Krafla

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Krafla
Cratère Víti de Krafla
Cratère Víti de Krafla
Géographie
Altitude 818 m[1]
Massif Islande
Coordonnées 65° 42′ 50″ N 16° 43′ 41″ O / 65.714, -16.728 ()65° 42′ 50″ Nord 16° 43′ 41″ Ouest / 65.714, -16.728 ()  
Administration
Pays Drapeau de l'Islande Islande
Région Norðurland eystra
Municipalité Skútustaðahreppur
Géologie
Âge 100 000 ans
Roches Basalte, rhyolite
Type Volcan rouge
Activité Actif
Dernière éruption 4 au 18 septembre 1984
Code 1703-08=
Observatoire Nordic Volcanological Institute

Géolocalisation sur la carte : Islande

(Voir situation sur carte : Islande)
Krafla

Krafla (IPA=[ˈkʰrapla]) est une ride palagonitique (818 m d'altitude)[2] dans le nord de l'Islande, éponyme d'un système volcanique appartenant au graben médian, qui comprend un volcan central caractérisé par une caldeira d'une dizaine de kilomètres de large, et un champ de fissures orientées nord-sud sur une centaine de kilomètres depuis le volcan tabulaire Selfjall au sud à la mer au nord. Ses éruptions ont façonné la topographie des environs du Mývatn.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Krafla est un verbe qui signifie ramper (d'où l'anglais to crawl), se traîner avec les mains ou les griffes.

« Il y a dans le mot krafla une idée de palpitation, de frémissement, de bouillonnement. » (Régis Boyer à propos du surnom d'un des héros de Vatnsdœla saga, sauvé après avoir été exposé)[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le système volcanique est centré autour d'une caldeira d'effondrement, située entre Krafla et Gaesafjöll[4], relativement indistincte en surface. Elle mesure environ 10 km de large. La chambre magmatique a été atteinte par un forage géothermique à la profondeur de 2,1 km[5]. Cette proximité de la surface fait de l'ensemble de la région un important champ hydrothermal.

Une importante zone de fractures appartenant au rift médio-atlantique traverse le volcan central et s'étend de l'Öxarfjörður au nord au cœur de l'Ódáðahraun au sud.

Elle est jalonnée de nombreux cratères d'explosions, rides sous-glaciaires, volcans en table.

Dimmuborgir

Les coulées de lave ont créé autour et dans le Mývatn de nombreuses structures originales : pseudo-cratères phréatiques, colonnes de lave résultant de la vidange d'un lac de lave partiellement solidifié, etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Formation sous-glaciaire[modifier | modifier le code]

Námafjall au premier plan et Jörundur en arrière-plan

Le substratum de la région du Mývatn date du dernier interglaciaire. Les principaux reliefs liés à Krafla sont apparus pendant la dernière période glaciaire, les éruptions qui ont percé la calotte glaciaire ont donné des montagnes en table (Bláfjall, Sellandafjall, Búrfell, Gæsafjöll), alors que celles qui ne l'ont pas percée ont donné des rides (Vindbelgjarfjall, Námafjall, Dalfjall, Hvannfell)[4].

La caldeira elle-même résulte d'énormes éruptions explosives qui ont provoqué l'effondrement de la chambre magmatique il y a plus de 100 000 ans. Sur les flancs de la caldeira sont notamment apparues deux montagnes en table rhyolitiques, Hlíðarfjall et Jörundur.

Le recul de la calotte glaciaire vers le Vatnajökull et le Langjökull s'est produit il y a environ 10 000 ans. Un premier lac s'est alors formé derrière le barrage formé par le glacier dans la vallée de la Laxá[4].

Cycle de Lúdent[modifier | modifier le code]

L'activité récente a commencé il y a plus de 6 600 ans avec une éruption qui a produit le cratère d'explosion (anneau de tuf) Lúdent. Elle a été accompagnée peu après d'une série d'éruptions dans les environs ainsi que sur Námafjall[4]. Le cycle se termine par l'émission de coulées de dacite[2].

Coulée de la vieille Laxá[modifier | modifier le code]

Il y a 3 800 ans une coulée de lave du volcan bouclier Ketildyngja, appartenant au système volcanique Fremrinámur[6], à 25 km au sud-est de Mývatn a traversé le sud du système du Krafla, a produit un barrage sur la Laxá, derrière lequel s'est ensuite formé l'ancien Mývatn[7], et a descendu la vallée de la Laxá, presque jusqu'à son embouchure dans le Skjálfandi[4].

