Métrologie

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La barre de platine-iridium utilisée comme prototype du mètre de 1889 à 1960.

La métrologie est la « science des mesures et ses applications (§ 2.2 du VIM) »[1]. Elle « comprend tous les aspects théoriques et pratiques des mesurages, quels que soient l'incertitude de mesure et le domaine d'application »[1].

Le mot « mesure » a, dans la langue française courante, plusieurs significations (voir mesure sur le Wiktionnaire). Aussi n'est-il pas employé seul dans le vocabulaire présent. C'est également la raison pour laquelle le mot « mesurage » a été introduit pour qualifier l'action de mesurer. Le mot « mesure » intervient cependant à de nombreuses reprises pour former des termes de ce vocabulaire, suivant en cela l'usage courant et sans ambiguïté[1]. On peut citer, par exemple:

  • instrument de mesure ;
  • appareil de mesure ;
  • unité de mesure ;
  • méthode de mesure ;

Cela ne signifie pas que l'utilisation du mot « mesurage » au lieu de « mesure » pour ces termes ne soit pas admissible si l'on y trouve quelque avantage.

Le mesurage est un processus consistant à obtenir expérimentalement une ou plusieurs valeurs que l’on peut raisonnablement attribuer à une grandeur. Le mesurande est la grandeur que l'on veut mesurer.

Problématique[modifier | modifier le code]

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Par quelque bout que l'on prenne le problème, une mesure (essai ou analyse) est effectuée pour prendre une décision, par exemple :

  • mesurer la glycémie ; décision du médecin : prescrire un traitement ou pas ;
  • contrôler la qualité d'un produit ; (décision : le livrer au client ou pas ;
  • mesurer les joints de dilatation d’un pont ; décision : interrompre la circulation ou pas ;

Or, si le résultat de mesure est erroné, il y aura une forte probabilité pour que la décision le soit aussi :

  • vous n'êtes pas diabétique, mais à cause d'un résultat erroné, votre médecin vous prescrit un traitement pour diabétiques ;
  • un produit non conforme peut être déclaré comme étant conforme et livré au client ;
  • les différentes parties du pont peuvent trop s’écarter les unes des autres ou au contraire s’encastrer entre elles ;

Ce qui peut avoir des conséquences fâcheuses :

  • vous prenez de l'insuline, vous faites un peu d'effort et vous êtes en hypoglycémie ;
  • le client effectue un contrôle à réception et se rend compte que le produit est défectueux, le renvoie, réclame et éventuellement résilie ses contrats d'achats parce qu'il a l'impression de se faire arnaquer ;
  • dans le pire des cas, cela provoquerait l’effondrement du pont ou d’une partie du pont engendrant ainsi des problèmes de circulation, …

D'où la nécessité d'avoir des résultats de mesure fiables. C'est là qu'intervient cette science de la mesure.

Tout d'abord, commençons par expliquer ce qu'est un résultat de mesure fiable, mais de façon intuitive. Pour expliquer ce concept, nous allons voir ce qu'est un résultat de mesure non fiable.

Un joaillier peut-il utiliser une balance ayant une résolution (pas de quantification) de 10 grammes pour peser les bijoux qu'il vend ? Un fondeur (fabricant de puces électroniques) peut-il mesurer la largeur des pistes de ses circuits électroniques avec un instrument ayant une résolution de 1 millimètre ? Non, bien évidemment.

Mais pourquoi ce « non » ?

Commençons par le joaillier. Fin 2010, un gramme d'or coûte, à peu de chose près, 45 euros[2]. Donc, si la pesée d'un bijou en or se faisait à ± 1 gramme, l'une des deux parties prenantes (le joaillier ou le client) risque de perdre, bien sûr dans le pire des cas, l'équivalent de cette masse, c'est-à-dire 45 euros. Le ± (plus ou moins) de cet exemple, en simplifiant les concepts pour rendre les choses compréhensibles, veut dire que la masse vraie du bijoux à peser se situe dans un intervalle, autour du résultat de la pesée, ayant pour demi largeur 1 gramme. Si la balance indique 100 g, la masse vraie est comprise dans l'intervalle allant de 99 g à 101 g. Donc, le résultat de cette pesée est entaché d'un doute de ± 1 g.

