Juana Inés de la Cruz

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Sor Juana Inés de la Cruz
Portrait par Miguel Cabrera (1750).
Sœur Juana Inés de la Cruz

Juana Inés de Asbaje y Ramírez de Santillana, connue sous le nom de Sœur Juana Inés de la Cruz, est une religieuse catholique (hiéronymite), poètesse et dramaturge de la Nouvelle-Espagne, née le 12 novembre 1651 (1648 selon certaines sources) à San Miguel Nepantla (es) (dans l'actuelle municipalité de Tepetlixpa (es) au Mexique) et morte le 17 avril 1695 à Mexico. Son œuvre poétique figure parmi les plus emblématiques de la langue espagnole.

Biographie[modifier | modifier le code]

Juana Inés est née dans la propriété de son grand-père, près d'une petite communauté rurale du Mexique, San Miguel Nepantla. Elle est la fille présumée d'un militaire d'origine basque, Pedro Manuel de Asbaje y Vargas Machuca, qui n'a jamais reconnu sa paternité, et d'Isabel Ramírez de Santillana, propriétaire terrienne qui restera célibataire toute sa vie.

Jeune prodige, Juana Inés affirmera plus tard dans son autobiographie qu'elle a appris à lire dès l'âge de trois ans. Lorsque sa mère la prévient que les femmes n'ont pas le droit d'étudier à l'université, elle fait part de son projet de se déguiser en homme pour accéder au plus haut degré de savoir. Même enfant, elle dévore tous les ouvrages qui lui tombent sous la main et se plaît à écrire de la poésie. Elle rédige sa première œuvre littéraire connue vers l'âge de sept ans. En 1660, elle quitte la campagne pour la grande capitale, Mexico, où elle est rapidement introduite dans la cour vice-royale. Beaucoup sont impressionnés par le talent et la mémoire de cette adolescente qui écrit de charmants poèmes et maîtrise déjà l'art du discours et de la rhétorique. À une époque où la femme savante est une exception, Sor Juana apprend le latin en vingt leçons et s'initie aux sciences qui la passionnent : les mathématiques, la musique, la philosophie, l'astronomie, la théologie.

En 1662, Juana de Asbaje devient dame de compagnie de la vice-reine du Mexique, la Marquise de Mancera. Son entrée à la cour lui assure un soutien pour faire avancer sa carrière littéraire. Elle compose non seulement de la poésie, mais également des pièces de théâtre et des cantiques destinés à être chantés dans les églises. Juana est jolie, pourtant elle refuse le mariage. Elle espère trouver dans la solitude d'un monastère le temps et le recul nécessaires pour mener une vie consacrée aux arts et aux sciences. La première tentative de Juana pour se faire admettre au couvent des Carmélites, un ordre religieux particulièrement austère, se solde par un échec. En 1669, elle prend le voile au couvent de Saint Jérôme et devient Sœur Juana Inés de la Cruz. Malgré son retrait du monde, elle continue d'écrire et de susciter l'admiration de ses contemporains.

En 1691, la publication d'un texte autobiographique, la Réponse à Sœur Philothée de la Croix, devient une querelle importante dans le milieu intellectuel. Sor Juana s'éteint en 1695, au cours d'une épidémie de fièvre pestilentielle.

Le plus beau essai biographique sur Sor Juana Inés de la Cruz, bien que contesté par les spécialistes, est peut-être celui d'Octavio Paz. En 1990, Maria-Luisa Bemberg a adapté le récit d'Octavio Paz au cinéma: "Yo, la peor de todas" avec Assumpta Serna et Dominique Sanda dans les rôles principaux

Les scientifiques du Centre de recherche et d'études avancées (CINVESTAV) vont tenter d'extraire l'ADN à partir d'os découverts à l'Universidad del Claustro à Mexico en 1978. En mars 2011, le Cinvestav a obtenu les échantillons d'ADN des membres vivants de sa famille, les Ramirez España et Iliana Troncoso Olaguíbel, descendants de la sœur de Sor Juana, qui vivent au Mexique. « La procédure de séquençage génétique de Sor Juana et de ses descendants sera répétée au moins trois fois afin de garantir des résultats corrects. À la fin, une comparaison sera faite pour déterminer s'il y a une relation », a déclaré María de Lourdes Muñoz, qui étudie la génétique et la biologie moléculaire au Cinvestav[1].

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Poèmes d'amour et de discrétion, La Délirante, 1987.
  • Le Divin Narcisse, Gallimard, 1987.

Divers[modifier | modifier le code]

Juana de Asbaje a figuré sur les monnaies de 1000 pesos de circulation de 1988 à 1992 et figure sur les billets de 200 pesos actuels.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Rastrean el ADN de Sor Juana Inés de la Cruz », sur cinvestav.mx,‎ 9 mars 2011 (consulté le 22 mars 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Cécile Bénassy-Berling, Humanisme et religion chez Sor Juana Inés de la Cruz, Paris IV, éditions hispaniques, 1982
  • Octavio Paz, Sor Juana Inés de la Cruz ou les pièges de la foi, Gallimard, 1987
  • Jean-Michel Wissmer, La Religieuse mexicaine, Metropolis, 2000
  • Jean-Michel Wissmer, Emmenez-moi à l'ange, Un journal mexicain, Bartillat, 2006
  • Luis M. Villar, The Sor Juana Ines de la Cruz Bibliography Online

Discographie[modifier | modifier le code]

Son œuvre a été mise en musique:

  • Le Phénix du Mexique - Villancicos de Sor Juana de la Cruz mis en musique à Chuquisaca au XVIIIe siècle, K617, 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]