Vol 148 Air Inter

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Vol 148 Air Inter
L'airbus A320 impliqué dans l'accident
L'airbus A320 impliqué dans l'accident
Caractéristiques de l'accident
Date 20 janvier 1992
Type collision avec le sol en approche de la piste, erreur de pilotage
Site Près du mont Sainte-Odile, commune de Barr (France)
Passagers 96
Morts 87
Blessés 9
Survivants 9
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Airbus A320-111
Compagnie Air Inter
Nº d'identification F-GGED
Localisation
Coordonnées 48° 25′ 38″ N 7° 24′ 19″ E / 48.427361, 7.405139 ()48° 25′ 38″ Nord 7° 24′ 19″ Est / 48.427361, 7.405139 ()  

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Le crash du mont Sainte-Odile est une catastrophe aérienne ayant eu lieu le à 19 h 20 min (en heure française, soit 18 h 20 min en heure universelle) tuant 87 passagers et membres d'équipage d’un Airbus A320 de la compagnie française Air Inter au lieu-dit La Bloss, sur la commune de Barr, près du mont Sainte-Odile en Alsace. Neuf occupants de l'avion ont survécu.

Le 2 mai 2006, quatorze ans après les faits, le procès de l'accident s'ouvrait devant le tribunal correctionnel de Colmar. Six personnes comparaissaient pour « homicides et blessures involontaires ». Le 7 novembre 2006, le tribunal a relaxé les accusés, d'après lui « ils n'ont pas commis de faute pénale », c'est-à-dire qu'ils n'ont pas commis de faute caractérisée au sens de la loi Fauchon[1]. Néanmoins, la responsabilité civile d'Airbus pour une faute civile liée à la conception du cockpit de l'A320 et d'Air France en sa qualité de transporteur a été reconnue[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’un Airbus A320-111 immatriculé F-GGED, livré à Air Inter en 1988[a 1]. Il est doté de moteurs CFM56-5-A1 construits en coopération par General Electric et la SNECMA, et commercialisés par leur société commune CFMI[a 2]. L'Airbus A320 est issu de la volonté de la société Airbus d'offrir une gamme d'appareils diversifiée[2]. Mis en route en 1982, le projet met en place un avion fortement informatisé, technologiquement en avance sur l'industrie aéronautique américaine alors dominante. Pour assurer sa commercialisation, Airbus met en avant la facilité d'utilisation de cet appareil, ainsi que sa fiabilité. De plus, l'ordinateur est considéré comme plus sûr que l'esprit des pilotes, amenant ainsi à privilégier l'action de l'informatique de bord sur celle de l'équipage[3]. Les crashs d'Habsheim en 1988 et de Bangalore en 1990 ont déjà mis en cause la mauvaise conception des instruments de l'A320 qui donnent la priorité à l'électronique plutôt qu'au pilotage pur, lui valant le surnom de « Rantanplan » par le Personnel navigant technique[4], le Directeur des essais déclarant à son propos « même ma femme de ménage pourrait le piloter »[5],[6].

Le vol[modifier | modifier le code]

Le commandant de bord, âgé de 42 ans, a accumulé 8 806 heures de vol. Sur un Airbus A320, son expérience est de 162 heures[a 3]. Le copilote, âgé de 37 ans, a derrière lui 3 615 heures de vol. Sur Airbus A320, il a volé 61 heures[7].

L’avion assurait une liaison entre l’aéroport de Lyon-Satolas (nommé aujourd'hui Lyon-Saint-Exupéry) et celui de Strasbourg-Entzheim. Le rapport final du BEA reconstitue le vol en se basant sur les communications avec les contrôleurs, les enregistrements des paramètres de vol et des conversations dans le cockpit, les données radar enregistrées au sol.

L’avion décolle de Lyon-Satolas le 20 janvier 1992 vers 17h39 (TU) avec à bord 90 passagers, 6 membres d'équipage dont les 2 pilotes et 4 personnels navigants commerciaux. L'avion passe au-dessus du VOR Luxeuil (situé vers Vesoul) et doit se diriger vers le point repère ANDLO près de Barr. Son cap est de 50° environ c'est-à-dire directement sur l'axe de la piste 05 de l'aéroport de Strasbourg Entzheim. L'avion passe sous le contrôle de la zone de Reims puis sous celui de la tour de l'aéroport. Ce dernier s'apprête à faire atterrir l'A320 directement en piste 05 avec une approche de type VOR DME. L'équipage n'a pas l'habitude de faire ce type d'approche. Le ciel est nuageux et il fait nuit.

