Malinalco

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18° 57′ 02″ N 99° 29′ 49″ O / 18.95056, -99.49694 Malinalco est une ville située entre Cuernavaca et Toluca, à 115 km au sud-ouest de Mexico, dans l'État de Mexico au Mexique. Elle comptait 6 523 habitants en 2005. Sur les hauteurs de la ville se situe un important site archéologique aztèque, connu localement sous le nom de Cerro de los Idolos.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Malinalco provient du nom de la déesse Malinalxochitl et du suffixe locatif « -co », et signifie « l'endroit où l'on adore Malinalxochitl »[1],[2]. Le mot nahuatl « malinalli », qui est associé à « xochitl »fleur») dans le nom de la déesse, désigne une plante de la famille des graminées, du genre Elymus, connue sous le nom espagnol de « zacate del carbonero ».

Site préhispanique[modifier | modifier le code]

Édifice I

Origine[modifier | modifier le code]

L'origine de Malinalco est l'objet d'un des mythes qui ont été intégrés à l'histoire de la migration des Aztèques entre Aztlán et Mexico-Tenochtitlan telle qu'elle a été retranscrite par certains chroniqueurs[3]. Selon ce mythe, au cours de leur migration, de nombreux Aztèques se seraient plaints à leur dieu tribal Huitzilopochtli de l'attitude de sa sœur Malinalxochitl, parce qu'elle s'adonnait à la sorcellerie. Huitzilopochtli leur aurait alors dicté d'abandonner Malinalxochitl et ses proches pendant leur sommeil. Ce petit groupe d'Aztèques se serait alors établis sur le cerro de Texcaltepetl, que Malinalxochitl aurait alors nommé Malinalco[4].

Le site date probablement de 1501, sous le règne de l'empereur Ahuitzotl.

Découverte archéologique[modifier | modifier le code]

Il fut découvert en 1933 et fouillé entre 1936 et 1939 par José García Payón[5].

Description[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un centre cérémoniel dont les bâtiments sont situés sur le flanc d'une colline, le « Cerro de los ídolos ». On distingue cinq édifices.

Édifice I[modifier | modifier le code]

La conception architecturale du bâtiment principal (l'Édifice I) appelé «Cuauhcalli» , c'est-à-dire «Maison de l'aigle» par Payón[6] est exceptionnelle en Mésoamérique car il a été creusé dans le roc.

À l'extérieur, un escalier encadré par des rampes mène à une plate-forme. De chaque côté de l'escalier se trouve une sculpture en ronde-bosse très endommagée représentant un jaguar. Sur la plate-forme, le sanctuaire rupestre s'ouvre par une porte en forme d'arc qui représente un serpent dont il faut franchir la langue pour pénétrer dans un espace circulaire taillé dans le rocher. Au fond de cette salle court une banquette de 50 cm de hauteur sculptée de deux aigles et d'un jaguar. Au centre de la pièce se trouve une autre sculpture d'aigle fixant l'entrée. Le toit de chaume est une reconstitution moderne.

L'édifice I est généralement considéré comme un lieu de culte où se réunissaient les ordres militaires des guerriers-aigles et des guerriers-jaguars. La disposition semi-souterraine de l'endroit suggère à Éric Taladoire et Brigitte Faugère-kalfon un rapprochement avec un autre lieu de rituels, les kivas du sud-ouest des États-Unis[7]

Autres édifices[modifier | modifier le code]

À l'est de l'édifice I se trouve l'édifice III, composé de deux chambres, l'une rectangulaire et l'autre circulaire, également taillée dans la roche. Au moment des fouilles, on trouva sur le mur ouest de la chambre rectangulaire des peintures murales, dont il ne reste pratiquement rien. Elles représentaient trois guerriers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. José Alcian, L'art précolombien, Mazenod, 1978, p. 496
  2. « Enciclopedia de los Municipios de México. Estado de México. Malinalco », Instituto Nacional para el Federalismo y el Desarrollo Municipal,‎ 2005 (consulté le 28 février 2010)
  3. Christian Duverger cite en particulier la Crónica mexicayotl de Fernando Alvarado Tezozómoc, le codex Duran et le codex Tovar (L'origine des Aztèques, 2003, p.326-327).
  4. Christian Duverger, L'origine des Aztèques, Éditions du Seuil, 2003, p. 326-327.
  5. « Malinalco », Conaculta (Consejo Nacional para la Cultura y las Artes),‎ 2009 (consulté le 28 février 2010)
  6. Manuel Aguilar-Morena, Handbook to Life in the Aztec World, Oxford University Press, 2006, p. 256
  7. Éric Taladoire et Brigitte Faugère-kalfon, Archéologie et art précolombiens: la Mésoamérique, Réunion des Musées nationaux, 1995, p. 241