Publius Cornelius Dolabella (consul en -44)

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Publius Cornelius Dolabella (70 av. J.-C. - 43 av. J.-C.) est un homme politique de la fin de la République romaine. Gendre de Cicéron, il est consul suffect en 44 av. J.-C. Aussi appelé Publius Cornelius Lentulus Dolabella (après son adoption).

Famille[modifier | modifier le code]

Issu de l'illustre gens Cornelia, de la branche patricienne des Dolabella, il est le fils de Publius Cornelius Dolabella, (préteur en 69 av. J.-C.). Il nait en 70 av. J.-C.

Marié deux fois, à Fabia, puis à Tullia, il a trois enfants : Publius Cornelius Dolabella (qui accompagnera Octavien à Alexandrie), Lentulus et Cornelia.

Ses débuts : le procès d'Appius[modifier | modifier le code]

En 52 av. J.-C., il accuse Appius Claudius Pulcher d'avoir attenté à la souveraineté du peuple romain. Pendant le procès, son épouse Fabia le quitte, apprenant ses manœuvres pour épouser Tullia, la fille de Cicéron. Il espérait ainsi que l'orateur ne défendrait pas Appius.

Tullia rompt ses fiançailles avec Tiberius Claudius Nero (le futur père de Tibère) et épouse Dolabella (49 av. J.-C.). Appius sera acquitté lors de son procès.

En 51 av. J.-C., il se fait élire au collège des Quindecemviri sacris faciundis, face à Lucius Cornelius Lentulus Crus.

Dolabella césarien[modifier | modifier le code]

En 49 av. J.-C., criblé de dettes, il rejoint le camp de César. Il commande la flotte de l'Adriatique, mais il est incapable de la moindre action de conséquence et il est chassé de Dalmatie par Marcus Octavius et Lucius Scribonius Libo, deux généraux pompéiens.

Il prend part à la bataille de Pharsale et retourne ensuite à Rome, espérant des remerciements financiers de la part de César, ou des proscriptions (comme celles de Sylla), en vain.

Le tribunat et la promesse du consulat[modifier | modifier le code]

Il est élu tribun de la plèbe pour l'année 47.[réf. nécessaire]

Dès son entrée en fonction, il tente de faire passer une loi sur l'annulation des dettes (en dépit d'un décret du Sénat consacrant un statu quo jusqu'au retour de César).

Ses collègues Asinius et Trebellius s'opposent violemment à la loi et la situation dégénère en émeutes. Marc Antoine, alors maître de cavalerie de César, s'oppose à lui et le jour du vote, une émeute tourne au bain de sang où Dolabella faillit être tué. La paix ne revient qu'à l'automne, au retour de César.

Le dictateur juge prudent de ne pas punir Dolabella et l'emmène avec lui en Afrique, puis en Espagne. Il participe aux batailles de Thapsus et de Munda, où il est blessé.

César lui promet alors le consulat à son retour à Rome, avant de changer d'avis et de se faire nommer consul unique.

Il lui promet ensuite le consulat suffect, dès son départ pour l'Orient. Le jour de sa nomination, Marc Antoine, qui était aussi augure, invoque des signes défavorables.

Les deux revirements et sa mort[modifier | modifier le code]

Aux Ides de mars 44 av. J.-C., Dolabella s'empare des faisceaux et des insignes consulaires. Il approuve le meurtre de César et se joint aux tyrannicides. Il obtient d'eux le consulat laissé vacant par la mort du dictateur, à seulement vingt-six ans.

Pour montrer sa haine de César, il fait abattre la colonne honorifique et l'autel qui lui est dédié et fait jeter de la roche Tarpéienne de nombreux partisans venus lui apporter des offrandes.

Les républicains lui réservent alors de grands égards, jusqu'à ce que Marc Antoine lui ouvre le trésor de César et lui offre la province de Syrie avec le commandement de la guerre contre les Parthes. Il change de camp et rejoint à nouveau les césariens.

Avant de rejoindre la Syrie (détenue par Cassius), il passe par la Grèce, la Macédoine, la Thrace et l'Asie, qu'il pille.

Caius Trebonius, un tyrannicide, lui ferme les portes de Smyrne, mais lui envoie des provisions. Dolabella lui tend alors un piège et le fait exécuter. Il livre ensuite la ville au pillage.

Quand ses exactions sont connues à Rome, le Sénat le déclare ennemi public.

Au même moment, Cassius marche sur l'Asie, à la rencontre de Dolabella. Après quelques batailles, Dolabella se retrouve enfermé dans Laodicée, en Cilicie, et demande à l'un de ses soldats de lui donner la mort pour ne pas tomber aux mains de ses ennemis. Il avait vingt-sept ans.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Dolabella était très petit. Macrobe rapporte que Cicéron, le voyant un jour ceint d'une épée fort longue, dit plaisamment : « Qui donc a attaché mon gendre à cette épée [1]? »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Quis generum meum ad gladium alligavit? », cité par Macrobe, Les Saturnales (lire en ligne), « Livre II, chap.3 - Des bons mots de Cicéron »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dion Cassius, Livres 41 à 47
  • Suétone, Vie de César
  • Appien, Les Guerres civiles à Rome, Livre 2 et 3
  • Velleius Paterculus, II, 58, 60, 69
  • Plutarque, Vie d'Antoine, 9, 10, 11
  • César, La guerre d'Alexandrie
  • Cicéron, Ad familiares
  • (fr+la) Cicéron (trad. André Boulanger, Pierre Wuilleumier, préf. Pierre Wuilleumier), Discours, Philippiques I à IV, t. XIX, Les Belles Lettres,‎ 1963 (1re éd. 1959)