Miguel Hidalgo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hidalgo.
Miguel Hidalgo
Image illustrative de l'article Miguel Hidalgo

Surnom Padre de la Patria
Naissance
Près de Pénjamo, Nouvelle-Espagne
Décès
Chihuahua
Allégeance Drapeau du Mexique Mexique
Grade Généralissime
Années de service 18101811
Conflits Guerre d'indépendance du Mexique
Commandement Ejército Insurgente
Faits d'armes bataille du pont de Calderón
Statue de Miguel Hidalgo à Coyoacán

Miguel Hidalgo (Miguel Gregorio Antonio Ignacio Hidalgo y Costilla y Gallaga Mondarte Villaseñor), né le dans l'hacienda de Corralejo près de Pénjamo dans l’État actuel de Guanajuato et exécuté le à Chihuahua, est un religieux dont l'insurrection marqua le début du processus d'indépendance. Il est considéré au Mexique comme le père de la Patrie.

Miguel Hidalgo avait été surnommé par ses amis El Zorro (le renard) en reconnaissance de son astuce et de son esprit.

Prêtre[modifier | modifier le code]

Hidalgo est un Créole (un Espagnol né en Amérique). Il suit des études de théologie et il est ordonné prêtre à 25 ans. Il fut le recteur du Collège San Nicolás à Valladolid (aujourd’hui Morelia), où il avait pour disciple José María Morelos, qui plus tard le rejoindra dans sa lutte contre les privilèges dont jouissaient les Espagnols nés dans la péninsule Ibérique et dont étaient privés les Créoles. Hidalgo planta près de son village des mûriers pour l’élevage des vers à soie. Le gouvernement qui protégeait les soieries espagnoles les fit arracher. Il planta alors des vignes qui subirent le même sort[1].

Insurgé[modifier | modifier le code]

Au Mexique, la guerre d’Indépendance qui débute en 1810 en tant que réaction à l'éviction de Ferdinand VII et contre Joseph Bonaparte imposé à l'Espagne par les Français, n’est pas qualifiée comme celle des États-Unis en 1776, de Révolution, ses acteurs sont nommés insurgentes et realistas.

Miguel Hidalgo copie d’après une gravure originale (Planche 16) de Claudio Linati dans Costumes et mœurs du Mexique édité à Londres par Engelman, Graf Coindet & Cie en 1830.

Hidalgo est le prêtre de la paroisse de Dolores Hidalgo, une petite ville minière. Il apprend quelques langues indigènes ce qui lui permet d'enseigner le latin au natifs de la région et défie ouvertement plusieurs règles de l’Église catholique, y compris la chasteté (il aura cinq enfants) ce qui était habituel pour l’époque les prêtres avaient de la famille comme le décrit Humboldt.

Il y donne aussi des fêtes somptueuses que préside sa maîtresse[2].

Alerté par Josefa Ortiz de Domínguez (« La Corregidora ») que son complot en faveur de Ferdinand VII est découvert et qu’il sera bientôt interrogé par la police, il se décide à agir et pousse le fameux Grito de Dolores depuis son clocher dans la nuit du , appelant à la révolte avec le fameux cri de guerre « Longue vie à la Vierge de la Guadeloupe, vive le roi Fernando VII, à bas le mauvais gouvernement ! », se référant à celui de Joseph Bonaparte imposé par les Français.

Il dirige ensuite la foule contre les partisans de Joseph Bonaparte, pour la plupart nés en Espagne qui seront massacrés sous ses ordres à Guanajuato et dans d’autres villes.

Après la bataille de Monte de las Cruces contre les troupes du colonel royaliste Trujillo, à l'issue incertaine (chacun des camps se disant victorieux, les royalistes allant jusqu'à frapper une médaille pour commémorer leur victoire[3]), contre toute attente, dans un moment d’apparente indécision, le Père Hidalgo ordonne la retraite vers Valladolid.

Aujourd’hui encore on ne s’explique pas les raisons de sa décision, mais on pense qu'il ne voulait pas que ses troupes, qui ne comprenaient que deux bataillons de militaires de carrière, entrent dans México : il craignait peut-être que les autres éléments ne deviennent incontrôlables, s’y livrent à des excès et a des pillages et qu'ils y soient finalement vaincus et détruits.