Le commandant de bord, qui est le pilote en fonction pour ce vol, préfère atterrir indirectement, en faisant un tour de piste à vue après s'être aligné au-dessus de la piste au cap 051° grâce au dispositif ILS de la piste 23 (sens opposé de la 05). N'ayant pas prévu de descendre directement en piste 05, les pilotes ont mis du temps pour réduire leur vitesse et leur altitude. Ceci ne leur permet donc pas d'effectuer l'atterrissage direct prévu par le contrôleur; il demande donc à faire leur tour de piste à vue. Mais comme plusieurs avions attendent pour décoller, le contrôleur leur demande de faire la procédure complète VOR DME sur la 05, plus longue mais qui donnera le temps aux avions au sol pour décoller. Cette procédure va obliger l'avion à faire un demi-tour puis s'éloigner de 11 NM passer au-dessus des collines du Mont Saint Odile à une altitude de 5 000 pieds, puis à nouveau faire demi-tour pour s'aligner dans l'axe de la piste 05 (en s'alignant grâce au VOR de Strasbourg), passer à nouveau au-dessus du point ANDLO et commencer à descendre. C'est à la fin de ce dernier virage que l'avion va s'écraser à une altitude d'environ 800 mètres dans les collines vosgiennes.

Piste d'arrivée (en bleu), la procédure normale (vert), la voie d'approche planifiée (jaune), vol contrôlé au radar (rouge).

Cette procédure VOR DME pour la 05 n'enchante pas les pilotes car cela retarde leur arrivée. Pour leur faire gagner un peu de temps le contrôleur leur propose d'effectuer cette procédure mais avec un guidage radar directement vers ANDLO : il leur indique les moments pour virer et les caps à prendre. En effet cela permet de virer plus tôt et de raccourcir le circuit d'approche. Ainsi au lieu de faire un large dernier virage, l'avion va faire un virage plus serré et récupérer l'axe de piste plus directement.

L'avion vire vers le sud-ouest et s'éloigne. Puis le contrôleur leur demande de virer à gauche au cap 90°. Puis il leur demande de continuer le virage pour s'établir sur la radiale 051° du VOR STR.

Le problème est que le pilote a affiché 051° dans le pilote automatique ce qui a pour conséquence un virage trop serré. L'avion se retrouve au bon cap (051°) mais à gauche de l'axe de piste et du point ANDLO. C'est au point ANDLO que devait commencer la descente. L'équipage doit donc gérer la trajectoire dans les deux plans à la fois, vertical et horizontal: ils doivent commencer la descente en même temps qu'ils doivent capturer l'axe de piste. Le tout sans visibilité extérieure car ils sont dans la couche nuageuse, et avec, pour seule aide, l'affichage des instruments sur le tableau de bord. C'est le copilote qui s'aperçoit en premier, semble-t-il, de l'erreur de trajectoire et qui suggère la correction de cap. Le commandant de bord exécute cette correction « avec une impression de réserve » selon le BEA.

C'est à ce moment-là (45 secondes avant le crash) que la descente est amorcée avec un taux beaucoup trop élevé.

20 secondes avant le crash le commandant fait une remarque sur la descente :« faut faire attention qu'il descende pas... ». Il est interrompu par le copilote qui annonce « sur l'axe ! ». Il est évident qu'à ce moment-là les deux pilotes ne s'occupent que de la trajectoire latérale et pas de la descente. Le copilote rajoute : « On arrive sur l'axe !... un demi point de l'axe. Là voilà, il a été au soixante c'est bon tu vois ici ».

Une seconde avant l'impact, la radiosonde annonce "TWO HUNDRED", pour annoncer que le sol se situe à 200 pieds (environ 70 m) sous l'appareil.

