Catherine Labouré

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48° 51′ 03″ N 2° 19′ 26″ E / 48.85097, 2.32377 ()

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Catherine Labouré
Image illustrative de l'article Catherine Labouré
Religieuse (Fille de la Charité) et sainte
Naissance 2 mai 1806
Fain-lès-Moutiers, Côte-d'Or
Décès 31 décembre 1876 (à 70 ans) 
Reuilly Paris
Nationalité Flag of France.svg Française
Vénéré à Paris 140, rue du Bac
Béatification 28 mai 1933
par Pie XI
Canonisation 27 juillet 1947
par Pie XII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 28 novembre
Attributs Cornette, médaille.
Saint patron Colombophilie
Châsse de sainte Catherine Labouré.
Des ex-voto dans la chapelle de la Médaille miraculeuse, rue du Bac, à Paris.
Autel de la chapelle de la Médaille miraculeuse.
Autel de la chapelle de la Médaille miraculeuse
Statue de saint Vincent de Paul.

Catherine Labouré, née le 2 mai 1806 à Fain-lès-Moutiers (France) et morte le 31 décembre 1876 à Paris, Fille de la Charité, elle a fait part à son confesseur seulement des apparitions de la Vierge Marie qu'elle dit avoir eues en juillet et novembre 1830 durant son noviciat (appelé séminaire chez les Filles de la Charité) en la chapelle de son couvent de la rue du Bac à Paris.

Cet évènement est à l'origine de la diffusion de la « Médaille miraculeuse », portée aujourd'hui par de nombreux catholiques.

Canonisée en 1947 par Pie XII, Catherine Labouré est liturgiquement commémorée le 25 ou 28 novembre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Catherine est née à Fain-lès-Moutiers en Bourgogne, huitième des dix enfants du fermier Pierre Labouré et de son épouse Louise Gontard qui meurt le 9 octobre 1815. Ayant perdu sa mère à l'âge de neuf ans, Catherine, que sa famille appelle Zoé, développe une affection particulière pour la Vierge Marie[2].

Étant donné les circonstances familiales, elle est placée chez sa tante avec sa sœur cadette Tonine puis à douze ans, après sa communion reçue le 25 janvier 1818, elle revient à la ferme de son père où elle s'occupe du ménage, de la cuisine et des bêtes (traite des vaches, nourrissage des porcs et des 800 pigeons), si bien qu'elle ne va pas à l'école. Adolescente, elle désire comme sa sœur aînée Marie-Louise entrer chez les Filles de la Charité à la suite d'un rêve la faisant rencontrer un vieux prêtre qui l'encourage dans cette voie. Une cousine se propose de prendre Catherine à Châtillon-sur-Seine dans un pensionnat réputé qu'elle dirige et où elle apprend à lire et écrire. Elle est confirmée dans sa décision de devenir religieuse lorsqu'elle découvre dans la maison des sœurs de la Charité à Châtillon-sur-Seine un tableau de Vincent de Paul, qui a fondé cet ordre, en qui elle reconnaît le vieux prêtre. Son père qui désire la marier et la détourner de ce choix, l'envoie travailler à Paris, où un de ses frères tient une cantine pour ouvrier. Elle y découvre la misère du peuple, ce qui l'incite d'autant plus, à 18 ans, à entrer chez les religieuses de Saint Vincent de Paul.

Après trois mois de discernement à la maison des sœurs de la Charité à Châtillon-sur-Seine, elle commence son noviciat le 21 avril 1830 à la maison-mère située rue du Bac à Paris.

Le 30 janvier 1831, elle prend l'habit et prononce ses vœux. Elle est envoyée le 5 février 1831 à l'hospice d'Enghien[Note 1] qui recueille les vieillards, notamment les anciens serviteurs de la Maison d'Orléans. L'hospice est situé dans le village de Reuilly au sud-est de Paris[Note 2] et elle y reste jusqu'à la fin de sa vie[3].

Cette fille de paysan y fait preuve d'un caractère affirmé, voire un peu fruste, s'occupant également de la ferme de l'hospice, nourrissant les volailles et nettoyant l'étable. « Elle passait inaperçue » dira d’elle une religieuse.

Pieuse, elle est également sujette à des visions ou à des prémonitions qu'elle ne révèle qu'à son confesseur et à sa supérieure. Sa vie entière sera marquée par un profond silence.