Martyr et Héros[modifier | modifier le code]

Hidalgo est vaincu par le général espagnol Félix María Calleja lors de la bataille du pont de Calderón le , il ordonne la retraite de ses troupes vers Ixtlahuaca puis en direction de Toluca.

Le 21 mars 1811 trahi par Ignacio Elizondo il est arrêté en compagnie de Lanzagorta, José Mariano Jiménez, Abasolo, Ignacio Allende et Juan Aldama et d’autres insurgés à las Norias de Acatita de Bajan. L’inquisition le contraint à se repentir publiquement puis il est fusillé pour ses « crimes », le .

Il est considéré dans son pays comme le père de la Patrie, on peut lire sur les médailles commémoratives et les plaques distribuées aux officiels par le gouvernement de Porfirio Diaz en 1910 pour le centième anniversaire du Grito de Dolores : « Padre te llama el pueblo mexicano : tu le diste la vida noble anciano »

Ses restes reposent dans le mausolée situé à la base d’ El Ángel de la Independencia à Mexico, en compagnie de ceux de Juan Aldama, Ignacio Allende, Nicolás Bravo, Vicente Guerrero, José Mariano Jiménez, Mariano Matamoros, Francisco Javier Mina, José María Morelos y Pavón, Andrés Quintana Roo, Leona Vicario et Guadalupe Victoria

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Bainville (Académie française) Les dictateurs, Denoël et Stelle - Paris 1935 - réédition 1996 Jean-Cyrille Godefroy - ASIN 2841910199
  • Fernando Orozco Linares, Gobernantes de México - Editorial Panorama - México D.F. octobre 1985
  • L.E. Fischer « the backround of the revolution for the mexican Independance » 1934 New-York (?)
  • Alexandre de Humboldt « Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne » 1811 Paris
  • Doménech (religieux français sans doute un abbé) « Le Mexique tel qu’il est » XIXe siècle manque date et éditeur
  • Marcos Arroniz « Manual del Viajero en Méjico » libreria De Rosa y Bouret Paris 1858 imprimé en castillan
  • Gregorio Torres Quintero « México hacia el fin del virreinato » México 1921
  • Ernesto de la Torre Villar, Miguel Hidalgo : libérateur du Mexique, México : Bibliothèque Nationale de México, 1973. (OCLC 63258840)
  • Christon I Archer, The Birth of Modern Mexico, 1780-1824, ed by C. I. Archer. Scholarly Resources Inc., 2003. (OCLC 51216296)
  • Brian R Hamnett, A Concise History of Mexico. New York: Cambridge University Press, 1999. (OCLC 40587951)
  • Hugh M Hamill, The Hidalgo Revolt: Prelude to Mexican Independence. University of Florida Press, 1966. (OCLC 849791)

Informations diverses[modifier | modifier le code]

L’effigie de don Miguel Hidalgo y Costilla qui ornait déjà les timbres-poste mexicains apparut pour la première fois sur les monnaies de 5 et 10 pesos en or d’un poids de respectivement 4,166 grammes et 8,333 grammes en 1905, plus tard en 1918 il fut émis des pièces de 2,5 pesos or d’un poids de 2,083 grammes[4].

Dès le début du XXe siècle Hidalgo a figuré aussi sur de nombreuses monnaies et sur plusieurs billets de la Banque du Mexique, il apparait sur les billets de 1000 pesos, séries actuellement en circulation depuis le 15 novembre 2004.

On peut admirer une statue de Miguel Hidalgo près du siège mondial de l’OMS à Genève devant le siège de l'Organisation Internationale du Travail (OIT/BIT). Elle se trouvait auparavant devant l'ancien immeuble du BIT, celui qui abrite aujourd'hui l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Cette statue est régulièrement fleurie par les enfants de l’école mexicaine de Genève le jour du Grito.

Références[modifier | modifier le code]

  1. les dictateurs, page 144, Jacques Bainville (acad. française) Denoël et Stelle, Paris, 1935, rédit. 1996 Jean-Cyrille Godefroy - ASIN 2841910199
  2. les dictateurs, pages 144-145, Jacques Bainville
  3. Dr. Geo Vogt - Standard catalog of mexican coins, paper money and medals - page 146 no R35-R36-R37 - Krause publications - Iola, Wisconsin, U.S.A. - 1979
  4. T.V. Buttrey et Clyde Hubbard - A guide book of mexican coins - Western publishing company, inc. - Racine, Wisconsin, U.S.A. - 1971

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :