Le Passe-muraille

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Le Passe-muraille est une nouvelle de Marcel Aymé publiée en 1943. Elle met en scène « un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire, et il était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. »

Type même du petit bonhomme falot, gris invisible, Monsieur Dutilleul va connaître des aventures parfaitement ahurissantes, découvrir l'amour et perdre son exceptionnel don pour se retrouver prisonnier du mur. Il n'aura que le peintre Eugène Paul et sa guitare pour le consoler de sa solitude. Illustré par le peintre Jean Joyet.

L'action se déroule rue Norvins, à Montmartre, dans le 18e arrondissement, là où habitait Marcel Aymé. La place Marcel-Aymé, située à l'extrémité de cette rue, abrite une statue réalisée par Jean Marais, représentant le personnage emprisonné dans un mur.

Recueil[modifier | modifier le code]

La nouvelle a donné son nom au recueil où l'on trouve également d'autres nouvelles humoristiques ou surréalistes :

  • Les Sabines, sur le don d'ubiquité
  • La Carte, journal de Jules Flegmon sur la création de cartes de temps et de tickets de vie
  • Le Décret, un saut dans le temps est décrété pour en finir avec la guerre
  • Le Proverbe, un homme tyrannique aide son fils à faire un devoir
  • Légende poldève, l'arrivée d'une vieille bigote au paradis
  • Le Percepteur d'épouses, des maris en arrivent à payer leurs impôts avec leurs femmes
  • Les Bottes de sept lieues, une paire de bottes magiques permet à un écolier de sortir de la misère.
  • L'Huissier, un huissier est sommé pour entrer au paradis de retourner sur terre pour aider les pauvres.
  • En attendant, devant une épicerie, quatorze personnes évoquent chacune leur vie difficile pendant la guerre.

Le recueil est très marqué par le contexte de l'Occupation. Marcel Aymé évoque la misère qui frappe les Français (Les Bottes de sept lieues, L'Huissier, La Carte). Ses personnages sont souvent dépassés par des décisions administratives absurdes (Le Décret, Le Percepteur d'épouses, La Carte). Et, entre les lignes et souvent explicitement, Marcel Aymé témoigne de l'exaspération douloureuse des Français face à une guerre qui n'en finit pas. La dernière nouvelle du recueil titré justement En attendant (que la guerre prenne fin) détaille les malheurs et vilénies qui se sont abattus sur la tête des gens depuis quatre ans. Marcel Aymé met dans la bouche du personnage juif cette phrase laconique  : « Moi, dit un Juif, je suis juif », signifiant par là qu'il n'est pas nécessaire de préciser ce qu'être juif signifie dans la France occupée.

Postérité[modifier | modifier le code]

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Adaptations scéniques[modifier | modifier le code]

Une adaptation en comédie musicale écrite par Didier Van Cauwelaert et Michel Legrand a été créée en janvier 1997 au Théâtre des Bouffes-Parisiens à Paris. Une version en langue anglaise, rebaptisée Amour, a été donnée au Music Box Theatre de New York le 20 octobre 2002. On trouve également trace d’une production japonaise en 2000 et d’une production coréenne en 2007.

Nouvelles aventures[modifier | modifier le code]

Le personnage exécute une "dernière mission" dans la bande-dessinée La Brigade chimérique (2009-2010), qui convoque différentes figures de "super-héros" "primitifs" de la littérature d'avant-guerre.