Énergie éolienne en Europe

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Vue aérienne d'un parc éolien en Espagne.

Le secteur de l'énergie éolienne en Europe assure 14,5 % de la production d'électricité de l'Union européenne en 2019 (48 % au Danemark, 33 % en Irlande, 27 % au Portugal, 26 % en Allemagne, 22 % au Royaume-Uni, 21 % en Espagne) et représentait 30 % de la puissance installée éolienne mondiale en 2018.

L'éolien en mer représente en Europe 16 % de la production éolienne en 2019 ; 79 % de la puissance installée éolienne en mer mondiale se trouvait en Europe fin 2018.

Potentiel éolien de l'Europe[modifier | modifier le code]

Le potentiel éolien de l'Europe a été évalué par DTU Wind Energy (Université technique du Danemark) qui a publié un Atlas européen du vent pour les principaux pays[1] et pour l'offshore[2]. Une carte plus étendue est disponible[3].

Ces cartes montrent que les zones les plus favorables en Europe sont :

  • l'Écosse, les côtes nord et ouest de l'Irlande, les côtes ouest de la Norvège, de la Suède et de la Finlande, la côte nord-ouest du Danemark, la côte du golfe du Lion en France (basse vallée du Rhône et région de Narbonne à Carcassonne), la vallée de l'Ebre en Espagne ;
  • dans une moindre mesure : la plus grande partie de l'Angleterre, du Pays de Galles, de l'Irlande et des pays scandinaves ; la côte de la Galice en Espagne ; la Vendée, la Bretagne et les côtes de la Manche et de la mer du Nord ; la Crête et les îles de la mer Égée.

Pour l'offshore, on retrouve :

  • les côtes ouest et nord de l'Irlande, toutes celles de l'Écosse, la partie nord de la mer du nord, le golfe du Lion ;
  • secondairement, un ruban allant de la Galice à la Baltique en passant par la Vendée, la Bretagne, l'Irlande et l'Angleterre, la Manche et la Mer du Nord ; la moitié est et sud de la mer Égée.

Selon l'association WindEurope, les éoliennes en mer pourraient assurer entre 15 % et 30 % de la consommation d'électricité en 2050, contre 1,5 % en 2019[4].

Production éolienne en Europe[modifier | modifier le code]

Parc éolien offshore de Rødsand I et II (Nysted).

L'énergie éolienne a produit 14,5 % de l'électricité consommée en Europe en 2019, contre 14 % en 2018 et 11,6 % en 2017. La puissance des nouvelles éoliennes installées en 2019 s'élève à 15,4 GW, dont 3,6 GW en offshore. Le Royaume-Uni a installé 2,4 GW, l'Espagne 2,3 GW, l'Allemagne 2,2 GW, la Suède 1,6 GW et la France 1,3 GW : en Allemagne, les branchements de nouveaux parcs terrestres (1,1 GW) sont à leur plus bas depuis 2000[5].

La production éolienne de l'Union européenne s'est élevée en 2018 à 379,3 TWh (estimation) contre 362,4 TWh en 2017, soit +4,7 % ; la part de l'éolien en mer atteint 15,1 % avec 57,3 TWh, contre 14 % en 2017. L'Allemagne (111,6 TWh) reste largement en tête devant le Royaume-Uni (55,8 TWh) et l'Espagne (50,8 TWh)[e 1]. La part de l'éolien dans la production d'électricité de l'Union européenne atteint 11,4 % en 2018[e 2].

Elle couvrait 10,4 % de la consommation électrique du continent en 2016 ; le Danemark avait le taux de pénétration le plus élevé : 36,8 %, suivi par l'Irlande : 27 % et le Portugal : 24,7 % ; l'Allemagne était à 16 % et la France à 4,4 %[6].

