Lycosidae

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Les Lycosidae sont une famille d'araignées aranéomorphes.

En français elles sont nommées araignées-loups ou, pour certaines, tarentules[1] ou lycoses.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Forme et disposition caractéristiques des yeux des Lycosidae.

Les Lycosidae sont des araignées de taille variable, la longueur du corps des adultes allant de 1 mm à 35 mm selon les espèces. La forme et la disposition de leurs huit yeux sont caractéristiques. Les yeux antérieurs, petits, forment la rangée la plus basse, tandis que les yeux postérieurs forment les deux autres: deux gros yeux forment la rangée médiane, et deux petits situés un peu plus loin derrière forment la troisième rangée. On voit souvent les femelles transportant leur progéniture accrochée à leur abdomen.

Écologie[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Distribution

Les espèces de cette famille se rencontrent sur tous les continents sauf aux pôles. Au sol, elles sont souvent très abondantes, dominant les échantillons récoltés à l'aide de pièges-fosses.

Prédation[modifier | modifier le code]

Une lycose embusquée.

Les araignées-loups ne tissent pas de toiles pour attraper leurs proies. Elles chassent au sol, embusquées ou traquant activement leurs victimes. Leurs yeux postérieurs, de grande taille, sont disposés de façon à regarder vers l'avant. Pour repérer leurs proies, les Lycosidae se fient surtout aux vibrations engendrées dans l'air par leurs battements d'ailes ou sur le sol par leurs pas. Leur vision n'est pas particulièrement précise, et leur sert peu pour la capture des proies, contrairement à d'autres familles d'araignées comme les Salticidae. Certaines espèces, notamment du genre Pirata, chassent sur l'eau, à la surface de laquelle elles peuvent se déplacer.

Il existe toutefois quelques exceptions, parmi les genres Aulonia, Hippasa et Sossipus, qui utilisent des restants de toiles d'araignées d'autres familles pour capturer leurs proies.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Copulation[modifier | modifier le code]

Évidemment, les parades nuptiales de toutes les espèces de Lycosidae n'ont pas été étudiées en détail. Les étapes décrites ici sont celles qui sont partagées par les espèces qui ont fait l'objet d'études attentives, c.-à-d. Lycosa rabida[2],[3],[4] et Lycosa punctulata[5]).

La parade nuptiale semble être initiée par la reconnaissance de phéromones sexuelles femelles par le mâle. Pour ce faire, la femelle peut être à proximité du mâle, ou avoir laissé derrière elle un fil enduit de phéromones que le mâle pourra utiliser pour remonter jusqu'à elle. Des études suggèrent que ces signaux chimiques sont un facteur déterminant pour stimuler le mâle. Des mâles placés dans des boîtes dans lesquelles des femelles de la même espèce avaient préalablement séjourné (puis retirées) entamaient leur rituel de séduction. Les mâles n'avaient toutefois aucune réaction lorsqu'on les plaçaient dans des boîtes ayant auparavant accueilli d'autres mâles ou des femelles immatures[3],[6].

Il s'ensuit alors un rituel qui varie selon les espèces, mais semble généralement correspondre à ce qui suit. Le mâle place d'abord ses pattes dans une position caractéristique, accompagnée de mouvements de l'abdomen et des pédipalpes. Ces derniers sont aussi utilisés pour produire des stridulations. Après avoir exécuté sa routine une première fois, le mâle s'immobilise ou s'avance légèrement vers la femelle. Celle-ci répond alors en bougeant ses pattes avant, ce qui encourage le mâle à recommencer sa série de mouvement. Cet échange dure jusqu'à ce que la femelle soit à la portée du mâle. Ce dernier tend une de ses pattes avants vers elle, sans toutefois la toucher; c'est la femelle qui fera le premier contact, signifiant ainsi qu'elle consent à copuler.

Pour inséminer la femelle, le mâle grimpe d'abord sur le céphalothorax de cette dernière. Il se penche ensuite à gauche ou à droite de l'abdomen, que la femelle pivote pour rendre ses parties génitales accessibles aux pédipalpes du mâle.

Soins parentaux[modifier | modifier le code]

Femelle portant sa progéniture sur son abdomen.
Pardosa lugubris avec son cocon accroché aux filières

Il est commun de voir des Lycosidae femelles portant leurs œufs dans un sac fixé à leurs filières. Une fois les jeunes araignées sorties de leur œuf, elles montent sur l'abdomen de la femelle et s'y maintiennent grâce à des poils spécialisés[7].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Cette famille rassemble 2 393 espèces, réparties dans 120 genres.

Liste des genres[modifier | modifier le code]

Selon The World Spider Catalog 13.5[8] :

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Venin et légende[modifier | modifier le code]

Autrefois, la morsure de la tarentule (Lycosa tarantula), abondante dans la région de Tarente mais présente dans toute la zone méditerranéenne était réputée si grave qu'il fallait organiser des tarentèles, danse frénétique, qui seule permettait la guérison de la personne mordue. C'est en fait une idée populaire infondée. On sait aujourd'hui que les rares cas de morsures sont sans danger, sans pour autant être sans douleur. Il existe cependant quelques espèces en Amérique du Sud dont la morsure peut laisser quelques traces car leur venin est nécrosant[9]. C'est la morsure de l'araignée Latrodectus tredecimguttatus et non celle de Lycosa tarentula qui cause le « tarentisme ».

Ouvrages de référence[modifier | modifier le code]

  • Sundevall, 1833 : Conspectus Arachnidum. Londini Gothorum, p. 1-39.
  • Foelix, Rainer F. 1996. Biology of Spiders, 2e éd. Oxford University Press, NY. 330 pages.
  • Paquin, Pierre et Nadine Dupéré. 2003. Guide d'identification des Araignées (Aranea) du Québec. Fabreries, Supplément 11. 251 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Autrefois Tarentulae, et appartenant pour la plupart aux Alopecosae.
  2. Rovner, J.S. 1966. Courtship in in spiders without prior sperm induction. Science 157:835.
  3. a et b Rovner, J.S. 1968. An analysis of display in the lycosid spider Lycosa rabida Walckenaer. Animal Behavior 16:358.
  4. Rovner, J.S. 1975. Sound production in nearctic wolf spiders: a substratum-coupled stridulation mechanism. Science 190:1309.
  5. Tietjen W.J. et J.S. Rovner. 1980. Trail following in two species of wolf spiders: sensory and etho-ecological concomitants. Animal Behavior 28:735.
  6. Dijkstra, H. 1976. Searching behavior and tactochemical orientation in males of the wolf spider Pardosa amentata (Cl.) (Aranea, Lycosidae). Proc. kon. ned. Akad. Wer. Ser. C 79:235.
  7. Rovner, J.S., G.A. Higashi et R.F. Foelix. 1973. Maternal behavior in wolf-spiders: the role of abdominal hairs. Science 182(4117):1153-1155.
  8. Platnick, 2012 : The world spider catalog (American Museum of Natural History).
  9. Max Goyffon et Jacqueline Heurtault, 1995 : La Fonction venimeuse coll. « Biodiversité, Masson, Paris, p. 1-284 (ISBN 2-225-84463-1)