Énergie éolienne au Danemark

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Le parc éolien de Middelgrunden, le plus important parc éolien offshore au monde lors de sa mise en service en 2000.

L'énergie éolienne est une source d'énergie majeure au Danemark, pays qui a joué un rôle pionnier dans le développement de cette technique : l'éolien couvrait 41,2 % de la consommation électrique danoise sur la période de mi-2016 à mi-2017, taux qui le situe de loin au 1er rang européen. Cette haute proportion d'énergie intermittente est rendue compatible avec la demande grâce aux capacités de régulation apportées par les barrages hydroélectriques de la Norvège et de la Suède, et aux nombreux câbles sous-marins d'interconnexion qui relient le Danemark à ces deux pays.

Le Danemark était en 2017 au 7e rang européen pour la production d'électricité éolienne et au 9e rang par sa puissance installée ; sur le segment offshore, il tient le 3e rang européen, loin derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne. C'est le pays européen le plus densément équipé en éoliennes : 960,3 W/habitant en 2017 (moyenne de l'Union européenne: 330,2 W/hab).

Les éoliennes offshore ont produit 35,1 % de la production totale en 2017 avec 23,4 % de la puissance installée.

Le Danemark compte deux acteurs majeurs du secteur éolien européen : Vestas et Ørsted.

Production[modifier | modifier le code]

Le parc éolien de Rønland au Danemark.

Le Danemark est en 2017 le 7e producteur d’électricité éolienne d'Europe, avec 14 772 GWh, en progression de 15,6 % par rapport à 2016, année marquée par de très mauvaises conditions de vent dans toute l'Europe du Nord, loin derrière le leader allemand : 104 900 GWh[1].

L'éolien couvrait 41,2 % de la consommation électrique danoise sur la période de mi-2016 à mi-2017 ; ce taux est le plus élevé d'Europe : il atteignait 15,3 % en Allemagne, 12,1 % au Royaume-Uni, 12,5 % en Suède et 4,15 % en France[2].

Le Danemark a établi en 2015 un nouveau record dans l'éolien : l'énergie éolienne a assuré 42,1 % de la consommation électrique du pays, soit 3 points de plus qu'en 2014, grâce à des conditions de vent supérieures à la moyenne[3].

Le Danemark a été dépassé en 2015 par la Suède qui a bondi de 11 234 GWh en 2014 à 16 500 GWh en 2015, soit +47 %[4].

Au niveau mondial, le Danemark se classait au 12e rang en 2015 avec 1,7 % de la production mondiale ; la Suède était au 10e rang avec 1,9 %[5].

Production d'électricité éolienne au Danemark[5]
Année Production (GWh) Accroissement Part prod.élec.
1990 610 2,3 %
1995 1 177 3,2 %
2000 4 241 11,8 %
2005 6 614 18,2 %
2006 6 108 -8 % 13,4 %
2007 7 171 +17 % 18,2 %
2008 6 928 -3 % 18,9 %
2009 6 721 -3 % 18,5 %
2010 7 809 +16 % 20,1 %
2011 9 774 +25 % 27,7 %
2012 10 270 +5 % 33,5 %
2013 11 123 +8 % 32,0 %
2014 13 079 +18 % 40,6 %
2015 14 133 +8,1 % 48,8 %
2016[1] 12 782 -9,6 %
2017[1] 14 772 +15,6 %

En 2012, les éoliennes couvraient plus de 28 % de la consommation d'électricité du Danemark, proportion que le gouvernement s'est donné l'objectif de porter à 50 % en 2020[6]. En 2013, cette proportion a atteint 33,2 % ; un record a été atteint en décembre 2013 avec 135,8 % de la demande danoise en électricité couverte par la production éolienne pendant une tempête (l'excédent a été exporté)[7].

Les éoliennes offshore danoises atteignent, grâce à des conditions de vent très favorables, des facteurs de charge moyens record[8] :

  • Anholt 1 (400 MW) : 49,4 % ;
  • Horns Rev I (160 MW) : 42,0 % ;
  • Horns Rev II (209 MW) : 48,1 % ;
  • Nysted (Rødsand) I (165,6 MW) : 37,3 % ;
  • Nysted (Rødsand) II (207 MW) : 44,0 % ;
  • Middelgrunden (40 MW) : 25,5 % ;
  • Samsø (23 MW) : 39,3 %.