Production éolienne dans l'Union Européenne (GWh)
Pays 2010 2015 2016 2017 2018* dont
offshore
Part (%)
cons.**
2019
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 37 793 79 206 78 598 105 693 111 590 19 341 26 %
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 10 286 40 317 37 367 50 004 55 802 25 503 22 %
Drapeau de l'Espagne Espagne 44 271 49 325 48 906 49 127 50 787 21 %
Drapeau de la France France 9 945 21 249 21 400 24 711 27 900 7 %
Drapeau de l'Italie Italie 9 126 14 844 17 689 17 742 17 492 7 %
Drapeau de la Suède Suède 3 502 16 268 15 479 17 609 16 716 636 15 %
Drapeau de la Pologne Pologne 1 664 10 858 12 588 14 909 15 000 9 %
Drapeau du Danemark Danemark 7 809 14 133 12 782 14 772 13 892 4 630 48 %
Drapeau du Portugal Portugal 9 182 11 607 12 474 12 248 12 657 27 %
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 3 994 7 550 8 170 10 569 10 549 3 630 12 %
Drapeau de l'Irlande Irlande 2 815 6 573 6 149 7 445 7 500 33 %
Drapeau de la Roumanie Roumanie 306 7 063 6 590 7 407 7 410 11 %
Drapeau de l'Autriche Autriche 2 064 4 840 5 235 6 574 6 700 13 %
Drapeau de la Belgique Belgique 1 292 5 574 5 436 6 511 6 418 3 311 10 %
Drapeau de la Finlande Finlande 294 2 327 3 068 4 795 5 857 244 7 %
Drapeau de la Grèce Grèce 2 714 4 621 5 146 5 537 5 800 12 %
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 681 1 452 1 425 1 504 1 600 3 %
Drapeau de la Lituanie Lituanie 224 810 1 136 1 364 1 400 12 %
Drapeau de la Croatie Croatie 139 796 1 014 1 204 1 334 8 %
Drapeau de la Hongrie Hongrie 534 693 684 758 800 2 %
Drapeau de l'Estonie Estonie 277 715 594 723 800 9 %
Drapeau de la Tchéquie République tchèque 335 573 497 591 615 1 %
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 55 102 101 235 268 4 %
Drapeau de Chypre Chypre 31 221 226 211 220 6 %
Drapeau de la Lettonie Lettonie 49 147 128 150 150 2 %
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 6 6 6 6 6 0,02 %
Drapeau de la Slovénie Slovénie 0 6 6 6 6 0,04 %
Total UE-28 149 388 301 876 302 894 362 404 379 270 57 295 14,4 %
* estimation ; ** Part de la consommation couverte par la production éolienne du pays en 2019
sources : 2010-2016 : AIE[7] ; 2017-2018 : EurObserv'ER[e 1] ; part cons. : Windeurope[8]

La moyenne européenne de 15 % englobe aussi la Turquie (7 %), la Norvège (4 %), la Serbie (0 %), la Suisse (0 %).

Facteur de charge[modifier | modifier le code]

Le facteur de charge moyen des parcs éoliens européens est de 26 % en 2019 ; celui des éoliennes terrestres est de 24 % et celui des éoliennes en mer de 38 % en moyenne. Les éoliennes les plus modernes ont un facteur de charge plus élevé grâce à leurs pales plus larges et à leur capacité de produire à des vitesses de vent plus faibles : 30-35 % pour les éoliennes terrestres, 35-55 % pour les éoliennes en mer. Le mois de mars a été le plus favorable en 2019, juillet le moins productif[8].

Puissance installée éolienne[modifier | modifier le code]

Carte de la puissance éolienne installée en Europe fin 2017 ; code couleur : part de l'éolien dans la couverture de la consommation.

En 2019, les nouvelles installations ont atteint 15 369 MW en Europe, en progression de 27 % par rapport à 2018, mais 10 % au-dessous du record de 2017, dont 13 179 MW dans l'Union européenne : 9 552 MW d'éoliennes terrestres et 3 627 MW d'éoliennes en mer ; 178 MW ont été déclassées. La puissance installée éolienne de l'Europe s'élève donc à 204 814 MW fin 2019, dont 192 231 MW dans l'Union européenne[8].