On pourrait qualifier le résultat de cette pesée non fiable car les conséquences économiques de ce ± 1 g sont très négatives.

Un résultat de mesure fiable est tout le contraire. C'est-à-dire un résultat sur lequel pèse un doute acceptable. Qui pourrait être traduit par un ± 0,01 g, par exemple, qui est équivalent à 0,45 euros.

Pour résumer, bien évidemment dans le cadre de cet exemple, un résultat de mesure qui induirait une perte pour l'une des deux parties prenantes, de 0,45 euros par transaction, serait considéré comme un résultat de mesure fiable ; quelqu'un pourrait dire « non je n'accepterai pas de perdre 0,45 euros, mais éventuellement 0,01 euro », d'où le caractère partiellement subjectif de ce concept de « résultat fiable ».

Autre élément de réflexion, prenons le cas d'un marchand de fruits. Quel risque accompagnerait une pesée effectuée à ± 0,01 g pour un produit qui vaut 1 euro le kilogramme ? 0,00 001 euros. Quelle quantité correspondrai au risque de 0,45 euros ? 450 grammes.

On remarquera que le concept « résultat de mesure fiable » n'a pas la même signification que l'on soit bijoutier (ou acheteur de bijoux) ou marchand de fruits (ou acheteur de fruits) !

On se contentera, pour le moment, de dire qu'un résultat de mesure fiable correspond au besoin en matière de maîtrise des risques liés aux erreurs de mesure et à leurs conséquences (négatives bien sûr).

Un résultat de mesure fiable s'obtient par la maîtrise du processus de mesure. C'est-à-dire la maîtrise des facteurs ayant une influence sur la qualité des résultats délivrés. Le diagramme d'Ishikawa (Diagramme de causes et effets), aussi appelé les 5 M, liste les différents facteurs d'influence de la mesure :

  • matière ;
  • matériel ;
  • main d'œuvre ;
  • milieu ;
  • méthode.

Histoire de la Métrologie[modifier | modifier le code]

Jusqu'à la Renaissance européenne, les grandeurs sont évaluées en comparaison avec des références humaines, comme le pied ou le pouce pour les longueurs (souvent les organes des rois et empereurs), le journal pour la surface (champ gérable par une personne s'en occupant quotidiennement)…

Chaque pays, chaque région même, dispose de ses propres unités de mesure. L'Empire allemand ne compte pas moins de 19 pieds de longueurs différentes, le reste de l'Europe 18 autres[réf. nécessaire]. Ceci complique les échanges commerciaux et gêne la diffusion des connaissances (Voir Unités de mesure de l'Ancien Régime).

Les scientifiques français, inspirés par l'esprit des Lumières et la Révolution française, conçoivent un système de référence basé sur des objets ayant la même valeur pour tous, sans référence à une personne particulière, bref universel — « universel » dans le sens « accessible à tous et reconnu par tous », mais il ne s'agit au fond que d'une convention arbitraire. C'est ainsi que l'on prend la circonférence de la Terre comme référence de longueur pour bâtir le mètre.

Les domaines de la Métrologie[modifier | modifier le code]

Métrologie scientifique ou fondamentale[modifier | modifier le code]

La métrologie scientifique est la partie de la métrologie qui est chargée de définir les unités de mesure, de les réaliser, de les conserver et de les disséminer (étalons nationaux ou internationaux)[3].

Métrologie industrielle[modifier | modifier le code]

La métrologie industrielle, quant à elle, est chargée de transférer les unités de mesure vers les utilisateurs finaux que sont les industriels, les commerçants, les artisans et, en gros, tous ceux qui utilisent des instruments de mesure (comme les écoliers avec leurs règles, rapporteurs, …).

Le transfert des unités de mesure se fait grâce à l'étalonnage.

Ce domaine est l'interface entre les laboratoires nationaux de métrologie et le citoyen. Ses acteurs sont les laboratoires d'étalonnage accrédités.

