La Bataille de Nancy

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La Bataille de Nancy
Image illustrative de l'article La Bataille de Nancy
Artiste Eugène Delacroix
Date 1831
Type Huile sur toile
Dimensions (H × L) 237 × 350 cm
Localisation Musée des beaux-arts de Nancy, Nancy

La Bataille de Nancy est une peinture d'Eugène Delacroix qui évoque la bataille du même nom et la mort de Charles le Téméraire en 1477.

L'analyse stylistique[modifier | modifier le code]

Le courant artistique[modifier | modifier le code]

La bataille de Nancy appartient à un courant artistique appelé le romantisme. Ce courant est apparu à la fin du XVIIe siècle en Angleterre. Son développement en France coïncide avec les guerres napoléoniennes. Les thèmes d’inspiration du romantisme sont la symbiose de la nature mais aussi de celle du moi intérieur. Le romantisme tente d’exprimer des sentiments intenses, tente de suggérer. La Bataille de Nancy est une œuvre qui fut commandée par la ville de Nancy. Elle est donc moins marquée par les caractéristiques du romantisme qu’une œuvre libre telle que La Liberté guidant le peuple.

Le tableau s’inscrit dans l’art[modifier | modifier le code]

Eugène Delacroix a tenté de reproduire cette scène de la bataille de Nancy avec le plus de fidélité possible. Nous allons réaliser un petit rappel historique des faits. Charles le Téméraire est duc de Bourgogne, il dispose donc de terres au sud de la Lorraine. Mais le duc dispose aussi de terres situées au nord du duché de Lorraine. Il convoite alors le duché de Lorraine afin d’agrandir son territoire. C’est ainsi que se déclenche la bataille de Nancy. Le duc de Lorraine et de Bar, René II, voit donc les troupes de Charles le Téméraire envahir son duché. La bataille de Nancy clôt la longue occupation, le 5 janvier 1477. À proximité de la bataille de Nancy, le duc de bourgogne est tué par un vieux chevalier, Claude Bausmont (ou de Bauzémont), qui combat aux côtés du duc de Lorraine.

L’œuvre étudiée représente les trois protagonistes importants de cette bataille que sont le duc de Lorraine, le duc de Bourgogne, et le châtelain de Saint-Dié, Bauzémont, qui a tué celui-ci. L’œuvre s’inscrit donc parfaitement au cadre historique, donc correspond bien à une œuvre historique.

La composition[modifier | modifier le code]

Au premier plan à gauche, on voit le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Son visage montre la peur face à la lance qui arrive sur lui. Toujours au premier plan mais au centre, on peut voir le chevalier Bauzémont qui tient fermement sa lance et qui la pointe vers le duc de Bourgogne. À droite du tableau, on voit René II qui trône sur son cheval et qui regarde son chevalier, originaire de Saint-Dié, tuer son ennemi. Le centre du tableau ne représente pas de personnage clef de la scène historique. On y voit des cadavres gisants, ainsi que des chevaux agonisants. L’artiste voulait peut-être ainsi représenter la douleur qu’engendre un combat guerrier, et peut-être provoquer l’émotion du destinataire du tableau.

La technique utilisée par l’auteur[modifier | modifier le code]

L’œuvre est une huile sur toile. Delacroix tente de reproduire en œuvre représentative ce qu’aurait pu être la réalité. En ce sens, La Bataille de Nancy est bien un tableau historique. Tous les personnages importants figurent sur la toile. Le peintre a choisi de représenter les dernières secondes de Charles le Téméraire. Pour l’anecdote, le chevalier Bauzémont, malentendant, au lieu de comprendre « Sauve Bourgogne ! » – injonction de Charles le Téméraire pour signifier « Je me rends ! » –, crut entendre « Vive Bourgogne ! » et le tua sans scrupules. C’est un fait rare car les grands princes sont rarement tués au cours d’une bataille. On préfère les capturer afin de demander une rançon.

