 530 incunables dont des œuvres rares comme l'édition originale de l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (1758) ou la Bible de Martin Luther[4]. En plus des traditionnels ouvrages de théologie et de droits canon, le fonds comprend une impressionnante collection d'ouvrages consacrés aux sciences et à l'histoire. La bibliothèque a été aussi associée à l'une des pages les plus sombres de l'histoire car les nazis avaient réquisitionné plus de 2 000 ouvrages médicaux pour des expériences sur des cobayes humains dans les camps de concentration de Dachau. Ces livres ont été récupérés à la fin de la guerre.

La bibliothèque a été « miraculeusement » épargnée par l'incendie qui ravagea le reste du monastère en 1865. Son bâti et ses fresques ont ensuite été fragilisés par des travaux menés dans les sous-sol par les nazis. Les rayons ultraviolets entrant par les quarante-huit fenêtres de la bibliothèque avaient fini également par détériorer les ouvrages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ouvrage de Engelbert d'Admont Manuscrit à la bibliothèque
  2. Hermine Mauzé, « Bénie soit la lecture à l'abbaye », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. La Libre Belgique 21 août 2008
  4. Le Monde, 20 août 2008[réf. incomplète]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]