Métrologie légale[modifier | modifier le code]

La métrologie légale est la « partie de la métrologie se rapportant aux activités qui résultent d'exigences réglementaires et qui s'appliquent aux mesurages, aux unités de mesure, aux instruments de mesure et aux méthodes de mesure et sont effectuées par des organismes compétents »[4]

La métrologie légale concerne toutes les activités de mesure relevant d'exigences définies par une réglementation. Ce sont, par exemple, les mesures effectuées dans le cadre de transactions commerciales (mesure du volume de carburant que vous achetez dans une station service, mesure des quantité de produits pré-emballés, mesure de quantité de fruits et légumes, pesage des lettres et colis, mesure de l'énergie électrique consommée par une habitation…), les mesures effectuées pour définir le prix d'une taxe ou l'importance d'une sanction (cinémomètres — les fameux radars automobile —, éthylomètres…), les mesures des rejets de polluants (analyseur de gaz d'échappement de véhicule automobile…), les mesures liées à la santé (lit pèse-malade…).

La métrologie légale inclut quatre activités principales :

  • l'établissement des exigences légales ;
  • le contrôle/l'évaluation de la conformité de produits réglementés et d'activités réglementées ;
  • la supervision des produits réglementés et des activités réglementés, et
  • la mise en place des infrastructures nécessaires à la traçabilité des mesures réglementées et des instruments de mesure[5].

Processus de mesure[modifier | modifier le code]

Mètre ruban.png

La mesure se fait à l'aide d'un instrument de mesure qui donne un nombre. Ce nombre obtenu est le « mesurande » puisqu’il correspond à la grandeur que l’on veut mesurer.[réf. nécessaire]

La mesure peut se faire par comparaison :

  • pour mesurer les longueurs, on peut comparer la dimension de l'objet avec celles d'un objet de référence, comme une règle graduée ;
  • de la même manière pour les angles, on peut utiliser un rapporteur gradué ;
  • pour mesurer la masse, on peut utiliser une balance Roberval avec des masses marquées en laiton.

Cette comparaison peut faire intervenir un dispositif modifiant l'intensité du phénomène, comme par exemple un effet de levier dans les balances à fléau pour mesurer la masse.

La mesure peut transformer un phénomène physique en un autre plus facilement mesurable ; l'intensité du phénomène à mesurer doit être reliée au phénomène mesuré de manière non ambiguë. Par exemple :

  • l'allongement d'un ressort est proportionnel à la force, donc en mesurant une longueur, on déduit la force, c'est le principe du dynamomètre ;
  • à un endroit donné de la Terre, la masse est proportionnelle au poids, donc en mesurant le poids (une force), on peut déduire la masse (peson) ;
  • un courant électrique parcourant une bobine crée un champ magnétique ; ce champ attire une aiguille métallique qui est retenue par un ressort de rappel ; on a donc transformé un courant électrique en force, puis une force en déviation angulaire, la déviation étant lisible à l'aide d'un compas, c'est le principe de l'ampèremètre.
  • pour mesurer une vitesse, les radars d'autoroute (cinémomètres) utilisent le décalage de fréquence d'une onde électromagnétique selon l'effet Doppler-Fizeau ; on a donc transformé une vitesse en une différence de fréquence.

De nombreux phénomènes peuvent être transformés en courant électrique, par exemple l'intensité lumineuse (avec une diode photoréceptrice), une force (par un cristal piézoélectrique])… Ainsi, la plupart des appareils de mesure moderne évaluent au bout du compte une intensité de courant électrique.

Article détaillé : Transducteur.

On distingue les appareils analogiques, pour lesquels la mesure est lue sur un cadran avec une aiguille, et les appareils numériques qui affichent une valeur numérique sur un écran ou qui la stockent dans un ordinateur.

La mesure en physique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mesure physique.

Erreur de mesure[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Calcul d'erreur et Calcul d'incertitude.

Étalons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étalon (modèle).

« Un étalon est une réalisation de la définition d'une grandeur donnée, avec une valeur déterminée et une incertitude de mesure associée, utilisée comme référence »[1].

Pour simplifier, un étalon est une matérialisation d'une grandeur donnée dont on connait la valeur avec une grande exactitude. Un étalon sert à étalonner d'autres étalons ou des équipements qui mesurent la même grandeur.

