Vattetot-sous-Beaumont

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Vattetot-sous-Beaumont
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Arrondissement du Havre
Canton Canton de Goderville
Intercommunalité Communauté de communes de la Campagne de Caux
Maire
Mandat
Hervé Niepceron
2014-2020
Code postal 76110
Code commune 76725
Démographie
Population
municipale
567 hab. (2011)
Densité 82 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 37′ 34″ N 0° 26′ 50″ E / 49.6261111111, 0.447222222222 ()49° 37′ 34″ Nord 0° 26′ 50″ Est / 49.6261111111, 0.447222222222 ()  
Altitude Min. 93 m – Max. 147 m
Superficie 6,94 km2
Localisation

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Vattetot-sous-Beaumont est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Commune du pays de Caux.

Ce village du plateau Cauchois est situé à l’extrémité sud-est du canton de Goderville et hors des grandes voies de communication.

Du XIe au XVIIIe siècle, il était traversé par trois chemins principaux :

  • un venant de Bréauté par le bois de Beaumont et allant par le centre du village vers la vallée de Mirville,
  • un autre, à l’ouest, à la lisière du bois, le chemin de Fécamp à Bolbec,
  • et au nord, le troisième, allant de Goderville à Fauville.

La superficie est de 694 ha et compte aujourd’hui 500 habitants. Au XIIIe siècle, 500 habitants (100 paroissiens) et 55 métairies ou fermes.

Au hameau de la fontaine, dans le vallon, jaillit la source de la petite rivière qui alimente les étangs du château de Mirville.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, Vattetot se disait : WATTEVILLE-WATTETOT du nom de « WATTO » décomposé en « TOPT » (en scandinave : village) et « WAT » (nom d’origine germanique). Au XVIe siècle, ce village s’appelait « BEAUMONT SUR VATTETOT », du fait de cette élévation du terrain haute de 140 mètres et qui se nommait jadis « LA MOTTE DE MONTEFILANT ». Actuellement : « BEAUMONT ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire

Il y a 20 000 à 25 000 ans vers la fin de la période glaciaire, dans notre région, Vattetot sous Beaumont a été "habité" par des petits groupes de chasseurs (Homos Sapiens) venus du sud de l'Europe, ils étaient tentés par un climat de plus en plus tempéré…

Au XIIIe siècle

VATTETOT se disait : WATTEVILLE-WATTETOT du nom de WATTO décomposé en TOPT (en scandinave : village) et WAT (nom d’origine germanique). À cette époque, il y avait 500 habitants (100 paroissiens) et 55 métairies ou fermes.

Au XVIe siècle

Ce village s’appelait « BEAUMONT SUR VATTETOT », du fait de cette élévation du terrain haute de 146 mètres et qui se nommait jadis « LA MOTTE DE MONTEFILANT ». Actuellement : « BEAUMONT ».

Sous l'Ancien Régime et dès la fin de la période ducale, le village relevait directement du Roy qui, seul, pouvait fieffer[1]. Il était partagé en deux fiefs :

  • Le fief de Sainte-Marie, patronne de la paroisse et avec la fief ferme[2].

On trouve des traces des seigneurs patrons de Sainte-Marie de Vattetot à partir de 1383. En 1522, Jean de Bailleul, fils de Pierre de Bailleul, achète à Jean Duvoisin de Vitanval (de Ste Adresse) le fief de Sainte-Marie, ainsi que la Fief Ferme. 9 générations de Bailleul vont se succéder jusqu’en 1793.

  • Le fief de Brilly :

Propriété de Guillaume de Brilly. On trouve son nom en 1225 pour la présentation au personnat[3] de St Thomas (chapelle perpétuelle de l’église de Vattetot). En 1270, le fief est sous la coupe de Roger de Brilly. En 1350, il est transmis à Richard de Brilly.

Le 5 février 1402, Marie de Brilly épouse Pierre de Goustimesnil. Le fief de Brilly passe aux Goustimesnil pour trois siècles.

En 1702, Jacques Duquesne Escuyer Seigneur du Roumois (né à Vattetot le 19 avril 1655 et mort à Vattetot en 1710), fils d'Anthoine Seigneur du Roumois, achète le fief de Brilly.

Jacques Duquesne mort, le fief revient aux de Brilly en 1714.

En 1785, Jean-Louis de Bailleul, Patron et Seigneur de Vattetot, né à la Martinique où son père Jacob-Gabriel était Gouverneur, achète le fief de Brilly. Il sera le dernier Seigneur de Sainte Marie de Vattetot, dernier seigneur de Brilly et dernier ayant droit de présentation à la cure et au personnat. Depuis 1537, les de Bailleul étaient aussi Seigneurs Dutot à Fontenay ; ces deux fiefs octroyant les droits de présentation à la cure auparavant réservés au Roy.

