Sonate pour piano n° 6 de Mozart

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Sonate pour piano en ré majeur
K.284 / 205b
Image décrite ci-après
Édition de l'œuvre chez Breitkopf & Härtel dans Wolfgang Amadeus Mozarts Werke (1878)

Genre Sonate
Nb. de mouvements 3
Musique Wolfgang Amadeus Mozart
Effectif Piano-forte ou Piano
Dates de composition 1775
Dédicataire Thaddäus Wolfgang Von Dürnitz

La Sonate pour piano nº 6 en ré majeur « Durnitz », K. 284, de Wolfgang Amadeus Mozart est une sonate pour piano composée à Munich en 1775. Elle est contemporaine de son Opéra La finta giardiniera. Son surnom est dû au Baron von Dürnitz, commanditaire de l'œuvre. Ce dernier, bassoniste et claveciniste amateur, ne réussit cependant pas à interpréter l'œuvre correctement.

Elle comporte trois mouvements :

  1. Allegro
  2. Andante
  3. Thema con variazioni (Andante[1])

1er mouvement : Allegro[modifier | modifier le code]

Le début du premier mouvement de cette sonate en ré majeur est très similaire aux autres sonates dans la même tonalité. Mozart a su trouver un style et une atmosphère unique pour chaque tonalité. En ré majeur, ses sonates commencent en principe par un accord arpégé et huit doubles croches qui montent vers un sommet (sol fa mi ré sol fa mi ré la). Ensuite apparaissent des octaves brisées, en croches, à la main gauche, pendant que la main droite effectue une mélodie à tendance montante, en doubles notes, qui mène à deux mesures de doubles croches. Ces dernières nous permettent de finir sur un ré blanche, première note d'une nouvelle mélodie accompagnée d'un répété à la main gauche en croches et d'un contre chant. S'ensuivent des octaves plaquées à la main gauche pendant que la main droite effectue des doubles croches. La modulation vers la dominante commence alors avec l'apparition d'un sol dièse (sensible de la) lors de l'exécution d'une basse d'Alberti par la main gauche agrémentée d'une mélodie principalement conjointe à la main droite.

Après un soupir, le deuxième thème commence alors, simplement accompagné par des doubles notes en croches. Puis vient un passage alternant arpèges et doubles croches à une main, puis à l'autre, apportant des modulations temporaires. La conclusion arrive enfin avec des arpèges de la majeur (puis de ré majeur, la sous-dominante) à la main droite accompagnés par des octaves montantes à la main gauche. Cette conclusion continue pour se terminer en cadence parfaite.

Le développement débute en la mineur (croisements de mains avec des changements de tonalité fréquents). Le pouce de la main droite exécute une mélodie tandis que la main gauche, montée sur la main droite en dessine une autre. Vient ensuite une période de modulation qui aboutit sur deux mesures de doubles croches menant à la réexposition du premier thème. Le second thème est lui aussi réexposé mais cette fois ci dans la tonalité de la tonique : ré majeur. La conclusion - quasiment identique à celle de la première partie - vient ensuite clore ce premier mouvement avec une cadence parfaite.

2e mouvement : Andante[modifier | modifier le code]

Le deuxième mouvement, un Andante en la majeur, est un rondo en polonaise avec un thème comportant des tierces chromatiques. On peut distinguer deux thèmes dans ce mouvement :

  1. Celui qui débute le morceau
  2. Celui qui débute à la mesure 17

Tout le mouvement va principalement tourner autour de ces deux thèmes en les modifiant à chaque réexposition, sur le principe des variations. Le principal événement que l'on peut remarquer dans ce mouvement est une modulation en Fa dièse mineur (relative mineure de La majeur) juste au milieu du morceau, ce qui apporte à la fois de la tragédie mais aussi de l'équilibre.