On répertorie :

  • les étalons internationaux, reconnus par les signataires d'un accord international pour une utilisation mondiale ;
  • les étalons nationaux, reconnus par une autorité nationale pour servir, dans un état ou une économie, comme base à l'attribution de valeurs à d'autres étalons de grandeurs de la même nature ;
  • les étalons primaires, établis à l'aide d'une procédure de mesure primaire ou créé comme objet par convention ;
  • les étalons secondaires, établis par l'intermédiaire d'un étalonnage par rapport à un étalon primaire d'une grandeur de même nature ;
  • les étalons de référence, conçus pour l'étalonnage d'autres étalons de grandeurs de même nature dans une organisation donnée ou en un lieu donné ;
  • les étalons de travail, utilisés couramment pour étalonner ou contrôler des instruments de mesure ou des systèmes de mesure.

Étalonnage, vérification et ajustage d'un équipement de mesure[modifier | modifier le code]

D'après le Vocabulaire international de métrologie (VIM) édition 2008, l'étalonnage est une « opération qui, dans des conditions spécifiées, établit en une première étape une relation entre les valeurs et les incertitudes de mesure associées qui sont fournies par des étalons et les indications correspondantes avec les incertitudes associées, puis utilise en une seconde étape cette information pour établir un résultat de mesure à partir d'une indication »[1].

En clair, cette opération consiste à mesurer la même grandeur avec l'équipement à étalonner et l'équipement étalon, et à comparer les indications des deux instruments, puis à exploiter les résultats de cette comparaison.

Prenons par exemple l'étalonnage d'un thermomètre, que nous allons simplifier. Dans un milieu homogène, à une température stabilisée (four ou bain thermostaté), nous plongeons deux instruments, l'un à étalonner (thermomètre) et un étalon (thermomètre de référence, accompagné d'un certificat d'étalonnage), et nous mesurons la température du milieu (bain ou four). Le thermomètre étalon (ajusté) indique 25,30 °C, le thermomètre à étalonner indique 24,10 °C. Nous avons alors

T° thermomètre = T° étalon - 1,20 °C,

qui est une relation entre les indications et les valeurs fournies par un étalon. C'est la première étape de la définition.

La seconde étape dont parle le VIM, consiste à exploiter les résultats de la première. Il peut s'agir de trois actions :

  • la correction « manuelle » du résultat lu ;
  • la vérification du matériel ;
  • l'ajustage du matériel.

La correction « manuelle » consiste à modifier la valeur lue. Dans l'exemple précédent, si le thermomètre mesure 20,6 °C, alors la température à prendre en compte est 20,6 + 1,20 = 21,8 °C.

La vérification métrologique consiste à apporter la preuve à partir de mesures (étalonnage) que des exigences spécifiées, c'est-à-dire les erreurs maximales tolérées (EMT), sont satisfaites. Le résultat d'une vérification se traduit par une décision de conformité (suivie d'une remise en service) ou de non-conformité (suivie d'un ajustage, d'une réparation, d'un déclassement ou d'une réforme de l'appareil).

L'ajustage est un « ensemble d'opérations réalisées sur un système de mesure pour qu'il fournisse des indications prescrites correspondant à des valeurs données des grandeurs à mesurer »[1].

En clair, cela signifie que si le résultat d'une vérification métrologique est non conforme (aux EMT), et dans le cas où l'on dispose encore d'une marge de manœuvre, on agit sur l'équipement de mesure de façon à ramener son erreur d'indication à l'intérieur des EMT.

Dans le cas des masses marquées, il peut s'agir soit d'ajouter de la matière (rechargement) ou d'en enlever (limage, usinage).

Si par exemple l'appareil de mesure est réglable, alors cela peut consister à régler l'appareil ; si le résultat est exploité par un ordinateur, la correction peut être faite par le logiciel. Dans le cas d'une balance, l'opération consiste à placer une masse étalon, dont la valeur et la classe d'exactitude sont définies, et à suivre une certaine procédure, telle qu'indiquée par la documentation fournisseur (en général, l'appui sur deux touches en même temps).

Article détaillé : Étalonnage.