Puissance éolienne installée dans l'Union Européenne (MW)
Pays 2008
[9]
2010
[10]
2012
[11]
2014
[12]
2015
[13]
2016
[14]
2017[e 3] 2018[e 3] 2019[8]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 23 903 27 214 31 308 39 128 44 942 49 592 55 719 58 908 61 357
Drapeau de l'Espagne Espagne 16 740 20 676 22 796 23 025 22 988 23 075 23 100 23 494 25 808
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 3 241 5 204 8 649 12 987 14 291 16 217 19 835 21 243 23 515
Drapeau de la France France 3 404 5 660 7 623 9 313 10 324 11 761 13 550 15 108 16 646
Drapeau de l'Italie Italie 3 736 5 797 8 144 8 638 8 973 9 384 9 766 10 300 10 512
Drapeau de la Suède Suède 1 021 2 163 3 745 5 425 6 029 6 495 6 611 7 407 8 985
Drapeau du Danemark Danemark 3 180 3 752 4 162 4 887 5 075 5 246 5 486 6 131 6 128
Drapeau de la Pologne Pologne 472 1 107 2 497 3 836 5 100 5 747 5 848 5 864 5 917
Drapeau du Portugal Portugal 2 862 3 898 4 525 4 947 5 034 5 313 5 313 5 380 5 437
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 2 225 2 237 2 391 2 865 3 391 4 257 4 202 4 292 4 600
Drapeau de l'Irlande Irlande 1 002 1 428 1 738 2 262 2 440 2 827 3 318 3 564 4 155
Drapeau de la Belgique Belgique 384 911 1 375 1 959 2 169 2 383 2 806 3 191 3 879
Drapeau de la Grèce Grèce 985 1 208 1 749 1 979 2 136 2 370 2 624 2 844 3 576
Drapeau de l'Autriche Autriche 995 1 011 1 378 2 086 2 404 2 649 2 887 3 045 3 159
Drapeau de la Roumanie Roumanie 10 462 1 905 2 953 2 976 3 025 3 030 3 030 3 029
Drapeau de la Finlande Finlande 143 197 288 632 1 005 1 532 2 044 2 041 2 284
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 158 375 674 691 691 699 698 698 691
Drapeau de la Croatie Croatie nd nd nd 339 428 483 576 576 652
Drapeau de la Lituanie Lituanie 54 154 225 282 438 509 518 521 548
Drapeau de la Hongrie Hongrie 127 295 329 329 329 329 329 329 329
Drapeau de l'Estonie Estonie 78 149 269 300 300 310 312 312 320
Drapeau de la Tchéquie République tchèque 150 215 260 278 281 282 308 310 337
Drapeau de Chypre Chypre 0 82 147 157 168 158 158 158 158
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 42 58 58 64 117 120 120 120 136
Drapeau de la Lettonie Lettonie 27 31 60 69 69 70 77 77 66
Drapeau de la Slovénie Slovénie 0,01 0,03 0 4 5 5 5 5 3
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 3 3 3 5 3 3 4 4 3
Drapeau de Malte Malte 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Total EU-28 64 935 84 278 106 040 129 060 142 041 154 847 169 244 178 950 192 231

En 2018, 10 051 MW d'éoliennes ont été installés dans l'Union européenne ; 245 MW ont été déclassées ; la puissance installée a donc progressé de 9 706 MW, en recul de 34 % par rapport à la progression nette de 2017 (14 783 MW) ; 7 383 MW ont été installés sur terre et 2 668 MW en mer ; le parc éolien atteint 178 950 MW fin 2018, dont 160 489 MW à terre et 18 461 MW en mer. L'Allemagne reste en tête avec un parc de 58 908 MW, suivie par l'Espagne (23 494 MW), le Royaume-Uni (21 243 MW), la France (15 108 MW hors DOM) et l'Italie (10 300 MW) ; l'Allemagne a installé 3 374 MW, soit 33,6 % des nouvelles installations de 2018, suivie par la France (1 558 MW) et le Royaume-Uni (1 407 MW)[e 3]. La puissance installée mondiale est estimée à 591 GW[e 4] ; l'Europe représente 30 % de ce total.

Selon GWEC,11 677 MW ont été installés en 2018 (Turquie comprise), dont 9 016 MW à terre et 2 661 MW en mer[g 1].

En 2014, l'Europe s'est trouvée reléguée au 2e rang du classement des continents par puissance éolienne installée avec 34,9 % du total mondial, derrière l'Asie qui a pris la tête pour la première fois ; en 2018, la part de l'Europe a reculé à 32,1 % contre 44,1 % pour l'Asie et 22,8 % pour l'Amérique ; les installations de l'année ont représenté 22,8 % du marché mondial contre 52,1 % pour l'Asie et 23,3 % pour l'Amérique[g 1].