Léproserie, Maladrerie de Beaumont. Un asile de douleurs. C’est sous le règne de Louis VIII (1223-1226) que ces « asiles » furent créés en France ; il y en avait 36 dans l’arrondissement du Havre. Louis VIII légua 100 sous (5 francs) à chacune des léproseries de son royaume. Elle était située à la lisière ouest du bois (parcelle 41bis du terrier seigneurial), en bordure du chemin tendant de Fécamp à Bolbec (aujourd’hui disparu à cet endroit). La superficie de la masure comprenant chapelle et léproserie était de 3 acres. En 1260, le 3 des Ides de mars, l’archevêque Eudes Rigaud reçut la résignation du chapelain et en 1262 c’était un certain Pierre Acolyte qui officiait. La léproserie était commune aux paroisses de Gonfreville-Caillot, Imauville, Bréauté, Goderville, Grainville l’Alouette, Vattetot, Rouville, Beuzemouchel (Bernières), Mirville, Beuzeville. Ses biens fonciers représentaient 26 acres pour un revenu de 200 livres, le titulaire devait à la seigneurie du Tôt à Gonfreville, une paire d’éperons blancs d’une valeur de 2 sous 6 deniers plus une rente de 15 deniers.

La lèpre disparue, en 1673, la léproserie et toutes ses appartenances furent remises à l’ordre de Saint Lazare et un décret de 1701 attribua tous les biens à l’hospice du Havre fondé en 1669 qui les garda jusqu’en 1878. La démolition de la chapelle Sainte-Marguerite-Sainte-Véronique date de 1702.

Le moulin seigneurial était situé à Beaumont en bordure du chemin reliant Beaumont à Férambosc (parcelle 51). Il a été détruit pendant la seconde moitié du 19e siècle.

Au Moyen Âge, un autre moulin (dit de Fauquelon) était situé dans la plaine de Houppeville.

La Révolution

Pour les habitants de Vattetot, ce sera 10 années de grande agitation ; entre 1790 et 1799 Vattetot sera inclus dans le canton de Bréauté, district de Montivilliers. C’est le début d’une ère nouvelle ; l’abbé Grenet curé prêta le serment exigé par la loi et continua ses fonctions. Le 7 novembre 1792, Bréard Maire vint lui donner décharge du registre des baptêmes, mariages et inhumations. An 1er de la République, commencement de l’état civil dans les mairies, le curé rétracta son serment et l’église fut fermée 3 ans. On essaya en vain de faire pousser un Arbre de Liberté : 2 tentatives furent opérées, l’arbre fut coupé chaque fois. Le 21 avril 1798, suite à des comportements considérés hostiles au nouveau Régime, un procès s’ouvrit devant le Juge de Paix de Bréauté et se poursuivit plusieurs mois : 20 prévenus dont 8 de Vattetot, 96 témoignages, 8 mandats d’amener, 10 mises en liberté, 6 comparutions, tel fut le bilan de ce procès fleuve. la Révolution terminée, le village retrouva le calme.

Les Guerres

Comme tous les villages, Vattetot, au cours de sa longue histoire, a payé un lourd tribut en vies humaines lors de ces périodes troublées. On relève à l’état civil ces morts pour la Patrie :


  • 1er novembre 1760 : Gabriel Pouchin dit « La Fontaine » à Bergues (Flandre)
  • 29 brumaire an 4 : Quesnot « fils » à Anvers.
  • 02 frimaire an 4 : Noël Quenault à Arras.
  • 1870/71 : Odet Vincent
  • Emile Vincent dit « Gazouille »
  • Jules Thibon
  • Première Guerre mondiale : 66 mobilisés ; 16 morts.
  • Seconde Guerre mondiale : 2 morts
  • Nombreux prisonniers de guerre partis 5 ans plus les déportés du travail.
  • Guerre d'Algérie : 1 mort

Économie et démographie[modifier | modifier le code]

La population de Vattetot qui était en 1825 de 680 habitants pour 58 feux a vu son nombre diminuer rapidement en un siècle : 369 habitants en 1925 en raison de la disparition des tisserands à domicile qui faisaient la richesse du pays. Depuis le Moyen Âge, on cultivait et traitait le lin, on élevait grand nombre de moutons (bêtes à laine), les femmes étaient fileuses de 8 ans jusqu’à la fin de leur vie. Il fallait 6 fileuses pour pourvoir à un métier à tisser. À partir du XVIIIe siècle, ici, on fabriquait des mouchoirs imitant les jolies et chatoyantes étoffes du Siam, les toiliers (telliers), tisserands s’appelèrent alors siamoisiers (producteurs de siamoiseries). À partir de 1830, l’essor industriel des centres voisins a fait péricliter cette activité artisanale ; nos jeunes tisserands ont dû, pour gagner leur vie, délaisser le village natal pour la ville ; les anciens ont été obligés de démonter leurs métiers. Nous n’entendons plus le bruit de la navette courant à travers les fils ou celui du balancier tiré par la main de l’ouvrier.