Échantillonnage[modifier | modifier le code]

Voir l'article détaillé : Échantillonnage

Dans certains cas, le phénomène que l'on veut évaluer n'est pas homogène, il faut donc faire plusieurs mesures.

Par exemple, si l'on veut mesurer l'épaisseur d'une plaque, il faut le faire en plusieurs endroits car l'épaisseur n'est pas strictement constante : on parle alors de reproductibilité. Si l'on veut connaître la composition chimique d'un pétrole brut dans les soutes d'un pétrolier super-tanker, il faut faire des prélèvements en plusieurs endroits ; notamment, en raison de la décantation, les produits lourds sont au fond et les produits légers au-dessus. En géologie, il faut prélever des roches en plusieurs endroits pour déterminer la nature du sol. Lorsque l'objet est assez petit et liquide ou pulvérulent, on peut se contenter de le brasser (voire de le broyer pour un solide) avant d'en prélever une petite quantité.

Le cas d'échantillonnage le plus connu, et sans doute le plus problématique, est celui des sondages d'opinion ; les organismes de sondage s'attachent à interroger un échantillon (ou panel) dit représentatif de la population, notamment en ce qui concerne le sexe, l'âge, les revenus, le métier pratiqué, le lieu d'habitation…

La mesure en informatique[modifier | modifier le code]

Mesure en génie logiciel[modifier | modifier le code]

Mesure sur le code On peut distinguer par exemple :

  • mesure textuelle : elle porte sur le vocabulaire utilisé et le nombre d'occurrences des éléments du vocabulaire dans le texte du programme (mesure d'Halstead).
  • mesure sur le graphe de contrôle du programme, par exemple :
    • « mesure de McCabe » qui utilise le nombre cyclomatique (nombre de chemins linéairement indépendants dans le programme) + 1 (afin de tenir compte qu'un programme n'est pas modélisé par un graphe fortement connexe). La théorie sous-jacente est critiquable : ne tient pas compte de l'ordre des instructions !
    • sur la structure du programme analysé en termes de structures de contrôle de base (séquence, alternative, itérative) : profondeur de nichage, etc.
  • mesure sur le graphe d'appel

Mesure sur les spécifications

Nous citerons les mesures faites sur des développements avec preuve. Par exemple, lors des développements faits avec la méthode B, on compte le nombre de preuves automatiques, interactives. On calcule le rapport entre nombre de lignes de spécification et nombre de lignes de code exécutable généré.

Métrologie système[modifier | modifier le code]

Sur les serveurs informatiques, on parle de métrologie système, ce qui recouvre plusieurs notions:

  • la mesure de la charge instantanée du serveur (charge processeur, mémoire, réseau...)
  • la mesure de la capacité du serveur à assurer dans de bonnes conditions le fonctionnement d'une ou plusieurs applications

Dans ce dernier cas la notion se rapproche du Capacity planning où l'enjeu est de faire évoluer les ressources (ajout mémoire par exemple) pour satisfaire l'augmentation de consommation des applications liée par exemple à un nombre croissant d'utilisateurs. La métrologie dans ce cas consiste à relever des indicateurs, prévoir leur évolution dans le temps et anticiper les adaptations nécessaires de l'infrastructure informatique.

Les constructeurs informatique utilisent des mesures relatives de puissance pour comparer les systèmes entre eux, soit des systèmes propriétaires (par exemple le rPerf chez IBM), soit normalisé par des organismes indépendants (par exemple le TPC)[6].

Mesure qualitative[modifier | modifier le code]

Dans un certain nombre de cas, la grandeur à mesurer est discrète (non continue), et ne s'exprime pas sous la forme d'un nombre. La mesure consiste donc à se référer à des classes, et à déterminer à quelle classe le phénomène appartient. C'est le cas par exemple des maladies : le diagnostic est la détermination du nom de l'affection.

Dans un certain nombre de cas, le classe peut être transformée en nombre. Il peut s'agir d'un classement ; par exemple, l'échelle de dureté de Mohs, classe les matériaux par ordre de dureté croissante, ce qui donne un nombre de 1 à 10. Ou encore, l'échelle Rossi-Forel classe l'importance d'un séisme par ses conséquences, et lui attribue une intensité sous la forme d'un nombre compris entre 1 et 10.