En 2014, l'Allemagne à elle seule a installé 6 187 MW, soit près de 50 % du total européen ; elle a mis hors service 391 MW d'éolienne anciennes. Cette forte montée en puissance s'expliquait par la volonté des développeurs d'installer le maximum d'éoliennes avant la mise en place de la réforme de la loi sur les énergies renouvelables, effective au , qui supprime le tarif d'achat garanti pour les installations de plus de 500 kW et généralise le système de vente directe plus prime de marché, optionnel depuis 2012 ; elle limite de plus les installations annuelles terrestres dans une fourchette de 2400 à 2 600 MW et l'offshore à 6 500 MW d'ici 2020[15].

Les pays européens les plus engagés dans l'éolien sont le Danemark, l'Irlande, la Suède, l'Allemagne, le Portugal et l'Espagne :

Puissance éolienne par habitant dans l'Union Européenne (W/hab.)*
Pays 2014 2015[12] 2016[13] 2017[14]
Drapeau du Danemark Danemark 862 886 918 960
Drapeau de l'Irlande Irlande 493 537 585 705
Drapeau de la Suède Suède 562 619 662 672
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 501 554 609 671
Drapeau du Portugal Portugal 471 490 509 515
Drapeau de l'Espagne Espagne 494 496 496 498
Drapeau de la Finlande Finlande 115 184 279 371
Drapeau de l'Autriche Autriche 246 281 303 324
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 194 214 230 289
Drapeau de la Belgique Belgique 175 198 212 251
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 169 201 246 250
Drapeau de la Grèce Grèce 180 199 220 236
Drapeau de l'Estonie Estonie 230 254 236 236
Drapeau de la France France** 145 155 175 202
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 106 112 173 196
Drapeau de Chypre Chypre 171 186 186 196
Drapeau de la Lituanie Lituanie 95 145 176 183
Drapeau de la Pologne Pologne 100 134 152 168
Drapeau de l'Italie Italie 143 147 153 161
Drapeau de la Roumanie Roumanie 162 150 153 154
Drapeau de la Croatie Croatie 80 100 110 127
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 95 96 97 98
Drapeau de la Lettonie Lettonie 33 35 35 34
Drapeau de la Hongrie Hongrie 33 33 33 34
Drapeau de la Tchéquie République tchèque 27 27 27 27
Drapeau de la Slovénie Slovénie 2 2 2 2
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 1 1 1 1
Drapeau de Malte Malte 0 0 0 0
Total UE-28 258 279 301 330
* estimation ; ** hors DOM

Éolien en mer[modifier | modifier le code]

Parc éolien offshore « Alpha ventus » en mer du Nord.

Les fermes éoliennes en mer (éolien offshore) prennent une part grandissante dans l'essor de l'éolien : fin 2019, la puissance installée totale d'éolien en mer en Europe atteignait 22 069 MW ; elle a progressé de 3 627 MW dans l'année, dont 1 764 MW au Royaume-Uni, 1 111 MW en Allemagne, 374 MW au Danemark et 370 MW en Belgique. Cette puissance se répartit en 9 945 MW au Royaume-Uni, 7 445 MW en Allemagne, 1 703 MW au Danemark, 1 556 MW en Belgique, 1 118 MW aux Pays-Bas, 202 MW en Suède, 92 MW en Finlande, 25 MW en Irlande, 8 MW au Portugal et 5 MW en Espagne. Le parc britannique de Hornsea One, mis en service en 2019, est le plus grand du monde avec 1 218 MW[8].

Fin 2018, la puissance installée totale d'éolien en mer en Europe atteignait 18 278 MW, soit 79 % du total mondial[g 1].