Le jeu des couleurs[modifier | modifier le code]

Le tableau est assez sombre dans son ensemble. Les couleurs utilisées y sont pour beaucoup car elles sont froides, pour la majorité d’entre elles. On remarque quelques notes de couleurs telles que celles de la monture du chevalier qui siège près de René II. Ce chevalier dont l’importance historique semble minime, éclaire pourtant la partie gauche du tableau. L’artiste insiste sur une clarté des visages des principaux protagonistes de la scène. Ainsi on voit l’expression de peur mais aussi de défaite dans le visage de Charles le téméraire.

La terre est claire malgré le combat, elle illumine le tableau comme le ciel, d’une couleur assez proche de l’ocre.

L’aspect symbolique du tableau[modifier | modifier le code]

Le message de l’œuvre[modifier | modifier le code]

L’artiste veut montrer le visage d’un homme sur le point de mourir, il a beaucoup insisté sur les traits du visage du duc de Bourgogne qui est en train de voir sa propre mort. La scène représentée se passe à quelques infimes instants de la mort. L’artiste aurait pu choisir de montrer le corps gisant du duc de Bourgogne, mais il s’attache à montrer aux destinataires du tableau cet instant où le duc comprend qu’il va mourir. L’artiste nous montre ainsi, d’une part l’aspect humain que chaque homme a face à sa mort : la peur ; mais aussi dénonce la violence de celle-ci. C’est un autre message de l’œuvre : la guerre est source de mort, de blessés. Il veut montrer à ses destinataires que faire la guerre provoque inévitablement des morts.

Signification historique de l’œuvre[modifier | modifier le code]

On voit donc la peur de la mort sur le visage du duc de Bourgogne. La signification historique majeure que l’on peut tirer de ce tableau est simple : le duché de Lorraine est sauvé grâce au courage du duc de Lorraine et de Bar, et à la pugnacité du chevalier de Bauzémont.

Signification artistique de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, l’artiste tente d’émouvoir ses destinataires en montrant le visage terrifié du duc de Bourgogne face à sa mort. Eugène Delacroix, nous apporte une théorie de représentation de la douleur. Souvent ses tableaux historiques sont particulièrement violents et montrent des visages agonisants. Cette œuvre est un exemple de représentation de la douleur. L’artiste est devenu sans le vouloir le théoricien de cette représentation morbide, il est devenu une référence pour ce type d’ouvrage. Il nous montre que chaque lutte, chaque combat est source de douleurs, quelles que soient leurs types. Il nous apprend que l’homme est condamné à travailler pour s’éduquer, et donc à se faire souffrance. C’est un message presque philosophique que l’on peut interpréter à la vue de ce tableau.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Le tableau est reproduit en couverture de l'édition américaine de l’ouvrage d’histoire Anthologie mondiale de la stratégie dirigé par Gérard Chaliand en 1994[1], de la première édition du roman Les Fils de Bélial de Pierre Naudin en 1997[2], ou encore de l'édition japonaise de Duels de Martin Monestier en 1999[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Gérard Chaliand (dir.) (préf. Lucien Poirier), The Art of War in World History : From Antiquity to the Nuclear Age [« Anthologie mondiale de la stratégie : Des origines au nucléaire »], University of California Press,‎ 1994, 1072 p. (ISBN 0-520-07963-9 et 0-520-07964-7).
  2. Pierre Naudin, Les Fils de Bélial, Bordeaux, Aubéron, coll. « Cycle de Tristan de Castelreng » (no 5),‎ 1997, 425 p. (ISBN 2-908650-46-0).
  3. (ja) Martin Monestier (trad. Hiroko Otsuka), 図説 決闘全書 [« Duels : Les combats singuliers des origines à nos jours »], Tokyo, Harashobo,‎ 1999, 457 p. (ISBN 4-562-03256-1).

Lien externe[modifier | modifier le code]