Une seconde plus tard, à 18h20:33 (TU), incliné à gauche de 12° pour interception de l'axe d'approche finale, l'avion percute le mont La Bloss à la vitesse de 190 nœuds (345 km/h), sur une trajectoire de descente d'environ 11°. Le crash s'est produit à une altitude proche de 800 mètres (2620 pieds)[8], à environ 0,8 mille nautique (1 500 m) à gauche de l'axe d'approche et à 10,5 milles nautiques (19,5 km) du seuil de piste[a 4].

Les coordonnées du crash sont 48° 25′ 31.61″ N 7° 24′ 18.99″ E / 48.4254472, 7.405275 ()

Les secours[modifier | modifier le code]

Les heures sont en TU. Pour l’heure française, ajouter une heure[9].

  • 18 h 31, l’alerte est donnée par l’approche de Strasbourg, qui prévient le centre de coordination et de sauvetage (RCC) de Drachenbronn, le centre de contrôle de Reims (CRNA Est) et la préfecture du Bas-Rhin ;
  • 18 h 34 : le RCC déclenche le plan SATER/2 auprès de la préfecture. La zone de recherche concerne le mont Sainte-Odile ;
  • 18 h 40 : lancement du plan rouge. Création d’un poste de commandement opérationnel (PCO) installé à la brigade de gendarmerie de Barr ;
  • 18 h 41 : le RCC demande la restitution de l'enregistrement du radar de Drachenbronn, des dispositions similaires sont prises par le CRNA Est. La restitution n’est mise à la disposition du RCC respectivement qu'à 20 h 10 et à 22 h 04, en raison des moyens de restitution des trajectoires radar existant dans ces centres à la date de l'accident, et des procédures en vigueur quant à leur mise en œuvre. Ces éléments ne permettent au RCC de réduire que lentement la zone des recherches telle que définie à 19 h 09 puis 19 h 30 ;
  • 19 h 09 : la préfecture, à la demande du RCC, déclenche SATER/3. Les recherches s’étendent dans un secteur compris entre le mont Sainte-Odile et Andlau ;
  • 19 h 13 : décollage d’une Alouette III de la sécurité civile basée sur l'aéroport de Strasbourg-Entzheim. Il fait des recherches visuelles, mais qui ne concernent ni le mont Sainte-Odile ni La Bloss ;
  • 19 h 30 : le secteur de recherches est élargi : il se situe désormais entre le mont Sainte-Odile, Barr, Andlau, Le Hohwald ;
  • 20 h 45 : en fonction des indications données au PCO par deux agents d'Air Inter sur le point survolé par l'A320 lors de son dernier contact radio (Breitenbach), trois zones de recherches de 3 km de côté sont définies. La zone no 1, prioritaire était centrée sur La Bloss. Il était question d'y engager les forces de gendarmes mobiles à mesure qu’elles arrivaient afin de faire des recherches dans ce secteur avec l'aide des sapeurs-pompiers et des guides du Club vosgien. Le déploiement des différentes équipes de recherche dans cette zone a été effectué de 21 h 00 à 21 h 35 ;
  • Deux civils et un journaliste des DNA, ayant fait des recherches à leur propre initiative, découvrent les survivants et la carcasse de l’appareil. Ils informent les gendarmes de l'emplacement ;
  • 22 h 35 : grâce à ces indications, le groupe de gendarmerie mobile rejoint l'endroit. Les gendarmes apportent les premiers secours. Quatre personnes sont évacuées par les gendarmes car jugées transportables ;
  • sept autres personnes ont été évacuées entre 23 h 20 et 0 h 15 par des moyens identiques. Certaines d'entre elles ont été examinées et médicalisées sur le site par des médecins militaires
  • la deuxième colonne de secours venant d'Obernai via Ottrott est arrivée environ 45 minutes après la première. La progression est compliquée par le mauvais état des routes et leur encombrement dû à l’afflux de badauds. La mise en place des véhicules est rendue difficile par la présence de nombreux autres véhicules (autres secours, service d'ordre, badauds, journalistes). En montant vers le site de l'accident les médecins et secouristes croisent la colonne descendante. Les blessés sont alors pris en charge sur des brancards par cette deuxième colonne et transportés sur la route départementale où se trouvent les ambulances ;
  • environ 1 h 30 : début des évacuations vers les hôpitaux de la région.

