Camellia

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Camellia japonica - Muséum de Toulouse

Les camélias sont des plantes à fleurs de la famille des Theaceae, originaire d'Asie orientale et méridionale de l'est depuis la chaîne himalayenne, au Japon et en Indonésie, connues sous le nom de cháhuā (茶花) en chinois, de tsubaki (椿) en japonais, de dongbaek-kkot (동백꽃) en coréen et de hoa trà ou hoa chè en vietnamien. Le nombre d'espèces que contient le genre varie, selon les botanistes, entre 100 et 250.

Camellia est un genre à vocation ornementale mais aussi agroalimentaire, avec le Camellia oleifera et le théier, Camellia sinensis. La plupart des espèces fleurissent en hiver, mais la floraison peut s'étendre de septembre à mai selon les variétés.

Le camellia symbolise la longévité, la fidélité et le bonheur dans le langage des fleurs[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1735 dans son Systema Naturae, Carl von Linné baptise Camellia[2]deux plantes japonaises décrites par Engelbert Kaempfer (probablement C. sasanqua et C. japonica qu'il appelle Camellia tsubaki et rebaptise Camellia japonica dans son ouvrage Species Plantarum publié en 1753), en l'honneur du frère jésuite Jiří Josef Camel (latinisé en Camellus) rendu célèbre par ses écrits sur la flore des Philippines. Camel n'a jamais décrit ces plantes et ne les a pas introduites en Europe, les camélias ne poussant pas dans les Philippines. Le premier européen à décrire le genre est le pharmacien et botaniste Andreas Cleyer (en) lors de son voyage au Japon dans les années 1680[3].

Observations de Cleyer de Distylium racemosum (isunoki) et Camellia (tsubaki).

Au XVIIe siècle, l'usage du thé en Europe est aristocratique car les feuilles de cette plante s'y monnayent très cher. La Compagnie des Indes orientales demande la fourniture de graines ou de jeunes plants de théier aux chinois afin de casser le monopole des pays asiatiques. Ces derniers ne leur livrent pas le Camellia sinensis mais des camélias d'ornement de type Camellia japonica. Le Royaume-Uni se rend compte de la supercherie mais, devant la beauté de sa fleur rouge et de son feuillage (elle est alors appelée la « rose chinoise » ou la « rose du Japon »), la cultive en serre chaude et en orangerie avant de réussir à l'acclimater en 1739[4].

Le domaine de La Malmaison, acheté en 1798 par Joséphine de Beauharnais, devient célèbre entre autres par la création d'une roseraie et l'usage de plantes nouvellement introduites en France, notamment les camélias. La future impératrice lance la mode en France : par imitation, on plante des massifs de camélias où cela est permis[5].

Le camélia connaît un engouement très fort durant la première moitié du XIXe siècle, comme en témoigne le roman La dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils à qui on doit probablement la francisation du genre camellia due à une orthographe fautive[4]. En 1806, Ferdinand Favre importe d’Angleterre les premières graines et a l'intuition que l'humidité du climat atlantique nantais lui permet de cultiver les camélias en pleine terre et en plein air, sous réserve d'accoutumer et de sélectionner les sujets les plus résistants[6]. le premier ouvrage consacré aux camélias est la Monographie du genre Camellia, ou essai sur sa culture, sa description et sa classification de l'abbé Laurent Bernard Berlèse en 1837. Une des plus belles iconographies du genre est celle publiée par l'abbé Berlèse entre 1839 et 1843[7], un botaniste horticulteur qui en possède une collection de plus de trois cents espèces et cultivars.

Jusque là uniquement connu par une seule espèce, Camellia japonica, et ses cultivars, l'introduction de nouvelles espèces au début du XXe siècle relance l'engouement pour ce genre. Coco Chanel en fait son emblème et lance la mode du camélia blanc à la boutonnière[8].L'hybridation permet d'introduire de nouveaux caractères, comme le parfum, les petites fleurs, et même la floraison estivale avec les premiers hybrides obtenus dans les années 1930 (tel Camellia × williamsii (en)) ou l'espèce nouvelle Camellia azalea, découverte en 1984 en Chine.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Camellia sasanqua

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bénédicte Desmarais, Les fleurs et leur langage, De Vecchi,‎ 2000, p. 23
  2. De Natura Rerum, vol. 2 p. 698[1].
  3. (en) Ian Shenton, The Trouble with Plants, Lulu,‎ 2006, p. 42
  4. a et b Alain Baraton, Dictionnaire amoureux des Jardins, Plon,‎ 2012, p. 201
  5. Henri Brison, Daniel Collin, Jardins d'agrément, Baillière,‎ 1959, p. 36
  6. Jardins de France, Société nationale d'horticulture de France,‎ 1963, p. 186
  7. Iconographie du genre Camellia ou description et figures des Camellia les plus beaux et les plus rares peints d'après nature, Paris, 1839-43, 400 p., 300 pl. coul. MBG Library
  8. (en) Danièle Bott, Chanel. Collections and Creations, Thames & Hudson,‎ 2007, p. 63

Liens externes[modifier | modifier le code]

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