Julien de Brioude

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Crypte de la basilique de Brioude : reliquaire du XIXe siècle et icône datant du XXIe siècle présentant saint Julien
Statue de St Julien, à Ath en Belgique
Reliquaire de St Julien, à Ath en Belgique

Saint Julien de Brioude (IIIe siècle) est un martyr de l’Église catholique romaine. Soldat romain converti au christianisme, il aurait subi le martyre en 304. La basilique Saint-Julien de Brioude est réputée construite sur sa tombe.

La statuaire le représente, de façon traditionnelle, en soldat romain tenant d'une main la palme du martyre et de l'autre l'instrument du supplice, le glaive.

Fête : 28 août

Sources historiques[modifier | modifier le code]

Les textes primaires sur Julien sont quelques vers et deux lettres de Sidoine Apollinaire[1], puis la Passio s. Juliani martyris, écrit postérieur à la construction de la Basilique Saint-Julien de Brioude vers 470, la Passio s. Ferreoli qui associe Julien et Ferréol. Au VIe siècle, le poète Fortunat le cite dans quelques vers[2] et Grégoire de Tours qui lui consacre un livre dans ses Vitae patrum et rapporte la construction de sa basilique dans son Historia francorum[3].

Tradition[modifier | modifier le code]

Selon la Passio s. Juliani martyris, Julien de Brioude serait originaire de Vienne (Isère), sur le Rhône. Soldat romain et chrétien, comme Ferréol, qui était son ami et son officier supérieur, il fuit l'annonce d'une persécution et se réfugie en Auvergne, hors de la Viennoise, sa province d'origine. Il est repris près de Brioude par les gardes envoyés par le gouverneur de la Viennoise, nommé Crispin. Il est aussitôt décapité et sa tête est rapportée à Vienne. La passio s. Juliana ne fournit aucun repère chronologique, le rattachement à la persécution de Dioclétien de 304 est apocryphe. De même, la date de son exécution était selon Grégoire de Tours inconnue des habitants de Brioude jusqu'à ce que l'évêque Germain d'Auxerre (mort en 448) la fixe au 28 août à la suite d'une révélation[4].

Jacques de Voragine rapporte, dans la Légende dorée, que lorsque le gouverneur Crispin envoya l'un de ses hommes pour le tuer, Julien sortit de lui-même de chez lui et s'offrit en martyre. Sa tête fut alors apportée à saint Ferréol, qui fut menacé du même sort s'il ne sacrifiait pas aux dieux. Ce dernier refusa et fut exécuté. On plaça alors sa dépouille ainsi que la tête de saint Julien dans un même tombeau.

Liturgie[modifier | modifier le code]

Saint Julien de Brioude a longtemps été honoré par un chapitre de chanoine. Ce chapitre avait fabriqué un office de saint Julien inscrit dans le bréviaire à la date du 28 août en lieu et place de la saint augustin. À cette date, le chapitre avait rédigé, majoritairement d'après le texte de Grégoire de Tours, les leçons à lire en ce jour. Plusieurs hymnes et antiennes médiévales avaient également été fabriquées pour honorer spécialement ce saint. Le dernier bréviaire qui utilisait cet office de saint Julien date du XVIIIe S. Après l'ancien régime, aucun bréviaire n'a plus possédé d'office spécialement conçu pour ce saint. Seul quelques missels du XIXe siècle, réservaient encore quelques antiennes, oraisons et autres chants spécialement dédié au saint. Aujourd'hui la liturgie adapte quelques chants nouveaux à des textes valorisant Julien pour le 28 août. La grande procession pratiquée jusqu'à l'approche de Vatican II, n'existe plus aujourd'hui. Lors de l'anniversaire de la mort de Julien en 2004, (martyr de Julien en 304), un chant à saint Julien a été recrée. Il commence par ce refrain : « Julien, martyr et protecteur, vivant pour notre terre, entends la voix de tous nos cœurs qui s'unissent en prière ».

Le tombeau de Julien à Brioude[modifier | modifier le code]

Le tombeau de saint Julien se situe à Brioude en Auvergne. Au-dessus de son tombeau, 3 basiliques successives ont été élevées. Le martyrium originel est encore visible aujourd'hui. Transformé en crypte au XIXe siècle, il était durant la période médiéval déjà visible depuis le déambulatoire [5]. Un chapitre de chanoine a assuré la permanence de l'office divin dans la basilique de Brioude jusqu'à la fin de l'ancien Régime. Actuellement, la crypte martyrium recueille et présente les reliques de Julien dans un grand reliquaire datant du XIXe siècle. L'ancienne collégiale du XIIe siècle, avait été surhaussée durant la période gothique. Le bâtiment remarquable est orné de nombreux chapiteaux romans ainsi que de plusieurs peintures médiévales.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le modeste tombeau de Julien à Brioude fut l'objet d'un culte avec l'édification d'un petit mausolée datant peut-être du IVe siècle, puis d'une basilique dans la deuxième moitié du Ve siècle[6]. C'est l'un des sanctuaires les plus anciens de l'Auvergne, siège du prestigieux chapitre des Chanoines-comtes de Brioude.

On lui dédia plus de huit cents églises, dont il reste au moins trois cents[réf. nécessaire].

L'hypothèse Armenius Julianus[modifier | modifier le code]

Selon Ernest-Charles Babut, la référence à une dame espagnole finançant la construction de la première chapelle à la mémoire du saint et à un « empereur de Trèves » (vraisemblablement Maxime) comme persécuteur dans la Passio Iuliani Martyris (passion de saint Julien martyr), le texte le plus ancien sur saint Julien de Brioude, amènent à faire l'hypothèse que saint Julien de Brioude pourrait être Armenius Julianus, ce dernier étant d'après Sulpice Sévère l'un des chrétiens condamnés à Trèves pour hérésie avec Priscillien[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sidoine Apollinaire, Carmen XXIV, vers 16-19 ; Epistulae IV, 6, 1-3 ; Epistulae VII, 1, 7
  2. Fortunat, Carmen, V, 3 vers 11 ; VIII, 3 vers 161 ; X, 10, vers 13
  3. Pietri 1988, p. 24-25
  4. Pietri 1988, p. 26-27
  5. L'architecture romane à l'épreuve du choix : la collégiale Saint-Julien de Brioude Fabien Vivier, dans Recherches en histoire de l'art n°8, 2009
  6. Pietri 1988, p. 27-28
  7. Édouard Charles Babut, « Saint Julien de Brioude », « Revue d'histoire et de littérature religieuses », nouvelle série, tome 5, Paris, Librairie Alphonse Picard et fils, 1914, pp. 97-116

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau.
  • Luce Pietri, « Prosopographie d'un pèlerinage : Saint-Julien de Brioude (Ve-VIe siècles) », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen Âge, Temps modernes, vol. 100, no 1,‎ 1988, p. 23-38 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]