Otto zu Stolberg-Wernigerode

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Portrait du comte de Stolberg-Wernigerode

Le comte (puis prince en 1890) Otto zu Stolberg-Wernigerode, né le 30 octobre 1837 au château de Gedern et mort le 19 novembre 1896 au château de Wernigerode, est un aristocrate allemand, membre de la Maison de Stolberg, qui fut vice-chancelier sous Bismarck.

Biographie[modifier | modifier le code]

Château de Gedern

Otto zu Stolberg-Wernigerode est le troisième et dernier enfant du comte Herman zu Stolberg-Wernigerode et de son épouse, née comtesse Emma zu Erbach-Fürstenau. Son père meurt à l'âge de trente-neuf ans[1], alors qu'Otto zu Stolberg-Wernigerode n'a pas encore quatre ans. Il fréquente le Gymnasium de Duisbourg, puis étudie le droit et les sciences politiques à l'université de Göttingen et à l'université de Heidelberg. Il sert comme lieutenant en second de 1859 à 1861 au régiment des Gardes du Corps de l'armée prussienne. Il se marie deux ans plus tard avec la princesse Anna Reuß zu Köstritz (1837-1907) qui lui donne quatre fils et trois filles.

Il est le premier Oberpräsident de la province du Hanovre de 1867 à 1873 et a la tâche difficile de l'intégrer au royaume de Prusse. En même temps, il siège à partir de 1867 au Reichstag de la Confédération de l'Allemagne du Nord, puis entre (grâce à l'influence de son oncle, le comte Eberhard zu Stolberg-Wernigerode) quatre ans plus tard, en tant que membre du parti conservateur, au nouveau Reichstag, jusqu'en 1878. Il est élu président de la chambre des seigneurs de Prusse en 1872-1877 et se fait remarquer du chancelier Bismarck.

En mars 1876, il est nommé ambassadeur à la cour de Vienne. Le 1er juin 1878, il est nommé représentant du chancelier Bismarck et vice-président du gouvernement. C'est donc à l'époque le deuxième personnage de l'État prussien. Il doit à l'automne 1879 lever les doutes de l'empereur Guillaume vis-à-vis de la Duplice, alliance avec l'Autriche-Hongrie. Il défend devant le Reichstag en avril 1880, alors que Bismarck est malade, le projet de loi concernant les intérêts économiques[2] de l'Empire aux Samoa, mais ce projet est repoussé par les députés, ce qui retarde le début de la politique coloniale allemande, vis-à-vis de laquelle Bismarck était hostile. Le comte démissionne le 20 juin 1881 à cause de différences de points de vue avec le « chancelier de fer », notamment en ce qui concerne la politique coloniale.

Il demeure toutefois lié à la famille impériale. L'empereur le nomme grand-chambellan de la cour (jusqu'en 1894). Il est ministre de la Maison royale de Prusse de 1885 à 1888. Guillaume II lui donne le titre de prince héréditaire en 1890. Le comte est membre de l'Atrolabe-Compagnie qui investit[3] dans la Terre de l'Empereur-Guillaume (aujourd'hui en Nouvelle-Guinée) et qui existe de 1891 à 1896.

En tant que seigneur, il siège à la Première chambre de l'assemblée du grand-duché de Hesse. Otto zu Stolberg-Wernigerode était en plus chancelier de l'ordre protestant de Saint-Jean (1872-1876) et de l'ordre de l'Aigle noir, président du synode général extraordinaire de l'Église évangélique-luthérienne allemande (1875), du comité central des Unions allemandes et de la Croix-Rouge prussienne. Il est membre de plusieurs sociétés chargées de questions sociales pour l'amélioration du sort des ouvriers, comme le Verband zur Verbesserung der ländlichen Arbeitsverhältnisse et est à l'origine de dispositions sociales dans son comté de Stolberg (caisse d'assurance maladie pour les ouvriers, caisse de retraite, etc.). Il était propriétaire de plusieurs usines dans son comté (usine sucrière, ou forges à Ilsenburg, etc.)

Il meurt à l'âge de cinquante-neuf ans dans son château de Wernigerode.

Famille[modifier | modifier le code]

De son mariage (1863) avec la princesse Anna Reuß zu Köstritz, sont issus:

  • Christian Ernst (1864-1940) qui épouse la comtesse Marie zu Castell-Rüdenhausen (1864-1942)
  • Elisabeth (1866-1928) qui épouse le comte Constantin zu Stolberg-Wernigerode (1843-1905)
  • Hermann (1867-1913) qui épouse la princesse Dorothea zu Solms-Hohensolms-Lich (1883-1942)
  • Wilhelm (1870-1931) qui épouse la princesse Elisabeth zu Erbach-Schönberg (1883-1966)
  • Heinrich (1871-1874)
  • Marie (1872-1950) qui épouse le comte Wilhelm zu Solms-Laubach (1861-1936)
  • Emma (1875-1956) qui épouse le prince Karl zu Solms-Hohensolms-Lich (1866-1920)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De chagrin après la mort de son fils aîné Albrecht
  2. Ce projet de loi offre une garantie à la participation de la banque Disconto-Gesellschaft aux Samoa, après la faillite de la compagnie hanséatique fondée par Johan Cesar Goddefroy pour développer le commerce dans les îles du Pacifique. Il est repoussé le 27 avril 1880 par 128 voix contre 112
  3. Son capital est de 2,4 millions de marks

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Portrait du comte en 1878
  • (de) Wilhelm Herse, Otto Fürst zu Stolberg-Wernigerode, in: Mitteldeutsche Lebensbilder. 1. Band: Lebensbilder des 19. Jahrhunderts. Selbstverlag der Historischen Kommission, Magdeburg, 1926, p. 344–356.
  • (de) Heinrich Heffter, Otto Fürst zu Stolberg-Wernigerode (= Historische Studien. H. 434). Band 1. Herausgegeben von Werner Pöls. Matthiesen, Husum 1980, ISBN 3-7868-1434-1
  • (de) Konrad Breitenborn, Im Dienste Bismarcks. Die politische Karriere des Grafen Otto zu Stolberg-Wernigerode, Verlag der Nation, Berlin, 1984 (4., veränderte Auflage. Berlin, 1986, ISBN 3-373-00394-6).
  • (de) Konrad Breitenborn, Graf Otto zu Stolberg-Wernigerode (1837–1896). Deutscher Standesherr und Politiker der Bismarckzeit. Ausgewählte Dokumente, Verlag Jüttners Buchhandlung, Wernigerode, 1993, ISBN 3-910157-01-7.
  • (de) Konrad Breitenborn (Hrsg.), Die Lebenserinnerungen des Fürsten Otto zu Stolberg-Wernigerode (1837–1896), Verlag Jüttners Buchhandlung, Wernigerode, 1996, ISBN 3-910157-03-3.
  • (de) Steffen Wendlik, Otto Fürst zu Stolberg-Wernigerode (1837–1896) - Standesherr, Politiker und Unternehmer, in: Philipp Fürst zu Stolberg-Wernigerode, Jost-Christian Fürst zu Stolberg-Stolberg (Hrsg.): Stolberg 1210–2010. Zur achthundertjährigen Geschichte des Geschlechts. Verlag Janos Stekovics, Dößel, 2010, ISBN 978-3-89923-252-3, p. 246–277.

Source[modifier | modifier le code]