Tramway de Munster à la Schlucht

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Münsterschluchtbahn (M.Sch.B)
Ligne de Munster à la Schlucht
Tramway de Munster sortant du tunnel de Krappenfels, près du Col de la Schlucht
Tramway de Munster sortant du tunnel de Krappenfels, près du Col de la Schlucht
Pays Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Historique
Mise en service 1907
Fermeture 1914
Concessionnaire Elektrizität und Bahngesellschaft
Münster - Schlucht (à partir de 1905)
Caractéristiques techniques
Longueur 10,8 km
Écartement Voie métrique (1,000 m)
Électrification

750 V continu

Pente ou rampe maximale 220 ‰
Crémaillère De type Strub
Nombre de voies Anciennement à voie unique
Trafic
Trafic Voyageurs uniquement
Schéma de la ligne

La ligne de tramway de Munster à la Schlucht fut une ligne de chemin de fer à crémaillère éphémère située en Alsace annexée, reliant la gare EL de Munster au point-frontière de la Schlucht entre 1907 et 1914.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 25 mai 1905 : concession de la ligne à la Elektrizität und Bahngesellschaft Münster - Schlucht
  • 16 mai 1907 : mise en service
  • Été 1914 : fin du service

Historique[modifier | modifier le code]

Le tramway sur la Route de Munster

Homologue côté alsacien de la ligne de tramway reliant Gérardmer à la Schlucht via Retournemer, le Münsterschluchtbahn fut concédé le 25 mai 1905 à la Elektrizität und Bahngesellschaft Münster - Schlucht, pour 75 ans, sous le régime allemand.

Le terminus du Col de la Schlucht
Gros plan sur la crémaillère

Le tracé retenu, de 10,8 km de longueur, utilisait la technologie de la crémaillère, ce qui permettait de raccourcir le trajet par rapport à une adhérence seule[1]. La section à crémaillère, de type Strub, se situait entre la sortie du hameau de Grossmatt et le centre de cure de l'Altenberg ; elle atteignait une rampe maximale de 220 mm⋅m-1. Entre l'Altenberg et le col, la ligne longeait la route et franchissait avec elle un petit tunnel de 22 m. Au col de la Schlucht, la ligne se terminait face au poteau frontière, sans aucun évitement, ni raccordement avec la ligne de Gérardmer.

La ligne était desservie par des automotrices électriques :

  • trois automotrices « mixtes » (adhérence simple et crémaillère), numérotées BP 1, BP 2 et BP 3 ;
  • une automotrice à adhérence simple[2], numérotée B 4.

Les automotrices furent fabriquées par Alioth et SLM-Winterthur. Trois remorques et deux wagons complétaient le parc de la ligne.

Une centrale spéciale, installée au dépôt de Munster, produisait du courant 7 000 V50 Hz, transporté jusqu'à une sous-station située au pied de la section à crémaillère, où il était transformé en courant continu 750 V.

Mise en service le 16 mai 1907, la ligne ne fut exploitée uniquement qu'à la belle saison sur sa partie haute, le service hivernal se limitant à la desserte de la partie basse, entre Munster et Ampfersbach, voire si besoin vers Schmeltzwasen et Grossmatt. En été, 9 allers-retours étaient programmés au maximum, les dimanches et fêtes, avec deux rames se croisant à mi-parcours ; le trajet total prenait une heure. Par mesure se sécurité, les trains refoulaient dans le sens montant entre Grossmatt et la Schlucht, y compris sur la section en voirie entre l'Altenberg et le col.

La ligne fut interrompue dès le commencement des hostilités en 1914 et détruite durant la guerre. Elle ne fut jamais reconstruite. Seule sa partie haute, de la Schlucht à l'Altenberg fut utilisée durant la guerre par le Génie français, qui avait à cet effet réalisé le raccordement nécessaire au col de la Schlucht.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le tracé aurait alors fait 14,5 km de longueur moyennant des pentes de 80‰, semblables à celles rencontrées sur le tronçon Retournemer - La Schlucht, côté vosgien. À noter que la longueur serait restée inférieure à celle de la route, qui est de 18 km.
  2. L'automotrice à adhérence simple étant réservée pour la desserte de la section aval Munster — Grossmatt.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Chapuis, « La traversée des Vosges en voie métrique de Remiremont à Munster (première partie) », dans Chemins de fer régionaux et urbains, no 216, 1989, pp. 12-17.
  • André Schontz, Arsène Felten et Marcel Gourlot, Le chemin de fer en Lorraine, éditions Serpenoise, Metz, 1999 (ISBN 2-87692-414-5)
  • Pierre Laederich et André Jacquot, « Les trois lignes du col de la Schlucht », Connaissance du Rail, no 336-337,‎ Mai-Juin 2009, p. 4 à 15