Capitalisation de la mesure[modifier | modifier le code]

Le but de la capitalisation de la mesure est :

  • d'inventorier toutes les données capitalisables sur la mesure (techniques, organisationnelles). Pour cela on utilise les non-conformités produits, les résultats de contrôle, les anomalies processus, les résultats de réglages et d'audits, les revues de direction et de processus et les tableaux de bord ;
  • d'identifier tous les seuils d'acceptation (seuils limites, objectifs) de chaque donnée : on utilise donc les gammes de fabrication, les cahiers des charges, les normes et les tableaux de bord ;
  • de déterminer des méthodes d'analyse pour chaque type de données (qui le fait, fréquence, comment ?) : on reprend donc les tableaux de compétences de l'entreprise, les revues de processus et de direction, les planning prévisionnels et les instructions, procédures, méthodes ;
  • de mettre en place une méthode de résolution de problème.

Les indicateurs de ce processus sont :

  • le nombre de donnés analysées ;
  • le nombre d'actions préventives mises en œuvre à la suite de l'analyse des données capitalisables.

La Traçabilité métrologique[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

C'est la « propriété d'un résultat de mesure selon laquelle ce résultat peut être relié à une référence par l'intermédiaire d'une chaîne ininterrompue et documentée d'étalonnages dont chacun contribue à l'incertitude de mesure »[1].

En clair, pour parler de résultat de mesure traçable (au Système international d'unités (SI)), il est nécessaire que l'équipement de mesure soit étalonné par rapport à un étalon, qui a été étalonné par rapport à un étalon, qui a été étalonné par rapport à un étalon, ..., qui a été étalonné par rapport à l'étalon national ou international.

On remarquera que dans le terme traçabilité il y a "trace". Il s'agit de tracer une information (l'"unité de mesure") jusqu'à sa source (l'étalon national ou international). En effet, pour que les résultats de mesure soient comparables, il est nécessaire que tous les instruments de mesure donnent leurs résultats dans la même unité, qui est matérialisée par un étalon national ou international reconnue par tous.

Les 6 points clés définis par ILAC[modifier | modifier le code]

L'ILAC considère que les éléments nécessaires pour confirmer la traçabilité métrologique sont :

  • une chaîne de traçabilité métrologique ininterrompue à un étalon international ou un étalon national,
  • une incertitude de mesure documentée,
  • une procédure de mesure documentée,
  • une compétence technique reconnue,
  • la traçabilité métrologique au SI, et
  • des intervalles entre étalonnages[1],[7].

Anecdote[modifier | modifier le code]

On se souviendra que la sonde spatiale martienne Mars Climate Orbiter s'est écrasée sur la planète Rouge car une équipe exprimait les longueurs en mètres alors que l'autre les exprimait en pieds (voir : Perte de la sonde).

Acteurs de la métrologie (ou infrastructure métrologique)[modifier | modifier le code]

Au niveau international[modifier | modifier le code]

Au niveau national[modifier | modifier le code]

Organismes de normalisation[modifier | modifier le code]

  • l'ISO, qui fédère les organismes nationaux de normalisation.

Chaque pays a son propre organisme de normalisation : l' Association française de normalisationAFNOR en France, le American National Standards InstituteANSI aux États-Unis, le Deutsches Institut für NormungDIN en Allemagne, l'Institut belge de normalisation — IBN en Belgique, le British Standards InstitutionBSI au Royaume-Uni, l' Office fédéral de MétrologieMETAS en Suisse, etc. Notons que ces organismes nationaux sont, dans leur grande majorité, privés (l'Afnor par exemple est une association type loi 1901) et que les normes qu'ils éditent sont payantes.

  • La Commission Électrotechniques Internationale (CEI) pour les domaines de l'électricité et de l'électrotechnique.

