Loterie nationale française

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Tirage du 16 nivôse an VIII.

Créée par l’article 136 de la loi de finances du 31 mai 1933 dans le but originel de créer une allocation pour les chômeurs puis de renflouer les caisses de l’État[1], la Loterie nationale était le plus important organisateur de loterie en France.

Histoire[modifier]

La Loterie nationale française est l'héritière d'une administration royale, l'Administration générale des loteries.

Appelée à l'origine Loterie Nationale au profit des anciens combattants et des calamités agricoles, elle a vite été populaire en France suite à la médiatisation de Paul Bonhoure, qui empocha la somme de 5 000 000 de francs (correspondant à 3,285 millions d'euros de 2012) lors de son premier tirage, qui a lieu au Trocadéro à Paris le 7 novembre 1933, devant une foule de cinq mille personnes[1]. Échappant aux nombreuses sollicitations dont souffriront ses successeurs, l'heureux détenteur du numéro 18414 de la série H, marié, 50 ans, coiffeur à Tarascon, légue son salon de coiffure à son assistant et se rendit acquéreur d'une grosse voiture et d'une propriété de plus de cinquante hectares près de Beaucaire où s'écoule le reste de son existence[1],[2],[3].

Les deux gagnants suivants, en décembre 1933, Monsieur Ribière (orthographe à vérifier), charbonnier à Avignon, et en janvier 1934, Monsieur Raynaud (orthographe à vérifier), boulanger à Cavaillon, seront également fortement médiatisés[1].

Les premiers billets se vendent 100 F et à partir de 1934, apparaissent des billets de Loterie nationale correspondant au 1/5e et 1/10e du billet entier (pour une valeur de 50 F et 10 F) qui portent le même numéro. Ce système de fractionnement ouvre la loterie à une plus large clientèle et à de nombreuses associations qui se lancent dans le métier d'émetteur comme les associations d’anciens combattants et les Gueules cassées dès 1935[4].

Reconduite chaque année par les lois de finances successives, le décret-loi du 12 novembre 1938 qui stigmatisait le « grave danger d’ordre moral des jeux » menace son existence mais les associations d’anciens combattants parviennent à la faire maintenir. Malgré les pénuries de papier, l'irrégularité des trains, les défaillances postales ou les tracasseries des autorités allemandes pendant la seconde Guerre mondiale, les tirages de la loterie nationale se poursuivent salle Pleyel à Paris[5].

Après la guerre, le tirage devient hebdomadaire. Des tranches spéciales apparaissent à la Saint Valentin, la fête des Mères et le vendredi 13. Sévèrement concurrencée par le tiercé créé en 1954, les émetteurs se regroupent en 1974 au sein d’un Groupement d'intérêt économique pour lancer deux ans plus tard un nouveau jeu, le Loto, désormais organisé par la Française des jeux, héritière de la Loterie nationale[4].

Notes et références[modifier]

  1. a, b, c et d Guyonne de Montjou, « 7 novembre 1933 : premier tirage de la Loterie Nationale », émission « Les oubliettes du temps » sur France Inter, 7 novembre 2012
  2. Voir le site de la Française des Jeux
  3. Florence Renard, « 7 novembre 1933 : premier tirage de la Loterie nationale », 7 novembre 2011
  4. a et b Patrick Liegibel, « La dette des Gueules Cassées ou la création de la Loterie Nationale », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 20 janvier 2013
  5. Gueules Cassées. Les grandes dates

Articles connexes[modifier]