Symphonie nº 2 de Sibelius

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La symphonie no 2 en ré majeur, op. 43 de Jean Sibelius a été écrite par le compositeur finlandais notamment au cours de son séjour en Italie, début 1901. Elle est de ce fait souvent appelée l'italienne. Ce voyage a été provoqué par l'invitation d'un ami, le baron Axel Carpelan, à qui il dédicacera cette œuvre. Ce dernier fut également l'inspirateur de quelques pièces maîtresses du musicien, dont Finlandia et le concerto pour violon. Cette invitation est tombée en une période tourmentée de la vie du compositeur : sa fille était décédée du typhus l'année précédente, et la Finlande connaissait des troubles politiques.

C'est sous le pseudonyme de « X » que le baron Carpelan adresse une surprenante lettre au jeune Sibelius (35 ans), au début de l'été 1900, après avoir vu la première présentation du grand-duché de Finlande, alors russe, à l'Exposition universelle de Paris : « Vous avez assez longtemps gaspillé votre temps en restant chez vous, Monsieur Sibelius — maintenant, ça suffit ! Il est grand temps de partir en voyage. De préférence, vous devriez passer l'automne et l'hiver en Italie. L'Italie éternelle, un pays où l'on est capable d'apprendre la cantabilità, les proportions et l'harmonie, la plasticité et la symétrie des lignes. Voilà un pays grandiose où la laideur elle-même se veut belle ! Vous savez très bien à quel point cette Italie fut significative, voire décisive pour l'évolution artistique d'un Richard Strauss ou d'un Tchaïkovski ! ». D'abord interloqué et surpris, Sbelius obtient une bourse d'un mécène que lui procure le baron Carpelan, ce qui lui permet ce voyage italien.

Durant son séjour méditerranéen avec sa famille, à Rapallo puis à Florence, il esquissa un poème symphonique en quatre parties sur la vie de Don Juan, reprit la partition pour en faire une autre pièce. Il ramena le tout à Helsinki en mai 1901 pour en faire finalement la trame de sa seconde symphonie qu'il acheva à la fin de l'année ou au tout début de 1902. Cette symphonie ne comportera plus aucune trace de programme (ni Don Juan, ni Mozart, ni Dante, comme initialement envisagé).

La seconde symphonie a été créée le 8 mars 1902 à Helsinki par le compositeur à la direction et fut d’emblée un succès populaire. Le succès est tel qu'elle fut rejouée les trois jours suivants à guichets fermés.

Elle comporte quatre mouvements et dure approximativement quarante-cinq minutes. Elle reste très « romantique » dans sa conception, les suivantes, bien que tonales, comportant certaines « dissonances » volontaires. Le 4e mouvement est attaqué sans transition (attacca), après le Scherzo.

Premières mesures de la deuxième symphonie de SibeliusPlay
  • Allegretto
  • Tempo andante, ma rubato
  • Vivacissimo — Lento e suave — Tempo primo — attacca
  • Finale : allegro moderato

La 2e symphonie a parfois été également surnommée, sans aucune ironie, « la Pathétique tchaïkovskienne en dialecte finlandais ».

Dans cette symphonie, Sibelius se distingue avant tout par la conception rhapsodique, par une structuration souvent décousue et très contrastée, tout en cherchant, avec beaucoup de succès, une écriture authentique et personnalisée, combinée avec un langage symphonique universel où la plupart des traits nationalistes (ou pittoresques) sont éliminés.

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