De nombreuses critiques ont été formulées quant au retard des secours. Il apparaît que la définition d’un périmètre de recherche trop large, à 19 h 30, est en partie en cause : nécessitant un grand nombre d’hommes pour les recherches, il a obligé les autorités à attendre la concentration d’effectifs suffisants pour partir sur le terrain. Les secours, une fois mis en route, sont retardés par une route encombrée de badauds[10]. 4 h 30 s’écoulent entre le crash et leur arrivée, ce qui est énorme. Durant ce laps de temps, plusieurs rescapés mourront.

Bilan[modifier | modifier le code]

La clairière, site de l'accident
Plaque commémorative des victimes
  • Survivants : 8 passagers, plus un membre d’équipage. Six victimes ne sont décédées qu'après l'impact, dont deux auraient probablement survécu si les secours étaient intervenus dans les deux premières heures (elles sont décédées pendant leur transport)[a 5].
  • Morts : 82 passagers, 5 membres d’équipage[a 5].
  • L'appareil est détruit[a 6].

Causes de l’accident[modifier | modifier le code]

Plusieurs facteurs ont contribué à la survenue de la catastrophe, à des degrés divers. Pour la justice française qui n'a condamné personne suite aux différents procès, c'est l'erreur de pilotage qui a été déterminante.

L'erreur de pilotage[modifier | modifier le code]

Une descente trop rapide, amorcée quelques secondes avant le crash : un taux de descente de 3 300 pieds/minute (16,7 m/s) au lieu d'environ 800 pieds/minute. Selon le BEA l'hypothèse la plus probable est une erreur de programmation du pilotage automatique par l'équipage qui aurait affiché un taux de descente de 3 300 pieds/minute (16,7 m/s) au lieu d'un angle de descente de 3,3°[a 7]. Cela serait dû à une confusion liée à l'affichage du taux de descente en pieds/minute (« 33 » pour 3 300 pieds/minute) qui se fait sur le même cadran que l'angle de descente (« 33 » pour 3,3°). La différence de lecture se fait selon le mode sélectionné : angle de descente (mode FPA - Flight Path Angle) ou vitesse verticale (mode VS - Vertical Speed). Le pilote a enregistré sur l’ordinateur de bord la valeur « 33 », croyant être en mode FPA alors qu’il était en mode VS.

Le BEA a souligné le manque de rigueur des pilotes qui délèguent un certain nombre d'actions aux automatismes sans les contrôler. Les pilotes n'annoncent pas les actions qu'ils effectuent comme cela est prévu. En effet alors qu'environ 45 secondes se passent entre la mise en descente et l'impact, les pilotes ne s'aperçoivent pas de l'erreur de trajectoire. Cela est peut-être dû à leur attention qui était portée sur leur action qui consistait à s'aligner sur l'axe en direction de la piste (plus exactement le radial 051° du VOR STR)

Autres facteurs[modifier | modifier le code]

D'autres facteurs mis en évidence par le BEA ont mené la justice à mettre en examen Airbus, Air France ou le contrôleur, mais ils ont été relaxés:

