Catherine Labouré

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

48° 51′ 03″ N 2° 19′ 26″ E / 48.85097, 2.32377 ()

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Sainte Catherine.
Catherine Labouré
Image illustrative de l'article Catherine Labouré
Religieuse (Fille de la Charité) et sainte
Naissance 2 mai 1806
Fain-lès-Moutiers, Côte-d'Or
Décès (à 70 ans) 
Reuilly Paris
Nationalité Flag of France.svg Française
Vénéré à Paris 140, rue du Bac
Béatification 28 mai 1933
par Pie XI
Canonisation 27 juillet 1947
par Pie XII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 28 novembre
Attributs Cornette, médaille.
Saint patron Colombophilie
Châsse de sainte Catherine Labouré.
Des ex-voto dans la chapelle de la Médaille miraculeuse, rue du Bac, à Paris.
Autel de la chapelle de la Médaille miraculeuse.
Autel de la chapelle de la Médaille miraculeuse
Statue de saint Vincent de Paul.

Catherine Labouré, née le à Fain-lès-Moutiers (France) et morte le à Paris, est une membre française des Filles de la Charité qui, durant son noviciat, a fait part des apparitions de la Vierge Marie qu'elle dit avoir eues en son couvent de la rue du Bac à Paris.

Cet évènement est à l'origine de la diffusion de la « Médaille miraculeuse », portée aujourd'hui par de nombreux catholiques.

Canonisée en 1947 par Pie XII, Catherine Labouré est liturgiquement commémorée le 25 ou 28 novembre[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Catherine est née à Fain-lès-Moutiers en Bourgogne, huitième des dix enfants du fermier Pierre Labouré et de son épouse Louise Gontard qui meurt en 1815,

Ayant donc perdu sa mère à l'âge de neuf ans, Catherine, que sa famille appelle Zoé, développe une affection particulière pour la Vierge Marie.

Étant donné les circonstances familiales, elle travaille très jeune à la ferme de son père et ne va pas à l'école. Adolescente, elle choisit d'entrer plus tard chez les Filles de la Charité à la suite d'un rêve la faisant rencontrer Vincent de Paul, qui a fondé cet ordre. Son père qui désire la marier et la détourner de ce choix, l'envoie travailler à Paris, où un de ses frères tient une cantine pour ouvrier. Elle y découvre la misère du peuple, ce qui l'incite d'autant plus, à 18 ans, à entrer chez les religieuses de Saint Vincent de Paul. C'est alors seulement que Catherine apprend à lire et écrire.

Après trois mois de discernement à la maison des sœurs de la Charité à Châtillon-sur-Seine, elle commence son noviciat à la maison-mère située rue du Bac à Paris.

Ayant prononcé ses vœux , elle est envoyée à l'Hospice d'Enghien[2] qui recueille les vieillards (notamment les anciens serviteurs de la Maison d'Orléans). L'hospice est situé dans le village de Reuilly au sud-est de Paris[3].

Cette fille de paysan y fait preuve d'un caractère affirmé, voire un peu fruste, s'occupant également de la ferme de l'hospice, nourrissant les volailles et nettoyant l'étable. "Elle passait inaperçue" dira d’elle une religieuse.

Pieuse, elle est également sujette à des visions ou à des prémonitions qu'elle ne révèle qu'à son confesseur et à sa supérieure. Sa vie entière sera marquée par un profond silence.

Apparitions de la Sainte Vierge[modifier | modifier le code]

Catherine révéla à son confesseur seul que, pendant son noviciat, dans la nuit du 19 juillet 1830, jour de la fête de Vincent de Paul, elle fut réveillée par un petit enfant qui lui dit : « Ma sœur, tout le monde dort bien. Venez à la chapelle. La Sainte Vierge vous attend. » Croyant rêver, Catherine se lève, s'habille et suit l'enfant. Arrivée à la chapelle, elle entend bientôt le froissement d'une robe de soie. La Sainte Vierge est là, resplendissante, et lui parle durant deux heures, lui confiant que Dieu a une difficile mission pour elle.