En comparaison, les éoliennes françaises avaient un facteur de charge moyen de 21,6 % en 2017 et 22 % en 2016[9].

Puissance installée[modifier | modifier le code]

Éolien au Danemark : capacité installée, production et facteur de charge 1977-2009

Le Danemark se situe au 9e rang en Europe fin 2017 pour sa puissance installée de 5 476 MW (+6,5 %), soit 3,2 % du total européen ; au niveau mondial, le Danemark se situe au 14e rang avec 1,0 % du total mondial ; les nouvelles installations durant l'année 2017 ont été de 342 MW[10].

En février 2018, la puissance installée des 6 219 éoliennes danoises (5 710 éoliennes terrestres et 509 offshore) était de 5 722 MW (4 428 MW à terre et 1 294 MW en mer)[11].

Le Danemark est de loin le pays européen le plus densément équipé en éoliennes : 960,3 W/habitant en 2017, alors que la moyenne de l'Union européenne est de 330,2 W/hab ; le deuxième pays selon ce critère est l'Irlande : 704,7 W/hab, suivie par la Suède : 672,4 W/hab[1].

Le Danemark était, avec 4 845 MW de puissance installée fin 2014, au 8e rang en Europe, mais les nouvelles installations durant l'année 2014 ont chuté à 67 MW seulement[12] contre 694 MW en 2013 ; ce coup d'arrêt brutal provenait de craintes largement médiatisées pour la santé du fait des infrasons produits par les éoliennes ; la construction d'éoliennes était au point mort en attendant que l'enquête gouvernementale sur ces problèmes de santé soit achevée[13].

Éolien en mer[modifier | modifier le code]

Parc éolien offshore de Rødsand I et II (Nysted).

Le Danemark est resté au 3e rang européen sur le segment offshore en 2017 avec 1 291,8 MW installés, en progression de 20,7 MW après 3 années sans changement, malgré le démontage de 11 éoliennes de 450 kW du parc de Vindeby[1], loin derrière le Royaume-Uni (6 836 MW) et l'Allemagne (5 355 MW) ; au niveau mondial, il est au 4e rang derrière la Chine (2 788 MW)[10] ; il était passé en 2014 du 2e au 3e rang européen ; la puissance installée danoise n'a pas changé depuis la mise en service complète du parc d'Anholt (400 MW) en 2013[14].

En 2017, les éoliennes offshore ont produit 5 179,8 GWh, soit 35,1 % de la production totale avec 23,4 % de la puissance installée[11].

Le premier parc éolien en mer au monde a été installé à Vindeby au Danemark en 1991. En 2010, les deux fabricants d'éoliennes basés au Danemark, Vestas Wind Systems et Siemens Wind Power, avaient installé plus de 90 % des parcs éoliens en mer cumulés. La plateforme technologique danoise “MEGAVIND” a pour objectif d'abaisser les coûts de production des parcs éoliens en mer, afin de les rendre compétitives d'ici 2020 par rapport aux centrales à charbon, en accroissant leur production par MW installé de 25 %, en réduisant leur coût d'investissement par MW de 40 % et leurs coûts d'exploitation et maintenance de 50 %[15].

Principaux parcs éoliens[modifier | modifier le code]

Le parc éolien offshore Horns Rev vu depuis le pied du phare de Blåvandshuk.
Le parc éolien offshore de Middelgrunden près de Copenhague.

La liste exhaustive des parcs éoliens danois est disponible sur The Windpower[16], qui recense 1 516 parcs totalisant 5 267 MW en février 2016.

Nom du parc Localisation Nb éol.* MW* Date mise en service
Middelgrunden[17] détroit de l'Øresund, à 2 km de Copenhague, Mer Baltique 20 40 2000
Samsø[17] Samsø, détroit de Kattegat, Mer Baltique 10 23 2003
Nysted (Rødsand I)[18] Rødsand, à 10 km au sud de Nysted, Mer Baltique 72 165,6 2003
Rødsand II (Nysted II)[19] Rødsand, à 10 km au sud de Nysted, Mer Baltique 90 207 2010
Parc éolien de Horns Rev 1[20] Esbjerg, Mer du Nord 80 160 2002
Parc éolien de Horns Rev 2[21] Esbjerg, Mer du Nord 91 209 2009
Parc éolien de Horns Rev 3[22] Esbjerg, Mer du Nord 49 406 en construction
Parc éolien de Anholt[23] entre la péninsule de Djursland et l'île de Anholt, au large de la côte est du Jutland, Mer Baltique 111 400 2013
Parc éolien de Kriegers Flak[24] Mer baltique 75 600 2022[25]
* Nb éol.= nombre d'éoliennes ; MW : Capacité installée (MW).