  • Le système de navigation VOR est mis en cause : Plusieurs défaillances de cet appareil ont été signalées par ailleurs. Le décalage entre l’axe et l’avion est tel qu’une erreur de lecture de l’équipage est exclue[a 8].
  • Le contrôleur aérien militaire qui a donné des indications ambiguës[a 9]. De plus il met fin au guidage radar avant que l'appareil soit établi sur la trajectoire d'approche finale et sans avoir averti l'équipage de la fin du guidage radar[11].
  • L’absence d’alerte de proximité du sol (GPWS) : Cet appareil donnait parfois de fausses alarmes. Air Inter a donc décidé de ne pas utiliser cet instrument. Air Inter était une des rares compagnies françaises à ne pas avoir de GPWS sur des avions tels que ceux visés par la norme OACI[a 10]. La Direction générale de l'Aviation civile s'était par ailleurs abstenue de transposer dans la réglementation française les dispositions de l'annexe 6, section 6.15 de la Convention de Chicago qui édicte que « tous les avions à turbomachines dont la masse maximale au décollage certifiée dépasse 15 000 kg ou qui sont autorisés à transporter plus de trente personnes seront dotés d'un dispositif avertisseur de proximité du sol »[12].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Suite à ce crash, l'emport d’une balise de détresse, type ELT (Emergency Locator Transmitter), à bord d’un avion commercial devient obligatoire. C'est en 1995, que l’obligation règlementaire apparaît. Désormais, tous les avions sont munis de cette balise de localisation d'urgence dédiée à l'aviation, à déclenchement automatique en cas de crash. L'ergonomie du tableau de bord est améliorée : tous les Airbus ont un indicateur du taux de descente en pieds/minute avec un affichage différent (« 33 » doit désormais afficher 3300 pieds/minute). Le système d'avertisseur de proximité du sol GPWS, refusé à l'origine par les pilotes d'Air Inter lui reprochant plusieurs fausses alarmes (notamment lors de survols de terrains granitiques), est adopté[6].

Suite à la difficulté d'identifier les victimes, l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale se dote en 1992 d'une Unité de Gendarmerie d'Identification de Victime de Catastrophe (UGIVC)[13].

L'enquête[modifier | modifier le code]

  • 4 février 1992 : création de l’association Entraide de la Catastrophe des Hauteurs du Sainte-Odile (ECHO)[14] ;
  • 18 janvier 1993 : première mise en examen : Jacques Rantet[15] ;
  • 3 juin 1993 : 2e mise en examen : Daniel Cauvin[16] ;
  • 16 décembre 1993 : le rapport Monnier est publié[17] ;
  • 6 décembre 1994 : plainte contre la DGAC et le centre de Drachenbronn ;
  • 3 janvier 1995 : premier rapport de Venet et Jean Belotti ;
  • 18 janvier 1995 : quatre nouvelles mises en examen : Pierre-Henri Gourgeon et Claude Frantzen, Auguste Gayte, cadre d’Air Inter, Eric Lammari, contrôleur aérien[18] ;
  • 24 novembre 1995 : rapport complémentaire[19] ;
  • 11 et 13 juillet 1996 : les experts chargés d’une expertise complémentaire s’opposent[19] ;
  • 18 novembre 1996 : publication du rapport Anglade et Louvel[14] ;
  • 31 décembre 1996 : mise en examen de Bernard Ziegler[20] ;
  • 18 mars 1997 : Bernard Ziegler comparait au tribunal de grande instance de Colmar[14] ;
  • 22 juin 1997 : dépôt du rapport Anglade et Becavin (complément d'expertise du VOR)[14] ;
  • 1er octobre 1997 : manifestation des familles des victimes à Entzheim[14] ;
  • 18 décembre 1997 : ordonnance considérant que le VOR a bien fonctionné[14] ;
  • 14 janvier 1997 : nomination de deux experts : Partrick Anglade et Henry Becavin ;
  • 18 juin 1998 : nomination de trois nouveaux experts : Claude Guibert, Jacques Rolland, Pierre Wannaz[21] ;
  • 13 mars 2001 : publication d’une contre-expertise affirmant que le VOR n’est pas la cause déterminante de l’accident[22] ;
  • 31 août 2001 le juge Guichard quitte ses fonctions au tribunal de Colmar. Il est remplacé par la juge Charre ;
  • Février 2002 : la juge Charre est remplacée par André Schmidt[22] ;
  • 25 octobre 2004 : expertise affirmant que l’accident serait dû au DME (Distance Mesuring Equipment - Equipement mesurant la distance de l'avion par rapport à une balise)[22] ;

Les procès[modifier | modifier le code]

Premier volet : l'accident[modifier | modifier le code]

Six personnes poursuivies pour homicides et blessures involontaires et encourant deux ans de prison et 4 500 euros d'amende, sont concernées :

  • Pierre-Henri Gourgeon : directeur général de l'Aviation civile à l'époque du crash.
  • Claude Frantzen : chef du service de la formation aéronautique et du contrôle technique.
  • Daniel Cauvin : directeur général adjoint d'Air Inter chargé des problèmes techniques.
  • Jacques Rantet : directeur de l'exploitation aérienne chez Air Inter.
  • Bernard Ziegler : directeur technique d'Airbus Industrie au moment des faits.
  • Eric Lammari : contrôleur aérien.