Installations annuelles à terre et en mer[16],[e 3]
MW à terre en mer total
2001 4 377 51 4 428
2002 5 743 170 5 913
2003 5 186 276 5 462
2004 5 749 90 5 839
2005 6 454 90 6 544
2006 7 097 93 7 190
2007 8 632 318 8 950
2008 8 109 373 8 482
2009 9 704 575 10 279
2010 9 030 883 9 913
2011 8 920 874 9 794
2012 10 937 1 166 12 103
2013 9 592 1 567 11 159
2014 11 121 670 11 791
2015 9 772 3 028 12 800
2016 10 971 1 520 12 491
2017 12 526 3 154 15 680
2018 7 383 2 668 9 706
2019[8] 9 552 3 627 13 179

Industrie européenne de fabrication d'éoliennes[modifier | modifier le code]

Plusieurs des principaux fabricants mondiaux d'éoliennes sont européens, en particulier le pionnier de cette industrie, le danois Vestas, ainsi que l'allemand Siemens Wind Power. Une vague de concentrations a réduit le nombre de ces fabricants : General Electric a acquis l'activité éolienne d'Alstom en 2014, Areva Wind (dont les usines sont en Allemagne) a fusionné avec l'espagnol Gamesa, qui a ensuite fusionné avec Siemens en 2017, Nordex a fusionné avec l'espagnol Acciona Windpower en 2016, l'allemand Enercon avec le néerlandais Lagerwey en 2018[e 5].

L'année 2015 a été une année faste pour l'industrie, après trois années difficiles : Vestas, numéro un mondial des turbines éoliennes, a annoncé des profits record sur 2015, à 685 millions d’euros (+75 %), pour un chiffre d’affaires de 8,4 milliards (+22 %) ; après avoir fortement réduit ses effectifs entre 2011 et 2013, de 22 000 à 17 000, Vestas a recommencé à recruter, employant 20 000 personnes à la fin de 2015. Un large mouvement de consolidation a touché le secteur : Gamesa a indiqué être en discussions pour une reprise par l’allemand Siemens, qui dispute à Vestas le rang de leader mondial, après avoir fusionné ses activités offshore avec celles d’Areva début 2015 ; General Electric, autre géant des turbines, a repris les activités d’Alstom dans ce domaine en novembre tandis que l’allemand Nordex fusionnait en octobre avec son concurrent espagnol Acciona Windpower[17].

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Petite ferme éolienne offshore britannique (Burbo Bank), dans la lumière d'un coucher de soleil automnal.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Le développement des énergies renouvelables est un des éléments importants de la politique énergétique de l’Union Européenne. Le livre blanc de 1997 fixe l’objectif de 12 % d’énergie renouvelable commercialisée pour l’Union en 2010. Par la suite, la directive électricité renouvelable (2001) fixait l’objectif indicatif de 21 % d’électricité renouvelable dans la consommation brute de l'Union en 2020.

Le Paquet climat-énergie adopté en fixait l'objectif « 20-20-20 » ou « 3x20 » visant à :

La directive « Énergies renouvelables » 2009/28/CE[18], une des composantes principales du Paquet climat-énergie, fixe les objectifs de chaque pays concernant la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale en 2020.

Eurostat publie les statistiques de suivi de ces objectifs : en 2013, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie de l'Union européenne atteignait 15,0 % (contre 8,3 % en 2004) et était donc en ligne avec la trajectoire prévue pour parvenir à 20 % en 2020[19].

Le Conseil des ministres de l'Union européenne a adopté le un accord qui engage leurs pays à porter la part des énergies renouvelables à 27 % en 2030[20].

Subventions aux éoliennes[modifier | modifier le code]

Éoliennes en Camargue, à proximité du Grand-Rhône.

En Europe, le système de soutien le plus utilisé pour compenser le manque de compétitivité de l'éolien, à la suite de la mise en place de la Directive 2001/77/EC, est celui des tarifs d'achat réglementés (en anglais : feed-in tariff, c'est-à-dire tarif d'injection [au réseau]) : les fournisseurs d'électricité ont l'obligation légale d'acheter toute la production des installations de production d'électricité à partir d'énergie renouvelable, pendant 10 à 20 ans, à des tarifs fixés par l'administration ; le surcoût de ces tarifs par rapport aux prix du marché de gros est remboursé aux fournisseurs au moyen d'une surtaxe sur les factures d'électricité des consommateurs :