Premier thème :



\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } \relative c'' {
    \key a \major
    \numericTimeSignature
    \time 3/4
    \tempo "Andante."
    a2\f^"RONDEAU EN POLONAISE" b8.( gis16
    a8) e([\p dis e d cis)]
    b'2\f cis8.( a16
    d8) d,[(\p cis d cis b)]
    e'4. fis32(\f e d cis d8)-. d-.
    cis4.\p d32(\f cis b a gis8)-. gis-.
    a4.\p <gis b>8 <a cis> <b d>
    <<{dis16( e fis d) cis4 b}\\{cis8 d16 b a4( gis)}>>
  }
  \new Staff = "left" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } {
    \clef bass \relative c' {
      \key a \major
      \numericTimeSignature
      \time 3/4
      \tempo "Andante."
      <a cis>2 <e d'>4
      <a cis>8 cis([ bis cis b a)]
      <e a>2 <a e'>4
      <gis e'>8 b([ ais b a gis)]
      \clef treble
      r4 < cis e a>( < b e gis>)
      \clef bass
      r <a cis e> <d, e b'>
      r8 cis([ cis']) <d e> <cis e> <b e>
      <a e'>( d) e4 e,
    }
  }
>>
\midi {
  \context {
    \Score
    tempoWholesPerMinute = #(ly:make-moment 86 4)
  }
}

Second thème :


\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } \relative c'' {
    \key a \major
    \numericTimeSignature
    \time 3/4
    \set Score.currentBarNumber = #17
    \bar ""
    a4.\p gis8\turn( a) gis\prall(
    a[) b\prall( cis) e16( d) cis8(  b)]
    b4. ais8(\turn b) ais\prall(
    b)[ cis\prall( d) fis16( e) d8( cis)]
    cis32\f( cis'16.) cis4\p b32( a16.) gis32([ gis16.)] eis32( fis16.)
    a,32\f( a'16.) a4\p gis32( fis16.) e32([ dis16.)] cis32( b16.)
    b8( e4 b8 cis a)
    gis( b4 ais8 a fis)
    gis16\(\cresc b cis dis e fis gis a b cis b gis
    a\f b a fis dis\p e dis b a b a fis\)
    gis16\(\cresc b cis dis e fis gis a b cis b gis
    a\f b a fis dis\p e dis b a b a fis\)
    gis(\p b e\f dis) dis(\p cis a'\f gis) gis(\p fis cis'\f b)
    b([ a)] <<{gis( fis) fis4( e)}\\{a,8\p a4( gis)}>>
  }
  \new Staff = "left" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } {
    \clef bass \relative c' {
      \key a \major
      \numericTimeSignature
      \time 3/4
      \set Score.currentBarNumber = #17
      a16\( e' b e cis e d e cis e d e
      cis e gis, e' a, e' b e a, e' gis, e'
      e, e' fis, e'  gis, e' fis, e' gis, e' fis, e'
      gis, e' a, e' b e cis e b e a, e'\)
      r8 <a, e'> <a e'>4 r
      r8 <fis b dis> <fis b dis>4 r
      r <gis e'> <a e'>
      r <b dis> b,
      e16\( b' gis b e, b' gis b e, b' gis b
      fis b a b fis b a b dis, b' fis b\)
      e,16\( b' gis b e, b' gis b e, b' gis b
      fis b a b fis b a b dis, b' fis b
      e,4\) a r
      r8 <b dis> e[ b] e,4
    }
  }
>>
\midi {
  \context {
    \Score
    tempoWholesPerMinute = #(ly:make-moment 86 4)
  }
}

3e mouvement : Thema con variazioni[modifier | modifier le code]

Le troisième et dernier mouvement se compose de 12 variations sur un thème écrit par Mozart où presque toutes les difficultés pianistiques sont exploitées : octaves brisées, arpèges, basse d'Alberti en doubles croches, rapide exécution de tierces, triolets, etc..

Thème[modifier | modifier le code]

Le tempo du thème est, selon la première édition mais pas selon l'autographe, Andante. Celui-ci comporte 16 mesures avec une reprise à la huitième et à la seizième mesure. Il commence en ré majeur et module en la majeur à la huitième mesure, pour ensuite retourner et se terminer en ré majeur. Chaque variation suivra ce modèle harmonique exceptée la septième qui sera en ré mineur. En outre, il débute par une levée de deux temps.