Le premier procès s'ouvre devant le tribunal correctionnel de Colmar le 4 mai 2006 et s'achève le 27 juin de la même année[23]. Il aboutit le 7 novembre 2006 à la relaxe de tous les prévenus, toutefois une faute civile est retenue à l'encontre du concepteur de l'avion, Bernard Ziegler, et Airbus est déclaré responsable, solidairement avec Air France, venant aux droits d'Air Inter, du préjudice subi par les victimes, l'assocition ECHO se voit attribuer 500 000 euros d'indemnités et certaines familles devant pour leur part toucher des sommes de 10 000 à 50 000 euros[24]. Mais le 21 novembre le parquet fait appel de cette décision[25].

Le 16 octobre 2007 débute le procès en appel à Colmar[26]. Les six prévenus sont à nouveau relaxés le 14 mars 2008, aucune faute n'est retenue contre Bernard Ziegler ni contre Airbus[27] et la cour d’appel n’a pas accordé comme en première instance 500 000 euros pour l’association ECHO[28]. ECHO, l'association de défense des familles de victimes, dépose un pourvoi en cassation le 8 septembre 2009, mais est déboutée le 22 septembre de la même année[29]. Ce volet est donc refermé.

Second volet : la lenteur de la justice[modifier | modifier le code]

En mars 2001 l'association ECHO entame une procédure contre l'État français pour « durée excessive » de la procédure pénale[30]. Le 12 septembre 2005, le procureur de Strasbourg sollicite le renvoi du procès intenté par l'association contre l'État français à une date ultérieure pour prendre des réquisitions. La juge accède à sa requête. L’audience ne dure que trois minutes. Le même jour, les membres de l’association ECHO, en colère après cette péripétie, déposent la déclaration de principe d’une requête à la Cour européenne des droits de l'homme[31]. La requête est effectivement déposée le 13 janvier 2006[32]. Le 9 octobre 2006 les familles de victimes voient rejetée par le tribunal de grande instance de Colmar leur demande de condamnation de l'État[33].