L'appel d'offres pour Kriegers Flak a été remporté par Vattenfall en novembre 2016 à un prix fixe de 49,90 /MWh (56,38 $/MWh) sans ajustement de l'inflation, pour 30 TWh, correspondant à 50 000 heures de fonctionnement à pleine charge, soit environ 11 ans[26],[27].

Le parc éolien de Samsø a été construit par une coopérative réunissant les 4 200 habitants de l'île de Samsø[28]. Celui de Middelgrunden appartient à 50 % à une coopérative (40 000 parts) et 50 % à la compagnie municipale d'électricité de Copenhague[17].

Principaux acteurs[modifier | modifier le code]

logo de VESTAS
  • Vestas Wind Systems A/S[29] était depuis 2000 le plus grand fabricant mondial d'éoliennes[30], mais a été dépassé par le Chinois Goldwind dobt la part de marché mondial s'élevait en 2015 à 12,6 % contre 11,9 % pour Vestas et 9,6 % pour General Electric Wind[31]. Vestas a joué un rôle de pionnier dans le secteur, installant sa première turbine (30 kW) en 1979. En 2013, son catalogue allait de 2 MW à 8 MW[7].
  • Ørsted, (ex-DONG Energy), opérateur historique de la production de gaz et d'électricité, fondé par l'État danois en 1972 sous le nom de Dansk Naturgas A/S pour exploiter les gisements de gaz de Mer du Nord, a étendu ses activités à la production d'électricité, puis a fusionné en 2005 avec 5 autres compagnies danoises d'énergie[32] ; entre 2007 et 2017, DONG Energy a réduit de 73 % sa consommation de charbon et a décidé de sortir du charbon d'ici 2023 ; en 2017, Ørsted a vendu sa branche pétrolière et gazière amont et se reconvertit vers les énergies vertes où il était déjà leader avec 25 % de l'éolien offshore danois[33]. Sa branche éolienne a construit le premier parc éolien offshore en 1991 et en 2017 emploie 2 400 employés pour gérer des éoliennes au Danemark, au Royaume-Uni, en Suède, Norvège, Pays-Bas, États-Unis et Taïwan[34].

Le Danemark a été en 2008 le plus important fabricant mondial d'éoliennes, qui représentaient alors 7,2 % des exportations totales danoises[35].

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

En mars 2013, un accord énergétique voté par le Parlement a fixé pour objectif de couvrir 50 % de la consommation électrique du pays par l'éolien en 2020 contre 28 % en 2012 ; pour cela, 2 000 MW supplémentaires seront installés, dont 1 500 MW offshore : parcs de Horn Rev3 (600 MW), Kriegers Flak (400 MW) et 500 MW de fermes côtières (nearshore)[36].

Subventions à l'éolien[modifier | modifier le code]

En 2012, un nouvel accord sur l'énergie a été conclu, qui a modifié le niveau de soutien pour l'électricité produite par les éoliennes. La subvention varie selon plusieurs facteurs tels que la taille de la turbine et la date de connexion au réseau. Les nouvelles éoliennes terrestres reçoivent une prime (qui s'ajoute au prix de vente) de 25 øre/kWh (3,35 c/kWh) pour 22 000 heures équivalent pleine puissance. Cependant, la prime plus le prix de marché ne peut pas excéder 58 øre/kWh (7,77 c/kWh, soit 77,7 /MWh), autrement dit, si le prix de marché dépasse 33 øre/kWh (44,2 /MWh), la prime sera inférieure à 25 øre/kWh. Ceci s'applique aux éoliennes proches du rivage et aux parcs éoliens en haute mer. Pour les grands parcs éoliens en mer, la subvention est fixée par appel d'offres ; par exemple, le parc Horns Rev II de 200 MW a obtenu un tarif d'achat fixe (feed in tarif) de 51,8 øre/kWh (69,4 /MWh) pendant 50 000 heures équivalent pleine puissance, celui de Rødsand II (200 MW) 62,9 øre/kWh (84,3 /MWh) pour 50 000 heures et le parc d'Anholt (400 MW) 105 øre/kWh (140,8 /MWh) pour 22 000 heures. Les éoliennes de particuliers de moins de 25 kW reçoivent un tarif d'achat fixe de 250 øre/kWh (335 /MWh)[37].

