Massacre d'Amritsar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

31° 37′ 13″ N 74° 52′ 50″ E / 31.6202, 74.88052 ()

Le memorial du massacre

Le massacre d'Amritsar — aussi connu comme le massacre du Jalianwalla Bagh — tire son nom du jardin Jalianwalla Bagh à Amritsar où, le , les soldats indiens du Raj britannique ouvrirent le feu sur les participants à un rassemblement politique pacifique, tuant plusieurs centaines d'Indiens. Il est considéré comme un des événements qui ont amené la chute du Raj britannique.

Les circonstances[modifier | modifier le code]

À l'occasion du Baisakhi Day, la fête du début des moissons, une dizaine de milliers d'Indiens se réunirent dans le Jalianwalla Bagh, un jardin au cœur d'Amritsar, une des principales villes du Pendjab, pour protester contre le Rowlatt Act de 1919 qui offrait au gouvernement le pouvoir d'emprisonner arbitrairement et de juger les agitateurs. En effet, le mécontentement montait parmi les Indiens qui, bien qu'ayant participé loyalement à l'effort de guerre britannique, ne retiraient aucun avantage de ce sacrifice et connaissaient toujours un statut moins libéral que des dominions comme le Canada ou l'Australie.

Le rassemblement était un défi à l'interdiction, dans la ville, des réunions de cinq personnes et plus. Le Bagh était entouré de tous côtés par des murs de briques et seule une entrée étroite en autorisait l'entrée et la sortie. La troupe, composée de cinquante soldats indigènes, se rendit au parc accompagnée d'une auto-mitrailleuse qui, vu l'étroitesse de l'entrée, ne put accéder au parc.

Les soldats étaient commandés par le brigadier-general Reginald Dyer qui après quelques sommations sommaires, ordonna à ses hommes d'ouvrir le feu. Comme il n'y avait pas d'autre sortie que celle où se tenait la troupe, les Indiens tentèrent d'échapper aux balles en grimpant aux murs ou en se jetant dans un puits.

Lorsque la fusillade cessa, des centaines de personnes avaient été tuées et des milliers de corps couvraient le sol. Les estimations officielles font état de 379 tués et 1 100 blessés pour 1 650 balles tirées, une efficacité dont Dyer s'enorgueillira plus tard. La troupe se retira ensuite laissant les blessés sans assistance médicale. Le gouverneur du Pendjab, sir Michael O'Dwyer félicita le général Dyer et instaura, le 15 avril, la loi martiale sur la région pour empêcher l'extension de troubles.

L'événement fut condamné dans le monde entier, le général Dyer fut convoqué à Londres pour paraître devant la Commission Hunter qui, en 1920, le déclara coupable et il dut démissionner de l'armée. Le général s'était justifié en déclarant:

« Il ne s'agissait plus seulement de disperser la foule, mais de produire un effet moral suffisant, d'un point de vue militaire, non seulement sur les présents, mais plus spécifiquement à travers tout le Pendjab[1]. »

Cependant le Parlement britannique le réhabilita et le félicita pour sa rudesse. Des membres de la haute société britannique firent une quête qui s'avéra fructueuse pour garantir sa retraite et lui offrirent une épée ornée de pierres précieuses et qui portait l'inscription « Sauveur du Pendjab ». Innocenté par la Chambre des Lords, Dyer décéda d'une attaque en 1927 alors que sir Michael O'Dwyer, gouverneur du Pendjab au moment des faits, fut assassiné à Londres le 13 mars 1940 par Udham Singh, un survivant du massacre[2].

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Le massacre engendra un fort sentiment de colère en Inde, éveilla le Pendjab à la lutte contre le pouvoir britannique et prépara le terrain pour le « Mouvement de non-coopération (en) » que Gandhi allait initier en 1920. En bref, il fut un moment fort sur le chemin de l'indépendance indienne.

Lorsque celle-ci fut obtenue, un monument fut érigé dans le parc pour commémorer cet événement. Encore aujourd'hui, les traces de balles de la troupe britannique sont visibles dans les murs du parc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En anglais: It was no longer a question of merely dispersing the crowd, but one of producing a sufficient moral effect, from a military point of view, not only on those who were present, but more specially throughout the Punjab. Cité in Henry Laurens, « Le terrorisme, personnage historique », in Terrorismes : Histoire et droit, dir. Henry Laurens et Mireille Delmas-Marty, CNRS éditions, 2010, p. 32.
  2. A Saga of Freedom Movement and Jallianwala Massacre, Great Patriot and Martyr, Udham Singh, 2003, p. 68

Article connexe[modifier | modifier le code]