Structure sous-marine de Yonaguni

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24° 25′ 56″ N 123° 00′ 58″ E / 24.43222, 123.01611

Un plongeur visitant le monument immergé

La structure sous-marine de Yonaguni (与那国島海底地形/遺跡, Yonaguni-jima kaitei chikei/iseki?, littéralement « relief/vestige sous-marin de Yonaguni-jima ») est une formation gréseuse sous-marine située dans les eaux claires de la pointe d’Arakawa, à l’extrémité sud de l’île Yonaguni dans l’archipel japonais Ryūkyū. Cette île sous-marine fait l'objet de débats scientifiques car elle pourrait être le vestige d'une cité préhistorique.

La structure est constituée d’immenses plate-formes interrompues par des failles formant de grandes marches angulaires séparées par des parois à l’apparence lisse (les failles sont géologiquement récentes). La structure mesure plus ou moins 75 mètres de long et 25 mètres de haut. En raison de son apparence lisse, peu érodée et peu colonisée par la vie marine, certains auteurs estiment qu’elle pourrait être artificielle et très ancienne, tandis que les archéologues estiment que si elle l’était, son état serait bien plus dégradé[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Autrefois[modifier | modifier le code]

Selon le point de vue qu’il pourrait s’agir d’un monument préhistorique, le site de Yonaguni de 28 km2 aurait été délibérément construit ou modifié au cours de la dernière glaciation, lorsque le niveau de la mer était beaucoup plus bas qu’aujourd’hui. Le bas niveau de l’océan est démontré par un pilier de roche dans une grotte submergée interprété comme un condensé stalactites, qui ne pouvaient se former qu’en dehors de l’eau, et en 2007, des datations au carbone 14 et au béryllium-10 ont montré que les coraux étaient immergés il y a 5 000 ans, tandis que le socle de grès était à l'air libre entre il y a un peu plus de 2 000 ans[2]. Les paléo-géographes doutent cependant des interprétations du professeur Masaaki Kimura de l’université des Ryūkyū, qui affirme qu’au cours de cette période glaciaire, la mer du Japon était une mer fermée et la mer Jaune n’existait pas encore, permettant aux hommes et aux animaux de rejoindre les îles Ryūkyū à pied. Yonaguni aurait alors été l'extrémité sud d’un pont de terre reliant le Japon et le reste de l’Asie[3]. Le professeur Masaaki Kimura estima initialement que le site date d’au moins 10 000 ans, époque où il aurait été hors de l'eau avant d’être immergé par une montée des eaux de plusieurs dizaines de mètres[4],[5] puis, dans un rapport remis au 21e Congrès des sciences du Pacifique en 2007, il révisa son estimation et affirma que le site remonterait à environ 2 000 ans[6].

Découverte[modifier | modifier le code]

En 1985, Kihachiro Aratake, un organisateur de plongées touristiques, en repérage pour un tour opérateur en plongée sous-marine, entend parler d'un haut-fond poissonneux connu des pêcheurs locaux dont les légendes évoquent aussi un palais englouti. Kihachiro Aratake découvre alors les plateformes de grès, qu'il interprète comme une structure mégalithique dont la forme se rapproche des pyramides amérindiennes ou des ziggourats de Babylone[7].

Les avis de la communauté scientifique[modifier | modifier le code]

Études du professeur Kimura[modifier | modifier le code]

Carte de l'île de Yonaguni
Symboles retrouvés à Yonaguni[réf. nécessaire]

Les premières études sérieuses sont entreprises en 1996 par le professeur de géologie Masaaki Kimura de l’université des Ryūkyū, qui crée l’UAET (Équipe d’Exploration d’Archéologie Sous-marine). Il déclare lors d’une interview en septembre 1999 que l’on peut selon lui clairement voir que ce sont des constructions faites par l’homme : il y a des rues, des escaliers à angles droits, des trous ronds dans certaines roches qui semblent prévus pour l’insertion de piliers de pierre.

Bien d’autres ruines sous-marines sont découvertes par la suite par son équipe au sud-est des îles Shihuan et dans les régions alentour. La découverte d'une pierre ressemblant à une tête humaine et de sortes de hiéroglyphes est particulièrement convaincante pour le professeur Kimura. Lors d’une interview à l’université des Ryuku, le professeur expose les cinq points qui lui font croire que ce monument est, au moins partiellement, créé de la main de l’homme :

  1. La forme générale, qui lui parait semblable à un château fort ou à une pyramide ;
  2. La grande quantité de marches de 20 cm de hauteur qu'une personne de taille normale aurait pu utiliser comme un escalier;
  3. La présence de formes qui, selon lui, ne peuvent être dues à l'érosion des vagues ;
  4. L'existence au fond d'une sorte de route avec peu de fragments de pierre, rendant improbable que cette structure soit le fruit d’actions naturelles ;
  5. La présence d'un muret en pierre longeant cette route.

Selon Masaaki Kimura, ce monument servait à la fois de château et de temple. En regardant un modèle à l’échelle assemblé après plusieurs explorations du site par son équipe et lui-même, ils lui trouvent une ressemblance avec les gusuku. Les similitudes avec les gusuku incluent des zones de marches avec de grandes terrasses plates, une arche pouvant être une porte d’entrée localisée du côté Ouest du monument, et plus profond, des trous inexplicables situés sur une autre section. Au sommet du monument se trouve une ouverture conduisant vers le bas, évoquant la présence possible de tombes. Kimura estime que le site aurait 5 000 ans[8].

Analyse de Robert Schoch[modifier | modifier le code]

Les orgues basaltiques de la Chaussée des Géants sont un bon exemple de formation rocheuse naturelle surprenante.

À l'occasion de la sortie de son livre Heaven's Mirror, l'écrivain Graham Hancock invite le géologue Robert Schoch de l'université de Boston, à venir donner son opinion quant à l'origine naturelle ou humaine de ces structures. Selon lui, la structure est naturelle, un des arguments principaux étant qu'elle est en pierre vive et non formée de blocs assemblés[9].

Robert Schoch arrive au Japon en septembre 1997, sponsorisé par l’homme d’affaires Yasuo Watanabe et après avoir visite la structure de Yonaguni les 23 et 24 septembre 1997, Robert Schoch estime toujours qu'il s'agit d'un site naturel mais qu'il existe une possibilité que le site ait pu être modifié d'une certaine façon par l'homme, notamment en servant de carrière[9].

Robert Schoch conclut ses observations par ses mots : « En conclusion, sur la base de ma reconnaissance préliminaire du monument Yonaguni, je ne suis pas encore totalement convaincu qu'il s'agit d'une structure artificielle - mais à mon avis, même si elle est principalement naturelle, elle pourrait avoir été modifiée par des actions humaines à des époques reculées. Ces structures énigmatiques méritent un examen plus détaillé »[10].

Autres opinions[modifier | modifier le code]

Le professeur Patrick D. Nunn, géologue et océanologue, affirme que ses études n'ont apporté aucune preuve que ce site puisse être artificiel[11].

Le docteur Koremasa Tsuji de l'université de Guam pense que le responsable de ces formes est le mouvement tectonique des plaques dans la région.

Teruaki Ishii, professeur de géologie à l’université de Tokyo affirme que la ziggourat remonte à au moins 8000 avant J.-C., époque où les terres sur lesquelles le site a été construit ont été submergées, à la fin du dernier âge glaciaire[12].

La forme de la structure de Yonaguni rappelle la ziggurat d'Ur

Le plongeur Jacques Mayol, qui a visité plusieurs structures sous-marines autour du monde, bien que n'ayant aucune qualification en archéologie ou en géologie, refuse la théorie selon laquelle le monument est un phénomène naturel. « Je sens que je me trouve devant quelque chose qui me dépasse, a-t-il confié. J'avais ressenti la même étrange sensation alors que, il y a vingt ans, je faisais souvent de la plongée sous-marine pour explorer les sites préhistoriques situés dans la région des îles Bahamas. Je pense que le monument Yonaguni est en partie artificiel. Il est absolument évident pour moi qu'il n'est pas totalement naturel »[13].

Selon le découvreur Kihachiro Aratake celui-ci a déclaré : « Ce que je crois c'est qu'il s'agit d'une certaine sorte de tombeau ancien ».

La concentration d'autant de formations rocheuses singulières dans un si petit espace est hautement improbable et l'existence d'une tradition ancienne du travail de la pierre a Yonaguni et dans les autres îles des Ryūkyū, comme certaines tombes anciennes et habitations semblent le démontrer, ont conduit Gary et Cecilia Hagland et Tom Holden, le professeur Sean Kingsley, archéologue sous-marin ainsi que de nombreuses personnes, des photographes et des plongeurs et certains chercheurs, à penser le site de Yonaguni comme d'origine humaine[9],[14].

Les différentes découvertes faites sur le site[modifier | modifier le code]

La « tortue géante » de Yonaguni.
Le monument de Yonaguni est comparable à celui de Sacsayhuamán.
  • La route en boucle
  • La piscine triangulaire
  • La porte en arche
  • La tortue géante
  • Les trous de piliers
  • Le stade
  • Le mur de protection
  • La Nakagasku
  • Le Goshintai
  • Les deux dalles
  • Les outils en pierre
  • Les traces de possibles extractions
  • Les fossiles d'animaux terrestres dont certains disparus comme le cerf de Ryukyu[15]
  • Les terrasses régulières du monument de Yonaguni sont comparable à d'autres exemples de l'architecture mégalithique, comme les terrasses de Sacsayhuamán[16].
  • Le professeur Masaaki Kimura a identifié des traces de dessins d'animaux et de personnes gravés sur les rochers, notamment un signe de cheval.
  • Une formation rocheuse qui rappelle un visage de Moaï.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]