Intégration au réseau[modifier | modifier le code]

L'intégration d'une telle proportion d'électricité éolienne, avec sa forte intermittence, aurait été impossible sans la capacité de régulation apportée par les réservoirs des centrales hydroélectriques norvégiennes et suédoises. En effet, si la part des éoliennes dans la production électrique n'est que de 33 % en moyenne, il arrive de plus en plus souvent qu'elle dépasse 100 %, en particulier la nuit, lorsque la consommation est à son minimum, si le vent souffle fort. À ces moments-là, le Danemark exporte son surplus d'électricité éolienne vers la Norvège et la Suède, qui alors stoppent la production de certaines centrales hydroélectriques et stockent l'eau dans leurs réservoirs, pour la turbiner lorsque le vent sera retombé. Il y a ainsi une forte complémentarité entre l'éolien et l'hydraulique, qui va être de plus en plus sollicitée, y compris par l'Allemagne et les Pays-Bas ; à terme, d'autres moyens de régulation sont en cours d'expérimentation : effacement de certaines consommations (chauffage électrique, lave-linge, etc.) pendant les périodes de faible vent, utilisation des batteries des voitures pour stocker les surplus éoliens, etc.; pour cela, les recherches sur les réseaux intelligents (smart grids) sont très développées au Danemark[38],[39].

Étant donné la part très importante de l'éolien dans la production d'électricité, il arrive de plus en plus souvent que le gestionnaire de réseau Energinet.dk soit amené à stopper des éoliennes pour éviter le risque d'une surcharge du réseau (par exemple, le 4 octobre 2008, le vent étant arrivé sur les côtes ouest trois heures plus tôt que prévu, il a fallu stopper plusieurs centaines de MW d'éolien). Energinet.dk doit verser au propriétaire de l'éolienne arrêtée une compensation pour ses pertes de recettes. La loi danoise sur les énergies renouvelables de 2008 a modifié les règles de compensation pour les grands parcs offshore : Energinet.dk peut réduire ou suspendre la production de ces parcs lorsque leurs lignes de raccordement au réseau nécessitent une maintenance ou si la capacité du réseau est saturée ; la compensation ne sera due que si le producteur n'a pas été prévenu au moins 24 heures à l'avance[40].

Impact économique[modifier | modifier le code]

La production d'électricité éolienne atteignait 10,27 TWh, soit 33,4 % de la production totale en 2012 ; la part du charbon a reculé de 82,8 % en 1994 (33,29 TWh) à 34,4 % en 2012 (10,56 TWh)[s 1], on peut calculer que les émissions de CO2 évitées par l'éolien sont d'environ 13,7 Mt CO2.

Les importations de charbon ont coûté 2,4 Mds DKK (320 M€) en 2012[r 1] ; les économies de charbon dues à l'éolien en 2012 étaient donc d'environ 300 M€.

Le solde des échanges internationaux d'électricité était importateur de 5,4 TWh en 2012 (mais de 0,3 TWh seulement en 2013) ; le solde financier était déficitaire de 2,6 Mds DKK (350 M€)[r 1]. Ce déficit pourrait provenir en partie d'un abaissement des prix du marché causé à certains moments par des excédents de production éolienne dans des périodes de faible demande (nuits, week-ends).

Le chiffre d'affaires de l'industrie éolienne danoise a été de 10,8 Mds€ (11 Mds€ en 2011) ; les exportations du secteur éolien ont été de 6,5 Mds€ en 2013, contre 7 Mds€ en 2012 (8,5 % des exportations danoises) ; ses emplois ont été ramenés à 27 490 fin 2013 contre 28 459 en 2012[41]. Pour comparaison, le PIB danois était de 245,25 Mds € en 2012[42].

L'industrie éolienne danoise comprend plus de 350 entreprises et emploie 25 000 personnes. Une éolienne sur trois et neuf éoliennes offshore sur dix en fonctionnement dans le monde sont basées sur la technologie ou le savoir-faire danois[43].

Les dépenses pour obligations de service public (surcoûts dus à ces obligations, équivalent danois de la CSPE) ont atteint 4,7 Mds DKK en 2012, dont 2,2 Mds DKK (295 M€) pour l'éolien[r 1].

