Pierre Joseph Cambon

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Pierre Joseph Cambon, né le 10 juin 1756 à Montpellier et mort le 15 février 1820 à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles), négociant en toiles, député de l'Hérault à la Convention nationale.

Sommaire

[modifier] Biographie

D’origine protestante, cet honnête négociant en toiles de Montpellier est élu député de l’Hérault à l’Assemblée législative en 1791. Sa connaissance des problèmes financiers et sa fougue républicaine y retiennent l’attention. Il vote la mort de Louis XVI, et fait partie dès avril 1793 du Comité de salut public. Il préside plusieurs fois la Convention, fait voter par celle-ci le Décret sur l'administration révolutionnaire française des pays conquis.

Précédé par sa réputation de financier, il devient en 1793 président du Comité des Finances. On lui doit la loi sur la confiscation des biens du clergé ; il rédige sur l'administration des finances un rapport remarquable qui contribue puissamment à rétablir l'ordre. Surtout, il s’illustre par la création du Grand-Livre de la Dette publique (24 août 1793): la Convention y reconnaît les dettes de l’Ancien Régime – mesure habile, qui veut rallier les rentiers à la Révolution.

Il joue un rôle courageux à la chute de Robespierre. Directement mis en cause dans le discours de Robespierre le 8 thermidor An II ( 26 juillet 1794) à la Convention ( « La contre-révolution est dans l'administration des finances... Quels sont les administrateurs suprêmes de nos finances ? Des Brissotins, des Feuillants, des aristocrates et des fripons connus : ce sont les Cambon, les Mallarmé, les Ramel » ), il est le premier à oser lui faire front ( « Il est temps de dire la vérité tout entière : un seul homme paralyse la Convention ; cet homme c’est Robespierre. » ) et entraîne le revirement de l'assemblée.

Menacé par la réaction thermidorienne qui suivit le 9 thermidor, et compromis dans l’insurrection du 1er avril 1795, il doit se cacher à Montpellier où il vit retiré jusqu’en 1815. Brièvement élu durant les Cent-Jours à la Chambre des représentants (1815), il ne prend de part active qu'aux discussions sur le budget. Il est proscrit comme régicide sous la Seconde restauration, et meurt en exil près de Bruxelles. On a de lui un grand nombre de Discours et de Rapports sur des matières politiques.

[modifier] Citation

«Quand on aura ruiné les Belges, quand on les aura mis au même point de détresse que les Français, alors on les admettra comme membres de la République». Au général Charles François Dumouriez [réf. nécessaire]

[modifier] Bibliographie et sources

[modifier] Source

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.

[modifier] Lectures complémentaires

  • R. Arnaud, Cambon, 1756-1820, la débâcle financière de la Révolution, Paris, Perrin, 1926, 324 p. ;
  • F. Bornarel, Cambon et la Révolution française, Paris, F. Alcan, 1905, 412 p.
  • E.-D. Grand et L. de la Pijardière, Lettres de Cambon et autres envoyés de la ville de Montpellier, Montpellier, Imprimerie Serre, 1889, 100 p.
  • P.-F. Pinaud, « Les ministres des Finances : rupture ou continuité ? », dans R. H., avril-juin 1995, pp. 283-320.
  • G. Saumade, « Cambon et sa famille acquéreurs de biens nationaux », dans Annales Historiques de la Révolution française, 1938, n° 93-94, pp. 3-44.
  • Clovis Sené, Joseph Cambon (1756-1820), le financier de la Révolution, biographie, préface de Jean Dutourd, JCLattès, 1987.


[modifier] Liens et documents externes

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