  • en France, le tarif d'achat réglementé a été fixé pour l'éolien par l'arrêté du à 8,2 c€/kWh (indexé ensuite selon une formule qui l'amenait en 2012 à 8,74 c€/kWh)[21] ; le surcoût par rapport au prix du marché (moyenne prévue en 2015 : 42,6 /MWh), calculé à 3 156 M€ en 2013 par la CRE qui l'évalue à 3 722,5 M€ M€ pour 2013 et 4 041,4 M€ M€ pour 2015, est répercuté sur les consommateurs d'électricité par le biais de la CSPE, fixée à 13,5 /MWh en 2013, 16,5 /MWh en 2014 et 19,5 /MWh en 2015 ; la compensation du surcoût des EnR représente 63,7 % de la CSPE, dont 15,3 % pour l'éolien[22] ;
  • en Allemagne, le tarif d'achat réglementé était en 2012 de 8,8 c€/kWh pour les éoliennes terrestres et 15,6 c€/kWh pour l'offshore ; il est répercuté sur les consommateurs d'électricité par le biais de l'équivalent de la CSPE, appelé EEG-Umlage qui atteignait 5,277 c€/kWh en 2013 (+0,25 c€/kWh de taxe pour l'offshore) sur un prix moyen de l'électricité pour un ménage-type allemand de 28,5 c€/kWh[23] ;
  • un autre dispositif fréquemment utilisé est celui des appels d'offres : en France, il a pour finalité de soutenir les filières en retard de développement et est utilisé surtout pour les grandes installations (parcs éoliens en mer, grandes centrales solaires, centrales à biomasse, etc.) ; la Cour des Comptes relève que certains appels d'offres n'ont pas atteint leurs objectifs (cahier des charges insuffisamment respecté par les projets, tarifs proposés trop élevés, nombre insuffisant de projets candidats, etc) : celui de 2004 lancé pour installer 500 MW d’éolien terrestre n’a retenu que 287 MW, soit 56 % de l'objectif ; celui de 2010 n'a retenu que 66 MW pour un objectif de 95 MW. Pire : de nombreux appels d’offres n’ont pas permis de limiter les prix proposés par les porteurs de projet, soit par manque de concurrence, soit du fait de difficultés techniques ayant incité les candidats à prendre des marges de risque importantes, en particulier celui qui a été lancé en 2011 pour des parcs éoliens en mer : le prix de référence fixé dans l'appel d'offres n'a pas été respecté pour trois des quatre sites concernés[24].

En réaction au poids croissant des subventions aux énergies renouvelables, la Commission européenne préconise des réformes pour améliorer l'efficacité des systèmes de soutien en accroissant leur sélectivité et en cherchant à insérer progressivement les EnR dans les mécanismes de marché[25] :

  • mécanisme de « prix de marché plus prime ex-post » (Feed-in-Premium ex-post, ou contrat pour différence) : un niveau de référence (target price) est défini par le régulateur ; le producteur vend l’électricité produite au prix de marché de gros, directement ou via un « intégrateur », notamment pour les acteurs sans accès direct au marché (petits producteurs) ; le producteur perçoit un complément de rémunération (« prime ») dans le cas où la différence entre le niveau de référence et le prix de marché est positive ; sinon le producteur doit verser le surplus perçu ;
  • lancement d'appels d'offres technologiquement neutres (mise en concurrence de l’ensemble des technologies).

Selon les syndicats professionnels (SER et CLER), les appels d'offres technologiquement neutres empêcheraient le développement de filières industrielles nouvelles ; pour eux, les appels d'offres devraient être réservés aux gros projets, de même que la mise en œuvre des contrats pour différence ; ils souhaitent que les petites installations continuent à bénéficier de l'obligation d'achat à tarif réglementé[26],[27].