Apparitions de la Sainte Vierge[modifier | modifier le code]

Catherine révèle à son confesseur seul que, pendant son noviciat, dans la nuit du 19 juillet 1830, jour de la fête de Vincent de Paul, elle est réveillée par un petit enfant qui lui dit « Ma sœur, tout le monde dort bien. Venez à la chapelle. La Sainte Vierge vous attend. » Croyant rêver, Catherine se lève, s'habille et suit l'enfant. Arrivée à la chapelle, elle entend bientôt le froissement d'une robe de soie. La Sainte Vierge est là, resplendissante, et lui parle durant deux heures, lui confiant que Dieu a une difficile mission pour elle.

Le 27 novembre 1830, Catherine rapporte que la Sainte Vierge était revenue lors de la méditation du soir. La Vierge se tenait debout sur un globe, avec aux pieds un serpent et portant des anneaux de différentes couleurs d'où jaillissaient des rayons de lumière sur le globe. Tout autour apparaissaient les mots « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous », et la Vierge dit« C'est l'image des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent », et, pour expliquer les anneaux qui ne projetaient pas de rayons, elle ajouta « C'est l'image des grâces que l'on oublie de me demander. » Puis le tableau parut se retourner. C'est le revers de la médaille : un grand M, initiale de Marie, surmonté de la Croix. Au-dessous, deux cœurs : celui de Jésus, couronné d'épines, et celui de Marie, percé par un glaive, douze étoiles entourant ce tableau.

Les deux faces de la « médaille miraculeuse ».

Catherine entendit alors Marie lui demander de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les frapper sur des médailles car « tous ceux qui la porteront recevront mes grâces ».

Médaille miraculeuse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médaille miraculeuse.

Après deux ans d'enquête et d'observation de la conduite de Catherine, le prêtre informa l'archevêque de Paris, sans lui révéler l'identité de Catherine. La requête fut approuvée et les médailles furent frappées et devinrent extrêmement populaires, notamment durant l'épidémie de choléra de 1832.

La Vierge avait en outre demandé à Catherine de rassembler une confrérie d’enfants de Marie[4]. En 1837, les Filles de la Charité et les Lazaristes répondent à ce vœu en fondant les Enfants de Marie Immaculée[5].

L'Immaculée Conception[modifier | modifier le code]

Bien que la foi en l'Immaculée Conception de la Vierge Marie fut largement répandue, la doctrine n'avait pas encore été définie et le dogme non encore proclamé. La médaille avec les mots « conçue sans péché » conduisit le pape Pie IX (élu en 1846) à alller de l'avant : le 8 décembre 1854, il proclame solennellement le dogme de l'Immaculée Conception.

En 1858, à Lourdes la Vierge Marie se serait présenté à Bernadette Soubirous par ces mots « Je suis l'Immaculée Conception. »

En 1870-1871, Catherine, comme tous les Parisiens, subit le siège de Paris par les troupes prussiennes, la famine puis les troubles de la Commune de Paris au cours de laquelle, dit-on, des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.

Catherine Labouré meurt le 31 décembre 1876, quarante-six ans après ses visions, sans jamais avoir révélé son secret à d'autres qu'à son directeur spirituel.

La Croix de la Victoire[modifier | modifier le code]

Quelques mois après la fin de la Révolution de 1848, Catherine Labouré aurait eu la vision d’une « Croix de la Victoire », d'un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris :

Elle s’empresse, bien sûr, d’aller le dire à M. Aladel [son confesseur], deux fois, et même de le mettre par écrit, à chaud, dès le 30 juillet 1848, de crainte d’oublier un détail : « Il y aura des ennemis de la religion qui chercheront et promèneront une Croix couverte d’un voile noir qui portera la terreur dans les esprits. Mais la Croix triomphera. Il y aura une Croix que l’on appellera la Croix de la Victoire, qui portera la livrée de la nation, elle sera plantée du côté de Notre-Dame, sur la place des victimes. La voici : une Croix sera faite d’un bois précieux, étranger. Elle sera garnie. Elle aura des pommes d’or aux extrémités. Le Christ sera grand ; la tête penchée du côté du cœur, la plaie du côté droit où il coule beaucoup de sang. La livrée de la nation dans le haut de la colonne. Le blanc, c’est l’innocence, voltigeant sur la couronne d’épines. Le rouge représente le sang ; le bleu, c’est la livrée de la Sainte Vierge. »