Le niveau très élevé des prix de l'électricité au Danemark est dû à des taxes créées en 1977 pour inciter les consommateurs à économiser l'énergie ; elles ne sont pas affectées au soutien des énergies renouvelables, mais alimentent le budget général de l'État ; ces taxes sont parmi les plus élevées au monde[44] ; elles totalisaient (toutes énergies comprises) 40,1 Mds DKK en 2012, soit 4,6 % des revenus fiscaux du Danemark[r 1]. L'accord sur l'énergie de 2012 entre les partis politiques ayant décidé d'aller vers la disparition des combustibles fossiles, ces taxes risquaient de rapporter de moins en moins ; une "taxe de sécurité d'approvisionnement" a donc été créé sur toutes les énergies, renouvelables comprises, utilisées pour le chauffage[44].

Les associations écologistes présentent souvent l'éolien danois comme un modèle, alors que leurs contradicteurs lui reprochent son coût élevé, la persistance du charbon comme principale source d'électricité, les émissions de gaz à effet de serre supérieures à la moyenne européenne, etc[45]. Il y a du vrai et du faux des deux côtés :

  • le Danemark a effectivement encore des émissions de CO2 assez élevées : 6,91 tonnes de CO2 par habitant en 2013 (émissions de CO2 liées à l'énergie), soit 5,2 % au-dessus de la moyenne de l'Union européenne (6,57 t/hab) ; l'Allemagne émettait 9,25 t/hab, la France 4,79 t/hab, la Suède 3,91 t/hab[46] ; mais ces émissions ont baissé de 30,3 % entre 1990 et 2013 contre -22 % pour l'Union européenne, et depuis 1971 elles ont baissé de 38 %[47] ;
  • la part du charbon dans la production d'électricité est certes encore élevée : 34,4 % en 2012, mais baisse rapidement (82,8 % en 1994), et l'éolien vient de le dépasser : 39 % en 2013-14 ; avec la biomasse, la part des renouvelables atteint 48,3 %[s 1] ;
  • le prix de l'éolien est certes élevé, bien que moins qu'en France : le tarif d'achat est plafonné à 77,7 /MWh contre 84 /MWh en France, et celui des parcs offshore s'échelonne de 69 /MWh à 140 /MWh, contre plus de 220 /MWh pour les futurs parcs éoliens de la Manche[37], où les conditions de vents sont moins favorables qu'en Mer du Nord ; le prix élevé de l'électricité n'est pas directement lié à l'éolien, les taxes sur l'énergie ayant été créées pour inciter aux économies d'énergie et alimentant le budget de l'État ; le surcoût des tarifs d'achat éoliens n'est que de moins de 300 M€[r 1] ;
  • on peut bien entendu soutenir, en s'appuyant sur les exemples suédois et français, que le choix du nucléaire aurait permis d'aller plus vite et plus loin dans l'élimination des combustibles fossiles, et ce à un coût moindre ; mais le Danemark étant un petit pays, il aurait dû acheter des centrales clé en main, alors que l'éolien est à près de 100 % produit au Danemark, et de plus alimente de juteuses exportations[r 2] ;
  • il n'en reste pas moins que le modèle danois n'est pas reproductible, d'une part car les places sont prises désormais dans l'industrie éolienne[48], et d'autre part car peu de pays ont la chance d'avoir des voisins richement dotés en barrages hydroélectriques, solution idéale pour compenser l'irrégularité de la production éolienne[49].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e p. 45
  2. p. 46
  1. a et b tab.24
  • autres références :
  1. a b c d et e [PDF] Baromètre éolien 2018, EurObserv'ER, février 2018.
  2. Bilan électrique 2017 - Les taux de couverture européens, RTE.
  3. Danemark: nouveau record du monde de consommation d'énergie éolienne en 2015 « Copie archivée » (version du 6 août 2018 sur l'Internet Archive), Sciences et Avenir, 18 janvier 2016.
  4. [PDF] Baromètre éolien 2015, EurObserv'ER, février 2016.
  5. a et b (en)Denmark : Electricity and Heat for 2015, Agence internationale de l'énergie, 19 septembre 2017.
  6. (en)Wind Power, sur le site du consortium State of Green créé par le gouvernement danois.
  7. a et b Danemark : un pays dans le vent, site du Journal des Énergies Renouvelables consulté le 23 février 2014.