Aujourd’hui : avec 500 habitants, le reflux de la ville s’est opéré grâce aux moyens de déplacement et pour jouir de la qualité de vie de la campagne. La commune dispose pour cela d’une mairie, une école en regroupement, de construction récente ou restaurée (déjà en 1758, Jacques Lemesle était maître d’école et le 23 avril1684 les habitants se plaignaient à l’évêque en visite de n’avoir point de clerc pour tenir les écoles), une salle polyvalente (pour les rassemblements divers, expositions, etc.), un terrain de sport.

L’agriculture est demeurée l’œuvre principale avec 9 exploitations en activité (il y en avait 58 au XIXe siècle dont beaucoup de petites.

Artisanat

Une cidrerie-presse à domicile

Loisirs-Randonnées

Vattetot a la chance d’avoir pu conserver ses chemins séculaires jadis empruntés quotidiennement pour vaquer aux travaux des champs ou joindre les hameaux et masures isolées.

Un magnifique circuit balisé est à la disposition des randonneurs ; nous conseillons d’aller aux beaux jours admirer comme l’écrivait en 1903 l’abbé Aubert, historien de Vattetot : « allons à Beaumont et de là, regardons le spectacle offert à nos yeux dans un rayon de 3 à 4 lieues. A nos pieds, deux vallées naissantes vont : l’une à la mer, l’autre à la Seine. La plaine, vaste, immense, est recouverte à la belle saison d’un riche tapis multicolore où se mélange dans une enchanteresse harmonie la teinte variée de ses récoltes, de ses futaies, de ses villages. C’est l’or clair des colzas en fleur, l’azur délicat des lins, le gris-vert des blés non encore mûrs, ondulants sous la brise comme des flots et qui tantôt dorés par le soleil de juillet, seront parsemés de points rouges et blancs, corolles des coquelicots et des pâquerettes… »

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les parties hermine mouchetée et le rouge sont les bases des armes des Bailleuls, seigneurs de Vattetot-sous-Beaumont.
Les trois coupeaux pour représenter "Le Beau Mont".
L'écusson d'argent chargé "d'une croix de sinope". Armes de l'ordre des Hospitaliers qui possédaient une léproserie avec chapelle à Vattetot-sous-Beaumont.
La couronne murale de couleur or, propre aux blasons des villes et des villages.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Hervé Niepceron sans étiquette technicien des services vétérinaires
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 567 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
558 640 580 611 561 569 572 581 561
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
591 620 607 529 529 481 513 493 438
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
417 433 392 354 369 392 379 395 405
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
363 345 279 361 484 490 527 533 567
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église reconstruite au XVIe siècle, clocher du XIIIe, vitraux des XVIIe et XVIIIe siècles
  • Manoir Bailleul, XIIIe-XIVe siècles
  • Une église avec flèche ardoisée, son chœur avec marques des XIIe et XIIIe siècle, sa haute nef du XVIIe siècle.

Elle possède de magnifiques fonts baptismaux en pierre sculptée du XIIIe et la célèbre statue du Père éternel du XVIe, provenant de la chapelle Sainte-Véronique de la léproserie détruite.
La tradition locale nous rapporte que le chœur actuel de l’église fut jadis la chapelle d’un manoir voisin situé face au manoir presbytéral et brûlé en 1850. il était la propriété du Bailly de Bolbec.

  • Le très ancien manoir de Brilly (en 1222 Guillaume de Brilly est Chevalier).
  • Le manoir du Parlement, belle bâtisse à pans de bois datant du XVIe siècle, devait servir de lieu de réunion ?

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Bernard Alexandre (1918-1990), curé de la paroisse et auteur du Horsain[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fieffer : céder la jouissance d’un fief par contrat (aveu) à une personne (preneur) moyennant un prix convenu.
  2. Fief ferme : domaine agricole du manoir seigneurial faisant partie du domaine royal inaliénable ; le roi concédait la jouissance par convention appelée : « Engagement ».
  3. Personnat : Dignité ecclésiastique supérieure au titre de chanoine, attachée à une église ou un autel, qui conférait au titulaire sans avoir charge d’âmes, une portion fixée du bénéfice paroissial sans avoir obligation de résidence.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  6. Cécile-Anne Sibout, « Un curé pas ordinaire », Paris Normandie, 8 mars 2008

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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