Liste des différentes normes (métier) de métrologie[modifier | modifier le code]

  • Vocabulaire international de métrologie — Concepts fondamentaux et généraux et termes associés (VIM) [9],
  • GUM : Guide pour l'expression de l'incertitude de mesure[10] ,
  • ISO/CEI 17025 (septembre 2005) Exigences générales concernant la compétence des laboratoires d'étalonnages et d'essais,
  • ISO 15189 (aout 2007) Laboratoires de biologie médicale - Exigences particulières concernant la qualité et la compétence,
  • ISO 10012 (septembre 2003) Systèmes de management de la mesure - Exigences pour les processus et les équipements de mesure,
  • FD X 02-003 (mai 2013) Normes fondamentales - Principes de l'écriture des nombres, des grandeurs, des unités et des symboles,
  • NF X 02-006 (août 1994) Normes fondamentales - Le système international d'unités - Description et règle d'emploi - Choix de multiples et de sous-multiples,
  • ISO/GUIDE 30 (novembre 1995) Métrologie - Termes et définitions utilisées en rapport avec les matériaux de référence,
  • X 07-011 (décembre 1994) Métrologie - Essais - Métrologie dans l'entreprise - Constat de vérification des moyens de mesure,
  • FD X 07-012 (novembre 1995) Métrologie - Métrologie dans l'entreprise - Certificat d'étalonnage des moyens de mesure,
  • FD X 07-013 (décembre 1996) Métrologie - Métrologie dans l'entreprise - Critères de choix entre vérification et étalonnage, utilisation et conservation des résultats de mesure,
  • X 07-014 (novembre 2006) Métrologie - Optimisation des intervalles de confirmation métrologique des équipements de mesure,
  • X 07-015 (août 2007) Métrologie - Raccordement des résultats de mesure au système international d'unités (SI),
  • X 07-016 (décembre 1993) Métrologie - Essais - Métrologie dans l'entreprise - Modalités pratiques pour l'établissement des procédures d'étalonnage et de vérification des moyens de mesure,
  • X 07-017-1 (décembre 1995) Métrologie - Procédure d'étalonnage et de vérification des instruments de pesage à fonctionnement non automatique (IPFNA) - Partie 1 : vérification,
  • X 07-017-2 (décembre 1997) Métrologie - Procédure d'étalonnage et de vérification des instruments de pesage à fonctionnement non automatique (IPFNA) - Partie 2 : étalonnage,
  • X 07-018 (décembre 1997) Métrologie - Métrologie dans l'entreprise - Fiche de vie des équipements de mesure, de contrôle et d'essai,
  • X 07-019 (décembre 2000) Métrologie - Relations clients/fournisseurs en métrologie,
  • FD X 07-021 (octobre 1999) Normes fondamentales - Métrologie et application de la statistique - Aide à la démarche pour l'estimation et l'utilisation de l'incertitude de mesure et des résultats d'essais,
  • FD X 07-022 (décembre 2004) Métrologie et application de la statistique - Utilisation des incertitudes de mesure : présentation de quelques cas et pratiques usuelles,
  • FD X 07-025-1 (décembre 2003) Métrologie - Programme technique de vérification des équipements de mesure - Partie 1 : principes généraux - Démarche commune et générale pour élaborer un programme technique de vérification,
  • FD X 07-025-2 (décembre 2008) Métrologie - Programmes techniques minimaux de vérification métrologique des équipements de mesure - Partie 2 : domaines électricité/magnétisme et temps/fréquence,
  • normes de la série ISO 5725 Application de la statistique - Exactitude (justesse et fidélité) des résultats et méthodes de mesure - Parties 1 à 6.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Fenton, Software Metrics, A Rigourous Approach, Chapman & Hall, 1991
  • (en) Fenton E.N., Pfleeger S.L., Softaware Metrics, A Rigourous & Practical Approach, Second Edition, Thompson Publishing, 1996
  • Habrias H. , La mesure du logiciel, nouvelle édition, Tekenea, Toulouse, 1995
  • Jean-Claude Hocquet, La métrologie historique, Paris, Presses Universitaires de France, Que sais-je ?, 1995.
  • Franck Jedrzejewski, Histoire universelle de la mesure, Paris, Ellipses, 2002, ISBN 2729811060.
  • Collectif, A tous les temps, à tous les peuples - Histoire et histoires de la métrologie légale, Paris, Les Amis de la Mesure, 2003, ISBN 2001979010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]