Le Scorpion

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Le Scorpion
Série
LogoLeScorpion.jpg
Logo de la série (image du haut) et peinture du personnage principal sur une façade à Bruxelles (image du bas).

Scénario Stephen Desberg
Dessin Enrico Marini
Genre(s) Aventure, « de cape et d'épée »

Thèmes religion catholique, contestation
Personnages principaux Armando Catalano
Le Hussard
Méjaï
Cardinal Trebaldi
Lieu de l’action Rome
Époque de l’action seconde moitié du XVIIIe siècle

Langue originale Français
Éditeur Dargaud

Le Scorpion est une série de bande dessinée de fiction historique, créée en 1996 par Stephen Desberg (scénario) et Enrico Marini (dessins et couleurs).

Historique[modifier | modifier le code]

Forts de leur collaboration en 1995 pour le western L'Étoile du désert sorti en mai 1996 chez Dargaud[1], Desberg et Marini décident, dans le courant de cette même année, de créer ensemble une série « de cape et d'épée ». Partant d'abord sur une adaptation des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, ils prennent finalement la décision d'innover un peu plus, et Desberg commence dès lors l'écriture du premier album, dont il soumet le scénario à Marini qui, très occupé par ses propres séries, repousse de quelques mois la réalisation des premiers croquis, qu'il commencera finalement en 1997[2],[3].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Rome, deuxième moitié du XVIIIe siècle. Le cardinal Trebaldi est l'héritier de l'une des neuf familles qui depuis la chute de l'Empire romain décident en secret du sort de l'Europe en s'appuyant pour cela sur l'Église et sur son Pape. Armando Catalano, dit Le Scorpion, est trafiquant de reliques saintes. Il est le fils d'une hérétique brûlée vive pour avoir détourné du droit chemin un homme d'église et porte la « marque du diable », une tache de naissance en forme de scorpion. Le cardinal, dont il défie l'autorité, confie alors à Méjaï, une jeune gitane spécialisée dans les filtres, la mission de l'empoisonner. Mais sa mission échoue et le destin la rapproche d'Armando.

Les aventures du Scorpion le mèneront à la recherche du trésor des Templiers et à la découverte de son passé.

Entre fiction et histoire, le scénario distille une théorie machiavélique du pouvoir religieux.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Armando Catalano / Le Scorpion, un trafiquant de reliques et excellent escrimeur
  • Méjaï, une jeune gitane versée dans les poisons
  • Le Cardinal Cosimo Trebaldi, un homme d'église impitoyable et torturé
  • Aristote Weindorf / Le Hussard, le fidèle compagnon du Scorpion
  • Rochnan, l'âme damnée du Cardinal
  • Ferron et Fenice, deux aventuriers chasseurs de trésors
  • Nelio Trebaldi, le jeune frère du Cardinal à la sexualité ambigüe
  • Ansea Latal, héritière d'une des 9 familles gouvernantes
  • Marie-Ange de Sarlat, Ambassadrice (avec son frère) du roi de France auprès du pape
  • Horacio Trebaldi, père de Cosimo et Nelio et patriarche de la famille.

Albums[modifier | modifier le code]

  1. La Marque du diable (2000)
  2. Le Secret du pape (2001)
  3. La Croix de Pierre (2002)
  4. Le Démon au Vatican (2004)
  5. La Vallée sacrée (2004)
  6. Le Trésor du Temple (2005)
  7. Au Nom du père (2006)
  8. L’Ombre de l’ange (2008)
  9. Le Masque de la vérité (2010)
  10. Au nom du fils (2012)
  11. La neuvième famille ( 07 novembre 2014)
Hors-série : Le Procès Scorpion (2007)

Inspirations et analyse[modifier | modifier le code]