Les coûts des parcs éoliens offshore ont chuté dans les pays ayant déjà installé plusieurs gigawatts, grâce à l'augmentation de la taille des éoliennes, aux conditions de vent très favorables de la mer du Nord, et au regroupement de plusieurs parcs sur une même zone, qui permet des économies sur la construction, le raccordement et la maintenance. De plus, les coûts de raccordement (10 à 20 €/MWh) ont été mis à la charge des opérateurs de réseaux en Allemagne, au Danemark et aux Pays-Bas. Ceci a permis d'abaisser les coûts à 50 à 80 €/MWh. En 2017, le parc éolien danois de Kriegers Flak (600 MW) a obtenu un prix de 49,9 €/MWh et le parc néerlandais Borssele III - IV (680 MW) un prix de 54,5 €/MWh. Plusieurs appels d'offres en Allemagne et aux Pays-Bas ont même attribué des projets sans subventions à des investisseurs qui se rémunéreront uniquement en vendant leur production au prix du marché : Hollandse Kust Zuid (700 MW, Pays-Bas, mise en service prévue e 2022) et en Allemagne : OWP West (240 MW), Borkum Riffgrund West 1 (420 MW), Borkum Riffgrund West 2 (240 MW), EnBW He Dreiht (900 MW) programmés pour 2024 et 2025[e 6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b p. 6.
  2. p. 7.
  3. a b c et d p. 4-5.
  4. p. 3.
  5. p. 11.
  6. p. 8.
  1. a b et c p. 29.
  • Autres références
  1. (en)European wind resources at 50 metres a.g.l, DTU Wind Energy
  2. (en)European Wind Atlas, map only, 300 dpi, jpg, DTU Wind Energy
  3. (en)European wind resources, DTU Wind Energy
  4. Les éoliennes en mer pourraient fournir 30 % de l'électricité européenne en 2050, Les Échos, 3 décembre 2019.
  5. L'éolien a fourni 15 % de l'électricité consommée en Europe en 2019, Les Échos, 17 février 2020.
  6. Le Monde.fr avec AFP, « En 2016, l’éolien a dépassé les capacités installées de centrales à charbon en Europe », sur Le Monde.fr, (consulté le 9 février 2017).
  7. (en)European Union - 28 : Electricity and Heat for 2016, Agence internationale de l’énergie, 21 septembre 2018.
  8. a b c d e et f (en) Wind energy in Europe in 2019 (page 10), Windeurope, février 2020.
  9. [PDF] European Wind Map - 2008, sur le site ewea.org
  10. [PDF] (en) Wind in power 2010 European statistics, sur le site ewea.org
  11. [PDF] (en) Wind in power 2012 European statistics, sur le site ewea.org
  12. a et b [PDF] EurObserv'ER Baromètre éolien 2015 (pages 6 et 7), février 2016.
  13. a et b [PDF] EurObserv'ER Baromètre éolien 2017 (pages 6 et 7), février 2017.
  14. a et b [PDF] Baromètre éolien 2018, EurObserv'ER, février 2018, p. 7-8 et 13.
  15. [PDF] EurObserv'ER Baromètre éolien 2014 (pages 3 et 4), février 2015.
  16. (en)Wind in power - 2013 European statistics, site EWEA consulté le 14 mars 2014.
  17. L’électricité éolienne commence à s’imposer en Europe, Les Échos, 9 février 2016.
  18. Directive 2009/28/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009, base Eur-lex.
  19. Part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d'énergie, site Eurostat consulté le 13 mars 2015.
  20. Climat : accord européen sur une baisse de 40 % des gaz à effet de serre, Les Échos, 24 octobre 2014
  21. [PDF] Charges de service public de l’électricité constatées au titre de 2012, sur le site de la CRE.
  22. Délibération de la CRE du 15 octobre 2014 portant proposition relative aux charges de service public de l’électricité et à la contribution unitaire pour 2015, site CRE consulté le 4 janvier 2015.
  23. (de) BDEW, « Erneuerbare Energien und das EEG: Zahlen, Fakten, Grafiken (2013) » [PDF], BDEW, (consulté le 7 mars 2013), p. 41
  24. [PDF] Cour des comptes Rapport sur la politique de développement des énergies renouvelables, juillet 2013 (voir pages 51-52).
  25. Énergies vertes : Bruxelles choisit de ménager l'industrie, site du journal Les Échos consulté le 9 avril 2014.
  26. Réponse du SER à la consultation sur l'évolution des mécanismes de soutien, site du SER consulté le 11 mai 2014.
  27. Pour un système de soutien à l'électricité renouvelable juste et efficace, site du CLER consulté le 11 mai 2014.

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