Nicolas Ivanovitch Achinoff

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Le cosaque Achinoff (gravure de 1889)

Nicolas Ivanovitch Achinoff[1] (né en 1856[2] - † 1902[3]) est un aventurier russe qui tenta d'installer un établissement sur les côtes de la Corne de l'Afrique à la fin des années 1880.

Cet épisode s'inscrit dans un ensemble d'interventions russes dans la Corne de l'Afrique à la fin des années 1880, comme celles de Nicolas Stéphanovitch Léontieff en Éthiopie, alors que le partage colonial est déjà abouti[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Achinoff, cosaque né à Tsaritsyne (Volgograd) en 1856, est le fils d'un marchand. Il arrive à Massawa, port septentrional de l'Érythrée, en 1885, en revendiquant le titre d'ataman, avant de se rendre au Tigray.

L'affaire de Sagallo[modifier | modifier le code]

En février 1888, il débarque sur la côte nord du golfe de Tadjoura, accompagné de quelques soldats et de sa femme, afin de fonder un établissement agricole. Le manque de fonds l'oblige à retourner en Russie. En janvier 1889, il fait une deuxième tentative, accompagné d'environ 200 personnes, à Sagallo ou Sagallou. Le gouvernement russe ayant déclaré ne pas soutenir l'initiative, le 17 février une petite escadre française bombarde l'établissement, faisant cinq victimes dont une femme et deux enfants. Les Russes se rendent le lendemain et sont envoyés à Suez puis conduits à Odessa.

Conséquences[modifier | modifier le code]

En France, le bombardement de l'établissement russe fut violemment critiqué par les russophiles, très présents au sein du mouvement boulangiste auquel adhérait la Ligue des patriotes de Paul Déroulède. Le 28 février 1889, la Ligue protesta en publiant une résolution condamnant « les inqualifiables procédés du gouvernement parlementaire ». Le ministre de l'Intérieur, Ernest Constans, en guerre ouverte avec le boulangisme, tira prétexte de cette diatribe pour engager des poursuites contre les chefs de la Ligue, Déroulède, Naquet, Laguerre, Laisant et Turquet, dont l'immunité parlementaire fut levée. Accusés de complot contre la République, ils sont finalement acquittés le 3 avril mais la Ligue, déclarée illégale, est dissoute une première fois[5].

Achinoff est condamné en Russie puis gracié en avril 1890[6]. Il se rend alors à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Écrit aussi Ashinov, Achinov, Atchinoff…
  2. (en) Ernest A. Wallis Budge, A history of Ethiopia, Nubia and Abyssinia, Taylor & Francis, 1928.
  3. (en) Verena Böll, Ethiopia and the missions: historical and anthropological insights, LIT Verlag Münster, 2005.
  4. Jesman [1958], Zaghi [1972].
  5. Jean Garrigues, Le Boulangisme, Paris, PUF, 1992, p. 65-66.
  6. Zaghi [1972].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Constantin (Jean Robert, comte de), L'archimandrite Païsi et l'ataman Achinoff: une expédition religieuse en Abyssinie. Librairie de la Nouvelle Revue, 1891.
  • Harding, Les. Dead Countries of the Nineteenth and Twentieth Centuries. The Scarecrow Press, 1998.
  • Imbert-Vier (Simon), Tracer des frontières à Djibouti. Des territoires et des hommes aux XIXe et XXe siècles, Paris, Karthala, 2011, p. 75-78.
  • Jesman (Czeslaw), The Russians in Ethiopia, Chatto & Windus, London, 159 p., 1958
  • Labrousse (Henri), «Une tentative d’implantation russe en Côte française des Somalis en 1889 : l’affaire de Sagallo», Pount, no 5, 1968, p. 11-18
  • Pankhurst, Richard, Ashinov Nikolai dans Siegbert Uhlig et els (eds.), Encyclopaedia Aethiopica, vol. 1, Wiesbaden, 2003.
  • Zaghi (Carlo), I Russi in Etiopia, Guida, Quaderni di critica storica, Napoli, 2 vol., 1972

Liens externes[modifier | modifier le code]