Les deux auteurs (et particulièrement Marini) sont tous deux fans de films de cape et d'épée, tels Scaramouche, avec entre autres des acteurs comme Jean Marais. Ils assument totalement les nombreuses références faites à ce genre multi-disciplinaire auquel ils ont donc voulu rendre hommage par cette série. De ce fait ils disent avoir préalablement re-visionné ensemble lesdits films pour poser l'univers de la série[4],[3]. Dans ces références, s'il ne fallait en retenir qu'une, les auteurs citent le plus souvent que le nom du héros, Armando Catalano, est en fait celui de l'acteur choisi par Walt Disney pour incarner Don Diego de la Vega dans la série Zorro des studios Disney, diffusée entre 1957 et 1961, mais aussi et plus simplement que les caractéristiques principales de ce personnage enlevé, bien adroit avec son arme, séducteur, etc., font de lui un personnage très « romanesque », typique du genre[4]. En ce qui concerne plus particulièrement le scénario Desberg déclare avoir « lu des récits sur l’histoire des papes, sur l’organisation du Vatican, des éléments souvent très sibyllins ». Quant aux dessins, outre les films évoqués plus haut, l'inspiration vint « des gravures de l’époque – Michel-Ange pour les uniformes des Gardes suisses – et de tableaux ». On sait aussi que les auteurs ont préalablement rencontré un vieux maître d’armes français, ayant notamment doublé Jean Marais et Alain Delon dans La Tulipe noire, qui les a renseignés non seulement sur l’escrime, mais aussi sur les codes d’honneur en vigueur à l'époque. En bref, ces recherches leurs apportèrent certains points de repère. Mais, d'après eux, dans le fond, leur but est de divertir les gens. « Ne pas les abreuver d’histoire » - ils ne voulaient pas d’une « BD purement historique » - mais leur « donner du rêve »[3].

Bien que l'histoire soit censée se dérouler à la veille des révolutions en Europe, le personnage paraît paradoxalement en retrait par rapport à ces événements, ce qui participe aussi à la relativisation de cette période de l'Histoire engagée par les deux auteurs. Le Scorpion garde en effet un esprit libre et critique face à absolument toute autorité que ce soit[4]. Cela est à mettre en relation avec les ouvrages d'inspiration sartrienne (comme l'Indignez-vous ! de Stéphane Hessel, sorti en fin 2010) prônant l'idée de l'engagement personnel pour ne pas accepter le creusement des inégalités de richesse, car d'après l'auteur : « C’est avant tout de l’aventure, qui aurait certes pu se passer à cette époque-là, mais qui a surtout des résonances actuelles. Le conservatisme pur et dur. »[3],[4].

En ce qui concerne le dessin, le style est considéré comme plutôt réaliste. Pour les couleurs, la technique utilisée est la méthode des couleurs directes, c'est-à-dire que le dessinateur peint lui-même ses propres dessins en temps réel à l'aquarelle[4].

Succès[modifier | modifier le code]

Début 2011, la série s'était déjà vendue à plus d'un million et demi d'exemplaires, tous pays confondus[4].

Publication[modifier | modifier le code]

Éditeurs[modifier | modifier le code]

  • Dargaud : tomes 1 à 11 et hors-série (première édition des tomes 1 à 11 et HS)
  • Raspoutine : tirage de tête des tomes 1 à 6
  • Khani : tirage de tête des tomes 7 et 8

Postérité[modifier | modifier le code]

  • La série pourrait éventuellement faire l'objet d'une adaptation cinématographique ; le projet serait en discussion[4].
  • L'histoire du Scorpion est évoquée au début du neuvième tome de la série IR$, du même scénariste, lors de la visite d'un château en Palestine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche de L'Étoile du désert, sur Coinbd.com, consulté le 1er mars 2011.
  2. Fiche de la série Scorpion, sur BDCentral.com, 2001, consulté le 1er mars 2011.
  3. a, b, c et d Interview des deux auteurs par Christophe Dutoit pour La Gruyère, le 26 octobre 2000, consulté le 1er mars 2011
  4. a, b, c, d, e, f et g BD : Le Scorpion, une saga de capes et d'épées reportage de Jean Chubillau et Éric Boucher pour TF1, le 26 janvier 2011, consulté le 1er mars 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site officiel
  • Askell.com, présentation de la série avec les albums, le détail de l'histoire et des dessins inédits.