\new PianoStaff <<
  \new Staff = "right" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } \relative c'' {
    \key d \major
    \time 2/2
    \partial 2
    \repeat volta 2 {
      a4^"TEMA." \p a
      d2 cis8( d e fis)
      g( e) g( e) d( cis b a)
      a'( fis a fis) b( g b g)
      fis4( e) a,-.\f a-.
      d2 fis8( e d cis)
      b( d) b( d) b'( a gis fis)
      e( a fis d) cis( e d <d, b'>)
      <d b'>4( <cis a'>)
    }
    \repeat volta 2 {
      a''8(\p gis a gis)
      a( b gis e) g( a fis d)
      d'(\f  cis b ais) b( a g fis)
      <e g>4(\p <d fis>) e <gis, d'>
      << {fis'2( e8) r}\\a,2.\fp >> r4
      r2 a4\f a
      d2 cis8( d e fis)
      g( e) g( e) d( cis b a)
      a'( d) b( g) fis( a g <g, e'>)
      <g e'>4( <fis d'>)
    }
  }
  \new Staff = "left" \with {
    midiInstrument = "acoustic grand"
  } {
    \clef bass \relative c' {
      \key d \major
      \time 2/2
      \partial 2
      \repeat volta 2 {
        r2
        \clef treble
        d8\( a' fis a b, fis' e fis
        g, e' b e a, g' e g
        d a' fis a g, e' b e\)
        << {d4( cis)} \\ a2 >> r2
        \clef bass
        fis8\( d' a d d, b' fis b
        e, b' gis b gis d b d\)
        <a' cis>4 <d, b'> <e a> <e gis>
        <a, e' a>2
      }
      \repeat volta 2 {
        r2
        <b' dis>4( <e, e'>) <a cis>( <d, d'>)
        \clef treble
        b''8( a g fis) g( fis e d)
        << {a'2 ~ a4 s} \\ { cis,( d cis) b}>>
        << {d2( cis8) r}\\a2. >> r4
        r1
        e'8\( a fis a b, fis' d fis
        g, e' b e a, g' e g\)
        <d fis>4 \clef bass <g, e'> <a d> <a cis>
        <d, a' d>2
      }
    }
  }
>>

Variation I[modifier | modifier le code]

Cette première variation est composée uniquement de triolets exécutés par la main droite. La main gauche se contente de jouer des doubles notes, posant ainsi l'harmonie.

Variation II[modifier | modifier le code]

Le rythme des triolets présent dans la précédente variation est repris ici par la main gauche, qui alterne avec la main droite exécutant des rythmes binaires. Dans la deuxième partie de la variation, les rythmes sont inversées : la main droite effectue les triolets et la main gauche les doubles croches. Un dialogue s'installe donc et devient le fil conducteur.

Variation III[modifier | modifier le code]

C'est la première variation réellement virtuose. La main droite joue des doubles croches pendant que la main gauche, en octaves, doubles notes ou accords, dessine une mélodie.

Variation IV[modifier | modifier le code]

C'est à présent la main gauche qui va hériter des doubles croches toutes formées par groupe de huit. Un la grave est régulièrement joué et sert à relancer de manière un peu humoristique la musique. La main droite tantôt plaque des accords, tantôt imite la main gauche en doubles croches.

Variation V[modifier | modifier le code]

Cette variation est plus calme et plus chantante. On retrouve véritablement la tradition classique : mélodie accompagnée par des doubles notes. Ces dernières sont jouées par la main gauche, en tierces. On notera qu'à la fin de la variation, la main gauche va temporairement interpréter la mélodie tandis que la main droite jouera les tierces.

Variation VI[modifier | modifier le code]

Cette variation mets en œuvre le croisement des mains : la main droite exécute toujours le même rythme (quart de soupir, trois doubles croches) et la main gauche joue des octaves dans le grave ou bien des notes seules dans l'aigu.

Variation VII[modifier | modifier le code]

C'est la seule variation mineure du mouvement. Elle est très simple : une mélodie chantante est accompagnée par des accords parfaits ou des octaves.

Variation VIII[modifier | modifier le code]

Variation IX[modifier | modifier le code]

Variation X[modifier | modifier le code]

Variation XI[modifier | modifier le code]

Variation XII[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andante selon la première édition mais pas selon l'autographe