Traité anglo-irlandais

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Traité anglo-irlandais

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Les signatures du traité.

Articles d'accord pour un Traité entre la Grande-Bretagne et l'Irlande
Dépôt Archives nationales d'Irlande
Langues Irlandais, Anglais
Signé 6 décembre 1921
(Londres, Angleterre, Royaume-Uni)
Effet 6 décembre 1922
(Création de l'État libre d'Irlande)
Parties
Partie 1 Partie 2
Signataires Drapeau de l'Irlande République irlandaise Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni

Le traité anglo-irlandais ou traité de Londres signé le 6 décembre 1921 donne naissance à l'État libre d'Irlande à l'issue de la guerre d'indépendance irlandaise et organise la partition du pays, le nord de l'Irlande à majorité protestante restant au sein du Royaume-Uni.

Sommaire

[modifier] Origine

David Lloyd George, Premier Ministre britannique (1916-1922).

Lassé par une guerre qu'il ne peut gagner et constatant que l'écrasante majorité des Irlandais a basculé du côté des nationalistes, le gouvernement de David Lloyd George s'accorde avec Éamon de Valera, président de la République irlandaise sur les termes d'un cessez-le-feu. Les nationalistes, et en particulier l'organisateur de l'IRA pendant la guerre d'indépendance irlandaise, Michael Collins, de leur côté, se sont aperçus qu'il ne pourraient obtenir une victoire complête après le semi-échec de leur stratégie d'attaque frontale contre les forces britanniques. Les deux parties sont donc contraintes de négocier, Éamon de Valera refuse de se rendre à Londres et nomme Arthur Griffith chef de la délégation irlandaise pour négocier avec le gouvernement britannique.

[modifier] Négociateurs

Pour le gouvernement britannique 
Pour le gouvernement irlandais 

[modifier] Termes du traité

  • Est créé l'État libre d'Irlande, constitué de la majeure partie de l'Irlande.
  • Les forces britanniques doivent évacuer le territoire de l'État libre à l'exception de quelques points stratégiques.
  • L'État libre a le statut de dominion à l'image du Canada ou de l'Australie, le souverain britannique est le chef de l'État et est représenté par un Gouverneur général.
  • Les membres du Dáil Éireann doivent prêter allégeance à la couronne britannique.
  • Six comtés de l'Ulster forment l'Irlande du Nord, libre à la nouvelle entité de choisir de s'intégrer au Royaume-Uni ou à l'État Libre.
  • Une commission de tracé de la frontière doit être désignée si l'Irlande du Nord choisit de demeurer au sein du Royaume-Uni.
  • L'État libre devra assumer une partie de la dette contractée par le Royaume-Uni pendant la guerre.

[modifier] Ratification

Le traité est signé à Londres le 6 décembre 1921 par les membres des délégations. Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par la Chambre des communes britannique et le Dáil Éireann, rassemblant les élus du Sinn Féin. Il est ratifié facilement à la Chambre des communes par un vote de 401 contre 58 le 14 décembre 1921.

L'opposition au traité est vive au sein du Dáil, Éamon de Valera et Cathal Brugha affrontent violemment Michael Collins et Arthur Griffith, refusant la partition et le serment d'allégeance et demandent son rejet. Après des débats houleux, le traité est finalement ratifié par 64 voix contre 57 le 7 janvier 1922. Sa proclamation royale, le 6 décembre 1922, au Royaume-Uni entraîne son entrée en vigueur. Ce vote entraîne la démission de de Valera en tant que président du Dáil, remplacé par Griffith qui forme alors le gouvernement provisoire de l'État Libre, dont la Constitution sera votée en décembre 1922 par l'assemblée. En accord avec les termes du traité, des élections générales sont organisées pour réélire un nouveau Dáil remplaçant à la fois le Dáil précédent et la Chambre des communes d'Irlande du Sud instituée auparavant par les Britanniques. Ces élections sont avant tout une approbation du traité par le peuple irlandais qui donne à ses partisans la victoire.

Éamon de Valera, premier Président de la République d'Irlande.

[modifier] Conséquences

Refusant les résultats du vote, Éamon de Valera, ancien leader du mouvement indépendantiste et opposant au traité, plonge alors le pays dans la Guerre civile d'Irlande contre ses anciens compagnons de lutte, Michael Collins et Arthur Griffith. La guerre fut finalement gagnée par les partisans du traité, en 1923.

Soldats de la cavalerie britannique quittent l'Irlande en 1922.

En décembre 1931, le statut de Westminster accorde l'indépendance formelle à tous les dominions, donc également à l'Irlande. Cette modification est cependant plus symbolique que pratique, les pouvoirs du gouvernement irlandais s'étendant déjà à tous les domaines classiques de la souveraineté.

En 1932, le Fianna Fáil de de Valera gagne les élections. La plupart des limitations du traité, à l'exception de la division de l'Irlande, sont alors révoquées. Le serment est supprimé, les versements financiers à la Grande-Bretagne cessent et l'institution de Gouverneur général représentant la Couronne est abolie. En décembre 1936, une réforme constitutionnelle fait d'un président élu par le Dail le chef de l'État, achevant ainsi de rompre les liens constitutionnels avec Londres. Pour des raisons symboliques, la république n'est cependant pas officiellement proclamée, cette proclamation étant renvoyée à la réunification avec le Nord. Les successeurs de de Valera la proclameront en 1949, malgré l'absence de cette réunification.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Sources

(fr)

  • Pierre Joannon, Histoire de l'Irlande et des Irlandais, Perrin, 2005.

(en)

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