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Jean-Casimir du Palatinat

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Jean Casimir du Palatinat
Fonction
Régent
Titres de noblesse
Duc
Comte palatin
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Johann Kasimir von Pfalz-SimmernVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Louis VI du Palatinat
Elisabeth, princesse palatine du Rhin, duchesse de Saxe-Cobourg-Eisenach
Dorothée-Suzanne de Simmern
Anne-Élisabeth du Palatinat (d)
Christophe de Palatinat-Simmern (d)
Cunégonde de Simmern (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Élisabeth de Saxe (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Autres informations
Distinction

Jean-Casimir du Palatinat (en allemand : Johann Kasimir von Pfalz-Simmern), né le à Simmern et mort le à Heidelberg, est un prince du Saint-Empire romain germanique, fils cadet de l’électeur palatin du Rhin Frédéric III (1515-1576).

Doté d'une principauté autonome après la mort de Frédéric III, il est en conflit avec son frère Louis devenu électeur, qui est luthérien, alors que Jean-Casimir est un calviniste convaincu, comme leur père. Il établit dans sa principauté une université calviniste, concurrente de l'université de Heidelberg.

Il participe aux guerres civiles qui ont alors lieu en France et aux Pays-Bas. En France, il intervient au cours de la cinquième guerre de religion (1574-1576), permettant aux protestants d'obtenir un édit de pacification avantageux, l'édit de Beaulieu. Il intervient en 1578 aux côtés des Néerlandais insurgés contre Philippe II sous le commandement de Guillaume d'Orange-Nassau.

En 1583, il devient régent de l'électorat à la mort de Louis. Marié depuis 1568 avec Élisabeth de Saxe, il la fait emprisonner pour adultère en 1589 et elle meurt l'année suivante en prison.

Origines familiales et jeunesse

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Jean-Casimir est le troisième et dernier fils de Frédéric III (1515-1576) et de son épouse Marie de Brandebourg-Culmbach (1519-1567), venant après Louis (1539-1583) et Christophe (1551-1574).

Il naît à Simmern, ville située entre Mayence (sur le Rhin) et Trèves, dans le Hunsrück, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Heidelberg, capitale de l'électorat et siège d'une université déjà importante.

Frédéric III est alors, parmi les princes protestants du Saint-Empire, le seul à être calviniste, les autres étant restés fidèles au luthéranisme. Cela importe dans l'Empire, qui est régi depuis 1555 par la paix d'Augsbourg, fondée sur le principe « Tel prince, telle religion » (en 1555, cela signifiait : soit catholique, soit luthérien).

Mariage (1568) et descendance

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En 1568, il épouse la princesse luthérienne Élisabeth de Saxe, fille de l'électeur Auguste Ier.

Trois filles naissent de ce mariage, mais une seule deviendra adulte : Marie (1576–1577), Élisabeth (1578–1580) et Dorothée (1581–1631), épouse par la suite de Jean-Georges Ier d'Anhalt-Dessau.

À partir de 1571, Jean-Casimir réside à Kaiserslautern, à environ 50 km au nord-ouest de Heidelberg.

Participation à la deuxième guerre de Religion en France (1567-1568)

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Durant la deuxième guerre de Religion (-), l'armée protestante est battue à Saint-Denis le . Le prince de Condé, commandant en chef protestant, et l'amiral de Coligny, dans cette situation difficile, décident de faire de nouveau appel aux princes protestants du Saint-Empire. Frédéric III accepte de leur envoyer des reîtres et des lansquenets sous le commandement de Jean-Casimir, contre la promesse de cent mille écus et du gouvernement des Trois-Evêchés (territoires de l'Empire annexés par Henri II en 1552).

La jonction entre les protestants français et le gros de l'armée de Jean-Casimir a lieu en Lorraine, près de Pont-à-Mousson, à la fin du mois de décembre 1567.[réf. nécessaire]

Participation à la cinquième guerre de Religion en France (1574-1576)

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La cinquième guerre de Religion, sous le règne d'Henri III, oppose l'armée royale aux protestants, mais aussi à un groupe de nobles catholiques opposés à la domination du duc de Guise sur le gouvernement royal depuis le massacre de la Saint-Barthélemy en , les « Malcontents ».