  8. (en)Capacity factors at Danish offshore wind farms, site Energy Numbers consulté le 2 avril 2018.
  9. [PDF] RTE (Réseau de Transport d'Électricité), Bilan électrique 2017, février 2018.
  10. a et b [PDF] (en) « Global Wind Statistics 2017 », Global Wind Energy Council (GWEC),
  11. a et b (en)[xls]Table of wind power facilities, sur le site de l'Agence danoise de l'Énergie.
  12. [PDF] (en) « Global Wind Statistics 2014 », Global Wind Energy Council (GWEC), (consulté le 4 mars 2015)
  13. (de) Macht der Infraschall von Windkraftanlagen krank?, Die Welt, 2 mars 2015
  14. EurObserv'ER Baromètre éolien 2013 (février 2014).
  15. (en)Offshore Wind: Power Plants of the Future, site State of Green consulté le 20 janvier 2016.
  16. Wind farms - Denmark, The Windpower, consulté le 13 mars 2016.
  17. a b et c (en)The world's largest offshore wind farm, Middelgrunden 40 MW, site du parc éolien de Middelgrunden consulté le 12 juin 2014.
  18. (en)Nysted wind farm - Introduction to the park, site du parc éolien de Nysted consulté le 12 juin 2014.
  19. (en)Rødsand II Wind Farm, Denmark, site Power technology consulté le 12 juin 2014.
  20. (en)About Horns Rev 1, site du parc éolien de Horns Rev 1 consulté le 12 juin 2014.
  21. (en)About Horns Rev 2, site du parc éolien de Horns Rev 2 consulté le 12 juin 2014.
  22. (en)Construction begins on Horns Rev 3, Vattenfall, 20 octobre 2017.
  23. (en)Facts on Anholt Offshore Wind Farm, site de DONG Energy consulté le 12 juin 2014.
  24. (en)Kriegers Flak, The Wind Power, 21 février 2018.
  25. Première fondation pour le parc éolien offshore de Kriegers Flak installée au Danemark, BTP Gallery, 19 février 2018.
  26. (en) Energypost, « Dutch and Danish Auction Model Heralds Bright Future for Offshore Wind - The Energy Collective », sur The Energy Collective, (consulté le 27 octobre 2017).
  27. Le marin, « Vattenfall remporte le projet éolien Kriegers Flak à 49,9 euros le MWh », sur Le marin (consulté le 27 octobre 2017).
  28. (en)The Island in the Wind, site du New Yorker consulté le 12 juin 2014.
  29. (en)about VESTAS, site de Vestas.
  30. Vestas, le roi déchu du vent, sur le site de la Tribune.
  31. Industrie éolienne, Connaissance des énergies, 16 août 2016.
  32. (en)Background, sur le site de DONG Energy.
  33. (en)Ørsted: A new beginning, Ørsted.
  34. (en)Our wind power capabilities, Ørsted.
  35. (en)Wind turbines in Denmark, p. 8, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie.
  36. [PDF] EurObserv'ER Baromètre éolien 2012 (voir p.4 et 8), consulté le 16 septembre 2013.
  37. a et b (en)Subsidies for Wind Power « Copie archivée » (version du 6 août 2018 sur l'Internet Archive), site de l'Agence danoise de l'énergie consulté le 10 juin 2014.
  38. (en)Wind turbines in Denmark - Incorporation of wind power into the electricity system, p. 27, sur le site de l'Agence Danoise de l'Énergie
  39. (en)Windpower - To Combat Climate Change, p. 18, sur le site d'energinet.dk.
  40. (en)Windpower - To Combat Climate Change, sur le site d'energinet.dk.
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  44. a et b (en)[PDF]Energy policy in Denmark, sur le site de l'agence Danoise de l'Énergie.
  45. Eolien : les limites du "modèle" danois, site du magazine L'Expansion.
  46. (en) [PDF] Agence internationale de l’énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA) Key World Energy Statistics 2015, 6 novembre 2015.
  47. (en) CO2 Emissions from fuel combustion - Highlights 2015, site Agence internationale de l'énergie consulté le 20 janvier 2016.
  48. [PDF] EurObserv'ER Baromètre éolien 2017, février 2017 : voir page 14 : « les géants de l’éolien sont déjà bien implantés sur l’onshore et le niveau de concurrence laisse peu de possibilités à l’arrivée de nouveaux acteurs »
  49. (en)System Integration of Wind Power, Danish Energy Agency, 2015 (voir page 15).

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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