Cycle de Hverfjall[modifier | modifier le code]

Hverfjall

Une explosion phréato-magmatique (c'est-à-dire provoquée par le contact du magma avec des eaux souterraines) il y a 2 500 ans a produit le cratère (anneau de tuf) Hverfjall[4].

Une éruption dans le Jarðbaðhólar suivit qui produisit le champ de lave entre Reykjahlið et Vogar[4].

Coulée de la jeune Laxá[modifier | modifier le code]

Environ 200[4] à 500[2] ans plus tard, une éruption fissurale à partir des Þrengslaborgir et des Lúdentsborgir a produit une coulée de lave qui a traversé l'ancien Mývatn et descendu la Laxárdalur et l'Aðaldalur jusqu'à la mer, recouvrant en grande partie la coulée de la vieille Laxá[4].

Pseudo-cratères de Skútustaðir

Cette coulée est à l'origine de la topographie actuelle du Mývatn et des lacs voisins et des curiosités qui l'entourent comme les pseudo-cratères de Skútustaðir, dus aux explosions provoquées par le contact de la lave avec l'eau du lac[7], les labyrinthes des Dimmuborgir et les colonnes de Kálfaströnd, dus à la vidange progressive d'un lac de lave en cours de solidification[4].

Feux de Mývatn et explosion de Víti[modifier | modifier le code]

Après un millénaire de calme, une nouvelle période d'activité de plus de 5 ans (Mývatnseldar) commence le 17 mai 1724 par une nouvelle explosion phréato-magmatique qui produit le maar Helvíti[2] (ou Víti, l'enfer en français, comme un autre maar situé dans Askja)[4],[7].

Víti est maintenant rempli d'une eau colorée en bleu turquoise par des algues siliceuses.

Des éruptions fissurales et des tremblements de terre se produisent jusqu'en 1729, en particulier à partir de Leirhnjúkur, une longue fissure qui s'ouvre le 11 janvier 1725[2],[8]. Les coulées atteignent Reykjahlíð où des fontaines de lave sont vues à Bjarnarflag[4]. Trois fermes sont détruites, mais l'église, construite sur une petite éminence est épargnée. Ses fondations sont toujours visible entre deux champs de lave[7].

En 1746 une nouvelle éruption a lieu au nord de Leirhnjúkur[2].

Feux de Krafla[modifier | modifier le code]

Le Krafla en éruption, septembre 1984

De 1975 à 1984, une nouvelle série d'éruptions et de tremblements de terre (Kröflueldar) s'est concentrée dans la caldeira et en particulier à Leirhnjúkur. La coulée Leirhnjúkshraun est encore chaude et continue à dégazer ainsi que la zone de solfatares, de mares de boue et de fumerolles.

Pendant cette phase on a pu mesurer plusieurs phases de gonflement et de dégonflement du plancher de la caldeira[4]. On a aussi pu mesurer un écartement des bords est et ouest de la caldeira de 900 mm pendant les 9 ans du cycle, démontrant ainsi que l'ouverture du rift est un processus discontinu.

Géothermie[modifier | modifier le code]

La région comporte un grand nombre de sources chaudes. La zone de Námaskarð au pied du Námafjall est particulièrement remarquable par ses mares de boue bouillante et ses solfatares[2].

La géothermie à haute température est exploitée pour produire de l'électricité dans les centrales géothermiques Bjarnaflagsstöð (3 MWe) à Reykjahlíð depuis 1969, et Kröfluvirkjun (60 MWe) directement sur le volcan central depuis 1977.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Krafla - Summary, Global Volcanism Program
  2. a, b, c, d, e, f et g Maurice Krafft, Guide des volcans d'Europe, Delachaux & Niestlé (ISBN 2-603-00006-3)
  3. Régis Boyer, La saga des chefs du val au lac
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Iceland Nature Conservation Council, Mývatn and Laxá Nature Conservation Area
  5. Iceland Deep Drilling Project
  6. Fremrinamur - Summary, Global Volcanism Program
  7. a, b, c et d André Sarra-Bournet, Le guide de l'Islande, la Manufacture (ISBN 2-7377-0077.9[à vérifier : isbn invalide])
  8. (is)« Journal du 21 décembre 1975 »