Et de continuer : « Cette croix sera appelée la Croix de la Victoire. Elle sera en grande vénération. De toute la France et des pays les plus éloignés, et même de l’étranger, les uns y viendront par dévotion, les autres en pèlerinage, et d’autres par curiosité. Enfin, il se fera des protections toutes particulières qui tiendront du miracle. Il ne viendra pas une personne à Paris qui ne vienne voir et visiter cette croix, comme une œuvre d’art. » […]

« Sur le pied de la Croix, il sera représenté toute cette révolution, telle qu’elle s’est passée. Le pied de la croix m’a paru avoir de 10 à 12 pieds [environ 3,5 mètres] en carré, et la croix de 15 à 20 pieds [de 4,5 à 6 mètres] en hauteur. Et, une fois élevée, elle m’apparaissait à peu près de 30 pieds [9 mètres] de hauteur. Sous cette croix, il reposera une partie des morts et des blessés pendant les événements si pénibles... » [...]

« Ici, un bras paraît, une voix se fait entendre : "le sang coule !" En montrant du doigt le sang : "L’innocent meurt, le pasteur donne sa vie." » [...]

« La croix m'apparut de toute beauté. Notre-Seigneur était comme s'il venait de mourir. La couronne d'épines sur Sa tête, les cheveux épars dans la couronne par-derrière, la tête penchée du côté du cœur. »[6]

Mais l’abbé Aladel, son confesseur, n’en tint pas compte. C’est pourquoi, elle lui écrivit peu après cette lettre :

« [...] Je vous parle de cette croix, après avoir consulté le Bon Dieu, la Sainte Vierge et notre bon père saint Vincent, le jour de sa fête et tout l’octave où je me suis abandonnée toute à Lui, et le priai qu’Il m’ôte toute pensée singulière à ce sujet et à tant d’autres. Au lieu de me trouver soulagée, je me suis sentie de plus en plus pressée de vous donner tout par écrit. Ainsi par obéissance, je me soumets. Je pense que je n’en serai plus inquiétée. Je suis, avec le plus profond respect, votre fille toute dévouée au Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. »[7]

Cette croix n’est, à ce jour, toujours pas érigée.

Vénération[modifier | modifier le code]

À l'occasion de sa béatification par le pape Pie XI le 28 mai 1933, son corps est exhumé de son cercueil constitué d'une bière en sapin emboîtée dans une caisse de plomb, le 21 mars 1933. Le corps est retrouvé en parfait état (personne myroblyte). Il est nettoyé, mis en habit de religieuse (avec notamment la cornette blanche aux larges ailes) et placé dans une châsse en bronze doré dans la chapelle de la Médaille miraculeuse au no 140 de la rue du Bac à Paris[8]. Le corps de sainte Louise de Marillac, première supérieure des Filles de la Charité, repose aussi rue du Bac, à deux pas de la chapelle des Lazaristes où est exposé le corps de saint Vincent de Paul.

Catherine Labouré est canonisée le 27 juillet 1947 par le pape Pie XII. Elle est fêtée localement le 25 novembre ou le 28 novembre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Bernet, La vie cachée de Catherine Labouré, ou l'histoire extraordinaire de la médaille miraculeuse. Perrin, 2001.
  • René Laurentin, Vie de Catherine Labouré, Desclée De Brouwer, 1980, 254 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'hospice d'Enghien a été fondé par la duchesse de Bourbon, tante du futur roi Louis-Philippe Ier, en l'honneur de son fils exécuté sommairement sur les ordres de Napoléon Ier en 1804.
  2. Le village a été rattaché à Paris en 1860. Correspondant au 12, rue de Picpus, le bâtiment des sœurs de la Charité a été rasé en 1950.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nominis : Sainte Catherine Labouré
  2. (en) René Laurentin, Catherine Labouré. Visionary of the Miraculous Medal, Pauline Books & Media,‎ 1983, p. 2
  3. René Laurentin, op. cité,p. 51.
  4. Hélène Roman-Galéazzi, « Les Enfants de Marie Immaculée », sur rives.revues.org, 2005.
  5. « Jeunesse Mariale », sur europe.2004.free.fr.
  6. Anne BERNET, La Vie cachée de Catherine Labouré, Paris, Ed. Perrin, 2001, pp. 216-217.
  7. Anne BERNET, La Vie cachée de Catherine Labouré, Paris, Ed. Perrin, 2001, p 219.
  8. Yves Gagneux, Reliques et reliquaires à Paris : XIXe-XXe siècle, Éditions du Cerf,‎ 2007, p. 124