Moineau friquet

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Le Moineau friquet (Passer montanus) est l'une des espèces de moineaux largement répandues en Europe et en Asie. Il a été introduit en Australie et dans les années 1870 aux États-Unis.

Il est reconnaissable à sa calotte marron et aux taches noires en forme de virgule sur les joues. Mâles et femelles sont semblables et les jeunes ressemblent beaucoup aux parents : il s'agit du seul moineau paléarctique dans ce cas.

Seules certaines variétés sont considérées comme domestiques. L'espèce s'hybride très rarement avec le Moineau domestique, et encore plus exceptionnellement avec le Moineau espagnol.

La métamorphose des campagnes européennes se traduit par un fort déclin de l'espèce dans certaines parties occidentales du continent.

Description[modifier | modifier le code]

Cet oiseau mesure environ 14 cm[1] pour une envergure de 22 cm et une masse de 8 à 26 g (en moyenne 23 g). Il est donc plus petit que le Moineau domestique notamment au niveau de la tête. Il est également plus mince. Ses autres mensurations sont : 65 à 74 mm pour l'aile pliée, 51 à 54 mm pour la queue, 10 à 11 mm pour le bec et 16 à 18 mm pour le tarse[2].

Seul moineau paléarctique dont tous les plumages sont semblables, il se distingue également des autres espèces par une combinaison originale de caractères : réduction au seul menton de la tache noire sous le bec (et non sous la forme d'une bavette plus ou moins étendue), calotte marron (n'existant que chez le Moineau cisalpin, hybride des Moineaux domestique et espagnol), tache noire sur chaque joue et côtés de la tête blanchâtres.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Le Moineau friquet consomme essentiellement des graines, des insectes (en été), des bourgeons et miettes au sol[1]. Dans l'ensemble, cette espèce est moins portée sur les céréales que le Moineau domestique et se nourrit davantage d'insectes, en particulier de coléoptères, et parmi eux les coccinelles dont elle serait une grande consommatrice[2]. Elle vient aux mangeoires en hiver.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Oeufs de Moineau friquet - Muséum de Toulouse
Nid de Moineau friquet, installé sous des tuiles.

Cette espèce est cavernicole. Pour attirer une femelle, le mâle se tient au bord d'une cavité. Il parade en tenant la tête un peu rentrée dans les épaules et crie longuement. La femelle s'approche et entre dans le trou si le mâle ne l'attaque pas. En mars ou en avril, la construction du nid de couvaison est entreprise par les deux adultes dans un trou d'arbre, de mur ou dans un nichoir. Ils assemblent une assise de radicelles, de tiges sèches, de paille et de foin. Le nid présente une forme ovoïde ou en dôme. La ponte comporte 4 à 6 œufs blancs, dont la taille a pour valeurs extrêmes : 12,5-22,3 mm × 10,4-15,5 mm[3]. L'incubation dure 13 à 14 jours, et est réalisée par les deux partenaires. 2 ou 3 pontes sont effectuées d'avril à juillet.

Voix[modifier | modifier le code]

La voix du Moineau friquet est plus mélodieuse et présente une tonalité plus élevée que celle du Moineau domestique. Les sons émis sont variés mais leur signification demeure obscure.

Le cri est un tett tett, et en vol un teck teck.

Cet oiseau chante de temps en temps, principalement en avril. Les petites phrases rudimentaires rappellent un peu les strophes du Bruant des roseaux par leurs répétitions et combinaisons de quelques notes claires entrecoupées de cris roulés.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Distribution géographique du Moineau friquet.
  •      Visiteur en été, pour la reproduction
  •      Habitat annuel
  •      Visiteur en hiver

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

Le Moineau friquet se reproduit dans une grande partie de l'Eurasie de l'Espagne au Japon.

Les oiseaux les plus nordiques délaissent leurs zones de nidification lors de l'hiver.

Habitat[modifier | modifier le code]

Cette espèce vit dans les campagnes cultivées avec des arbres épars, les parcs, les bois et leurs lisières, les marais boisés, plus rarement dans les villages. Elle peuple les villes seulement dans certaines régions où le Moineau domestique est absent.

L'espèce étant fréquemment coloniale pour sa nidification, elle recherche volontiers les vieux vergers riches en cavités pour l'installation des nids. On trouve encore des groupes dans quelques grands bâtiments.

Systématique[modifier | modifier le code]

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

On reconnait une dizaine de sous-espèces[4] :

  • Passer montanus dilutus Richmond, 1896 ;
  • Passer montanus dybowskii Domaniewski, 1915 ;
  • Passer montanus. hepaticus Ripley, 1948 ;
  • Passer montanus kansuensis Stresemann, 1932 ;
  • Passer montanus malaccensis Dubois, 1885 ;
  • Passer montanus montanus (Linnaeus, 1758) ;
  • Passer montanus obscuratus Jacobi, 1923 ;
  • Passer montanus saturatus Stejneger, 1885 ;
  • Passer montanus tibetanus Baker, 1925 ;
  • Passer montanus transcaucasicus Buturlin, 1906, aux parties inférieures plus blanches peuplant l'Azerbaïdjan et la Géorgie.

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

C'est une espèce très répandue, et classée par l'UICN en LC (Préoccupation mineure)[5]. Cette espèce a été l'une des principales cibles de la campagne des quatre nuisibles menée lors du Grand Bond en avant de Mao Zedong.

Variétés domestiques[modifier | modifier le code]

Seul un individu des variétés brune, opale ou brune opale, issu d'élevage, est considéré comme étant un animal domestique en droit français. Les autres formes de cet oiseau relèvent donc de la législation concernant les animaux sauvages[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Référence Oiseaux.net : Passer montanus (+ répartition) (fr)
  2. a et b Géroudet P. (1998) Les Passereaux d'Europe. Tome 2. De la Bouscarle aux Bruants. Delachaux & Niestlé, Lausanne, Paris, 512 p.
  3. Jiří Félix, Oiseaux des Pays d'Europe, Paris, Gründ, coll. « La Nature à livre ouvert »,‎ 1986, 22 cm × 30 cm, 320 p. (ISBN 2-700-01504-5), p. 302
  4. (en) Passer montanus, sur Avibase
  5. Référence UICN : espèce Passer montanus (Linnaeus, 1758) (en)
  6. Arrêté du fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beaman M. & Madge S. (1999) Guide encyclopédique des oiseaux du Paléarctique occidental. Nathan, Paris, 872 p.
  • Géroudet P. (1998) Les Passereaux d'Europe. Tome 2. De la Bouscarle aux Bruants. Delachaux & Niestlé, Lausanne, Paris, 512 p.