Le , Catherine rapporte que la Sainte Vierge était revenue lors de la méditation du soir. La Vierge se tenait debout sur un globe, avec aux pieds un serpent et portant des anneaux de différentes couleurs d'où jaillissaient des rayons de lumière sur le globe. Tout autour apparaissaient les mots « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous », et la Vierge dit : « C'est l'image des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent », et, pour expliquer les anneaux qui ne projetaient pas de rayons, elle ajouta : « C'est l'image des grâces que l'on oublie de me demander. » Puis le tableau parut se retourner. C'est le revers de la médaille : un grand M, initiale de Marie, surmonté de la Croix. Au-dessous, deux cœurs : celui de Jésus, couronné d'épines, et celui de Marie, percé par un glaive, douze étoiles entourant ce tableau.

Les deux faces de la « médaille miraculeuse ».

Catherine entendit alors Marie lui demander de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les frapper sur des médailles car « tous ceux qui la porteront recevront mes grâces ».

Médaille miraculeuse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médaille miraculeuse.

Après deux ans d'enquête et d'observation de la conduite de Catherine, le prêtre informa l'archevêque de Paris, sans lui révéler l'identité de Catherine. La requête fut approuvée et les médailles furent frappées et devinrent extrêmement populaires, notamment durant l'épidémie de choléra de 1832.

La Vierge avait en outre demandé à Catherine de rassembler une confrérie d’enfants de Marie[4]. En 1837, les Filles de la Charité et les Lazaristes répondirent à ce vœu en fondant les Enfants de Marie Immaculée[5].

L'Immaculée Conception[modifier | modifier le code]

Bien que la foi en l'Immaculée Conception de la Vierge Marie fut largement répandue, la doctrine n'avait pas encore été définie et le dogme non encore proclamé. La médaille avec les mots « conçue sans péché » conduisit le pape Pie IX (élu en 1846) à alller de l'avant : le il proclame solennellement le dogme de l'Immaculée Conception.

En 1858, à Lourdes la Vierge Marie se serait présenté à Bernadette Soubirous par ces mots : « Je suis l'Immaculée Conception. »

En 1870-1871, Catherine, comme tous les Parisiens, subit le siège de Paris par les troupes prussiennes, la famine puis les troubles de la Commune de Paris au cours de laquelle, dit-on, des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.

Catherine Labouré meurt le 31 décembre 1876, quarante-six ans après ses visions, sans jamais avoir révélé son secret à d'autres qu'à son directeur spirituel.

Vénération[modifier | modifier le code]

Exhumé en 1933, son corps est retrouvé en parfait état, et il gît maintenant dans une châsse dans la chapelle de la Médaille miraculeuse au no 140 de la rue du Bac, à Paris. Le corps de sainte Louise de Marillac, première supérieure des Filles de la Charité, repose aussi rue du Bac, à deux pas de la chapelle des Lazaristes où est exposé le corps de saint Vincent de Paul.

Catherine Labouré a été canonisée le par le pape Pie XII. Elle est fêtée localement le 25 novembre ou le 28 novembre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Bernet: La vie cachée de Catherine Labouré, ou l'histoire extraordinaire de la médaille miraculeuse. Perrin, 2001.
  • René Laurentin: Vie de Catherine Labouré, Desclée De Brouwer, 1980, 254pp.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nominis : Sainte Catherine Labouré
  2. Fondé par la duchesse de Bourbon, tante du futur roi Louis-Philippe Ier, en l'honneur de son fils exécuté sommairement sur les ordres de Napoléon Ier en 1804
  3. Le village a été rattaché à Paris en 1860. Correspondant au 12, rue de Picpus, le bâtiment des sœurs de la Charité a été rasé en 1950
  4. Hélène Roman-Galéazzi, « Les Enfants de Marie Immaculée », sur rives.revues.org, 2005.
  5. « Jeunesse Mariale », sur europe.2004.free.fr.