Édit de Beaulieu
| Autre(s) nom(s) | Paix de Loches |
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| Pays |
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| Langue(s) officielle(s) | Français |
| Signature | |
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| Signataire(s) | Henri III |
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L’édit de Beaulieu, aussi connu sous le nom de paix de Loches, signé le à Beaulieu-lès-Loches (actuel département d'Indre-et-Loire) par le roi Henri III, est un des édits de pacification qui jalonnent l'histoire des guerres de Religion dans le royaume de France, de 1562 à 1598.
Il met fin à la cinquième guerre de religion (1574-1576), qui a opposé l'armée royale non seulement aux troupes des protestants, mais aussi à celles des Malcontents, opposants catholiques à la politique d'intransigeance religieuse, dont les chefs de file sont le duc François de Montmorency et le duc François d'Alençon, frère d'Henri III.
Il est parfois appelé paix de Monsieur, le titre de « Monsieur » désignant le premier frère cadet du roi, en l'occurrence François d'Alençon, qui, devenant duc d'Anjou, apparait comme le grand bénéficiaire de cette paix, malgré sa trahison.
Contexte
[modifier | modifier le code]L'édit intervient après la menace que faisait peser sur Paris les troupes des princes protestants. Condé, Navarre et Turenne (3 000 arquebusiers du Midi) s'étaient alliés au duc d’Alençon, frère du roi et aux princes catholiques les maréchaux de Montmorency et Cossé-Brissac libérés à la paix de Champigny et enfin au comte palatin Jean-Casimir (avec 20 000 mercenaires qui avaient pillé la Bourgogne). Le gouverneur du Languedoc, Montmorency-Damville, catholique mais allié aux protestants de sa province, se tenait en réserve. François duc d'Alençon était à la tête du parti des Malcontents qui regroupait les gentilshommes aigris par la politique du gouvernement. Ils voulaient notamment lutter contre les influences qui gravitaient autour du roi Henri III. Ils jugeaient néfaste pour la noblesse française la présence des Italiens à la cour de France et dans l'entourage de la reine-mère Catherine de Médicis.
Le roi de France n’avait ni troupes ni argent pour payer des mercenaires. Il envoya sa mère Catherine de Médicis pour négocier la paix.
La situation n’est guère meilleure du côté protestant : le prince de Condé a engagé les bijoux de famille, l’Union des protestants du Midi s’est saignée aux quatre veines pour financer la guerre. Surtout, toute la France ou presque est à genoux, ravagée par les passages des mercenaires venus ou retournant en Allemagne, des bandes protestantes ou de l’armée royale, qui toutes vivent sur le pays[1].
Contenu
[modifier | modifier le code]Mesures en faveur des victimes de la Saint-Barthélemy
[modifier | modifier le code]- l'édit réhabilite les victimes du massacre de la Saint-Barthélemy ;
- de plus, leurs biens sont restitués aux familles, qui sont en outre exemptées d’impôts pendant six ans ;
Mesures religieuses de tolérance
[modifier | modifier le code]Mesures en faveur du protestantisme
Du point de vue protestant, cet édit est le plus généreux de tous ceux qui ont été signés jusqu’alors[2] :
- l'édit accorde au protestants une grande liberté de culte dans le royaume de France et prévoit plusieurs mesures pour la rendre possible :
- cimetières particuliers, dont à Paris, le cimetière de la Trinité ;
- interdiction des fréquentes mesures vexatoires à leur égard, que ce soit dans les hôpitaux ou les collèges ;
- les mariages de prêtres défroqués ou de religieuses seront reconnus par l’état civil ;
Mesures en faveur du catholicisme
- le culte protestant est interdit à Paris et à la Cour[3] ;
- le culte catholique doit être rétabli partout, même dans les villes protestantes où il est abandonné depuis longtemps ;
- des mesures sont prises pour que les protestants respectent le culte catholique (fermeture les jours de fête, interdiction de vendre de la viande les jours de fête) ;
- la dîme (taxe qui revient aux curés, forcément catholiques, des paroisses) doit être payée partout et par tous (y compris les protestants).