Le 18 septembre 2009 l'association ECHO est déboutée par la cour d'appel de Colmar de son action en appel contre l'État[34]. L'association décide d'aller en cassation et, en cas d'échec, de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH)[35]. Le pourvoi est rejeté le 23 février 2011. En mai 2011 elle manifeste son mécontement et son sentiment d'avoir été flouée[36], mais, en juillet 2011, elle prend la décision de tout abandonner, notamment le projet d'une requête devant la CEDH[37].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le Monde 07.11.06 les six prévenus relaxés
  2. Jean-Claude Boetsch, Le crash d'Habsheim, une affaire d'Etat ?, p. 41.
  3. Michel Asseline, Le pilote est-il coupable?, p. 66-67. Voir p. 87 : « Et, même si les modifications successives apportées aux logiciels et aux systèmes mécaniques apportent enfin la fiabilité prévue initialement, il n'en reste pas moins que c'est l'homme qui a été contraint de s'adapter à la machine, de telle sorte qu'on en est arrivé à une régression de capacité de l'ensemble pilote-machine. »
  4. Airbus : dès 2001, des problèmes « sérieux » sur les sondes
  5. Laure Dussy, « Le pilote de l'A320 devenu le «héros de l'Hudson» », sur Le Figaro,‎ 17 janvier 2009
  6. a et b Pierre Julien, « Le crash du Mont Sainte-Odile », émission L'heure du crime sur RTL, 4 janvier 2012
  7. Chapitre 15.12
  8. Le Mont La Bloss culmine à 826 mètres et le lieu de l'accident est proche du sommet.
  9. Au sujet des recherches et des secours: Rapport final, chapitre 116.2 et 116.3
  10. À ce sujet : Rapport final, chapitre 116.22 : « Il faut noter qu'un nombre important de véhicules privés a afflué très rapidement sur toutes les routes donnant accès au mont Sainte-Odile, comme conséquence, semble-t-il, des annonces faites par les médias (notamment par les radios locales). »
  11. Ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel p. 509
  12. Ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel p. 509-510
  13. La police scientifique de la gendarmerie
  14. a, b, c, d, e et f Historique
  15. L’Humanité, 19 janvier 1993.
  16. L’Humanité, 4 juin 1993.
  17. L’Humanité, 17 décembre 1993.
  18. L’Humanité, 20 janvier 1995.
  19. a et b Conclusions de l’association Echo du 12 avril 2006, p. 2..
  20. L’Humanité, 3 janvier 1993
  21. Conclusions de l’association Echo du 12 avril 2006.
  22. a, b et c Dernières nouvelles d’Alsace, 13 septembre 2005[1].
  23. Alexandra Guillet, Mont Ste-Odile : le procès est terminé, pas le combat, LCI.TF1.fr, 27 mars 2006
  24. Procès du Mont Sainte-Odile : relaxe générale, LCI.TF1.fr, 7 novembre 2006
  25. Mont Saint-Odile : le parquet fait appel des relaxes, LCI.TF1.fr, 21 novembre 2006, actualisé le 23 novembre 2006
  26. Crash du Mont Sainte-Odile : l'administration sur le banc des accusés, LCI.TF1.fr, 21 novembre 2006
  27. Relaxe générale en appel, Airbus blanchi, LCI.TF1.fr, 14 mars 2008
  28. Crash du Mont Sainte-Odile : relaxe des 6 prévenus
  29. Jean-Claude Boetsch, Crash du Mont sainte Odile, crashdehabsheim.net
  30. L’Humanité, 13 septembre 2005
  31. L’Humanité, 13 septembre 2005 ; Dernières nouvelles d’Alsace, 13 septembre 2005 [2].
  32. ECHO - Les Actions en Justice de ECHO
  33. Mont Sainte-Odile : l'Etat ne sera pas condamné, lci.tf1.fr, 9 octobre 2006
  34. Crash du Mont Sainte-Odile : les proches des victimes en cassation, lesechos.fr, 17 janvier 2010
  35. Mont Sainte-Odile : l'association Echo va déposer un pourvoi en cassation, L'Alsace.fr, 17 janvier 2010
  36. Déclarations d'Alvaro Rendon en mai 2011 dans Le Parisien
  37. Décision de ECHO en juillet 2011 (dépêche AFP)
rapport final du BEA (lire en ligne)
  1. Chapitre 16.1
  2. Chapitre 16.2
  3. Chapitre 15.11
  4. Chapitre 1.1
  5. a et b partie 116.14
  6. chapitre inconnu
  7. Chapitre 22.33
  8. Chapitre 22.12
  9. Chapitre 22.6, notamment 22.64(conclusion)
  10. Chapitre 16.3 et chapitre 22.36

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Guthleben, J.P. Stucki, La nuit du mensonge, Albin Michel, 1993. Consultable en ligne
  • Norbert Jacquet, Airbus, l'assassin habite à l'Elysée, Première Ligne, 1994. Téléchargeable gratuitement en ligne
  • Romain Kroës, Erreurs humaines ?, Ed. de Magie, 1993.
  • Jean-Pierre Otelli, Catastrophes aériennes, les passagers ont le droit de savoir, Paris, Altipresse, 2004. (ISBN 978-2911218118)
  • Jean-Claude Boetsch, Crash du mont sainte Odile : le procès, Colmar, Ed Do Bentzinger, 2006.
  • Jean-Claude Boetsch, Justice pour un crash : les victimes du Mont Sainte Odile, Colmar, Ed Do Bentzinger, 2008.
  • Jean-Pierre Roussel, Dans la nuit d'Altitona, C.O.P.S.E (Comité pour la Promotion du Scoutisme en Europe). - Ed'Image 1992 : Roman scout évoquant ce qu'aurait pu être le sauvetage dès les premières heures avec la participation active des scouts français et allemands.
  • Francis Guthleben, Survivre - L'histoire Intime Et Secrète Du Crash Du Mont Sainte-Odile, Le Verger Éditeur, 2012. (ISBN 978-2-84574-129-4)

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