À la fin de 1575, Jean-Casimir est de nouveau envoyé en France avec une armée de 16 000 mercenaires[1]. En contrepartie, en cas de victoire, il doit recevoir une pension ainsi que le gouvernement des Trois-Évêchés à titre viager.

Battu à son entrée en France par le duc de Guise à Dormans, en Champagne (), il parvient cependant à faire sa jonction avec les insurgés dans le Charolais en , après avoir pillé Fontaine-Française, Cîteaux et Nuits-Saint-Georges[2].

Dans le cadre de l’édit de Beaulieu (), édit de pacification qui marque la fin de cette guerre, Jean-Casimir obtient une pension, un commandement, le duché d’Étampes, ainsi que le paiement de ses troupes et une rançon de six millions de livres[pourquoi ?], mais doit renoncer aux Trois-Évêchés.

Il emmène comme otage le surintendant des finances Pomponne de Bellièvre[3]. Sur le chemin du retour, il lâche ses troupes, qui pillent de nouveau la Bourgogne. Mais rien ne lui est payé et il renonce à son titre de duc d'Étampes en 1577[pas clair].

Prince de Palatinat-Lautern et conflits avec son frère (1576-1583)

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À la mort de Frédéric III (), l'électorat revient à Louis, mais Jean-Casimir reçoit le gouvernement de la principauté de Palatinat-Lautern (Fürstentum Pfalz-Lautern) qui inclut notamment les villes de Kaiserslautern et de Neustadt.

Les débuts du règne de Louis sont problématiques : alors que Frédéric III avait établi le calvinisme comme religion des habitants de l'électorat, Louis cherche à rétablir le luthéranisme, notamment au sein de l'université de Heidelberg, d'où les professeurs calvinistes sont chassés.

En 1578, Jean-Casimir fonde à Neustadt une université calviniste, le Casimirianum de Neustadt, avec des professeurs de l’université de Heidelberg. Cette université fonctionnera seulement jusqu'en 1583.

Intervention aux Pays-Bas insurgés contre Philippe II (1578)

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L'année 1578 est aussi celle de son intervention aux Pays-Bas dans la guerre commencée en 1568 entre l'armée de Philippe II, alors commandée par don Juan d'Autriche,gouverneur général, et Alexandre Farnèse, et celle des insurgés, dont le chef de file est le prince Guillaume d'Orange.

Le , les États généraux tenus par les insurgés autorisent son intervention[4], malgré les réticences de Guillaume d'Orange, qui trouve Jean-Casimir trop extrémiste sur le plan religieux, alors qu'il ne veut pas se couper des catholiques opposés à Philippe II, les Malcontents des Pays-Bas.

Jean-Casimir se joint donc pendant l'été 1578 à l'armée des États généraux regroupée près de Malines sous le commandement de Maximilien de Hénin-Liétard, comte de Boussu.

Régent du Palatinat (1583-1592)

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Louis VI meurt le . Jean-Casimir assume la régence au nom de son neveu Frédéric IV (1574-1610).

En 1589, il fait arrêter son épouse, qu'il accuse d'adultère[5] et de complot en vue de l'assassiner. Elle meurt en prison le .

Mort (1592) et funérailles

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Jean-Casimir dans la culture

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Le musicien français Paschal de L'Estocart lui dédie un recueil en 1582[6].

Bibliographie

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  • Hans-Joachim Böttcher: Elisabeth von Sachsen und Johann Kasimir von der Pfalz - Ein Ehe- und Religionskonflikt, Dresde, 2018.

Liens externes

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Iconographie

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Notes et références

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  1. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Fayard, , 596 p. (ISBN 978-2-21300-826-4, OCLC 299354152, présentation en ligne). p. 312
  2. Miquel 1980, p. 313.
  3. Miquel 1980, p. 316.
  4. Jean-Pierre Bois, Don Juan d'Autriche, 2008, p. 352
  5. D'après (de) August von Kluckhohn (de), « Elisabeth (Pfalzgräfin bei Rhein) », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 6, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 7-8
  6. Vincent Besson, Les Sacræ Cantiones de Paschal de l’Estocart 1582, étude et transcription, mémoire de maîtrise, Centre d'Études Supérieures de la Renaissance, Université de Tours, disponible en ligne (consulté le 28 février 2007)