Mesures politiques en faveur des princes
[modifier | modifier le code]Il prend également plusieurs mesures pour satisfaire les princes :
- le maréchal de Montmorency et Cossé-Brissac retrouvent leurs charges ;
- Damville conserve le gouvernorat du Languedoc ;
- François d'Alençon reçoit le titre de duc d’Anjou, plus les riches provinces d’Anjou, de Touraine et de Berry, et la place stratégique de La Charité-sur-Loire ;
- Henri de Navarre reçoit la Guyenne, plus 600 000 livres à divers titres ;
- Condé est gouverneur de Picardie.
- Jean Casimir du Palatinat reçoit le duché d’Étampes, Château-Thierry, une pension annuelle de 40 000 livres et six millions immédiatement.
Garanties politiques données aux protestants
[modifier | modifier le code]D’autres mesures sont prises pour assurer la sécurité des protestants :
- les villes qu’ils occupent leur sont laissées ;
- Aigues-Mortes et Beaucaire en Languedoc, Périgueux et Le Mas-de-Verdun en Guyenne, Péronne, Nyons et Serres en Dauphiné, Yssoire en Auvergne,Seyne la Grand Tour en Provence leur sont données en plus (la liste n'est pas ici complète...).
- des chambres paritaires seront établies dans les parlements de province[3]. C'est le cas de la chambre de l’Édit de Castres associée au Parlement de Toulouse de 1579 à 1679[4].
Mesures d'amnistie
[modifier | modifier le code]Enfin, le roi renonce à poursuivre les pillards du conflit passé, qui peuvent garder leurs prises, tous ceux qui ont volé le domaine royal, et renonce à tous les arriérés d’impôt. Des États généraux sont convoqués.
Application
[modifier | modifier le code]Le traité est exorbitant pour le trésor royal, qui ne peut faire face seul. D’ailleurs, le surintendant des finances, Bellièvre, est emmené en otage dans le Palatinat. La reine-mère engage ses bijoux, mais cela ne suffit pas ; la noblesse catholique se cotise, les Guise en tête ; les huguenots et les politiques ne paient rien, voire profitent de la paix. La ville de Lucques, les ducs de Savoie, de Parme, de Lorraine, le pape doivent aussi aider le roi de France.
Aucun gouverneur de ville n’accepte de livrer une ville aux princes, protestants ou catholiques (ainsi d’Angoulême ou de Bourges, qui devaient revenir au duc d’Alençon). Inacceptable pour les catholiques, cette paix provoque la constitution de ligues locales de défense de la religion catholique, bientôt réunies en une Ligue unique, derrière le duc de Guise qui jouit d’un immense prestige. La paix ne dure pas et dans la même année, la Ligue force la reprise des combats dans la sixième guerre de religion.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean-François Dubost, Les Étrangers en France XVIe siècle-1789 : guide des recherches aux Archives nationales, , 315 p. (ISBN 978-2-86000-215-8, lire en ligne), p. 251.
- ↑ Paix de Monsieur. Édit de Paris dit de Beaulieu à lire en ligne sur elec.enc.sorbonne
- Article Edict of Beaulieu de la Catholic Encyclopedia (en anglais). 1913.
- ↑ « Chambre mi-partie de Languedoc, dite chambre de l'édit de Castres (1579-1679) » (notice descriptive du fonds d'archive - Avant 1790, Cours et juridictions, Cote : 3 B), sur Archives départementales de la Haute-Garonne
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Fayard, , 596 p. (ISBN 978-2-21300-826-4, OCLC 299354152, présentation en ligne)., p. 314-322.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste des édits de pacification
- Guerres de Religion (France) (article général)
- Chronologie des guerres de religion en France
- Cimetière de la Trinité
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Paix de Monsieur. Édit de Paris dit de Beaulieu » en ligne sur le site elec.enc.sorbonne.fr